Toutes
nos
Critiques
2003 -
2004
Les
Chroniques
de
 |
 |

8ème
Saison
Chroniques 08.36
à
40
Page 115
Recherche
par mots-clé
|
SUBVENTION
de Jean-Luc
Jeener
mise en scène
Yvan Garouel
|
****
Théâtre du Lucernaire
Tel: 01 45 44 57 34
|
 |
En inventant le "Théâtre Réalité", Jean-Luc
Jeener a mis ses pas dans un concept qui d'emblée a porté ses
fruits, puisque moins d'un mois après avoir associé fiction
et réalité de manière concomitante, comme si la
première servait de promotion à le seconde, l'objectif poursuivi
est atteint: Le ministère de la culture a reculé, la subvention
du théâtre du Lucernaire est maintenue partiellement durant
six mois à charge pour son propriétaire de se trouver un
successeur-repreneur.
Comme la pièce de Jean-Luc Jeener décrit un rapport de forces
engagé entre deux représentantes de l'administration culturelle
et un directeur de théâtre engageant une grève de la
faim, devant l'annonce d'une suppression de la subvention induisant de fait
la fermeture à terme de son théâtre, gageons que le
précédent constitué par le succès de cette
démarche pourrait ultérieurement donner des idées à
d'autres dans d'autres circonstances!....
Comment en effet accepter le sacrifice d'une vie, fût-elle d'un
directeur de théâtre, alors même que celui-ci chaque soir
interprétait en direct live, la phase ultime de son décès
annoncé ?
Entre sa secrétaire impliquée, solidaire mais néanmoins
diplomate et les deux fonctionnaires en service commandé, le professionnel
du spectacle vivant avance vers l'issue fatale au sein d'un jeu de rôles
où les responsabilités se croisent en cherchant
désespérément des alliances virtuelles!...
C'est d'ailleurs parce qu'il n'y a pas de "happy end" dans la fiction
qu'il fallait que dans la réalité, soit trouvé un compromis
qui satisfasse les deux parties!...
Ticket gagnant donc pour Le Guillochet (Lucernaire) - Jeener (Nord-Ouest)
qui, en pratiquant l'alternance du rôle jusqu'au 31 décembre
2003, offre en la circonstance à Mireille Coffrant, Delphine Lalizout,
Nadine Servan ou Séverine Dazin, l'opportunité d'une caisse
de résonances aux qualités de toutes les intermittences!...
Theothea le 26/11/03
|
LE JEU D'ADAM
de Adam
de la Halle
mise en scène
Jacques Rebotier
|
****
Théâtre du Vieux-Colombier
Tel: 01 44 39 87 00
|
Ayant assisté à une représentation de ce
spectacle
Theothea.com préfère ne pas en rendre compte.
Lien avec la
présentation de "Le jeu d'Adam"
sur le site du Théâtre de la Comédie Française
|
84 CHARING CROSS
ROAD
de
Hélène Hanff
mise en scène
Srge Hazanavicius
|
****
Théâtre de l'Atelier
Tel: 01 46 06 49 24
|
 |
A l'heure d'internet et de l'immédiateté virtuelle du courrier
électronique, la publication et la théâtralisation d'une
correspondance se prolongeant sur vingt années jusque mort s'en suive
d'un des deux expéditeurs, développe par contrecoup une sensation
de plénitude où l'espace temps se construirait en pérennisant
des phrases écrites sur des lettres qui auraient réellement
parcouru l'espace géographique!...
L'incessant aller-retour de ces feuilles de papier au-dessus de l'Atlantique
pourrait être devenu le symbole d'un flux de vie entre deux rives,
deux identités, deux personnes, deux pays, voire deux
continents!....
Si de surcroît, cette quête manuscrite pouvait s'échanger
en livres, et même en vivres, alimentant ainsi l'esprit et le corps
que par ailleurs la réalité se chargeait de malmener en privations
multiples, alors...
Voici d'un côté, Hélène Hanff, écrivain
à New-York en 1949 et de l'autre, Franck Doel, libraire au 84 Charing
Cross Road à Londres, tous deux pris ensemble dans une
frénésie de relation scripturale où la découverte
de soi à l'autre se gagnait dans un éloignement infranchissable
quoiqu'envisageable!...
De commandes de livres en envois de denrées dont la rareté
respective exaxerbait le plaisir de l'échange, c'est la nostalgie
d'une époque, celle d'un après-guerre où tout était
à reconstruire y compris la mémoire de la qualité d'un
passé, symbolisé au mieux par ces livres, qui nous revient
en boomerang au théâtre de l'Atelier!...
Serge Hazanavicius s'est octroyé ce cadeau en jouant, adaptant
et mettant en scène ce succès littéraire,
cinématographique et théâtral tant aux U.S.A. qu'en
Angleterre!... Il s'est choisi Léa Drucker comme partenaire et à
deux ils font courir le public parisien qu'un bouche à oreille tend
à rivaliser au mieux avec tout ce qui en est écrit!...
Theothea le 28/11/03
|
LE JUGEMENT DERNIER
de
Ödön von Horväth
mise en scène
André Engel
|
****
Théâtre de l'Odéon
Tel: 01 44 85 40 00
|
 |
Comme sur un viaduc surplombant les têtes, accompagné d'un
roulement d'alternances de lumière et de métal, l'imminence
d'une catastrophe ferroviaire s' impose dans un fracas
apocalyptique où les gerbes d'étincelles vont s'abandonner
au cataclysme du déraillement!....
S'en est fait d'Anna et de Houdetz, leur destin sera à jamais
scellé dans cet acte manqué, celui d'un signal d'alarme
désactivé qui aura transformé un baiser volé
en une obsession de tous les instants où vingt-six morts hanteront
désormais un secret partagé dans le déni de la
culpabilité!...
Mais l'oeil était dans cette gare du bout du monde et regardait
Houdetz, convaincu d'être cet employé modèle que rien
ni personne ne pouvait faire dévier de sa conscience
professionnelle!...
Cette Anna ne devrait donc plus exister, ni dans l'enchaînement
de la cause et de l'effet, ni dans la mémoire des faits et encore
moins dans la réalité a posteriori, quand bien même
aurait-elle disculpé le chef de gare au regard de la loi, par le faux
témoignage de l'innocence!...
Chacun des deux devenant l'ombre de l'altérité, leurs proches
vont s'agiter en un ballet où, de l'incarcération jusqu'aux
festivités de la libération, le doute va s'installer dans tous
les esprits jusqu'à dissoudre intégralement leurs présences
respectives au monde!...
En choisissant Ödön von Horväth et son "Jugement dernier"
pour peupler les Ateliers Berthier de fantoches automates contemplant dans
le miroir de l'histoire contemporaine la montée des dictatures de
la conscience, André Engel stigmatise la chaîne des
responsabilités partagées jusqu'à épuiser leur
âme!...
En une année de représentations dramatiques, de Phèdre
à Houdetz, de Racine à Horväth, ce lieu fantasque a nourri
l'imaginaire collectif d'un flux si intense que l'Odéon de Georges
Lavaudant ne pouvait sans doute le faire émerger que hors les murs,
faudrait-il songer dorénavant à ce qu'il s'y pérennise?
Theothea le 03/12/03
|
ET SI ON CHANTAIT ?
de Jacques
Pessis
mise en scène
David Bréval
Reprise
Théâtre Daunou
Nouvelle distribution |
****
Espace Cardin
Tel: 01 42 65 27 35
|
 |
S'il devait y avoir un jour, une légende de la comédie musicale
francophone, Isabelle Georges en sera son mythe incarné!... Sa
notoriété sans cesse grandissante devrait déjà
être à l'égal de ceux et celles qui ont couronné
Broadway!...
De "Chantons sous la pluie" à "Et si on chantait ?", elle ne cesse
d'irradier la scène musicale parisienne de sa silhouette fascinante
et de son sourire lumineux quoiqu'apparaissant toujours en réserve
d'un niveau d'excellence encore jamais atteint par les spectacles auxquels
elle offre son aura!...
Bonne camarade, son plaisir de jouer, de danser, de chanter est si
communicatif qu'il en catalyse ses partenaires aussi talentueux soient-ils
par nature, semblant impulser des ailes orbitales à tout sentiment
d'attraction terrestre!...
Or, comme Jacques Pessis a en l'occurrence concocté un spectacle
fort réjouissant réunissant plus d'une cinquantaine de chansons
de l'après-guerre, lorsque le baby-boom s'emparait plein d'enthousiasme
des "fifties", pour en susciter un mélodrame amoureux où trois
couples se cherchent un destin avec quelques maladresses et beaucoup de candeur,
le challenge apparaît aisé au diapason d'un casting fort
remarquable!...
En complicité et complémentarité de jeu avec Corinne
Frejlich, déjà présente sur "Un air de Paris", Isabelle
Georges trouve en Jérôme Pradon un partenaire habitué
aux shows anglo-saxons et très bon chanteur par surcroît; aussi
Diana Barrows, Igor Koumpan et Jean-Marie Lardy peuvent-ils nous ravir, en
entonnant leur propre partition en pleine originalité!...
Taraudant enfin le secret ombrageux de Julien, c'est toute la nostalgie
d'une époque que Jacques Pessis ouvre à grands battants où
peuvent alors s'engouffrer tous les âges de la vie au rythme des
ritournelles, dansant au coeur des têtes de tout un chacun!..
Theothea le 04/12/03
|
Recherche
par
mots-clé
 |

|
|