John FORD
avec Bernard Ballet, Manuel Blanc, Stéphane Bierry, Jean-François Delacour, Guy Grosso, Jean-Claude Jay, Jean-Pierre Jorris, Antonin Maurel, Martine Mongermont, Nina, Guy Perrot, Benjamin Rataud, Barbara Schulz, Steve Suissa, Maria Verdi et le groupe polyphonique Corsica: Jacques Culioli, Charles Contri, Eric Mattei, Christophe Sicurani
| En 1633, quarante ans
après le Roméo et Juliette de Skakespeare, est imprimée
la pièce de john Ford « Dommage qu’elle soit une putain ».
En pleine période Elisabéthaine, chacune de ces deux pièces décrit la tragédie d’un Amour impossible entre un jeune homme et une jeune fille fous de passion. Cependant avec Ford, l’enjeu du mythe grimpe d’un cran dans l’impasse puisqu’il s’agit d’un frère et d’une soeur et que ceux-ci pleinement conscients de la transgression du tabou incestueux tentent d’assumer la Passion amoureuse comme une Destinée fatale. Loin de toute psychologie d’école, ces deux êtres brûlent, se consument, bravent les obstacles, déjouent les pièges que leur tendent les familles, les Institutions citoyennes et religieuses. Ils ne peuvent compter sur aucune main secourable ou amie, ils sont seuls au monde comme des monstres bannis par leurs semblables. Un souffle aspirant et ascendant traverse donc cette destinée impossible pour laquelle le réel suspens est d’imaginer combien de temps l’issue fatale pourra être différée! Tel un délire onirique, tout s’emballe sur la scène! Les sentiments de haine et d’amour s’exacerbent, peu à peu les désirs de meurtre et de suicide émergent au fur et à mesure des coups fourrés pour laisser place à l’incrédulité générale face au sang qui se répand. Cette montée aux enfers ne peut évidemment fonctionner que si le spectateur accepte que le symbole côtoie la caricature; nous sommes presque rassurés de savoir que faute de moyens financiers suffisants, Jérôme Savary a dû limiter ses ambitions de mise en scène sur le plateau relativement restreint de la salle Gémier. Il réussit à installer un climat d’étrangeté, de baroque, dont des chants polyphoniques « a capella » viennent réguler le fluide teinté d’humour distancié! Jérôme Savary cherche à séduire, il parvient à nous fasciner!.......
Theothea le 6/11/97
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