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AURELIA

       

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AURELIA

    

de Gérard de Nerval

  

    

Théâtre MOLIERE

    

Mise en scène:  

Michel de Maulne

    

avec:

Sabeline Amaury

Emmanuel Barrouyer

Isabelle Censier

Michel de Maulne

Ophélie Orecchia

Pétronille de Saint-Rapt

           

     Présentation de Claude Pichois / Jean Guillaume

Oeuvres complètes - La Pléiade - (tome 3)

  

  

Aurélia est l’un des rares textes français que l’on puisse qualifier de romantique et rapprocher d’oeuvres allemandes datant du début du même siècle. Si le mot «romantisme» a un sens, il désigne la recherche de l’unité perdue depuis l’instauration de la science moderne, et toujours fragile, toujours menacée lorsqu’elle est retrouvée.

C’est ce que signifie à la fin de la première partie: «J’avais troublé l’harmonie de l’Univers magique où mon âme puisait la certitude d’une existence immortelle». Et dans la «seconde partie», après avoir vu les feuilles des arbres «former des images de cavaliers et de dames»:

«C’étaient pour moi les figures triomphantes des aïeux. Cette pensée me conduisit à celle qu’il y avait une vaste conspiration de tous les êtres animés pour rétablir le monde dans son harmonie première, et que les communications avaient lieu par le magnétisme des astres, qu’une chaîne non interrompue liait autour de la terre les intelligences dévouées à cette communication générale, et que les chants, les danses, les regards, aimantés de proche en proche, traduisaient la même aspiration.» Unité, harmonie, correspondance: «Tout vit, tout agit, tout se correspond», lit-on peu après.

Ce qu’on appelle le syncrétisme de Nerval est, au vrai, le profond romantisme auquel le délire lui permet d’accéder. L’homme raisonnable accepte la distinction, la division, par voie de conséquence la mutilation; il dit: Le rêve ou la vie. Nerval: Le rêve et la Vie. Il dit Vénus ou Isis ou la Vierge; Nerval les confond.

Cette recherche de l’unité abolit les frontières. Il n’y a plus de genre littéraire. Aurélia est une forme, comme les poèmes en prose de Baudelaire. A ce titre, tournée vers un univers ancien, primitif, en tout cas précartésien, elle ouvre pourtant sur la poésie la plus moderne, qui tient sa cohérence, non plus de codes mais de sa propre exigence.

  

   

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