Présentation (extrait dossier
de presse)
...DON JUAN ne renonce à rien, il veut tout, toutes,
il veut l’un et l’autre, il veut jouir du moment et se ménager, à
son gré, une pieuse et sûre retraite: le futur, pour lui, est
loin d’être sans provision à ce qu’il croit; son lignage lui
a donné des fonds en garantie, sûrement quelque saint ou pieuse
personne qui intercédera ici-bas ou mieux, là-haut, en faveur
du turbulent favori jusque-là du monde et du ciel.
C’est un enfant gâté qui
aurait aujourd’hui dans son portefeuille toutes les cartes accréditives
possibles et toutes les lettres de recommandation auprès d’un Dieu
complaisamment prêteur sur gages.
Il est d’ailleurs tout surpris de n’avoir plus de provision
comme si quelqu’un d’autre que lui avait ponctionné, piraté
son capital de vie à son insu.
Quant vient la dernière heure, DON JUAN demande encore
un instant au Commandeur pour se mettre en règle et avoir justement
droit à cette éternité qu’il n’avait jamais mise en
doute.
On ne le voit jamais mettre en balance
l’éphémère du plaisir du corps ni
l’éternité de la punition qui en serait la conséquence.
D’ailleurs, pour un esprit sain et joyeux, pourquoi le bonheur
d’un instant devrait-il se payer d’une éternité de larmes?
Mais le salut est refusé à DON JUAN, alors
que la logique du pardon eût voulu que le commandeur acceptât
la demande de confession et d’absolution du pêcheur à l’heure
de sa mort....
Benito Pelegrin |