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7ème  Saison     Chroniques   07.01   à    05      Page  87

 

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UN PETIT JEU SANS CONSEQUENCE

de  Jean Dell & Gérald Sibleyras

mise en scène    Stéphane Hillel

reprise  Petit Théâtre de Paris

 Choix des Chroniques ****

Théâtre La Bruyère

Tel: 01 48 74 76 99 

   Théâtre La Bruyère

Combien il est réjouissant de débuter une saison théâtrale en ayant le loisir d'apprécier "Un petit jeu sans conséquence" qui pourrait être le prototype de la pièce divertissante parce qu'à la fois sémillante, tendre et fielleuse!

Le texte écrit à deux mains (Jean Dell & Gérald Sibleyras) s'évertue à faire triompher la mauvaise foi partagée par tous dans un univers où la vulnérabilité des uns n'a comme exutoire que le comportement trompeur des autres!

Hors champ d'une "Cerisaie" qui vibrionne au rythme d'un pique-nique champêtre et initié sur un simple coup de tête à la suite d'une réflexion bien intentionnée mais maladroite, un malicieux jeu de société s'installe à l'insu de tous les participants!

Que l'on soit proche, cousin, ou ami, chacun préférant l'attaque sournoise à la défense justificative, va guetter sa proie selon le moindre signe de faiblesse dévoilé par la partie adverse!

"Ils vont se quitter!". Bruno (Marc Fayet) et Claire (Valérie Karsenti) qui jusqu'à ce jour passaient pour former un couple sans histoire, vont brusquement s'en inventer une, en annonçant subrepticement leur prochaine séparation!..

L'incrédulité faisant place aux interprétations les plus caustiques, la rumeur va se répandre parmi les invités qui tour à tour, devançant leur propre intérêt, n'auront de cesse d'échapper au boomerang des commérages les plus ravageurs!

En effet arroseurs et arrosés communiant dans la même passion des intrigues à emmêler, le petit jeu va s'affoler sans que plus aucun pilote ne sache gouverner le ravage des affections en errance!

Bien entendu, ceux qui ont vocation à ramasser les marrons du feu, se feront un véritable plaisir d'enfourcher les opportunités et laisseront pantois les intermédiaires!

Habiles, les auteurs au lieu de nous raconter une énième histoire du couple qui se déchire, invente sous nos yeux un jeu de rôles où l'action va s'improviser à chaque représentation, au gré d'un choix constamment ouvert et donc propice à toutes les identifications du spectateur!

C'est ainsi que Serge en élégant jeune homme de bonne famille, poli mais cynique va mener par touches discrètes, un bal qu'il n'avait pas prémédité mais dont tous les autres protagonistes semblent lui déléguer un rôle d' "élu" dont il ne refuse ni les conséquences, ni les prérogatives!

Une leçon de vie, à défaut d'une leçon de savoir-vivre qui déclenche une hilarité bien communicative, tellement elle ressemble à s'y méprendre aux embrouilles fomentées dès que plusieurs personnes se réunissent!

Sous la direction de Stéphane Hillel, l'équipe d' "Accalmies passagères" réinvestit brillamment le théâtre La Bruyère dirigé par Stephan Meldegg, talentueux dénicheur d'innombrables succès qu'à nouveau ce petit jeu va à coup sûr susciter telle une traînée de poudre euphorisante, mais quoi qu'on en dise, pas nécessairement sans conséquence!

Theothea le 09/09/02

HUGO, LES TABLES TOURNANTES

de  Jean-Marie Galey

mise en scène    Jean-Marie Galey

 Choix des Chroniques ****

Théâtre Molière

Tel: 01 44 54 53 00 

 Théâtre Molière Maison de la poèsie  

Accompagné de son épouse (Sylvie Genty), d'Adèle (Teresa Ovidio) et Charles (François Loriquet) ses enfants, ainsi que d'Auguste Vacquerie (François Lalande) frère de leur beau-fils, de même que d'Hennet de Kesler (Fabrice Eberhard) réfugié politique, Victor Hugo (Yves Pignot) en exil dans l'île de Jersey est guetté par l'ennui, lorsque les rejoint la poétesse Delphine Gay de Girardin (Annie Mercier)!..

Tournent alors les tables et les esprits qui les meuvent, tournent jusqu'à ce que tout ce beau monde emporté par l'inertie de la rotation, échappe à l'attraction du rationalisme et s'évade dans l'inconscient théâtral au point d'incarner Molière, Shakespeare et tout le gotha culturel s'imposant à l'entendement collectif!

Construit comme un puzzle à partir de procès-verbaux rédigés par Victor Hugo lui-même, le scénario de Jean-Marie Galey lui permet d'y associer une mise en scène où le délire semble monter comme une mayonnaise, respectant néanmoins des paliers de décompression où les acteurs peuvent endosser "l'esprit" des phares culturels contemporains!

Associatif, onirique, le texte les entraîne paradoxalement en des compositions charnelles où le délire pictural pourrait rejoindre l'âme des disparus!

Les sept comédiens avec à leur tête Yves Pignot s'exercent à des disciplines parodiques pour extraire de la métaphore la substance spirite, rejoignant ainsi celle de tous les exils!

Magnifique travail de composition où les numéros d'acteurs sont au service du groupe ainsi constitué, se fondant en un perpétuel télescopage de rôles inspirés par l'au-delà!

Theothea le 10/09/02

GROS-CÂLIN

   

de  Romain Gary

mise en scène    Patrice Kerbrat

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de La Pépinière-Opéra

Tel: 01 42 61 44 16

 

Quelque part entre la sérénité inquiète d'André Dussollier et la poèsie humaniste de Rufus, Thierry Fortineau compose un personnage dont Les Shadocks de Claude Pieplu reconnaîtraient aisément la petite musique!

Ce Michel Cousin n'est certes pas le roi de nos contemporains, mais passerait volontiers pour son fou!.

Constamment décalé, tout en poursuivant une dialectique rigoureuse et cohérente avec son entourage, cet anti-héros traverse son époque en subissant tous les déboires, sans jamais s'en apercevoir ou tout au moins en le feignant!

Un Buster keaton ou un Woody Allen qui, gravitant autour de l'altruisme affectif, serait en mesure de sauver son âme, en interprétant systématiquement à tort, le comportement et les réactions d'hostilité!

Un Candide dont la naïveté s'approprierait la méthode Coué, en art de survivre! S'il ne devait en rester qu'un, ce devrait assurément être celui-là!

Le texte de Romain Gary signé Emile Ajar se love en circonvolutions de pensée magique, tel un traité de philosophie morale et politique à destination d'une race humaine, fort handicapée!

Effectivement la solitude, ça n'existe pas, quand un python peut s'enrouler de contentement autour des sentiments de substitution, en un Gros-Câlin!

Les verres d'eau de Patrice Kerbrat assurent à sa mise en scène les seules respirations autorisées à Thierry Fortineau dont la performance confine à la prestation d'équilibriste de haut vol!

En effet la distanciation à l'adversité puisant son énergie dans l'illusion d'un amour universel, le comédien ne peut déroger un seul instant à cette affabulation du personnage, sous peine de dévisser dans le réalisme!

Une parabole où les symboles se fraient crânement, dans le maquis d'un langage riche en métaphores, contradictions et autres avatars, le droit à la différence!

Theothea le 12/09/02

L'HOMME EN QUESTION

de  Félicien Marceau

 

mise en scène   Jean-Luc Tardieu 

 Choix des Chroniques ****

Théâtre Porte Saint Martin

Tel: 01 42 08 00 32 

 

C'est à un journaliste du Figaro qui échafaudait une distribution imaginaire que Michel Sardou doit l'idée d'avoir découvert et choisi d'interpréter "L'homme en question", pièce de l'académicien Félicien Marceau qui séduisit le comédien dès la première lecture!...

Guidé avec fougue persuasive par Brigitte Fossey, davantage confidente que voix de sa conscience, Monsieur Jaune va donc revivre, en cette compagnie féminine, les affres et le plaisir destructeur qu'un père exclusif a nourri à l'encontre de son gendre, dépossédant de fait celui-ci de son amour conjugal!...

Peut-être Michel Sardou a-t-il trouvé dans cette relation paternelle passionnée mais contrariée, un exutoire substitutif à celle très accaparante que jeune homme, il a vécu lui-même avec sa propre mère?

Toujours est-il que l'affection parentale envahissante est au centre de ce questionnement théâtral, où la mauvaise foi se taille la part prépondérante au sein d'une cohabitation dégénérescente entre générations!...

Qu'il y ait à terme suicide du beau fils et rupture affective avec la fille ne changera rien, bien au contraire à l'ambition professionnelle de Monsieur Jaune, appelé aux plus hautes fonctions de l'état!...

C'est précisément sans remise en question qu'il embrassera son destin, en se référant à des certitudes définitives sur les êtres et sur les faits!...

Odieux personnage dont Michel Sardou se complaît à brosser avec humour et jubilation, la médiocrité tranquille persuadée du bon droit à éliminer les gêneurs!...

Malgré une mise en scène efficace et un impressionnant décor récurrent pouvant symboliser la distanciation d'une chambre noire photographique, d'où vient cependant le malaise indéfinissable laissant perplexe le spectateur face à un divertissement provocateur plutôt qu'à une analyse suggérée par la problématique du titre?

En arrondissant les angles de cette pièce corrosive et noire pour en extraire prioritairement la verve comique, l'équipe entourant Michel Sardou accouche sans démériter d'un "entre-deux" esquivant sa cible et l' intime conviction attendue!...

Theothea le 18/09/02

L'UTOPÎTRE

de  Marc Jolivet

mise en scène    Marc Jolivet

 Choix des Chroniques ****

Bobino

Tel: 01 43 27 75 75

 

Marc Jolivet s'est installé à Bobino jusqu'à la fin de l'année et c'est en coureur de fond avisé qu'il se lance dès le début du spectacle dans une danse trépidante à essouffler un non-professionnel!..

Avec l'intention, selon la règle des trois unités (lieu, temps, action), de rassembler utopie et pitrerie en se désignant "Utopître", le showman prend à témoin le public d'un contrat proposé par "Macrosoft" destiné à faire de lui un célibrissime "acteur" de la mondialisation culturelle!...

Un grand orchestre de musiciennes devrait venir incessamment célébrer sur scène sa séduisante promotion!...

Le spectacle se poursuivra dans l'attente de ce Godot féminin et musical, en permettant à l'artiste de stigmatiser avec le sourire, tellement "d'horreurs" sur les moeurs contemporaines qu'en définitive c'est son indépendance qui triomphera des chaînes contractuelles, un moment convoitées!...

Le comédien nous invite à un feu d'artifices où les perles semblent jaillir dans la spontanéité de l'instant théâtral alors qu'en arrière-plan, une mécanique jubilatoire tire les ficelles de l'hilarité communicative!...

Surfant sur l'actualité, Marc Jolivet nous insuffle un "Bush à Bush" aussi ravageur que réjouissant!...

L'artiste transforme son one's man show en un véritable spectacle de music-hall relativement court, partageant sa présence sur la scène de Bobino avec des partenaires virtuellement impromptus!...

En guise de citation inspiratrice: "Heureux celui qui se moque de lui-même, car il n'a pas fini de s'amuser." (Mamie le Botlan - dossier de presse / Utopître -)

Theothea le 19/09/02

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