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Présentation (extrait dossier
de presse)
Lorsque j’ai écrit « Allegria Opus 147 »,
de la musique de Chostalkovitch, je ne connaissais que la sonate pour Alto
et piano composée peu avant sa mort, et de sa biographie je ne savais
rien. Les événements dont il est question dans la pièce,
s’ils ne sont pas de pure fiction pour moi, n’ont rien à voir avec
la vie du compositeur.
La construction de ma pièce
musicale pour alto, piano et homme seul lui doit toutefois beaucoup. J’ai
en effet tenté de trouver un équivalent dramatique aux trois
mouvements de sa sonate (aria, allegretto, adagio), un équivalent
qui pourrait se résumer en une étude de trois temps de la vie
(enfance, jeunesse, maturité), trois temps qui pour le personnage
du maître de musique pourraient se résumer en trois boissons:
menthe à l’eau, tequila, et camomille.
J’ai voulu aussi interroger la pratique
artistique des trois protagonistes de cette aventure: demander à une
altiste (Virginie Michaud) de jouer la comédie, à un acteur
de se mettre au piano et à ce maître du jeu qu’est François
Chattot, de me dire ce qu’est pour lui l’équivalent
du
«Duende»
, ce moment dans le flamenco où
l’on se brûle et se consume, ce
«Duende»
grâce auquel, nous dit
Lorca,
«à travers l’arche
vide souffle un vent spirituel qui balaie avec insistance la tête des
morts, en quête de nouveaux paysages et d’accents inouïs; un vent
qui fleure la salve d’enfant, l’herbe broyée et le voile de Méduse,
et qui annonce le perpétuel baptême des choses fraîchement
créées».
Joël Jouanneau |
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