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 Sommaire / Editorial     Toutes nos  Critiques  2002 - 2003

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 - Le Théâtre à Paris -

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7ème  Saison     Chroniques   07.06   à    10      Page  88

 

   

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UNE VISITE INOPPORTUNE

de  Copi

mise en scène    Lukas Hemleb

 Choix des Chroniques ****

Théâtre du Vieux-Colombier

Tel:  01 44 39 87 00 

  Comédie Française 
   Le site Web

Comme dans un jeu de miroir déformant où la mort déclinerait du faux au vrai toutes les facettes du prisme de la vie, Cyrille au terme de son sida, jubile et savoure ces ultimes moments de rémittence en laissant défiler dans sa chambre d'hôpital, quelques figures emblématiques proches de son empathie!…

Ces visites successives, voire concomitantes semblent conforter et magnifier son aura d' "intouchable", tel déjà ici-bas, un prince de l'au-delà!…

Eric Genovèse excelle dans ce rôle de Diva dont l'humour corrosif agit à la manière d'une contagion volcanique, pétrissant les corps et les âmes dans un imaginaire en fusion!….

Grâce à son aisance à s'abstraire de la morbidité contingente, cet archange règne et séduit ses proches (Simon Eine, Dominique Constanza, Gérard Giroudon, Sylvia Bergé) en adoptant la pose du persifleur en quête de perfection et d'absolu!…

La langue de Copi s'affranchit des conventions, en pratiquant le dérapage contrôlé pour ainsi dire au sein de chaque réplique d'un séisme dialectique purgeant l'assemblée humaine tour à tour angélique et démoniaque!…

La mise en scène de Lukas Hemleb, adoptant un plateau en pente latérale, installe délibérément les acteurs et les spectateurs dans un déséquilibre permanent qui oblige les uns à la vigilance et les autres à la compensation!… Cette tension partagée simultanément est palpable jusque dans les rires dont le soulagement ne peut être que fugitif!…

Cette glissade aux enfers dans la béatitude suscite, telle une cure de jouvence, une approche collective, paroxystique et jouissive du jeu théâtral!..

Theothea le 24/09/02

UNE NUIT ARABE

de  Roland Schimmelpfennig

mise en scène    Frédéric Bélier-Garcia

 Choix des Chroniques ****

Théâtre du Rond- Point

Tel: 01 44 95 98 21 

  Théâtre du Rond-Point 
   Le site web

Que Niels Arestrup soit à l'affiche de la réouverture de la salle Renaud-Barrault au Théâtre du Rond-Point sous la nouvelle direction de Jean-Michel Ribbes, voilà un présage favorable à une programmation qui devrait donc faire la part belle aux auteurs contemporains:

En effet, si les textes de la modernité peuvent être joués en ce lieu de mémoire, autant qu'ils le soient par des comédiens et metteurs en scène qui apprécient le risque et la remise en question!…

En restant ouvert à l'opportunité et à la découverte, sûr que le théâtre du Rond-Point pourra à l'avenir satisfaire l'appétit de ceux qui aspirent à la dimension centrifuge du spectacle vivant!..

Ainsi "Une nuit arabe" est la première pièce du jeune auteur allemand Roland Schimmelpfennig montée en France et créée au Staatstheater de Stuggart en 2001.

En un perpétuel chassé-croisé à l'intérieur d'une tour d'habitation, des résidents se frôlent tels des automates sur des rails, régis par des pulsions et des sentiments étranges!…

Une schizophrénie collective qui les rend perméables à la compulsion, à l'instar d'un programme binaire en recherche vaine d'un bug qui autoriserait la sortie hypothétique du labyrinthe!…

Du réalisme objectif à la fantasmagorie échevelée, les comportements sociaux sombrent dans la déviance où l'esprit d'escalier s'essoufflerait à la poursuite de son ombre, car précisément l'art de la répartie a lâché prise!…

Le dialogue laisse place à une course sans fin et sans objectif alors que des voix off s'épuiseraient à décrire les moindres gestes!…

En plombier du dernier recours, Niels Arestrup transpirant de tout son soûl escalade les étages pour tenter de faire jaillir aux étages supérieurs la source vive engorgée, mais ses valeureux partenaires (Lubna Azabal, Samir Guesmi, Océane Mozas, Zinedine Soualem) apercevront-ils enfin le symbole de l'eau salvatrice?

Theothea le 24/09/02

L'ENFANT DO

de  Jean-Claude Grumberg

mise en scène    Jean-Michel Ribes

 Choix des Chroniques ****

Théâtre Hébertot

Tel: 01 43 87 23 23 

  Olga Grumberg & Jonathan Zaccaï     

De l'ours en peluche à la madeleine de Proust, chacun d'entre nous a en soi un univers imaginaire où il fait bon se cacher, se ressourcer, se réconforter!

Les souvenirs remontent par strates associatives avec un goût vanillé désuet, peu à peu un charme indéfinissable envahit notre être qui s'abandonne l'espace d'un moment aux délices du prisme spécieux de la réminiscence!…

Fort de cette conviction, Jean-Claude Grumberg s'approche de l'universel en tentant l'expérience de se glisser dans les sensations de l'enfant qui découvrait éberlué les contradictions d'une vie maintenant "révolue" où les adultes semblaient agir comme des fantoches, tour à tour protecteurs et injustes!…

Quel meilleur compagnon et conseiller alors que cet amical ours en peluche traînant du lit au canapé en de multiples avatars pour exprimer tous les ressentiments délectables, s'agitant en des pensées confuses où culmine une affection toujours trop grande à rayonner!…

Ainsi, lui l'enfant ballotté entre deux belles-familles où père et mère se complètent en s'insupportant, où grand-mère paternelle et grand-père maternelle rivalisent de goujateries afin de s'exaspérer mutuellement, il n'a pour viatique à ses rêves infinis que de faire l'ange ou la bête au risque savoureux de passer pour le plus demeuré d'entre tous!…

Jean-Claude Grumberg évoque bien entendu ici comme ailleurs la spécificité dont la judéité colore les évènements et les affects familiaux, mais c'est toujours par l'humour et l'auto-dérisison qu'il décide de désamorcer la connivence face à une éventuelle fatalité récurrente!…

François Berléand et Chantal Neuwirth jouent dans la cour des grands dans une course effrénée à la mauvaise foi, fort peu orthodoxe!… Olga Grumberg (propre fille de Jean-Claude) et Jonathan Zaccaï adoptent avec grâce et à l'unisson, la pose contemporaine de jeunes parents tiraillés entre régression douillette et autonomie zélée!… Alexandre Aubry fait l'ours et il a bien du mérite!… Quant à Philippe Le Gall, son jeu malicieux plein d'étrangeté nous fait oublier d'entrée qu' "enfant" est bel et bien un rôle de sa composition!…

Sur la scène du théâtre Hébertot, l'idée d'un ours géant imprégnant ce voyage en fantasmagories se concrétise sous la signature de Jean-Marc Stehle avec une évidence à rendre palpable la mémoire de tout un chacun!…

Musique de Jean-Claude Camors, lumière de Hervé Gary, costumes de Juliette Chanaud, tous contribuent au merveilleux d'une plongée onirique ne devant rien au hasard, puisqu'elle est dirigée en état de grâce par Jean-Michel Ribes.

Theothea le 03/10/02

JEUX DE SCENE

de  Victor Haïm

mise en scène   Marcel Bluwal 

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de l'Oeuvre

Tel: 01 44 53 88 88 

     

 Photo: Laurencine Lot

 

Deux jeunes femmes d'aujourd'hui, l'une comédienne l'autre metteur en scène & auteur, se retrouvent au premier jour de lecture de sa nouvelle pièce, seules sur la scène d'un théâtre déserté si ce n'est la présence off du responsable "lumière".

Amies de longue date à la ville, elles n'en cultivent pas moins l'art du ressentiment partagé, tel que leurs différences de caractère se déclineraient dans la dualité d'une même ambition féminine!…

A la fois copines et rivales, un ex-compagnon d'Hortense va s'avérer en première phase de leur conversation, comme enjeu de provocation et de jalousie sans cesse renouvelée:

Actrice de son personnage privé jusqu'au bout des ongles, Danièle Lebrun excelle ainsi à vilipender, stigmatiser toutes les minauderies, pauses et autre snobisme de comportement à la fois contemporains par leurs codes et universels par l'émoustille ment suscité en position dominante!….

Gertrud de son côté en créatrice cérébrale suscite tous les stigmates de l'obscurantisme éclairé, matiné de tics de langage et autres barbarismes intellectuels!…

Autant celle-ci semble acerbe, coincée, autant l'autre apparaît comme juvénile, insouciante, superficielle; Francine Bergé et Danièle Lebrun composent ainsi des stéréotypes dont le faire valoir mutuel semble les porter jusqu'aux délices de la volupté!…

Mais, quand face aux formules rhétoriques toutes faites s'oppose le bluff d'une volonté séductrice exacerbée, un cocktail de frustrations semble jaillir à chaque réplique de l'altérité, agissant comme autant de coups d'épée dans l'ego de la partenaire!…

En enfilant des perles que le jargon branché peut cultiver à l'insu de chaque milieu social, professionnel, ces deux femmes de théâtre renvoient au public un miroir à peine déformant d'une société à laquelle tous contribuent!…

C'est avec succès que la mise en scène de Marcel Bluwal s'amuse à joindre le geste des comédiennes à la parole de Victor Haïm, à la manière d'une bande dessinée de Claire Bretecher!…

Cependant en luttant pied à pied avec l'esbroufe, le pouvoir et le talent d'autrui, c'est aussi avec le besoin de complémentarité qu'aboutira la confrontation, autorisant de facto l'intelligence instinctive à prendre le relais!..

Theothea le 01/10/02

SAVANNAH BAY

de  Marguerite Duras

mise en scène    Eric Vigner

 Choix des Chroniques ****

Comédie-Française

Tel:  01 44 58 15 15 

  D'après photo Laurencine Lot 
 Site web Comédie Française

 

En émigrant du théâtre du Rond-Point à celui de la Comédie-Française, depuis l'incarnation du couple Madeleine Renaud / Bulle Ogier à celui des deux Catherine Samie / Hiegel faisant suite à la relation filiale, Savannah Bay est devenu le lieu de la transmission, l'emblème du passage de relais que le travail de mémoire s'efforce de frayer de mère à fille, de femme à l'autre, celle qui en quête du double donne sens à l'héritage!…

Entre les rames d'un feuillage de perles scintillantes séparant en deux entités spatio-temporelles la vaste plateau de la scène Richelieu, sous l'inspiration d'une direction d'acteurs pleine de tact, les deux Catherine inventent le cheminement de l'Amour face à la mort, trompant les forces de l'oubli en cycles de bravade délibérée et complice!…

Toutes deux d'âge mûr, c'est entre adultes que la doyenne de la maison de Molière confie symboliquement le flambeau du spectacle vivant à celle qui outre son savoir-faire de comédienne exerce également son talent de créatrice en tant que metteur en scène et professeur du conservatoire.

D'une génération à l'autre, le théâtre de Marguerite Duras devenu dépositaire des forces de l'esprit par delà la transcendance des mots et du regard des interprètes, se métamorphose ici et maintenant en pulsion de vie!…

Theothea le 02/10/02

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