Toutes
nos
Critiques
2001 -
2002
Les
Chroniques
de
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6ème
Saison Chroniques
56
à
60
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MUSIC-HALL
de Jean-Luc
Lagarce
mise en scène
Gaël Lescot
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**
Théâtre de l'Atalante
Tel: 01 46 06 11 90
|
Durant les fêtes de fin d'année 2001 et début 2002,
au théâtre de l'Atalante niché dans un renfoncement à
droite du théâtre de l'Atelier, la compagnie "Hic et nunc" a
esquissé un jeu de "Music-Hall" en proposant une interprétation
goguenarde du texte de Jean-Luc Lagarce!
Deux boys et une fille, au rythme d'un numéro unique dont le prestige
est de faire surgir du tréfonds de la mémoire, à la
fois continuité et perfectibilité jusqu'à épuiser
plusieurs générations d'acteurs qui, au fur et à mesure
des tournées se sont relayées auprès de la partenaire
féminine, symbolisant par elle-même l'essence du
théâtre!
Elle donc, c'est Corinne Marsollier, vive et déterminée,
eux ce sont Franck Petit, le plus grand et Gaël Lescot, le metteur en
scène de surcroît ; tous donnant prise à un humour sans
cesse réfréné afin de rester en permanence dans le no
man's land de l'incertitude au sujet de l'Art vivant!
Un régal récurrent où le rocher de Sisyphe aurait
laissé place à un tabouret de scène, à même
de donner sens et références aux chorégraphies
métaphoriques du trio de comédiens, immergé en pleine
expression dialectique stylisé!
Theothea le 07/01/02
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MONSTRES SACRES, SACRES
MONSTRES...
de
André Dussollier
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**
Théâtre Molière
Tel: 01 44 54 53 00
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Quelques mots-clefs en bandoulière "Soir, seul, tragédie,
poème, mort, Dieu, providence, auteur, secret, mot, chose,
simplicité, oiseau, pénitence, douceur, amour, complainte,
monstre, éducation, concert
", voici que Guitry, Dubillard, Vigny,
Michaux, Musset, Rostand, Hugo, Molière, Prévert, Allais et
les autres font les titres des songes éveillés qu'André
Dussollier nous livre tout chaud comme les croissants du matin, prêts
à être savourés avec intense délectation!
.
Le voilà qui pénètre en notre intimité, s'y
installe confortablement, et nous conte en véritable convivialité
tous les enivrements qui traversent l'esprit disponible aux
évasions!
Associant librement les pensées et leurs auteurs,
sa parole coule avec fluidité dans les interstices d'un imaginaire
abandonné à la quiétude!
Ainsi va le comédien, ainsi va l'homme apparemment apaisé,
goûtant la sensualité des mots dans l'enchaînement des
phrases et leur respiration!
Au théâtre Molière, le spectacle est dans l'échange,
celui qui va d'un sentiment à l'autre selon une humeur constante,
celle qui apprécie l'instant qui passe, celle qui sacre le monstre
dans la sérénité du Carpe Diem!
Theothea le 08/01/02
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THEATRE AMBULANT
CHOPALOVITCH
de Lioubomir
Simovitch
mise en scène
Jean-Louis Hourdin
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**
Théâtre de Gennevilliers
Tel: 01 41 32 26 26
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A l'instar de l'Homme sur la terre, le théâtre ambulant
Chopalovitch est de passage!
L'être humain capable du pire comme du meilleur, fait la guerre
mais aspire à la paix!
Aussi l'Art se présente comme un matériau de synthèse
qui tenterait de fédérer les contradictions!
A son tour le spectacle vivant agirait comme une tentative incantatoire,
proche de la méthode Coué mais dont la vertu serait d'élever
les âmes plus haut que leur zone de compétence et
d'influence!
Illustrer la haine et l'amour, la destruction et la création, le
meurtre et l'enfantement permettraient d'ouvrir l'esprit aux champs des
possibles, à la problématique, à la philosophie
dialectique!
La représentation théâtrale y deviendrait rituel où
l'expiation du mal garantirait, par son renouvellement et sa persistance,
source d'éthique!
Une mise en scène de Jean-Louis Hourdin où le collectif
imprègne une musique lancinante venue d'ailleurs et où le chant
a capella se mêle en échos de guitare sèche et
contrebasse!
Un long fleuve où le peuple cheminerait dans le désert de
l'indifférence, à la recherche d'une vérité qui
se fonderait dans l'universel!
Le théâtre comme cri primal et ultime d'une humanité
en manque de références tangibles!
Theothea le 14/01/02
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L'EXALTATION DU
LABYRINTHE
de Olivier
Py
mise en scène
Stéphane
Braunschweig
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***
Théâtre de la Colline
Tel: 01 44 62 52 52
|
Du gros plan cinématographique au plan général, il
y a le parcours de la distanciation à l'intimité!
Ainsi
Stéphane Braunschweig structure la perspective de cette tentative
de dialogue et d'explications entre deux générations, celle
d'un père criminel de guerre (Philippe Girard) et celle de son fils
Maxence (Luc-Antoine Diquéro), en proie aux ressentiments multiples
et contradictoires!
Les amis, belle-soeur, fiancée organisent un ballet ininterrompu
autour de ces deux-là, à en provoquer le tournis des pulsions
et autres répulsions!
Du cynisme à l'angélisme, il
semblerait pourtant que rien ne puisse venir à bout des liens du sang,
alors même que l'histoire bégaie les justifications de ses
infamies!
Comme dans un cabaret où le monde se rejouerait à coups
de poker menteurs, les protagonistes maquillent leurs oripeaux en fripes
festives sous des lumières blafardes et esquissent une chorégraphie
des intentions qui projettent les surmoi au-delà de toute emprise
rationnelle!
De "Rose des vents", Claude Duparfait à "Kader", Jean-Baptiste
Berquin en passant par "Miserere", Daniel Znyk, ceux-ci provoquent autour
d'eux, de véritables chocs frontaux successifs en sublimant des points
de vue antagonistes où semble exclu tout espoir de réconciliation
au sein de la schizophrénie humaine!
Une mise en scène précise comme une valse à deux
temps, où les comédiens semblent se transfigurer en un élan
de magnificence alors que l'intériorité des pensées
se livrerait nue et sans défenses, sous les masques de
l'interprétation théâtrale!
Qui mène le bal ?
Bien malin, celui qui croirait en posséder la clé!
C'est
précisément là que se joue l'ingéniosité
fort opportune de Stéphane Braunschweig, qui au théâtre
de la Colline, en alternance, offre en miroir à "La Mouette" d'Anton
Tchékhov, cette "Exaltation du labyrinthe" d'Olivier Py!
Theothea le 15/01/02
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TRIPTYK
de Bartabas
mise en scène
Bartabas
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****
Théâtre Zingaro
Tel: 01 55 21 59 86
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Les applaudissements à l'issu de TRIPTYK pourraient relever de
l'indécence, car cette nouvelle création de Bartabas est moins
un spectacle qu'une méditation mystique!
La célébration équestre y est plus que jamais l'âme
thématique, mais la disparition de Zingaro, le cheval mythique des
précédentes
chorégraphies du théâtre éponyme, a
radicalement changé la donne artistique!
Tout d'abord, la direction musicale de Pierre Boulez signe cette
scénographie en trois parties où l'uvre d'Igor Stravinski
assure du "Sacre du Printemps" à la "Symphonie de Psaumes", le passage
de la fête païenne à celle du sacrée!..
En évoluant du kalaripayatt (art martial au Sud de l'Inde) au Requiem
ultime, Bartabas ose se débarrasser peu à peu de toute performance
sophistiquée pour rejoindre le monde de la mélancolie, celui
d'une lente procession, peut-être à la recherche d'un bûcher
de la rédemption!
A mi-parcours, voici "Le dialogue de l'ombre double" où, comme
tombée des cintres, se substitue à la plus belle conquête
de l'homme, sa réplique sculpturale en plâtre
désincarnée!
Se glissant furtivement de squelettes stylisés
en concepts albâtre, deux danseurs se jouent alors des profils chevalins
pour mieux en épouser les lignes de moelleuse rigidité!
Viendra le temps de l'échelle de corde reliant la chaîne
du vivant, du ciel à la scène, en un chef d'uvre de composition
humaine immuable!
Couleur terre désertique, le sable de la piste dessine comme un
mamelon central, monticule discret d'où pourra s'élever la
prière des hommes abandonnés à leur solitude philosophique,
alors que la ronde des chevaux autour d'eux ne cessera de leur rappeler la
quiétude de la force sauvage!
Ne pas applaudir, voilà l'épreuve à laquelle le public
ne pourra résister, à moins que pétrifié,
réapparaisse soudain un soir devant Bartabas, la grâce du cheval
Zingaro!
Theothea le 16/01/02
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