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2003
Les
Chroniques
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7ème
Saison
Chroniques 07.01
à
05
Page 87
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UN PETIT JEU SANS
CONSEQUENCE
de Jean
Dell & Gérald Sibleyras
mise en scène
Stéphane Hillel
reprise Petit Théâtre de
Paris
|
****
Théâtre La Bruyère
Tel: 01 48 74 76 99
|
Combien il est réjouissant de débuter une saison
théâtrale en ayant le loisir d'apprécier "Un petit jeu
sans conséquence" qui pourrait être le prototype de la pièce
divertissante parce qu'à la fois sémillante, tendre et
fielleuse!…
Le texte écrit à deux mains (Jean Dell & Gérald
Sibleyras) s'évertue à faire triompher la mauvaise foi
partagée par tous dans un univers où la vulnérabilité
des uns n'a comme exutoire que le comportement trompeur des autres!…
Hors champ d'une "Cerisaie" qui vibrionne au rythme d'un pique-nique
champêtre et initié sur un simple coup de tête à
la suite d'une réflexion bien intentionnée mais maladroite,
un malicieux jeu de société s'installe à l'insu de tous
les participants!…
Que l'on soit proche, cousin, ou ami, chacun préférant l'attaque
sournoise à la défense justificative, va guetter sa proie selon
le moindre signe de faiblesse dévoilé par la partie
adverse!…
"Ils vont se quitter!…". Bruno (Marc Fayet) et Claire (Valérie
Karsenti) qui jusqu'à ce jour passaient pour former un couple sans
histoire, vont brusquement s'en inventer une, en annonçant subrepticement
leur prochaine séparation!..
L'incrédulité faisant place aux interprétations les
plus caustiques, la rumeur va se répandre parmi les invités
qui tour à tour, devançant leur propre intérêt,
n'auront de cesse d'échapper au boomerang des commérages les
plus ravageurs!…
En effet arroseurs et arrosés communiant dans la même passion
des intrigues à emmêler, le petit jeu va s'affoler sans que
plus aucun pilote ne sache gouverner le ravage des affections en
errance!…
Bien entendu, ceux qui ont vocation à ramasser les marrons du feu,
se feront un véritable plaisir d'enfourcher les opportunités
et laisseront pantois les intermédiaires!…
Habiles, les auteurs au lieu de nous raconter une énième
histoire du couple qui se déchire, invente sous nos yeux un jeu de
rôles où l'action va s'improviser à chaque
représentation, au gré d'un choix constamment ouvert et donc
propice à toutes les identifications du spectateur!…
C'est ainsi que Serge en élégant jeune homme de bonne famille,
poli mais cynique va mener par touches discrètes, un bal qu'il n'avait
pas prémédité mais dont tous les autres protagonistes
semblent lui déléguer un rôle d' "élu" dont il
ne refuse ni les conséquences, ni les prérogatives!…
Une leçon de vie, à défaut d'une leçon de
savoir-vivre qui déclenche une hilarité bien communicative,
tellement elle ressemble à s'y méprendre aux embrouilles
fomentées dès que plusieurs personnes se réunissent!…
Sous la direction de Stéphane Hillel, l'équipe d' "Accalmies
passagères" réinvestit brillamment le théâtre
La Bruyère dirigé par Stephan Meldegg, talentueux dénicheur
d'innombrables succès… qu'à nouveau ce petit jeu va à
coup sûr susciter telle une traînée de poudre euphorisante,
mais quoi qu'on en dise, pas nécessairement sans conséquence!…
Theothea le 09/09/02
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HUGO, LES TABLES
TOURNANTES
de Jean-Marie
Galey
mise en scène
Jean-Marie Galey
|
****
Théâtre Molière
Tel: 01 44 54 53 00
|
Accompagné de son épouse (Sylvie Genty), d'Adèle
(Teresa Ovidio) et Charles (François Loriquet) ses enfants, ainsi
que d'Auguste Vacquerie (François Lalande) frère de leur beau-fils,
de même que d'Hennet de Kesler (Fabrice Eberhard) réfugié
politique, Victor Hugo (Yves Pignot) en exil dans l'île de Jersey est
guetté par l'ennui, lorsque les rejoint la poétesse Delphine
Gay de Girardin (Annie Mercier)!..
Tournent alors les tables et les esprits qui les meuvent, tournent
jusqu'à ce que tout ce beau monde emporté par l'inertie de
la rotation, échappe à l'attraction du rationalisme et
s'évade dans l'inconscient théâtral au point d'incarner
Molière, Shakespeare et tout le gotha culturel s'imposant à
l'entendement collectif!…
Construit comme un puzzle à partir de procès-verbaux
rédigés par Victor Hugo lui-même, le scénario
de Jean-Marie Galey lui permet d'y associer une mise en scène où
le délire semble monter comme une mayonnaise, respectant néanmoins
des paliers de décompression où les acteurs peuvent endosser
"l'esprit" des phares culturels contemporains!…
Associatif, onirique, le texte les entraîne paradoxalement en des
compositions charnelles où le délire pictural pourrait rejoindre
l'âme des disparus!…
Les sept comédiens avec à leur tête Yves Pignot s'exercent
à des disciplines parodiques pour extraire de la métaphore
la substance spirite, rejoignant ainsi celle de tous les exils!…
Magnifique travail de composition où les numéros d'acteurs
sont au service du groupe ainsi constitué, se fondant en un
perpétuel télescopage de rôles inspirés par
l'au-delà!…
Theothea le 10/09/02
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GROS-CÂLIN
de Romain
Gary
mise en scène
Patrice Kerbrat
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****
Théâtre de La
Pépinière-Opéra
Tel: 01 42 61 44
16
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Quelque part entre la sérénité inquiète
d'André Dussollier et la poèsie humaniste de Rufus, Thierry
Fortineau compose un personnage dont Les Shadocks de Claude Pieplu
reconnaîtraient aisément la petite musique!…
Ce Michel Cousin n'est certes pas le roi de nos contemporains, mais passerait
volontiers pour son fou!….
Constamment décalé, tout en poursuivant une dialectique
rigoureuse et cohérente avec son entourage, cet anti-héros
traverse son époque en subissant tous les déboires, sans jamais
s'en apercevoir ou tout au moins en le feignant!…
Un Buster keaton ou un Woody Allen qui, gravitant autour de l'altruisme
affectif, serait en mesure de sauver son âme, en interprétant
systématiquement à tort, le comportement et les réactions
d'hostilité!…
Un Candide dont la naïveté s'approprierait la méthode
Coué, en art de survivre!… S'il ne devait en rester qu'un, ce devrait
assurément être celui-là!…
Le texte de Romain Gary signé Emile Ajar se love en circonvolutions
de pensée magique, tel un traité de philosophie morale et politique
à destination d'une race humaine, fort handicapée!…
Effectivement la solitude, ça n'existe pas, quand un python peut
s'enrouler de contentement autour des sentiments de substitution, en un
Gros-Câlin!…
Les verres d'eau de Patrice Kerbrat assurent à sa mise en scène
les seules respirations autorisées à Thierry Fortineau dont
la performance confine à la prestation d'équilibriste de haut
vol!…
En effet la distanciation à l'adversité puisant son
énergie dans l'illusion d'un amour universel, le comédien ne
peut déroger un seul instant à cette affabulation du personnage,
sous peine de dévisser dans le réalisme!…
Une parabole où les symboles se fraient crânement, dans le
maquis d'un langage riche en métaphores, contradictions et autres
avatars, le droit à la différence!…
Theothea le 12/09/02
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L'HOMME EN QUESTION
de
Félicien Marceau
mise en scène
Jean-Luc Tardieu
|
****
Théâtre Porte Saint Martin
Tel: 01 42 08 00 32
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C'est à un journaliste du Figaro qui échafaudait une
distribution imaginaire que Michel Sardou doit l'idée d'avoir
découvert et choisi d'interpréter "L'homme en question",
pièce de l'académicien Félicien Marceau qui séduisit
le comédien dès la première lecture!...
Guidé avec fougue persuasive par Brigitte Fossey, davantage confidente
que voix de sa conscience, Monsieur Jaune va donc revivre, en cette compagnie
féminine, les affres et le plaisir destructeur qu'un père exclusif
a nourri à l'encontre de son gendre, dépossédant de
fait celui-ci de son amour conjugal!...
Peut-être Michel Sardou a-t-il trouvé dans cette relation
paternelle passionnée mais contrariée, un exutoire substitutif
à celle très accaparante que jeune homme, il a vécu
lui-même avec sa propre mère?
Toujours est-il que l'affection parentale envahissante est au centre de
ce questionnement théâtral, où la mauvaise foi se taille
la part prépondérante au sein d'une cohabitation
dégénérescente entre générations!...
Qu'il y ait à terme suicide du beau fils et rupture affective avec
la fille ne changera rien, bien au contraire à l'ambition professionnelle
de Monsieur Jaune, appelé aux plus hautes fonctions de l'état!...
C'est précisément sans remise en question qu'il embrassera
son destin, en se référant à des certitudes
définitives sur les êtres et sur les faits!...
Odieux personnage dont Michel Sardou se complaît à brosser
avec humour et jubilation, la médiocrité tranquille persuadée
du bon droit à éliminer les gêneurs!...
Malgré une mise en scène efficace et un impressionnant
décor récurrent pouvant symboliser la distanciation d'une chambre
noire photographique, d'où vient cependant le malaise indéfinissable
laissant perplexe le spectateur face à un divertissement provocateur
plutôt qu'à une analyse suggérée par la
problématique du titre?
En arrondissant les angles de cette pièce corrosive et noire pour
en extraire prioritairement la verve comique, l'équipe entourant Michel
Sardou accouche sans démériter d'un "entre-deux" esquivant
sa cible et l' intime conviction attendue!...
Theothea le 18/09/02
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L'UTOPÎTRE
de Marc
Jolivet
mise en scène
Marc Jolivet
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****
Bobino
Tel: 01 43 27 75 75
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Marc Jolivet s'est installé à Bobino jusqu'à la fin
de l'année et c'est en coureur de fond avisé qu'il se lance
dès le début du spectacle dans une danse trépidante
à essouffler un non-professionnel!..
Avec l'intention, selon la règle des trois unités (lieu,
temps, action), de rassembler utopie et pitrerie en se désignant
"Utopître", le showman prend à témoin le public d'un
contrat proposé par "Macrosoft" destiné à faire de lui
un célibrissime "acteur" de la mondialisation culturelle!...
Un grand orchestre de musiciennes devrait venir incessamment
célébrer sur scène sa séduisante promotion!...
Le spectacle se poursuivra dans l'attente de ce Godot féminin
et musical, en permettant à l'artiste de stigmatiser avec le sourire,
tellement "d'horreurs" sur les moeurs contemporaines qu'en définitive
c'est son indépendance qui triomphera des chaînes contractuelles,
un moment convoitées!...
Le comédien nous invite à un feu d'artifices où
les perles semblent jaillir dans la spontanéité de l'instant
théâtral alors qu'en arrière-plan, une mécanique
jubilatoire tire les ficelles de l'hilarité communicative!...
Surfant sur l'actualité, Marc Jolivet nous insuffle un "Bush à
Bush" aussi ravageur que réjouissant!...
L'artiste transforme son one's man show en un véritable spectacle
de music-hall relativement court, partageant sa présence sur la
scène de Bobino avec des partenaires virtuellement impromptus!...
En guise de citation inspiratrice: "Heureux celui qui se moque de
lui-même, car il n'a pas fini de s'amuser." (Mamie le Botlan - dossier
de presse / Utopître -)
Theothea le 19/09/02
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