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30ème
Saison
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AMADEUS
« Amadeus» Performances triomphantes de Milos Forman
à Olivier Solivérès via Peter Shaffer
de Peter
Shaffer
mise en scène Olivier
Solivérès
avec
Jérôme
Kircher, Thomas Solivérès, Lison Pennec, Eric Berger, Laurent
d'Olce, Philippe Escudié, Romain Pascal, Laurent Arcaro, Artus Maël,
Flore Philis, Stella Siecinska, Loïc Simonet, Marjolaine Alziary et
Jade Robinot
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***.
Théâtre Marigny |
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© David Delaplace
D'entrée de jeu, le Théâtre Marigny nous plonge dans
l'atmosphère musicale de la Vienne du 18ème siècle.
Sous les multiples partitions froissées qui tombent du plafond, le
public est accueilli par un personnel masqué et en costume d'époque,
et une violoniste poudrée et emperruquée joue du Mozart offrant
déjà un avant-goût du spectacle.
Une myriade de chandeliers et candélabres aux bougies Led
éclairent la salle d'une lumière tamisée, on entend
des murmures et des musiciens qui déambulent entre les rangées,
on se croirait dans un de ces grands salons mondains viennois attendant que
se produisent les concertistes en vogue du moment.
Après les trois coups annonciateurs, la scène s'ouvre dans
un clair obscur intense sur un homme vieillissant hanté par son
passé qui, prenant le public à témoin, semble vouloir
se repentir de ses bassesses et avoue dans une logorrhée délirante,
signe d'une démence sénile, avoir empoisonné le talentueux
Wolfgang Amadeus Mozart. Une confession nocturne « Pardonne Mozart,
pardonne à ton assassin ! » qui vient une trentaine d'années
après la mort du génie à 35 ans en 1791. Ce vieillard,
c'est Antonio Salieri, le compositeur vénitien d'opéras
protégé toute sa vie par lempereur mélomane Joseph
II, sommité adulée magistralement interprétée
par Jérôme Kircher qui, par la puissance machiavélique
de son jeu, captive les regards.
Personnage complexe et ambigu, Salieri est le narrateur et protagoniste
de l'histoire romancée qui va se recomposer sous nos yeux, racontant
la rude concurrence engendrée par l'arrivée à Vienne
du jeune prodige à l'oreille absolue. Celui-là occupe le poste
prestigieux de premier Compositeur du souverain et voit d'emblée Mozart
comme un rival malgré une reconnaissance admirative sans borne pour
son talent. Fou de jalousie, il ne cessera de museler l'enthousiasme de ce
musicien virtuose qui se révèle aussi doué qu'irrespectueux,
turbulent, aimant s'amuser et danser, tout à l'opposé de son
tempérament austère et de sa rigueur monacale.
Par un stratagème vestimentaire, ôtant sa longue et ample
chasuble violacée qui lui donnait l'air d'un religieux fort dévot,
troquant ses cheveux blancs contre une perruque brune à catogan, on
se retrouve en 1781, en présence d'un Salieri ambitieux de 31 ans,
séducteur dans son habit d'apparat et, à partir de ce flash-back,
nous sommes projetés dans la sphère de la cour impériale
où la compétition et les antagonismes profonds des deux musiciens
s'affrontent avec les membres de la haute autorité artistique
régnante. Les aspirations modernes de Mozart sont freinées
par les codes traditionnels et il doit défier les partisans de
l'Opéra italien face à l'Opéra allemand.
Grâce à des mécanismes ingénieux dont un plateau
tournant, la scène sanime et devient tout à tour le Palais
de l'Empereur, les appartements de Mozart, l'Opéra de Vienne. Les
tableaux successifs introduisent les 14 acteurs qui vont galvaniser le plateau,
costumés, poudrés, maquillés, portant chemises à
jabot en dentelle ou robes à baleines extravagantes (costumes de David
Belugou) et coiffures exubérantes (perruques Nathalie Tissier) dans
des décors un peu kitch sur fond de voiles blanches.
Accompagné par des musiciens et un magnifique chur
dopéra, le spectacle présente sur scène des chanteurs
lyriques (Romain Pascal, Laurent Arcaro, Artus Maël, Flore Philis, Stella
Siecinska) et une violoncelliste (Marjolaine Alziary), qui font entendre
au public quelques morceaux dopéras parmi les plus connus du
compositeur autrichien : '' LEnlèvement au Sérail, Les
Noces de Figaro, Don Giovanni, La Flûte enchantée '' avec l'air
de '' La Reine de la Nuit '' admirablement chanté par Flore Philis
aux puissantes vocalises. '' Les Noces de Figaro '' seront l'objet d'un dilemme
à la Cour, Joseph II (Éric Berger) qui avait banni les ballets
dans l'Opéra finira par les accepter devant la modernité
créatrice de Mozart.
Quant au sublime '' Confutatis '' du Requiem dont Mozart, exténué
sur son lit de mort, dicte fiévreusement les notes qui fusent à
la vitesse éclair et que Salieri transcrit avec difficulté
sur une partition, ce dernier en recevra un violent choc émotionnel
et sera anéanti devant tant de pureté divine. Aveuglé
par une jalousie mortifère, convaincu de sa médiocrité,
il se retournera contre son Dieu avec lequel il avait passé un pacte
quasi-faustien, promettant une vie chaste vouée à la gloire
du Très-Haut en échange du soutien divin.
Dans un dernier monologue, revêtu à nouveau de son long peignoir,
pénitent aux mains suppliantes, il se proclame le ''saint patron des
médiocres''. Quand on est confronté au génie, comment
survivre ? Il tentera de se trancher la gorge comme dans le fameux film de
Milos Forman (1984), mais par une métaphore scénique que rajoute
le metteur en scène Olivier Solivérès et qui se
démarque du film, le sang qui va recouvrir le corps meurtri du compositeur
jaillira d'un grand Christ en croix descendant des cintres. Une scène
un tantinet plus gore que mystique.
Face à la sobriété démoniaque de
Jérôme Kircher, l'intrépride Thomas Solivérès
(frère cadet d'Olivier S.) incarne avec panache un fringant et flamboyant
Mozart même si son jeu est sensiblement un copié-collé
de celui de l'inimitable Tom Hulce au rire si explosif et contagieux du film.
Thomas Solivérès use d'une même allure bondissante avec
sa chevelure blonde hirsute, d'un même éclat de rire
hystérique tout en imprégnant le rôle de ses propres
facéties aux blagues infantiles et de sa fantaisie tonitruante. La
jeune épouse Constanze, elle aussi immature avec laquelle Amadeus
se comporte de manière très libertine, mais aussi très
solidaire de la valeur artistique de son ''Wolfie'', est jouée par
la touchante comédienne Lison Pennec.
Bien sûr, les clins d'oeil et les imitations iconiques récurrentes
sont un reflet plutôt conforme du film emblématique ''Amadeus
'' aux 8 Oscars revisitant lui-même la pièce éponyme
du dramaturge britannique Peter Shaffer écrite en 1979. C'est le parti
pris d'Olivier Solivérès d'en faire une version fidèle
dans l'esprit comme l'est son adaptation très réussie du film
de Peter Weir '' Le Cercle des poètes
disparus '', toujours à l'affiche au Théâtre Antoine
(Molière du metteur en scène d'un spectacle de théâtre
privé en 2024) et toujours très applaudie.
Sa mise en scène '' Amadeus '' mélange théâtre
et opéra pour créer une fresque grandiose et déjantée
pleine de verdeur. Elle assume une réinterprétation jubilatoire
très physique avec un duo magnétique au sein d'une troupe
trépidante. Elle a le mérite de rendre accessible à
un large public le prodige hors norme qui jouait plus vite, plus libre, les
yeux fermés, à l'envers avec une facilité
déconcertante. Une brillante leçon de musique !
CatS / Theothea.com le 07/04/26
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CHOC ET MENSONGES
« Choc et mensonges » Ici sont les Dragons
selon Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil
Direction Ariane
Mnouchkine
en harmonie avec Hélène
Cixous
avec
Hélène
Cinque en alternance avec Dominique Jambert, Andrea Marchant Fernandez, Judit
Jancsó, Aline Borsari, Alice Milléquant, Vincent Martin, Hanna
Kuzina, Ève Doe Bruce, Elise Salmon, Jean Schabel, Seear Kohi, Duccio
Bellugi-Vannuccini, Astrid Grant, Ariane Hime, Nolan Berruyer, Xevi Ribas,
Agustin Letelier, Vijayan Panikkaveettil, Tomaz Nogueira da Gama, Mitia Zloto,
Victor Gazeau, Andrea Formantel Riquelme, David Stanley, Pamela Marin Munoz,
Maurice Durozier, Shaghayegh Beheshti, Vincent Mangado, Clémence Fougea,
Ya-Hui Liang, Marilou Poujardieu, et les voix de Ira Verbitskaya, Clémence
Fougea, Reiichi Sato, Hanna Kuzina, Charlotte Krenz, Amoto Taniguchi, Judit
Jancsó, Iori Onoguchi, Arman Saribekyan, Egor Morozov, Artem Bannikov,
Sacha Bourdo, Artem Tokmakov, David Stanley, Vincent Martin, Johannes Oliver
Hamm, Philipp Weissert, Ciaran Creswell, Vincent Mangado, Brontis Jodorowsky,
Hao-Yang Wu, Maurice Durozier, Alexandre Zloto, Yuriy Zavalnyouk, Rainer
Sievert, Ciaran Cresswell, Martin Vaughan Lewis et Onochi
Seietsu |
***.
Théâtre du Soleil |
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© Vahid Amanpour
Après « La victoire
était entre nos mains » illustrant de manière palpable
la géopolitique internationale liée à lannée
1917, le second volet de la Trilogie initiée par Ariane Mnouchkine,
subdivisé lui-même en 2 temporalités successives débute
par « Choc et mensonges » allant de 1918 à 1933 en
prémices à une 3ème époque qui, elle, aboutira
à lannée 1945 selon création prévue en
2027.
Celle-ci introduira à son tour un futur 3ème volet concernant
la 4ème époque courant jusquà nos jours avec
lenjeu de lUkraine en focus mobilisateur pour lequel il est
dores et déjà programmé que le potentiel successeur
dAriane à la tête du Théâtre du Soleil conduira
la mise en scène surplombant cette phase ultime de « Ici sont
les Dragons ».
En ce début de 2ème époque donc, les figures de
Lénine, Staline & Hitler vont constituer les pôles montants
de la catastrophe universelle annoncée par Winston Churchill leur
contemporain qui, visionnaire avisé, en prophétisera la menace
avec clairvoyance.
« la mauvaiseté des méchants se trouvant renforcée
par la faiblesse des vertueux... » Cest avec ce constat
caractérisant les lendemains victorieux de la première guerre
mondiale ainsi décrits par le célèbre politicien anglais
quAriane pouvait alors entrevoir son « scénario de départ
».
Dûment documentée par les archives, récits et autres
discours prononcés en cette période de montée des
périls, il allait lui falloir prolonger la forme ingénieuse,
expérimentée dans la phase précédente,
dassociation de masques grossissant à dessein les traits saillants
avec celle dune gestuelle comportementale proche de lunivers
des marionnettes plaquées conjointement sur du vivant humain et
néanmoins comédien.
Cest à la fois, effectivement, très impressionnant
et fort évocateur de visualiser ces clones de « dragons »
monstrueux en pleine action que celle-ci soit muette, rhétorique ou
même tressaillante alors que sagite, via leur manipulation, la
métaphorique des peuples embrigadés au moyen didées
sous influence toxique.
Cest ainsi par exemple que sinscrira en contre-feu le fameux
discours de Léon Blum en 1920 au Congrès de Tours prenant ses
distances davec les modalités dun communisme venu
dailleurs subjectivement perçues désormais comme risque
intérieur.
Le choix formel de scénographie privilégiant ce qui aura
été cogité, écrit ou parlé en conservant
la langue étrangère originale, tous meneurs, écrivains
et orateurs confondus, va contraindre à des sur-titres francophones
quasi permanents durant la représentation et par conséquent
à une attention perpétuelle forçant le spectateur à
arbitrer sans cesse entre bonne compréhension et visualisation
focalisée sur les personnages en débats impétueux tout
autant quen ébats fluides.
Il sagit effectivement de mettre en lumière le "choc" : celui
des idéologies, des violences politiques et des bouleversements
historiques ainsi que, par ailleurs, de dévoiler les "mensonges" :
la manière dont ces chocs sont interprétés,
déformés ou instrumentalisés par le pouvoir, les
médias ou les discours dominants.
Ainsi, par exemple, en montrant comment la fabrication du réel
peut seffectuer à travers les mécanismes contradictoires
de la propagande.
Dans cette perspective, la scène fonctionnera comme un espace de
dévoilement. Celui-ci ne donne pas une réalité unique,
mais expose les mécanismes de fabrication de la vérité.
Le spectateur est ainsi placé dans une position active étant
de facto amené à exercer son esprit critique.
Ce soir-là, comme bien souvent, Ariane est présente avec
une partie de son équipe au milieu des premiers sièges observant
et prenant des notes en vigie concentrée sur chaque instant de tout
aléa scénographique; cest tellement émouvant de
lentrevoir ainsi en recherche constante à 87 ans alors quelle
sapprêtera dans quelque temps à diriger sa dernière
mise en scène effective au sein du Théâtre du Soleil
quelle aura fondé plus de soixante ans auparavant.
Nostalgie davant lheure, tu nous tiens passionnément
au centre même de ce quest lArt du Théâtre
en essence active juste avant le renouvellement de ses forces inhérentes
inextinguibles.
Theothea le 18/04/26
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EN ATTENDANT GODOT
« En attendant Godot » Lexpectative tangible
de Beckett avec Denis Lavant à la Proue
de
Samuel Beckett
mise en scène Jacques Osinski
avec
Peter Bonke, Jacques Bonnafé, Denis Lavant & Aurélien
Recoing
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Théâtre de L'Atelier |
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© Pierre Grosbois;
Cest un quatuor de choc qui investit et subjugue le Théâtre
de LAtelier avec Vladimir, Estragon, Lucky & Pozzo, ces personnages
de Samuel Beckett dont la notoriété na dégale
que le questionnement récurrent sur lessence de leur identité
existentielle.
Jacques Osinski en choisissant de nouveau son acteur fétiche Denis
Lavant comme lun des quatre piliers pour son cycle finissant
dhommage à lauteur Irlandais sobligeait, de fait,
à entourer celui-là de personnalités charismatiques
forçant le contraste davec la peinture clownesque, élastique
et virevoltante autant que pétrifiante du comédien ayant fait
de létrangeté son viatique insondable.
Lui, il sera donc « Estragon » ampoulé dans ses godillots
lestés à la croûte terrestre face à un «
Vladimir » céleste (Jacques Bonaffé) que les flux
dapesanteur sefforcent délever au-dessus de la
contingence du vide.
Ce duo complémentaire, solidaire et résistant affiche un
focus déterminé dans lattente permanente du sauveur
annoncé par un jeune messager à laquelle ils ne pourraient
aucunement se soustraire.
Intervenant à deux reprises in situ, voici « Pozzo »
(Aurélien Recoing), cest-à-dire linébranlable
certitude de soi incarnée avec son revers dûment encordé
« Lucky » (Peter Bonke) le si mal nommé en état de
servitude avancée.
Tous deux comme aimantés lun par lautre sous le joug
des forces du mal en contre-sens avéré surajoutées à
celles de laliénation-domination requise ou consentie.
Ce jeu de quatre entités humaines se réfléchissant
entre elles, à la manière de miroirs déformant à
volonté, se hisse sous limpulsion parfaitement maîtrisée
de Jacques Osinski comme des révélateurs charnels du texte
de Beckett là où, habituellement, cest le domaine du
concept et de léthique qui prend la place et prédomine
pour valider la teneur, la motivation ou le mobile de cette attente
érigée en raison de vivre et despérer.
Ici, loin de toute métaphysique interprétative de
labsurde, les esprits et les corps se trouvent englués dans
une glaise tellurique que les vibrations éthérées
contrebalancent en une sorte de précipité in vitro dont il
leur faudrait sortir si possible la tête haute.
Cest pourquoi la (ré)apparition sur écran de
lémissaire juvénile aura pour vertu de renouveler à
chaque fois la nécessité dattendre le messie non
identifié car si celui-ci se fait porter pâle en linstant
présent, il persiste toujours à faire annoncer sa prochaine
venue comme imminente.
Cette répétition systémique englobe tout le champ
à la fois du vécu sur les planches, de loralité
qui y est échangée comme celui des comportements interactifs
sous chorégraphie ajustée, développant ainsi un imaginaire
collectif en suspend où, de la scène à la salle, chacun
se sent partie prenante selon la malléabilité vibrionesque
insufflée par les envolées du magicien farceur face aux postures
délibérées de ses brillants acolytes en quête
de respectabilité.
Chapeau à la main, les membres du Quatuor saluent alors leur public
en ayant bien conscience davoir rendu à Beckett sa force
dâme, puisée au plus profond de la mécanique des
corps se relevant malgré lusure, bien accompagnée de
celle des esprits exultants malgré ladversité.
Theothea le 02/04/26
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POTICHE
« Potiche » Clémentine Célarié La
Performative Madame Pujol au Théâtre Libre
de Barillet
& Gredy
mise en scène Charles Templon
avec
Clémentine Célarié, Philippe Uchan, Hugo Bardin
(Paloma), Jérôme Pouly, Benjamin Siksou, Alexie Ribes &
Valmont Folcher
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***.
Théâtre Libre |
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© Tanguy Mendrisse
A la suite de Jacqueline Maillan & Catherine Deneuve dans le rôle
de Madame Pujol, Clémentine Célarié sempare de
ce personnage dépouse sympathique en jogging attitude, pourtant
dévalorisé aux yeux de tous en dépit de sa
responsabilisation déclenchée par des événements
entrepreneuriaux paternalistes, pour précisément en ajuster
son cheminement daffranchissement à la juste mesure de notre
époque tout en laissant la mise en scène de Charles Templon
orchestrer ce chef duvre du Théâtre de Boulevard
au rythme des codes sociaux parodiés à souhait entre hier et
aujourdhui.
Dun côté, se profilent les invariants où la
confiance du terrain conquis favoriserait spontanément
lautorité mêlée de condescendance; de lautre,
se manifeste lintuition persistante que la compétence performante
pourrait se gagner par le bon sens associé à lempathie.
Sachant que notre pétillante comédienne était bien
décidée à gouverner sa « Suzanne » au feeling
de ses propres harmoniques avec un féminisme en action pragmatique
plutôt quen victimisation, la mémorable interprétation
quasi patrimoniale par « Maillan » sur les planches ainsi que celle
plus récente, sous tonalité conviviale, par « Deneuve
» sur les écrans devaient nécessairement influencer ici
le jeu branché, rapide et fluide des acteurs guidés par Charles
Templon les protégeant de léventuelle pesanteur du parasitage
toujours redouté dans lactualisation tout en se servant de la
réminiscence comme indispensable levier pour les répliques
cultes ou celui des leitmotivs comportementaux.
Les auspices du Théâtre Libre pourraient protéger
de tout passéisme à légard dune éventuelle
nostalgie désuète concernant latavisme télévisuel
d « Au théâtre ce soir » au profit bien compris
dun texte argumenté et presque visionnaire au sujet de
léquitable éthique régissant les aspirations
sociétales; alors quen même temps les « parapluies
» de lentreprise familiale Pujol, eux, sembleraient se
régénérer au contact transgénérationnel
de tous les membres touchés plus ou moins par la grâce dune
solidarité interne autant quen puissance virtuelle par celle
externe.
Si donc Clémentine Célarié mène le bal, tout
autour delle sagitent également des personnalités
charismatiques en diable comme le « mari » Philippe Uchan, le «
député maire » Jérôme Pouly,
linénarrable « maîtresse secrétaire »
Paloma, le fils (Benjamin Siksou) et la fille (Alexie Ribes) de famille aussi
différenciés que soudés par lenjeu crucial de
postérité, bref un véritable travail déquipe
fédérateur pour cette comédie intemporelle où
seule compte limplication absolue à la cause émancipatrice
selon le point de vue, bien entendu, évolutif de chacun.
Drôle, ironique, enlevée, la pièce sadapte à
tous les travers pour lesquels les normes sociales font pression et cest,
ainsi, le gain du « talent » potentiel qui gagnera sur tous les
tableaux quelle que soit lépoque avec, en filigrane, Jacqueline,
Catherine et Clémentine toutes confondues selon le meilleur
delles-mêmes pour y contribuer successivement grâce à
leurs remarquables et respectives valeurs ajoutées de « Potiche
».
Theothea le 01/05/26
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XXXX
de
mise en scène
avec
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....
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