Présentation (extraits dossier
de presse)
Médecin d’une station thermale récemment
créée et administrée par son frère Peter Stockmann,
maire de la ville, le docteur jouit d’une situation confortable, lui permettant
de faire vivre sa famille, une fille institutrice et deux jeunes garçons.
Il découvre pourtant que les
eaux, provenant d’une alimentation située trop bas, sont
empoisonnées par les marécages pestilentiels de la vallée.
Enthousiasmé par sa découverte salutaire, il prétend
publier les faits qui ruineront momentanément la station.
Eclate alors un conflit entre l’intérêt public
et une prospérité locale aléatoire. Politiciens,
journalistes, notables suivis par une foule, se liguent contre le médecin
dont l’éloquence enflammée déborde
l’événement et fait le procès de la civilisation moderne
et de l’universel mensonge.
D’une réunion publique, où
il a voulu faire crier la vérité, Stockmann sort condamné
comme « ennemi du peuple ».
Abandonné et ruiné, il envisage un départ
pour l’Amérique, puis, subissant les pressions d’odieux chantages,
il se ravise et demeure au pays.
Plus décidé que jamais
à combattre le mensonge, et seul, dressé contre les chefs de
parti et la « majorité compacte », il fera, dit-il, de ses
fils des hommes libres.
«L’homme le plus fort du
monde est celui qui est le plus
seul.»
Il semble bien que la découverte faite par le docteur
Stockmann à la fin de la comédie ait été, pour
Ibsen lui-même, une découverte toute
récente.
Peu importe qu’il ait ainsi refait,
pour son compte, une découverte fort ancienne.
Qu’il s’agisse de la force qu’on puise dans le fait de
l’isolement, de la fluctuation ou de la relativité des
vérités, ou de la tyrannie des majorités, on peut trouver
nombre d’auteurs qui ont donné à ces idées des formes
saisissantes, et parmi eux des auteurs qu’il connaissait, tels Holberg, Schiller
ou Storen Kierkegaard, ce qu’il me parait plus intéressant de constater,
c’est à quel point:
"Un ennemi du
peuple" est
résulté de l’expérience personnelle d’Ibsen, et de sa
nature intime [....]
P.G. La Chesnais |