Présentation de Vincent
Colin
Voyage dans le voyage
Adapter l’oeuvre d’Albert Londres pour le théâtre
est en soi une aventure. Comment voyager en effet dans quelque deux mille
pages écrites à chaud, aux quatre coins de la planète
et mettant en scène d’innombrables personnages rencontrés dans
les lieux incongrus, sans éprouver le regret constant d’abandonner
en chemin des pans entiers d’une forme littéraire - le grand reportage
- injustement délaissée par la scène
?...
Avant de nous embarquer dans pareille aventure, nous avons
pris quelques précautions:
- La première consistait à rester le plus
fidèle possible au texte: ni rajouts, ni broderies, ni fioritures
ne devaient dénaturer l’esprit et la lettre de ces
reportages.
- Il fallait ensuite nous immerger sans a priori dans cette
foison de pages colorées et iconoclastes avec pour seul désir
celui de transmettre notre plaisir de lecteurs aux futurs
spectateurs.
- La troisième précaution consistait à
choisir une équipe de comédiens désireuse de reprendre,
pour son propre compte, cette expédition aux sources de notre
siècle.
- Enfin ne racontant pas une histoire au sens dramaturgique
du terme, il s’agissait d’élaborer une sorte de partition dans laquelle
chaque séquence revêtirait la forme d’un mouvement musical,
où prologue et épilogue deviendraient ouverture et finale,
où les mots, les gestes, les sons et les images seraient autant de
notes jetées dans l’espace de jeu.

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