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Les    Chroniques   de

  

30ème  Saison     Chroniques   30.11   à   30.15    Page  499

 

  • AMADEUS                                                    2573ème chronique  (depuis 1996)
  • CHOC ET MENSONGES                     
  • EN ATTENDANT GODOT                          2575ème chronique  (depuis 1996)

     

     

       

                   

                 

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AMADEUS

« Amadeus» Performances triomphantes de Milos Forman à Olivier Solivérès via Peter Shaffer

de  Peter Shaffer    

mise en scène  Olivier Solivérès   

avec  Jérôme Kircher, Thomas Solivérès, Lison Pennec, Eric Berger, Laurent d'Olce, Philippe Escudié, Romain Pascal, Laurent Arcaro, Artus Maël, Flore Philis, Stella Siecinska, Loïc Simonet, Marjolaine Alziary et Jade Robinot

***.

     

Théâtre Marigny

      

©  David Delaplace

     

D'entrée de jeu, le Théâtre Marigny nous plonge dans l'atmosphère musicale de la Vienne du 18ème siècle. Sous les multiples partitions froissées qui tombent du plafond, le public est accueilli par un personnel masqué et en costume d'époque, et une violoniste poudrée et emperruquée joue du Mozart offrant déjà un avant-goût du spectacle.

Une myriade de chandeliers et candélabres aux bougies Led éclairent la salle d'une lumière tamisée, on entend des murmures et des musiciens qui déambulent entre les rangées, on se croirait dans un de ces grands salons mondains viennois attendant que se produisent les concertistes en vogue du moment.

Après les trois coups annonciateurs, la scène s'ouvre dans un clair obscur intense sur un homme vieillissant hanté par son passé qui, prenant le public à témoin, semble vouloir se repentir de ses bassesses et avoue dans une logorrhée délirante, signe d'une démence sénile, avoir empoisonné le talentueux Wolfgang Amadeus Mozart. Une confession nocturne « Pardonne Mozart, pardonne à ton assassin ! » qui vient une trentaine d'années après la mort du génie à 35 ans en 1791. Ce vieillard, c'est Antonio Salieri, le compositeur vénitien d'opéras protégé toute sa vie par l’empereur mélomane Joseph II, sommité adulée magistralement interprétée par Jérôme Kircher qui, par la puissance machiavélique de son jeu, captive les regards.

Personnage complexe et ambigu, Salieri est le narrateur et protagoniste de l'histoire romancée qui va se recomposer sous nos yeux, racontant la rude concurrence engendrée par l'arrivée à Vienne du jeune prodige à l'oreille absolue. Celui-là occupe le poste prestigieux de premier Compositeur du souverain et voit d'emblée Mozart comme un rival malgré une reconnaissance admirative sans borne pour son talent. Fou de jalousie, il ne cessera de museler l'enthousiasme de ce musicien virtuose qui se révèle aussi doué qu'irrespectueux, turbulent, aimant s'amuser et danser, tout à l'opposé de son tempérament austère et de sa rigueur monacale.

Par un stratagème vestimentaire, ôtant sa longue et ample chasuble violacée qui lui donnait l'air d'un religieux fort dévot, troquant ses cheveux blancs contre une perruque brune à catogan, on se retrouve en 1781, en présence d'un Salieri ambitieux de 31 ans, séducteur dans son habit d'apparat et, à partir de ce flash-back, nous sommes projetés dans la sphère de la cour impériale où la compétition et les antagonismes profonds des deux musiciens s'affrontent avec les membres de la haute autorité artistique régnante. Les aspirations modernes de Mozart sont freinées par les codes traditionnels et il doit défier les partisans de l'Opéra italien face à l'Opéra allemand.

Grâce à des mécanismes ingénieux dont un plateau tournant, la scène s’anime et devient tout à tour le Palais de l'Empereur, les appartements de Mozart, l'Opéra de Vienne. Les tableaux successifs introduisent les 14 acteurs qui vont galvaniser le plateau, costumés, poudrés, maquillés, portant chemises à jabot en dentelle ou robes à baleines extravagantes (costumes de David Belugou) et coiffures exubérantes (perruques Nathalie Tissier) dans des décors un peu kitch sur fond de voiles blanches.

Accompagné par des musiciens et un magnifique chœur d’opéra, le spectacle présente sur scène des chanteurs lyriques (Romain Pascal, Laurent Arcaro, Artus Maël, Flore Philis, Stella Siecinska) et une violoncelliste (Marjolaine Alziary), qui font entendre au public quelques morceaux d’opéras parmi les plus connus du compositeur autrichien : '' L’Enlèvement au Sérail, Les Noces de Figaro, Don Giovanni, La Flûte enchantée '' avec l'air de '' La Reine de la Nuit '' admirablement chanté par Flore Philis aux puissantes vocalises. '' Les Noces de Figaro '' seront l'objet d'un dilemme à la Cour, Joseph II (Éric Berger) qui avait banni les ballets dans l'Opéra finira par les accepter devant la modernité créatrice de Mozart.

Quant au sublime '' Confutatis '' du Requiem dont Mozart, exténué sur son lit de mort, dicte fiévreusement les notes qui fusent à la vitesse éclair et que Salieri transcrit avec difficulté sur une partition, ce dernier en recevra un violent choc émotionnel et sera anéanti devant tant de pureté divine. Aveuglé par une jalousie mortifère, convaincu de sa médiocrité, il se retournera contre son Dieu avec lequel il avait passé un pacte quasi-faustien, promettant une vie chaste vouée à la gloire du Très-Haut en échange du soutien divin.

Dans un dernier monologue, revêtu à nouveau de son long peignoir, pénitent aux mains suppliantes, il se proclame le ''saint patron des médiocres''. Quand on est confronté au génie, comment survivre ? Il tentera de se trancher la gorge comme dans le fameux film de Milos Forman (1984), mais par une métaphore scénique que rajoute le metteur en scène Olivier Solivérès et qui se démarque du film, le sang qui va recouvrir le corps meurtri du compositeur jaillira d'un grand Christ en croix descendant des cintres. Une scène un tantinet plus gore que mystique.

Face à la sobriété démoniaque de Jérôme Kircher, l'intrépride Thomas Solivérès (frère cadet d'Olivier S.) incarne avec panache un fringant et flamboyant Mozart même si son jeu est sensiblement un copié-collé de celui de l'inimitable Tom Hulce au rire si explosif et contagieux du film. Thomas Solivérès use d'une même allure bondissante avec sa chevelure blonde hirsute, d'un même éclat de rire hystérique tout en imprégnant le rôle de ses propres facéties aux blagues infantiles et de sa fantaisie tonitruante. La jeune épouse Constanze, elle aussi immature avec laquelle Amadeus se comporte de manière très libertine, mais aussi très solidaire de la valeur artistique de son ''Wolfie'', est jouée par la touchante comédienne Lison Pennec.

Bien sûr, les clins d'oeil et les imitations iconiques récurrentes sont un reflet plutôt conforme du film emblématique ''Amadeus '' aux 8 Oscars revisitant lui-même la pièce éponyme du dramaturge britannique Peter Shaffer écrite en 1979. C'est le parti pris d'Olivier Solivérès d'en faire une version fidèle dans l'esprit comme l'est son adaptation très réussie du film de Peter Weir '' Le Cercle des poètes disparus '', toujours à l'affiche au Théâtre Antoine (Molière du metteur en scène d'un spectacle de théâtre privé en 2024) et toujours très applaudie.

Sa mise en scène '' Amadeus '' mélange théâtre et opéra pour créer une fresque grandiose et déjantée pleine de verdeur. Elle assume une réinterprétation jubilatoire très physique avec un duo magnétique au sein d'une troupe trépidante. Elle a le mérite de rendre accessible à un large public le prodige hors norme qui jouait plus vite, plus libre, les yeux fermés, à l'envers avec une facilité déconcertante. Une brillante leçon de musique !     

Cat’S / Theothea.com le 07/04/26  

         

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CHOC ET MENSONGES

                 

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EN ATTENDANT GODOT

« En attendant Godot » L’expectative tangible de Beckett avec Denis Lavant à la Proue 

de  Samuel Beckett    

mise en scène  Jacques Osinski   

avec  Peter Bonke, Jacques Bonnafé, Denis Lavant & Aurélien Recoing   

****

     

Théâtre de L'Atelier

      

© Pierre Grosbois;

          

C’est un quatuor de choc qui investit et subjugue le Théâtre de L’Atelier avec Vladimir, Estragon, Lucky & Pozzo, ces personnages de Samuel Beckett dont la notoriété n’a d’égale que le questionnement récurrent sur l’essence de leur identité existentielle.

Jacques Osinski en choisissant de nouveau son acteur fétiche Denis Lavant comme l’un des quatre piliers pour son cycle finissant d’hommage à l’auteur Irlandais s’obligeait, de fait, à entourer celui-là de personnalités charismatiques forçant le contraste d’avec la peinture clownesque, élastique et virevoltante autant que pétrifiante du comédien ayant fait de l’étrangeté son viatique insondable.

Lui, il sera donc « Estragon » ampoulé dans ses godillots lestés à la croûte terrestre face à un « Vladimir » céleste (Jacques Bonaffé) que les flux d’apesanteur s’efforcent d’élever au-dessus de la contingence du vide.

Ce duo complémentaire, solidaire et résistant affiche un focus déterminé dans l’attente permanente du sauveur annoncé par un jeune messager à laquelle ils ne pourraient aucunement se soustraire.

Intervenant à deux reprises in situ, voici « Pozzo » (Aurélien Recoing), c’est-à-dire l’inébranlable certitude de soi incarnée avec son revers dûment encordé « Lucky » (Peter Bonke) le si mal nommé en état de servitude avancée.

Tous deux comme aimantés l’un par l’autre sous le joug des forces du mal en contre-sens avéré surajoutées à celles de l’aliénation-domination requise ou consentie.

Ce jeu de quatre entités humaines se réfléchissant entre elles, à la manière de miroirs déformant à volonté, se hisse sous l’impulsion parfaitement maîtrisée de Jacques Osinski comme des révélateurs charnels du texte de Beckett là où, habituellement, c’est le domaine du concept et de l’éthique qui prend la place et prédomine pour valider la teneur, la motivation ou le mobile de cette attente érigée en raison de vivre et d’espérer.

Ici, loin de toute métaphysique interprétative de l’absurde, les esprits et les corps se trouvent englués dans une glaise tellurique que les vibrations éthérées contrebalancent en une sorte de précipité in vitro dont il leur faudrait sortir si possible la tête haute.

C’est pourquoi la (ré)apparition sur écran de l’émissaire juvénile aura pour vertu de renouveler à chaque fois la nécessité d’attendre le messie non identifié car si celui-ci se fait porter pâle en l’instant présent, il persiste toujours à faire annoncer sa prochaine venue comme imminente.

Cette répétition systémique englobe tout le champ à la fois du vécu sur les planches, de l’oralité qui y est échangée comme celui des comportements interactifs sous chorégraphie ajustée, développant ainsi un imaginaire collectif en suspend où, de la scène à la salle, chacun se sent partie prenante selon la malléabilité vibrionesque insufflée par les envolées du magicien farceur face aux postures délibérées de ses brillants acolytes en quête de respectabilité.

Chapeau à la main, les membres du Quatuor saluent alors leur public en ayant bien conscience d’avoir rendu à Beckett sa force d’âme, puisée au plus profond de la mécanique des corps se relevant malgré l’usure, bien accompagnée de celle des esprits exultants malgré l’adversité.

Theothea le 02/04/26

         

   

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