EN COULISSE   
Home page / Sommaire

         

Forum Théâtre Magazine

   

 

      EN COULISSE   
 Sommaire / Editorial     Toutes nos  Critiques  2003 - 2004

Les    Chroniques    de

      EN COULISSE 
 - Le Théâtre à Paris -

 Choix des Chroniques

 haut de page

 Chroniques précédentes  Chroniques suivantes   

8ème  Saison     Chroniques   08.61   à    65      Page  120

 

      

Recherche   par mots-clé

PELLEAS ET MELISANDE

de  Maurice Maeterlinck

mise en scène    Alain Ollivier

 Choix des Chroniques ****

Théâtre Gérard Philipe

Tel:  01 48 13 70 00

  

 Les Portraits de Cat.S  
 En Coulisse Theothea.com

 

Lorsque l’impressionnant et lourd rideau de fer sera remonté afin d’ouvrir dans les grincements de rouille une porte virtuelle, la réflexion de l’Amour baignée par la pénombre lunaire aux bords des ondes stagnantes ou des sources claires, n’aura de cesse alors d’imprégner toutes ces eaux, de son image composite sans que jamais les amoureux soient à même de profiter de ces instants d’éternité!...

Du mari à l’amant, c’est-à-dire de l’aîné Golaud à son jeune frère Pelléas, une course poursuite va se dérouler dans un extrême ralenti où seuls les mots se noieront dans les regards pour tenter de comprendre la vérité d’une passion qui se dérobe sous la sidération de Mélisande!...

En choisissant de monter la pièce de Maurice Maeterlinck au Théâtre Gérard Philipe dont il est le directeur, Alain Ollivier investit l’immense espace scénographique disponible pour mieux cerner l’imaginaire du silence, pour mieux égarer dans la forêt du non-dit, les inclinations de la pensée romantique!...

C’est dans le frisson métaphysique que tout ressentiment fratricide s’évanouira au profit de l’intensité concernant l’existence immédiate, celle qui ne peut dissimuler!...

Poignante et mystérieuse de bout en bout, la langue s’empare d’abord des comédiens, puis des spectateurs pour emmener les uns et les autres par-delà les faits, aux bord des précipices de l’indicible!...

Theothea le 30/01/04

LE PROFESSIONNEL

de  Dusan Kovacevic

mise en scène    Laurence Calame

 Choix des Chroniques ****

Théâtre des Abbesses

Tel:  01 42 74 22 77

  

 Les Portraits de Cat.S  
 En Coulisse Theothea.com

 

Durant la deuxième quinzaine de janvier 2004, au théâtre des Abbesses, «Le Professionnel» de l’auteur Serbe Dusan Kovacevic, par ailleurs scénariste de plusieurs films d’Emir Kusturica, était mis en scène par Laurence Calame, dans un décor émouvant de Peter Wilkinson!...

Celui-ci s’élevant comme un soufflet d’une boîte à malices à l’aide d’un simple filin que tirait l’un des quatre comédiens en début de représentation, ce trompe-l’oeil retomberait à la manière d’un chapiteau pour marionnettes, non sans avoir rejoué la vie d’un éditeur littéraire dans le miroir du destin national, ayant réussi le tour de forces d’indifférencier l’avant et l’après communisme de l’Est!...

Interprétation à deux personnages en recherche a posteriori d’une identité cohérente alors que le régime Titiste aurait initialement vampirisé leurs convictions pourtant diamétralement opposées!...

Luka Laban le policier, ayant eu à cette période la mission de consigner consciencieusement les moindres faits, gestes et paroles du dissident philosophe Teodor Teja Kraj, voici qu’après l’effondrement du château de cartes le principe des vases communicants aurait aussi renversé les valeurs au point de donner raison au cynisme pour en faire émerger une farce politico-sociale!...

Rira bien qui rira avec son adversaire d’hier illustre cette fable théâtrale, en improvisant une chorégraphie sur une musique tzigane effrénée, réunissant en un même délire le policier (Jacques Michel), l’éditeur (Christian Gregori), Marta sa secrétaire (Anne-Laure Luisoni) ainsi qu’un auteur anonyme récalcitrant (Patrick Marnie)!....

Humour ravageur en toile de fond, «Le Professionnel» tente à démontrer que la mémoire collective d’un peuple pourrait s’affranchir des fourches caudines du Pouvoir corrompu, pourvu que la solidarité se mette en quête d’effectuer à rebours le parcours du labyrinthe... peut-être celui qu'emprunte les forces de l’ «Inconscient»!....

Theothea le 29/01/04

LES PARAVENTS

de  Jean Genet

mise en scène  Jean-Baptiste Sastre  

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de Chaillot

Tel:  01 53 65 30 00

 

 Les Portraits de Cat.S  
 En Coulisse Theothea.com

   

Durant le mois de janvier 2004 dans la salle Gémier du théâtre de Chaillot, Jean-Baptiste Sastre, en proposant une mise en scène particulièrement luxuriante des Paravents de Jean Genet, aura réussi à déplacer la polémique inhérente à cette pièce, du traditionnel parti-pris moral au plan esthétique!...

Jouant avec la profusion des couleurs, des étoffes et tout un bric-à-brac d'ustensiles métalliques très sonores, le metteur en scène organise durant 210 minutes dans un caravansérail des esprits en errance, le branle-bas des laissés en solde de tout compte pour lesquels  l'idéologie va-t-en-guerre se montre toujours très friande!...

La guerre d'Algérie devenant en quelque sorte l'emblème de tous les conflits, misère et confusion règnent en conseillère du haut en bas des hiérarchies de pacotille!...

Cerise sur le gâteau, le rocker Dick Rivers prend la place du fameux Lieutenant pour illustrer la notoriété légendaire que ce rôle focalise à jamais!...

Mais les véritables héros de l'Histoire sont Leïla (Julie Pilod) et Saïd (Mounzer Baalbaki) qui, échappant au joyeux banquet des morts-vivants, transgresseront la laideur au point indicible d'avoir rendez-vous avec l'Art!...

Le visage de Julie Pilod dissimulé en permanence par une longue chevelure rabattue sur les yeux demeurera, pour ceux qui en transgresseront le regard, ce mystérieux fil conducteur qui relie d'un siècle à l'autre, un ineffable sentiment à un certain goût du souffre !...

Seize comédiens interprétant ici pas moins de 96 personnages, auront donné satisfaction à ceux qui apprécient que la mise en scène ose s'affranchir des règles de la démesure!...

Theothea le 05/02/04

LA CERISAIE

de  Anton Tchekhov

mise en scène    Georges Lavaudant

 Choix des Chroniques ****

Odéon Berthier

Tel:  01 44 85 40 40

 

 Les Portraits de Cat.S  
 En Coulisse Theothea.com

   

«La Cerisaie» est une pièce lancinante semblant destinée à un perpétuel retour sur une «page blanche» pour mieux tenter de découvrir le moment qui pourrait empêcher le destin de basculer irrémédiablement du côté de la disparition définitive!...

A l’occasion du centenaire de sa création, Georges Lavaudant opte pour un réalisme modéré en cherchant à fédérer les forces positives léguées par Tchekhov, de manière à ce que chacun des protagonistes puisse y découvrir le signe d’un espoir!...

C’est en effet dans une blancheur éblouissante que vont se déchirer les souvenirs d’un temps heureux, dont la propriété, sa résidence et ses cerisiers sont encore aujourd’hui les témoins objectifs mais risquant demain d’être anéantis sous la pioche des futurs investisseurs!...

«Pourrait-on alors s’étourdir de tout son soûl pour imaginer que tout ceci ne soit qu’un mauvais rêve?» Telle semble être la posture de Lioubov (Sylvie Orcier) qui, en désespoir de cause et pratiquant la fuite en avant, cherche à se convaincre d’un ultime miracle que les forces de l’esprit pourraient octroyer à toute sa famille!...

En face Lopakine (Patrick Pineau), l’ex-serviteur affranchi, en reconnaissance de «dettes affectives», voire peut-être secrètement amoureux de sa «patronne», offre ses services pour conserver «la Cerisaie» en concevant un plan pragmatique où serait garantie la rentabilité économique pour la survie du domaine!...

L’incompréhension mutuelle sera au rendez-vous, sans que jamais le compte-à-rebours inéluctable de la vente annoncée, puisse émettre un signal suffisamment déterminant pour inverser la marche crépusculaire!...

Aux Ateliers Berthier (décor: Jean-Pierre Vergier), sur un plateau virginal de banquise craquelée dont l’angle d’inclinaison et l’orientation se réévaluent au fur et à mesure des quatre actes pendant qu’en intermèdes le vrombissement saccadé d’un train emporte l’équilibre instable du faux-fuyant, la compagnie de Georges Lavaudant suggère un théâtre d’ombres où des marionnettes auraient malignement échappé aux mains de leurs manipulateurs dans un chaos assez jubilatoire!...

Theothea le 30/01/04

LA CAMPAGNE

de  Martin Crimp

mise en scène    Louis-Do de lencquesaing

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de l'Oeuvre

Tel:  01 44 53 88 88

 

 Les Portraits de Cat.S  
 En Coulisse Theothea.com

   

Celui qui oserait raconter "La campagne" s'exposerait à être démenti instantanément par celle qui l'écouterait et vice versa!...

Cette pièce de Martin Crimp pourrait faire partie de ces tests que les psychologues proposent à leurs patients afin de dévoiler cette partie d'eux-mêmes sur laquelle ils ne peuvent mettre des mots, puisque précisément elle fait partie du domaine de leur inconscient!...

Deux femmes et un homme se relaient sur la scène du théâtre de l'Oeuvre, en simulant le dialogue!... Sans doute un couple et une maîtresse!... Mais déjà cette dernière information est sujette à caution!...

Alors laissons plutôt les protagonistes divaguer dans des associations d'idées, face à un public qui pourrait être leur psychanalyste, en état de vigilance muette!...

Ainsi la parole paraît rebondir comme un boomerang qui à chaque retour chercherait sa cible, avec un manque de précisions propice au cercle vicieux!...

Le ton est hachuré, répétitif à la manière d'une auto-lecture de Christine Angot!... Peu à peu les personnages semblent se distancier d'eux-mêmes, comme si de la matière au verbe, un gouffre d'incompréhension se creusait au point de ne pouvoir se résoudre que dans le travestissement du corps et de la pensée!..

Alors le temps d'un fantasme, Corinne (Christine Boisson) peut devenir cette "blonde sulfureuse" en chaussures à hauts talons de luxe et Richard (Louis-Do de Lencquesaing) ce metteur en scène transformant la "citrouille de mari" en partenaire à séduire!...

Ce serait sans compter sans la perverse Rebecca (Hélène Fillières) intriguant en quête du désir contrarié par autrui!....

Aussi à "la campagne", mieux vaudrait ne pas chercher à comprendre davantage, tout en laissant tranquillement s'installer le doute!...

Theothea le 03/02/04

Recherche   par mots-clé      EN COULISSE   
 Sommaire / Editorial

      EN COULISSE 
 - Le Théâtre à Paris -

 Choix des Chroniques

 

 

 

   

 

   

   

   

   

Hit-Parade