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 Sommaire / Editorial     Toutes nos  Critiques  2002 - 2003

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 - Le Théâtre à Paris -

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7ème  Saison     Chroniques   07.76   à    80      Page  102

 

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LE LIMIER

de  Anthony Shaffer

mise en scène    Didier Long

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de la Madeleine

Tel:  01 42 65 07 09  

 

   

Après cent cinquante représentations et au moment où Patrick Bruel s'apprête à passer le relais à Philippe Torreton, le Théâtre de la Madeleine continue de vibrer, comme aux premiers jours, de cette pièce d'Anthony Shaffer!...

Il faut dire que Jacques Weber semble prendre un véritable plaisir charnel à se glisser chaque soir dans l'univers fantasmagorique du romancier avide de s'abandonner aux pièges de sa propre imagination!...

D'emblée un décor labyrinthique (signé Jean-Michel Adam) à deux niveaux rejoints par un escalier en colimaçon annonce les méandres de la pensée exacerbée jusque dans les affres du rapport de forces!...

Derrière le rideau rouge, le cliquetis d'une machine à écrire va lancer le duetto dans une course de la conscience se mesurant au miroir fictif de l'altérité!...

Jacques (Andrew Wyke, l'auteur) et Patrick (Milo Tindle, l'amant), à quels rôles vont-ils jouer dans ce manoir anglais sous le contrôle perspicace de l'inspecteur Lord Merridew?

Deux stars pourraient-elles se dissimuler l'une l'autre, derrière l'enjeu d'un conflit imaginaire?

Rien ne sera avéré à chaque étape du thriller mental où la stratégie de la manipulation induira également la jubilation de l'impuissance!...

Avant d'être cette pièce à succès de Didier Long, il y eut le chef-d'oeuvre cinématographique de Joseph. L. Mankiewicz, avec Laurence Olivier et Michael Caine!...

Conçus comme une partie d'échecs vitale, les ressorts du chantage réciproque laissent le soin d'apprécier le jeu expérimenté de l'acteur avec le savoir-faire du partenaire... et vice versa!...

Une prise de tête pour une véritable fête de l'esprit!...

Theothea le 13/03/03

EL SALUDADOR

de  Roberto Cossa

mise en scène    Jean Le Scouarnec

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de l'épée de bois

Tel: 01 48 08 39 74 

 

Il est passé par ici, il passera par là, ce "El Saludador" qui s'est installé pour une vingtaine de représentations dans la petite salle Serreau nichée dans les combles du théâtre de l'Epée de bois à la Cartoucherie!...

Y accédant par un escalier en mezzanine, les spectateurs s'assoient tout autour d'une estrade de bois conçue par Raymond Sarti, truffée ingénieusement de trappes voire de chausse-trappes destinées à alambiquer les voies impénétrables de l'utopie au profit d'une cellule familiale cultivant délibérément la mystification joyeuse!...

Quelque part entre la fougue candide de "Respiro" et la truculence surréaliste de "Papa doit manger", ce "Salueur" de l'argentin Roberto Cossa résonne par harmoniques avec les forces indicibles des couples en "éternel retour", grâce à une systématisation de la méthode "Coué"!....

Elle, Marucha (Erika Vandelet) revenue de toutes les illusions prosaïques, cultive un goût exclusif pour l'ambiguïté qu'elle élève en Art de réussir à vivre!....

Elle n'a de cesse de tenter à transmettre cette compétence à Vicente (Nathanaël Maïni), son fils de vingt ans devenu, au jeu des rôles domestiques, soutien de famille!...

En effet Chico (Jean le Scouarnec), le père migrateur ne revient périodiquement à la maisonnée, qu'en se déplumant peu à peu de tous ses membres moteurs, au point d'y distinguer les palmes de la reconnaisance universelle: Globe-trotter surfant sur les grandes causes humanitaires à travers la planète, celui-ci passe généreusement par pertes et profits les méfaits physiques subis en dommages collatéraux aux combats côtoyés!...

Et cependant nul n'en doutera, qu'ils s'aiment ces trois fantoches réunis par l'énergie vitale et néanmoins acteurs à leur insu d'une mondaliasiation en pleine quête de légitimité!...

Optimistes invétérés slalomant dans les romontades de l'adversité, c'est la foi spontanée en un monde meilleur qui devrait les sauver!...

C'est ainsi qu'"El saludador" continue sa tournée en compagnie du " théâtre de l'échange "; peut-être les croiserez-vous au détour de l'absurbe!...

Theothea le 11/03/03

ANDROMAQUE

de  Jean Racine

mise en scène   Jean-Louis Martinelli 

 Choix des Chroniques ****

Théâtre des Amandiers

Tel: 01 46 14 70 00 

 

Au coeur du conflit son enfant, Astyanax, qu'Andromaque cherche à protéger des rivalités exacerbées que les amours contrariés perpétuent comme dans un jeu de chaises musical:

Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector, mort au combat....

Ainsi grecs et troyens vont poursuivre la guerre sur le champ des passions qui en deviendra tout aussi meurtrier!...

Racine attise les ressentiments au point de les compresser jusqu'à implosion de la folie, celle d'Oreste que le metteur en scène Jean-Louis Martinelli dépouillera de tous ses vêtements en un acte suprême d'incohérence stylisée!...

D'ailleurs, en la circonstance le style aux Amandiers est intégralement soumis à une vision balnéaire de la tragédie, traçant sur la plage une voie d'accès en va-et- vient perpétuel, tel un balancier d'horloge qui n'en finirait jamais de sa valse hésitation!...

Se relayant tour à tour dans le cheminement de traces sablonneuses en un ruban de tergiversations, Pyrrhus (Laurent Grévill), Céphise (Julie Recoing), Cléone (Laurence Roy), Pylade (Nicolas Struve), Phoenix (Jean-Pierre Taste) peaufinent la terreur glacée d'Andromaque (Sylvie Milhaud) qui acculée, osera la totalité de sa mise!...

La jalousie d'Hermione (Agathe Rouillier) armée du bras d'Oreste (Alain Fromager), n'aura que le suicide en réponse ultime, achevant l'oeuvre destructrice de personnages torturés par des tourments, partagés dans la  schizophrénie!...

C'est cependant dans une mélodieuse sérénité logorrhéique que les vers raciniens atteignent les deux tribunes du public placées en vis-à-vis de part et d'autre de la piste cuivrée de sable fin; celle-ci atténue le bruissement des pas jusque dans l'étouffement du cri intérieur mais poursuit sans faillir, la fatalité de la déroute finale!...

Theothea le 12/03/03

INNOCENTS COUPABLES

de  Alexandre Ostrovski

mise en scène    Bernard Sobel

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de Gennevillers

Tel: 01 41 32 26 26

   Théâtre de Gennevilliers 
 Le site web 
 Photo  Jean-Paul Lozouet

Peut-être l'adaptation française par Jean-Pierre Thibaudat et Macha Zonina d' "Innocents Coupables" d'Alexandre Ostrovski aurait-elle gagné à être resserrée en moins des 160 minutes de la création de Bernard Sobel, à l'instar de Peter Brook synthétisant son Hamlet de Shakespeare aux Bouffes du Nord!...

Il n'empêche, celle-ci nous emmène avec réalisme dans les coulisses d'un théâtre provincial russe au point de s'y sentir de plain-pied avec les comédiens et l'équipe technique!...

Revenue sur les lieux d'une souffrance inaltérable où elle fut abandonnée par son amant de l'époque et dépossédée de son fils, une grande comédienne retrouve la ville de son enfance en s'étonnant des lauriers de sa gloire artistique actuelle!...

Déceptions, intrigues et autres coups fourrés alterneront avec l'esprit fondamentalement festif de personnages constamment disponibles aux délires du jeu!...

Un happy-end couronnera la perspective à la fois misérabiliste et mystificatrice d'une troupe en prise avec des ambitions frustrées que le regard acerbe d'Ostrovski ose galvaniser et magnifier par touches brillantes et cyniques!...

Des comédiens pleins de mordant et de verve malicieuse inventent avec le metteur en scène, un art de vivre le métier du spectacle dans la truculence et le charme nostalgique de la vieille Russie où

l'auteur, contemporain de Gogol, Pouchkine et Dostoievski, fonda le théâtre précédant de peu Tchekhov!...

Anne Alvaro y joue avec évidence La Divine désenchantée!...

Sa prestation est à l'unisson d'une palette pittoresque de talents révélant par exemple une Nathalie Blanc ou un Pascal Bongard dans des registres pleins d'extravagances et de subtilités!...

Tous leurs partenaires se livrent aux voluptés contrariées d'une existence en coulisses: Jean Badin, Noëlle Casenave, Bernard Ferreira, Alain Mac Moy, Manuel Vallade et Daniel Znyk.

A noter que la Comédie Française fera entrer prochainement à son répertoire " La Forêt " d' Ostrovski mise en scène par Piotr Fomenko et déjà créee par Bernard Sobel en 89 au Théâtre de Gennevilliers.

Theothea le 14/03/03       Photos    Jean-Paul Lozouet

THE PREFAB FOUR

de  Gijs Scholten van Aschat 

mise en scène    Willem van de Sande Bakhuyzen

 Choix des Chroniques ****

Théâtre MC93

Tel: 01 41 60 72 72 

 

 The Prefab Four 
 Prochainement notre Chronqiue **** 
 MC93 Bobigny 
 du 12 au 29 mars 
 Photo Ben Van Duin

 

Peut-on être et avoir été? Surtout si l'on fut d'emblée fictif et néanmoins extrêmement renommé? Que reste-t-il des années soixante où tout commença par des groupes de légendes, mais aussi par le plagiat des premiers boys' bands répliquant au déferlement de la musique pop anglaise sur le continent américain?

C'est ainsi qu'estampillé par Les Monkees, le tube planétaire " I'm a believer " est une des réponses de l'époque au raz-de-marée que provoqua alors le phénomène "Beatles"!...

Quatre acteurs chantaient en mimant les paroles de mélodies enregistrées par des musiciens de studio réputés!...

En outre, le triomphe des Monkees fut également au rendez-vous d'une série de télé influencée par "a Hard Day's night", le premier film des mêmes Beatles complètement déjantés en la circonstance!...

Les "Singes" imitant le succès des "Scarabées" jusqu'à en faire une rente à vie encore trente années plus tard, voilà ce qui ne s'invente pas!...

C'est pourquoi la compagnie de théâtre Orkater s'est emparé de ce sujet extravagant pour en créer une désopilante comédie musicale qui, après une soixantaine de représentations en Hollande, vient d'arriver à Bobigny, après une adaptation truculente en langue française par Rob Scholten!....

Ainsi Gijs Scholten van Aschat pour le texte, Vincent van Wamerdam pour la musique ont composé avec "The Prefab Four" un pastiche hilarant du théâtre musical!...

Emblématique des sixties, ce clonage des "quatre garçons dans le vent"(Peter Blok, Porgy Franssen, Han Oldigs, Gijs Scholten van Aschat), accompagnés pour le pire et le meilleur par deux jeunes choristes faussement effarouchées (Anniek Pheifer, Cynthia de Graaff), et chapeautés par un impresario caractériel (Joost Claes), vient parachever une écriture inspirée de l'éternel retour en grâce de cette époque mythique!...

A l'heure où les Rolling Stones effectuent ce qui est sans doute, leur tournée d'apothéose universelle, où Paul Mac Cartney perpétue encore le témoignage de la créativité prodigieuse des Beatles, mais où des Doors, des Kinks, des Who, des Them, des Birds, des Lovin'Spoonful, des Moody Blues et autres Turtles, Easybeats et Spencer Davis group etc... seul reste le patrimoine de leurs fabuleux Hits imprégnant à jamais notre mémoire sensorielle!...

A cette heure donc, il est judicieux qu'un spectacle vivant puisse restituer, fut-ce par l'exaltation de la parodie, le parfum d'un état d'âme associé au règne de la pop-music, avec la couleur du son "live" de ces fameuses années grâce aux musiciens Gérard Aterna, Werner Cornand, Christian Muiser, Vincent van Wamerdam!...

Drôles au plus profond de la gestuelle, enthousiastes au plus haut degré de l'expression orale, les comédiens du Orkater méritent sans réserve la notoriété du bouche à oreille, celle qui devrait remporter le plébiscite inconditionnel du public!...

Theothea le 17/03/03    autres Photos  The Prefab Four  par  Jean-Paul Lozouet

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