Les
Chroniques
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30ème
Saison
Chroniques 30.01
à
30.05 Page
497
La Cage aux Folles - Châtelet
© Theothea.com
La Cage aux Folles -
Châtelet
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La Cage aux Folles - Châtelet ©
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LA FIN DU COURAGE
Isabelle Adjani & Laure Calamy Duelles pour transgresser
« La Fin du Courage »
de
Cynthia Fleury
mise en scène Jacques Vincey
avec
Isabelle Adjani & Laure
Calamy
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***.
Théâtre de l'Atelier |
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© Simon
Gosselin
En précédant Emmanuelle Béart & Sarah Suco, Isabelle
Carré & Sophie Guillemin ainsi que dautres duos féminins
devant se produire jusque début mars au Théâtre de
lAtelier, lessai de Cynthia Fleury publié en 2010 chez
Fayard trouve actuellement, suite à une lecture au Palais de Tokyo
et à La Scala en 2019 par déjà Isabelle Adjani et Laure
Calamy, un nouvel aboutissement dans le spectacle vivant pour lequel ces
deux comédiennes auront donné le brillant coup denvoi
des premières représentations 2026 devant laisser place ensuite
aux prestations de leurs consurs dans ce projet théâtral
toujours en gestation.
Se voulant accessible à tous, cette nouvelle lecture spectacle
adaptée par lauteure, à la fois psychanalyste et philosophe,
aurait pour ambition de rendre tangible lobservation conceptuelle et
sans doute visionnaire que lépoque contemporaine secréterait
autour dun humanisme comportemental aux valeurs menacées et
pour le moins déclinantes.
Le « Courage » savérant être, pour la chercheuse
interdisciplinaire, lautre facette portée à bras tendus
par la « Dignité » alors que la complémentarité
existentielle de ces deux instances révèle une défection
concomitante à combler au plus vite, cest donc par souhait de
transmission que la dramaturge néophyte voulant agir en thérapeute
des âmes, sapplique à façonner un dialogue
maïeutique où son propre clone virtuel radicalisé serait
médiatisé par lanimation caricaturale dune journaliste
branchée grand public.
Leur dualité sappuyant sur une pédagogie
délibérément anticonformiste où la peur du ridicule
saffranchirait des garde-fous du politiquement correct, deux actrices
référentielles, en loccurrence Adjani et Calamy à
linstar de leurs prochaines homologues poursuivant la même
scénographie, ont joué à fond la carte distanciée
davec le bon ton.
Ostensiblement embarrassée dans son expression relationnelle pour
lune, extravertie et exaltée pour lautre, cest en
assumant une telle outrance comportementale que les deux artistes tentent
de mettre les rieurs de leur côté pour mieux en apprivoiser
lempathie.
Ainsi, comme à la télévision où laudience
primerait sur tout autre considération, la présente mise en
scène de Jacques Vincey va chercher lattention du public par
des mimiques, des postures et des intonations drolatiques que les thèmes
abordés ne justifient pas en soi mais que lenjeu de rédemption
souhaitée salvatrice plébiscite délibérément.
Ce soir-là pourtant, lors de la représentation du mercredi
21 janvier, dune manière systématique pour ne pas dire
systémique, une jeune femme placée à larrière
des rangées dorchestre côté jardin, réussissait
à dessein lexploit de rire bruyamment sur chaque réplique
quelque peu « surjouée » des protagonistes durant toute
la représentation sans jamais provoquer la moindre réprobation
des spectateurs. Un peu comme sil pouvait être admis que la
performance soit a parité à la fois sur scène et dans
la salle !...
Où devait alors se positionner la notion conceptuelle du « courage
» dans cette configuration opportune ? Cela resterait-il dailleurs
une question légitime ?
De fait, cette incidence aura fait partie intégrante du spectacle
et cest donc à laune dune désinvolture
opiniâtre que devaient être appréciées in situ
lintention et la réalité du choix créatif voulu
par lensemble de léquipe artistique.
De surcroît, au dernier acte de cette pièce alors que serait
déclenché le fou-rire programmé de lassistance,
lemprise cérébrale doit changer de camp en transmettant
ses influx au domaine « physiologique » de façon à
illustrer la force de concentration nécessaire à lenjeu
vital lorsque celui-ci prend le relais des tourments tournant en boucle sur
eux-mêmes:
De fait lapprentissage de lescalade en montagne nécessiterait
de mobiliser des forces morales et psychiques à 100% de leurs
capacités potentielles.
Un esprit sain dans un corps sain: Voici donc ce qui devrait pouvoir
résoudre lattrait du découragement chronique empruntant
les voies impénétrables de lhumour feint... partagé
ou non par autrui.
A suivre donc ce même lâcher-prise « en rappel » à
la fois libérateur et truculent... accompagné de l'ensemble
des comédiennes alternatives programmées sur les planches de
lAtelier... se jouant ainsi malicieusement de lantithèse
ironique « Courage Fuyons ».
Theothea le 21/01/26
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UNE HEURE A T'ATTENDRE
« Une heure à tattendre » Thierry
Frémont & Nicolas Vaude L'Alter Ego Amoureux
de
Delphine de Malherbe
mise en scène Sylvain Meyniac
avec
Thierry Frémont & Nicolas Vaude
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****
Théâtre de Paris
Salle Réjane |
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© Theothea.com
Voici un diamant à ciseler en temps réel dans un compte
à rebours à la fois minuté et métaphysique. Comme
si la psychologie devenait philosophie de la vie, comme si lAmour
retrouvait ses lettres de noblesse dans une confrontation davec le
triangle amoureux ou comme si deux comédiens nés le même
jour précisément « le 24 juillet 1962 » avaient
forcément un lien de gémellité quil leur fallait
impérativement explorer au plus profond de leurs sentiments en
interférence.
Thierry Frémont et Nicolas Vaude sétaient rencontrés
artistiquement déjà sous la houlette de Delphine de Malherbe
en 2012 formant lun des multiples duos de « Inconnu à cette
adresse ». Devenant présentement Pierre et Daniel, ils se retrouvent
dans un appartement sous les combles avec vue sur Paris pour un examen de
conscience organisé apparemment par lun des deux à
linsu de lautre.
Cest Sylvain Meyniac, par ailleurs metteur en scène et
compositeur recherché qui, en tant quauteur, va diriger leurs
atermoiements qui nen sont point pour les emmener sur les hauteurs
du regard sans concession au top niveau de leur fragilité et
vulnérabilité respectives face à lêtre
aimé.
En décollant de ce cocon mansardé avec maintes
hésitations, tergiversations et maladresses feintes ou pas, cest
au bout de lheure sur les sommets dune respectabilité
retrouvée de part et dautre, que les deux hommes seront censés
avoir reconnu chacun leur voie spécifique souvrant sur lAmour
assumé dans ses composantes différenciées.
Mais, selon toute évidence, la Femme aimée, elle, restera
invisible et nous nen saurons guère plus, quau prorata
des échanges de Pierre et Daniel sur ses propres options personnelles
voire choix amoureux.
On pourrait donc dire que le mystère reste quasiment entier du
début de la pièce jusquau-delà du baisser de rideau.
Mais ce qui pourrait considérablement changer la donne, cest
le point de vue du spectateur qui, lui, évolue sans cesse au gré
des aveux que se font mutuellement les deux protagonistes jusquà
ce que nous nous rendions compte que le texte est une véritable
pépite, que le ton de la mise en scène se veut
délibérément en retrait dans la sobriété
et que linterprétation savère pleinement à
hauteur dune ambition artistique bien partagée.
En toile de fond, les enjeux de lAmour faisant florès sur
le devant de la scène, la Fidélité sera mise au banc
de la question, lUsure sera interpellée comme spoliatrice
potentielle, le Déni et le Mensonge seront convoqués en
témoins privilégiés, bien entendu la Beauté aura
des comptes à rendre légitimes et le Respect, toutes normes
confondues, devra livrer son expertise avisée, mais à la fin
des fins, ne faudrait-il pas, quand même, que lon sache qui manipule
qui ?
Certes ! Mais cest, sans doute, à lensemble des facettes
du diamant annoncé que lon saperçoit de son immense
qualité où le sculpteur laurait tellement poli que tous
ses observateurs seraient fascinés au point dêtre
absorbés à parts égales dans ces reflets divergents
ou non.
Le risque pourrait donc être, comme dans « Jules & Jim
» selon Truffaut de finir par se livrer en aveugle à
labîme, mais ici lauteur laisse ouverture à un avenir
confiant... à chacun dy trouver sa juste place. Simpliquer
pleinement durant plus dune heure et puis oser décider en son
âme et conscience.
Theothea le 08/02/26
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CE QUI RESTE D'UN
AMOUR
« Ce qui reste dun amour » Caroline Devismes &
Thomas Le Douarec sous la bienveillance de Carlotta Cerutti.
de
Carlotta Clerici
mise en
scène Carlotta Clerici
avec
Caroline Devismes & Thomas Le Douarec
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****
Studio Hébertot |
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© Theothea.com
En interrompant le cycle à succès des représentations
du « Portrait de Dorian Gray » (en perspective de Lucernaire) afin
de présenter tour à tour en Avignon Off & au Studio
Hébertot « Ce qui reste dun Amour », La compagnie
Thomas Le Douarec confirme la légitimité outre-alpine de Carlotta
Cerutti lauteure, adaptatrice et metteuse en scène pour sa
pièce écrite en langue française où la justesse
des sentiments, des ressentiments, des non-dits et de lensemble de
ces subtilités que linconscient peut charrier entre deux êtres
que tout rapproche mais qui nen demeurent pas moins profondément
indépendants voire subjectifs au sein dune perception quelque
peu paranoïaque du partenaire si convoité, si palpable et tellement
intégré à soi-même.
Bien sûr, ce sont des « ex » dil y a un an avant
quAlice effectue un retour nocturne inopiné à domicile
sous alibi de boucles doreilles égarées, dil y
a deux ans avant quHugo exprime en retour dexpérience
sa frustration feinte ou non et même dil y a trois ans au prologue
de la pièce juste avant lenvol professionnel vers New-York avec
invitation pressante à être rejoint par laimée,
la récurrence systémique est ainsi à luvre
inexorable prétextant avec ou sans bonne foi avérée
que le temps qui passe reste leur allié le plus fidèle car
quiconque ne semble en mesure de rompre de lextérieur ces liens
de plus en plus tissés entre eux deux.
Que reste-t-il donc de ces trois mois passés au Studio Hébertot,
si ce nest la quasi certitude que Thomas le Douarec et Caroline Devismes
devront reprendre ultérieurement leur inlassable quête amoureuse
là où elle se sera interrompue lors des derniers saluts ? Mais
voire autre intuition, que Carlotta Clerici puisse écrire une suite
à ces pérégrinations dautant plus que celles-ci
ont des sources autobiographiques...
Si Caroline Devismes a débuté sa passion pour les planches
en compagnie de Roger Louret alors que la danse et le chant étaient
les fils conducteurs tangibles tant leur expressivité se disputait
déjà avec la mélancolie dune époque presque
déjà révolue et pourtant tellement vivace dans les esprits
puisque « les années Twist », «La fièvre des
années 80» et « La Java des mémoires » y faisaient
florès à lapproche des années 2000.... et alors
quen parallèle Thomas Le Douarec, lui fondait sa compagnie avec
déjà la fière assurance du roc polyvalent indéfectible
au sein des modes chaotiques...
Si donc cette comédienne et lui-même continuent à
se retrouver dans la maturité de leur Art, ce nest pas seulement
à cause de leur talents intrinsèques mais cest bel et
bien également parce quils sont porteurs, quils le veuillent
ou non, dune persistance à perpétuer leurs ambitions
tellement représentatives de jeunesse toujours à vif et pleine
de sincérité absolue... jusquà aller questionner
lautre, avec candeur ou perfidie, dans ses retranchements si peu «
secure ».
Theothea le 18/02/26
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MONTE-CRISTO Le Spectacle
musical
« Monte-Cristo le spectacle musical » Voici Le
Comte d'Alexandre Dumas aux Folies Bergère
d'après Alexandre
Dumas
Livret Stéphane
Laporte & Yann Guillon
mise en scène Alexandre
Faitrouni
avec
Stanley Kassa, Océane Demontis, Loïc Suberville, Maxime
De Toledo, Cyril Romoli, Tatiana Matre, Lila Touchard, Antoine Le Provost,
Nathan Desnyder, Jade Gaumet, Jérôme Dupleix, Antonio
Macipe....
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***.
Théâtre des Folies Bergère
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© Theothea.com
Comme Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand qui connaît de multiples
adaptations tant cinématographiques que théâtrales, le
Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas, autre héros romanesque par
essence, peut se targuer d'avoir inspiré également nombre de
cinéastes dont Josée Dayan (1998) qui lui a consacré
six heures pour sa version télévisée.
D'ailleurs, celui-ci n'a rarement eu autant la cote, à en juger
le dernier film réalisé en 2024 par Alexandre de La
Patellière et Matthieu Delaporte qui a fait un carton et emporté
les suffrages d'un large public avec, en tête d'affiche, Pierre Niney
interprétant Edmond Dantès.
Et voilà qu'actuellement deux comédies musicales se produisent
quasiment en parallèle. ''La Légende de Monte-Cristo'', le
musical de Serge Postigo s'est joué une semaine au Dôme de Paris
jusqu'au 5 février 2026 avant de partir en tournée et donc
''Monte-Cristo le spectacle musical'' aux Folies Bergère vient de
lever le rideau le 12 février 2026 jusquau 19 avril avant sa
propre tournée également.
La question qui se pose de prime abord est comment adapter ce monumental
roman-fleuve si riche en personnages complexes et au vu des diverses
identités que revêt Edmond tout au long de ses
péripéties. Un écueil improbable que le metteur en
scène Alexandre Faitrouni (Fame, Grease, Smile), entouré de
Benoît Poher (compositeur du groupe Kyo) et Franklin Ferrand (auteur
du groupe Vegastar) pour la partition est parvenu à surmonter et ensemble,
ils ont su rendre visible en deux heures très rythmées cette
histoire d'amour, de trahison et de vengeance.
Écourté certes en gardant les personnages-clés, le
récit aux dialogues bien écrits (Stéphane Laporte et
Yann Guillon) est limpide et nous sommes merveilleusement embarqués
dans cette fresque tumultueuse grâce à la scénographie
immersive très astucieusement articulée de Julien Mairesse,
habitué des effets spéciaux XXL.
La vidéo utilisée judicieusement crée de splendides
tableaux et offre une belle profondeur de champ cinématographique.
L'arrivée en 3 D dans le port de Marseille du jeune marin avec son
équipage sur le trois-mâts Le Pharaon est à couper le
souffle, l'impressionnant bateau semblant littéralement s'engouffrer
sur la scène alors qu'en fait seul un grand cube en guise de proue
occupe le plateau.
Cette simple sphère rectangulaire servira à bien d'autres
occasions, comme table de banquet par exemple alors que les écrans
projettent en volume de fabuleux décors dynamiques permettant de glisser
avec une saisissante fluidité d'un lieu à un autre suivant
l'intrigue qui transporte Edmond Dantès des calanques de Marseille
au château d'If battu par les vagues tempétueuses durant 14
ans d'enfermement jusqu'à la grotte de l'île de Monte-Cristo
en vue de dénicher un trésor caché révélé
par un compagnon de captivité l'abbé Faria et pour aboutir,
entre autres, dans les salons feutrés de l'aristocratie parisienne
ou sous les dorures d'une salle de bal.
Après sa spectaculaire et incroyable évasion, Edmond rendu
riche et puissant va se métamorphoser, se forger un masque et
revêtir la panoplie d'un noble comte pour se venger méthodiquement
de ceux qui l'ont dénoncé comme conspirateur. Portant long
manteau noir et haut-de-forme avec une majestueuse élégance
gothique, Stanley Kassa, qui escaladait les barricades sur la scène
du Théâtre du Châtelet dans ''Les Misérables''
est le charismatique interprète du héros d'Alexandre Dumas,
faisant résonner de sa belle voix l'un des titres-phares de ce nouveau
spectacle : '' La justice des larmes ''.
Une autre interprète des " Misérables " Océane Demontis
chante et joue Mercedes Herrera, la belle fiancée catalane d'Edmond.
Le duo avait déjà travaillé ensemble sur " Le Roi Lion
", lui endossant le rôle de Simba, elle incarnant Nala.
Le trio dennemis jurés dEdmond responsables de son
incarcération est interprété par Loïc Suberville
en Fernand Mondego/comte de Morcerf qui, fort jaloux, voulait épouser
Mercedes ; Cyril Romoli en opportuniste Danglars, lequel comptable sur le
Pharaon était jaloux de sa promotion au grade de Capitaine, poste
qu'il briguait aussi et Maxime de Toledo avec sa voix de ténor en
Gérard de Villefort, l'ambitieux et veule substitut du procureur du
roi qui l'a condamné sans procès à la réclusion
à perpétuité.
On est subjugué par les envolées vocales d'une grande
intensité de Tatiana Matre (Chat botté, le Musical, Peau
d'Âne) en diabolique et libertine Hermine Danglars. Jade Gaumet (Starmania)
dans le rôle de la princesse orientale Haydée mêle bien
la danse et le chant dévoilant l'étendue de son talent.
L'interprétation d'Andrea Cavalcanti, le fils illégitime
de Villefort, imposteur et manipulateur, par Nathan Desnyder (le Roi Lion,
Chat botté, le Musical) est fascinante de justesse.
Quant au savant Abbé Faria, le prisonnier au Château d'If
qui aura deviné la machination dont a été victime Edmond,
son rôle est dévolu à Jérôme Dupleix (the
Full Monty).
En réalité, tous les artistes chantent remarquablement bien,
ils jouent et dansent car, outre les enchaînements musicaux, une grande
place est laissée au théâtre, à la comédie
et à de belles chorégraphies, voire le ballet des marins sur
le pont du Pharaon.
Soulignons cependant quelques lacunes : Pas d'orchestre-live sur scène
ou dans la fosse, hélas, dans cette nouvelle production. « En
clair, des musiciens coûtent plus cher qu'une bande-son enregistrée
» en est la principale excuse.
Face à une uvre aussi titanesque, sans doute manque-t-il
un souffle plus épique et plus dense sur certains airs, des mélodies
plus vibrantes et frissonnantes qui accrochent. En fin de partie, des
séquences très courtes interrompent brutalement la partition
et se révélent plutôt frustrantes.
Mais ne boudons pas le vrai plaisir d'être immergé dans ce
foisonnant 19ème siècle embelli par les somptueux costumes
de Sylvain Rigault et de voir cette histoire prendre vie avec une puissance
scénique indéniable. Un challenge réussi avec
brio.
CatS / Theothea.com le 25/02/26
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DANS LE COULOIR
« Dans le couloir » Darroussin & Murillo Le
couple Octo-Tendance de Grumberg / Tordjman à
Hébertot
de
Jean-Claude Grumberg
mise en scène Charles Tordjman
avec
Jean-Pierre Darroussin & Christine Murillo
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Théâtre
Hébertot |
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© Bernard Richebe
Tel un huis-clos « Fin de Partie » en attente dun «
Godot » formaté Beckett, ce couloir aveugle à trois portes
intégrées donne le change ou justice à tous ceux dont
le grand âge sollicite les ressources dun imaginaire au mieux
en pleine créativité au pire à déconstruire
façon puzzle obsédant.
En focus, voici le fils cadet cinquantenaire de retour au bercail alors
que frères, surs, neveux et autres petits-enfants sont tous
dispersés aux quatre vents.
Mais que diable celui-ci est-il venu distiller auprès de vieux
parents en veille permanente devant la porte de sa chambre denfant
à jamais muette et opaque pour guetter précisément ses
soi-disantes allées et venues de jour comme de nuit ?
En creux, la vie au quotidien dune dualité conjugale au si
long cours que lactivité principale semble sêtre
réduite, au prorata de quelques infirmités en phase comme mal
de dos, dentier et autre sonotone, à un dialogue récurrent
parfaitement raccord entre aigreur délibérée et candeur
feinte où la présence absente du fils subsisterait en unique
viatique... paradoxalement réconfortant pour ses géniteurs.
Quil serait bon, en effet, de goûter au plaisir des souvenirs
dantan en se retrouvant à heure dite pour deviser autour de
la table familiale en compagnie dun savoureux potage concocté
par la maîtresse de maison.
A ce programme basique au jour le jour où la convivialité
générationnelle lemporterait sur toute autre
considération mais qui, malheureusement, ne semble pas avoir emporté
ladhésion spontanée du fils, ce dernier va néanmoins
opposer un plan quil voudrait soumettre à lapprobation
parentale, étant davance entendu que son modeste projet ne
nécessiterait quun investissement financier moindre.
En se monnayant ainsi au plus petit dénominateur commun, lheure
du bilan de ces destinées disjointes pourrait-elle avoir sonné
« à linsu de leur plein gré » ou, bien au
contraire, adviendrait-il que selon lintuition du verbe « aimer
» surgisse, de façon assez troublante, une voie salvatrice où
Jean-Claude Grumberg laisse ouvertes toutes les interprétations
quelles soient réalistes ou même hors du champ de la raison
pourvu que celles-ci sachent être à lécoute de
la bienveillance ?
Jean-Pierre Darroussin excelle à rendre horripilant lensemble
des remontrances adressées à celle qui partage sa vie; en revanche,
Christine Murillo, elle, nencaisse point ces coups destinés
à blesser mais, bien au contraire, les renvoie pleinement liftés
hors datteinte à toute tentative de smash en retour.
Leur jeu ainsi complice force a minima le sourire du spectateur prenant
plaisir à ces échanges où la mauvaise foi peut
aisément se confronter à linvraisemblance sous
lassentiment général.
Du grand art théâtral que Charles Tordjman règle avec
la maestria dun métronome toujours en avance dune
réplique pour éviter léventuel effet boomerang
du fils fantôme sans cesse tapi au fond du Couloir.
Theothea le 20/02/26
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