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2003 -
2004
Les
Chroniques
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8ème
Saison
Chroniques 08.81
à
85
Page 124
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DANS NOTRE PETITE
VILLE
de Aldo
Nicolaï
mise en scène
Michel Fagadau
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****
Studio des Champs-Elysées
Tel: 01 53 23 99 19
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Sur le nom d'Anémone cautionné par l'adaptation, la mise
en scène et même la présence sur scène de Michel
Fagadau, directeur de la Comédie et du Studio des Champs-Elysées,
un double woman show est proposé avec la complémentarité
d'Arièle Semenoff!...
Ainsi les deux comédiennes peuvent alterner la narration de cinq
historiettes d'un village Italien rapportées par Aldo Nicolai, dont
le présent dépositaire francophone à la manière
d'un "Amarcord Fellinien" tissant en quelque sorte le fil thématique
de la nostalgie, serait aussi le Monsieur Loyal du spectacle!...
Le chassé-croisé féminin aboutissant effectivement
à un évitement de l'échange théâtral, chacune
des deux actrices tente, à tour de rôles, de tirer son épingle
du jeu en mimant l'exposé de ces récits colportés, telle
que la rumeur du "Quand dira-t-on" les aurait embaumés du parfum de
la provocation et du scandale au sein d'un clochemerle transalpin!...
Si l'intention de cette pièce semble porter en soi la participation
de trois acteurs sur un plateau, sa réalisation laisse affleurer le
compromis du "Seule en scène" fort à la mode ces temps-ci,
épaulée opportunément voire valorisée par deux
autres partenaires!...
Pourquoi s'en offusquerait-on?... Si toutefois l'accomplissement de ce
projet ne trahissait pas une direction d'actrices très approximative
en charge d'une démonstration du pouvoir de la mémoire assez
peu convaincante et malgré qu'Arièle Semenoff s'appuie efficacement
sur le for intérieur des deux personnages qu'elle interprète!...
Les inconditionnels d'Anémone apprécieront!...
Theothea le 05/03/04
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UN BEAU SALAUD
de Pierre
Chesnot
mise en scène
Jean-Luc Moreau
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****
Théâtre de Paris
Tel: 01 48 74 25 37
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Avant de mettre en scène Bernard Tapie dans cette pièce
de Pierre Chesnot, il est intéressant de rappeler qu'au
Théâtre Montreux-Riviera Jean-Luc Moreau a joué
lui-même le rôle de François Dumoulin, entouré
notamment d'Axelle Abadie, Bernadette Lafont, Virginie Lemoine et
déjà Mathilde Penin.
Désormais au Théâtre de Paris, l'ex-ministre ayant
souhaité caricaturer davantage le rôle du Don Juan cinquantenaire,
pour en quelque sorte être lui-même fidèle à l'image
délictueuse que certains médias donnent de l'homme politique
reconverti en comédien
prend un plaisir fou, c'est lui qui le dit,
à faire le clown!
Construit comme un one man show autour duquel graviterait une pièce
de théâtre exclusivement féminine, l'ex-homme d'affaires
tel un bateleur vient d'emblée au bord de la scène s'adresser
au public pour lui donner sa version des faits, celle d'un abandon amoureux
récurrent dont il est accusé par au moins quatre
femmes!
Pour les besoins du témoignage, et à l'instar d'une
reconstitution criminelle s'étalant sur une trentaine d'années,
François alias Bernard va préciser le signe annonciateur commun
à ces échecs sentimentaux répétitifs: une pelote
de laine avec ses aiguilles, un tricot, une broderie ou un canevas, bref
tout cet attirail de mercerie apparaissant subrepticement au foyer conjugal,
et trahissant selon lui, la fin programmée d'une histoire
d'amour!
Qu'aujourd'hui un départ vers l'Australie avec une nouvelle
conquête soit en préparatifs discrets, quoi de plus cohérent
pour ce séducteur invétéré, mais que celui-ci
en ait oublié la concomitance avec sa date d'anniversaire voilà
ce que le regroupement à son insu des femmes de sa vie se sentant
solidairement trahies, va mettre à profit pour le fustiger, le mettant
de fait face à ses contradictions rhétoriques!
Tel un diable sortant d'une boîte, Bernard Tapie surgit successivement
de tous les coins de la salle, bondissant sur scène afin d'incarner
sans cesse l'avocat d'une cause qu'il lui faudra en permanence ajuster à
la crédibilité des mensonges
révélés!
Sa délicieuse épouse Catherine (Agnès Soral), son
ex la classieuse Betty (Pascale Roberts), sa maîtresse l'inénarrable
Barabara (Natacha Amal) et enfin sa jeune amoureuse (Mathilde Penin) vont
savoir se liguer contre le machisme insupportable d'un homme qu'elles ont
toutes néanmoins "dans la peau"!
Ce spectacle vivant est franchement drôle, et sa qualité
de "grand public" est à porter sans conteste à son
crédit.
Theothea le 10/03/04
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LES CRABES
de Roland
Dubillard
mise en scène
Caterina Gozzi
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****
Théâtre du Rond-Point
Tel: 08 92 70 16 03
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Huit pièces de Roland Dubillard, donnent substance durant deux
mois, dans les trois salles du théâtre du Rond-Point, à
un Festival qui permet la découverte, la redécouverte voire
l'approfondissement de cet auteur contemporain de 80 ans.
Ainsi la création des "CRABES" en 1970 au théâtre
de l'Epée de Bois dans sa propre mise en scène où il
jouait alors le rôle de "Monsieur" pourrait être
considéré comme un emblème significatif du stade oral
freudien!...
En effet, réduit à une énorme bouche, la carapace
de ce crustacé pourrait devenir le symbole monstrueux de
l'ingérence, de l'absorption, de l'engloutissement marquant radicalement
la rupture entre intérieur et extérieur!...
Cet acte d'avaler le monde corrélatif à celui de le vomir,
se concrétise alors en une ambiguïté de la notion
"d'hôtes"!...
Etant dans la langue française à la fois ceux qui
reçoivent et ceux qui sont reçus, un couple de propriétaire
désargenté va se faire littéralement happé par
un duo de locataires démoniaques. Les premiers obsédés
par la fuite d'une baignoire, les seconds par la disparition de leur chien,
ce quatuor va décliner dans l'absurde durant soixante-quinze minutes
l'incompréhension factuelle de ce qu'ils vivent et ressentent dans
l'immédiateté!...
C'est au travers d'une fine armature à très large quadrillage
que les spectateurs de la salle Roland Topor sont conviés à
une grille de lecture carcérale dont la mise en scène de Caterina
Gozzi donne les clés de l'étrangeté dans une libre
interprétation du jeu schizophrénique de ses quatre excellents
comédiens (Maria Machado, Maya Mercer, Thierry Bosc & Luc-Antoine
Diquero).
Theothea le 09/03/04
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CHICAGO
de Bob Fosse
mise en scène
Scott Faris
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*****
Casino de Paris
Tel: 08 92 69 89
26
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Que s'est-il passé l'autre soir le mercredi 3 mars au final de
la générale du Casino de Paris, pour la présentation
au tout-Paris de la fameuse comédie musicale CHICAGO,
récompensée par d'innombrables prix à travers le monde
depuis sa création en 1996 à Broadway?
L'orchestre composé de 14 musiciens occupant la majorité
de l'espace au centre de la scène prolongea l'ultime partition musicale
du spectacle, alors que les trois comédiens vedettes aspirés
par le monte-charge placé sous les planches, s'étaient
éclipsés après les premières salves
d'applaudissements!..
Peu à peu le public des invités se levait plus ou moins
convaincu d'en rester-là, sans provoquer de rappels à l'égard
de la prestigieuse troupe montréalaise quasi originelle du show au
Québec!
En effet, à l'exception de Stéphane Rousseau dans le rôle
de Billy Flynn, succédant à Anthony Kavanagh, avec une classe
et un brio incontestables, les 23 comédiens tout autant danseurs que
chanteurs se voyaient ainsi privés d'une véritable
consécration parisienne, suscitant un doute sur l'engouement
espéré!
Impossible pourtant de ne pas célébrer la prestance, la
vivacité et le feeling des deux stars féminines, Véronic
Dicaire et Terra Ciccotosto!
Impensable de rester insensible à la
perfection technique et esthétique de nombreux tableaux
chorégraphiques!
Inutile d'imaginer meilleure orchestration de jazz
agrémentant live cette suite d'épisodes jurico-policiers totalement
rocambolesques!
Vain de souhaiter un cocktail plus détonant entre
meurtre, sexe, mensonge et humour!
Alors pourquoi multiplier les superlatifs, s'il devait rester les ombres
d'une déception assez indicible que l'adaptation francophone de Laurent
Ruquier aurait peut-être rendue par trop réaliste, voire assez
crue!
Ce spectacle de renommée internationale possède effectivement
tous les ingrédients qui savent construire les succès et leur
longévité, mais comme dans un syncrétisme ceux-là
peuvent se fondre ensemble avec bonheur ou a contrario se cristalliser sans
liant!
Aussi, selon que CHICAGO quitte le Casino de Paris fin avril, au terme
d'une première échéance ou tout au contraire y soit
encore à l'affiche courant juin 2004, la preuve pourra être
faite que la substance d'un spectacle musical d'une telle ambition ès
qualités, relève d'une matière éminemment
vivante!
Theothea le 11/03/04
Quatre mois plus tard, Anthony Kavanagh ayant succédé à
Stéphane Rousseau, Chicago a trouvé son rythme de croisière
et l'ensemble du spectacle, sa cohésion!... D'où une
véritable délectation à voir et revoir ce show orchestral
live qui choisit précisément cette fin de saison 03-04 pour
quitter l'affiche du Casino de Paris.... définitivement ?
Oui, maintenant que la promotion tapageuse induisant en malentendus le
public parisien a cessé de rameuter les foules quelque peu
réticentes, Véronic Dicaire et Terra Ciccostosto ont
complètement trouvé l'aisance, l'humour et la sensualité
pour une performance qui méritait de perdurer, tellement la
sobriété de mise en scène et la qualité musicale
de cette revue y sont au service d'une très grande classe et au rythme
d'une énergie époustouflante!...
Dommage que l'atmosphère à la fois "cabaret" intime &
"music hall" de grande audience n'aient pas su inspirer la tonalité
d'une campagne publicitaire s'efforçant en vain de rivaliser avec
"les grandes machines" en play-back d'orchestre pour consacrer à tort
ce spectacle comme le nec plus ultra de la comédie musicale, alors
qu'il aurait fallu mettre en valeur la profondeur et le feeling du jazz qui
en est l'âme conductrice, ainsi que le souffle chorégraphique
quasiment pictural et iconoclaste!...
Cette réalisation ambitieuse nécessitant une osmose du
spectateur ne pouvait atteindre son but que dans la reconnaissance à
moyen et long terme!... Face à la volonté de rentabiliser
d'emblée l'impact de CHICAGO, la rumeur parisienne s'est elle
fourvoyée dans le contresens en brouillant les valeurs éminement
positives de ce spectacle inégalé!....
Theothea le 21/06/04
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LA BONNE ÂME DE
SE-TCHOUAN
de Bertolt
Brecht
mise en scène
Irina Brook
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****
Théâtre de Chaillot
Tel: 01 53 65 30 00
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Créée à l'automne 2003 au théâtre de
Vidy-Lausanne à l'instar précédemment de "La ménagerie
de verre" où déjà elle faisait équipe avec Romane
Bohringer, la réalisation d'Irina Brook irradie le théâtre
de Chaillot en installant "La bonne âme..." de Brecht en un véritable
état de grâce!...
Cette histoire ramenée d'une lointaine province du Se-Tchouan agit
sur les consciences comme une parabole métaphysique observant que
les "bonnes actions" seraient issues directement des "mauvaises" et bien
entendu vice versa... dans une nécessité confondante!...
De cette dualité fondamentale sans qu'elle soit pour autant aussi
manichéenne que prévue, naîtrait l'un des diaboliques
paradoxes de l'humanité qui n'aurait en l'occurrence, comme seul recours,
que sa capacité à en poser la problématique et à
en réfléchir la dialectique!...
Explicitant donc ce thème du jeu du "bien" avec le "mal", ainsi
que leurs complémentarités, en l'illustrant par l'ambivalence
d'un personnage charismatique à double identité et aux talents
androgynes, Bertolt Brecht donne l'opportunité à la metteuse
en scène de faire monter en puissance l'aspiration aux grands idéaux
dans sa confrontation radicale avec les forces de l'injustice, du mensonge,
de la lâcheté etc...
Il faut dire que la jeune fille Shen Te, élue par un triumvirat
de dieux pour incarner sur la terre le modèle de la "bonne âme",
aura maille à partir au sein de son entourage avec la convergence
des intérêts privés sollicitant son aide, en quête
de son très mince pactole!...
Cependant le revers d'une médaille symbolisant "un ange dans une
jungle malveillante" pourrait fort bien s'objectiver sur l'autre face en
un "démon policé" et c'est ainsi que Monsieur Shui Ta, soit-disant
cousin de Shen Te pourrait fort bien en définitive se révéler
ne formant avec elle qu'une seule et même personne!...
Devant un décor compressé de bric à brac
hétéroclite et coloré, Romane Bohringer entourée
par une compagnie merveilleusement polyvalente est littéralement
portée à l'excellence, dans un spectacle où tous, soit
une quinzaine de comédiens pour plus du double de rôles, semblent
happés par le souffle de la transcendance!...
Theothea le 12/03/04
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