Les
Chroniques
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15ème
Saison
Chroniques 15.076
à
15.080 Page
269
Conservatoire - Atelier Hans Peter Cloos - photo
© Theothea.com
R E V I V A L
Wight ! 40
années après
63ème
Festival de
Cannes
2010
et son théâtre
d'ombres
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LABICHE
de
Labiche
mise en scène:
Pierre
Pradinas
|
****
Théâtre de la
Tempête
Tel: 01
43 28 36 36
|
On ne change pas une équipe qui gagne mais on lui adjoint volontiers,
en bonus, cet élément catalyseur qui ferait différence
avantageuse entre un baiser volé au grand dam de la société
bien pensante d'avec toute une vie dévouée à
lapostolat dun mariage consenti à linsu du plein
gré, pour satisfaire un beau-père déphasé avec
lidée du bonheur.
Cest pourquoi Matthieu Rosé rejoint Gabor Rassov, Gérard
Chaillou, Thierry Gimenez et leur égérie Romane Bohringer
auprès de Pierre Pradinas aux pinceaux dune peinture de la
bourgeoisie du XIXème en deux tableaux moqueurs, « 29
degrés à lombre » et « Embrassons-nous
Folleville » senchaînant comme à livre ouvert
sur tranche scénographique.
Si Labiche nétait guère aux abois du plébiscite
de ses contemporains, cest quil avait tout compris de son
époque cherchant à senrichir par tous les moyens pourvu
que la morale fût sauve en apparences tout en réussissant à
faire de ceux-ci les témoins hilares de leurs propres turpitudes.
A son tour de nos jours, Pierre Pradinas a perçu le succès
escompté dune réalisation parodique de Labiche à
partir dun dyptique faisant la part belle à la lâcheté
universelle si bien partagée et pourtant si bien maquillée
en intentions vertueuses.
Dans cette perspective théâtrale pleine de malices, le metteur
en scène convie les artifices de la comédie musicale à
illustrer par des contrepoints décalés en playback, la trame
de saynètes sinspirant pêle-mêle de Charlie Chaplin
et de Jacques Tati tout en se référant aux comédies-ballets
de Molière.
Au théâtre de la Tempête au sein de la Cartoucherie,
les spectateurs ne sy trompent pas:
La montée en puissance dans un délire progressif orchestré
vers lapothéose finale où la porcelaine va imploser en
mille morceaux, agit comme une catharsis salvatrice à tous les
préjugés et autres conventions sociales corsetant la liberté
de penser, dexister et en définitive daimer:
Alors, sous 29 degrés à lombre, nhésitons
plus, embrassons-nous, folle ville !...
Theothea le 16/03/11
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LE TEMPS QUI PASSE
de
Karine Silla-Perez
mise
en scène: Vincent Perez
|
****
Théâtre des
Mathurins
Tel:
01
41 62 95 00
|
Entre mémoire exacerbée et recherche du père, une
auteure Karine Silla-Pérez projette sa quête identitaire dans
lécriture autobiographique de sa première pièce
de théâtre en imaginant la rencontre de deux êtres
fragilisés par le mal de vivre.
Celui-ci et celle-là vont tenter de remonter le temps à
contre-courant dune anxiété diffuse qui les rend sur
scène, à la fois fébriles, maladroits et néanmoins
plein de compassion respective lun envers lautre.
Lui, cest Vincent Pérez, dans la vie le mari de lauteure,
et présentement le metteur en scène opportun du duo quil
partage, ainsi, avec Elsa Zylberstein sur les planches des Mathurins.
Ni réellement psychanalyste, ni vraiment détective, cest
plutôt en confident de circonstances que le comédien aborde
son rôle en cherchant davantage à le positionner en
arrière-plan existentiel d'une scénographie qui devrait amener
sa partenaire à déplacer peu à peu son angoisse de la
vacuité vers le trop plein damour
Cependant en se privant du regard distancié et professionnellement
expérimenté dun metteur en scène extérieur
à ce jeu de famille, lacteur se dédouble en
réalisateur-interprète effacé mais quelque peu aveugle
au désarroi implicite de la comédienne, contrainte à
surcompenser le fil dramaturgique.
Comme en déséquilibre perpétuel, lactrice avance
dans sa progressive reconnaissance de lautre, quelle soit figure
paternelle sublimée ou image de lamoureux transi, sans un réel
tutorat qui, en quelque sorte, lui permettrait de laisser libre cours à
lexpression artistique de sa panique intérieure.
Des derniers rangs de lorchestre, la vue panoramique sur le plateau
délibérément nu avec en visibilité ostentatoire
tout le matériel dincendie et de sécurité
électrique, met inconsciemment les deux partenaires en situation
durgences et de premier secours sans quil soit possible de les
extraire, même dans limaginaire du spectateur, de ce huis clos
déstabilisant.
Si, en happy end, la quête du père semblerait se résoudre
favorablement dans la passion amoureuse, la démarche autobiographique
parait, de son côté, vouloir se convaincre des vertus de
loubli improbable du déficit originel.
Theothea le 17/03/11
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ADAGIO
de
& mise en scène: Olivier Py
|
****
Théâtre de
l'Odéon
Tel:
01
44 85 40 40
|
Sous titré « Mitterrand, le secret et la mort »,
lAdagio dOlivier Py soffre comme un chemin de croix sur
le Golgotha de la réflexion humaine en quête de maîtrise
de sa destinée.
Demblée, un escalier magistral sélève
en marche scénographique vers la bibliothèque globale en un
temps où l'Internet nen avait pas encore démocratisé
laccès virtuel.
En toile de fond, les marches du Panthéon, de lArche de La
Défense, de la Pyramide du Louvre, de lOpéra Bastille
et de la très Grande Bibliothèque pourraient sy poser
en références subliminales.
Au terme de la pièce, celles-ci se refermeront sur elles-mêmes,
à linstar de la chambre noire dun appareil photographique
argentique qui, au sein de son obscurité totale, conserverait,
au-delà des clichés controversés, la force patrimoniale
de la grande Histoire, celle de lêtre universel.
« Je resterai avec vous, car je crois aux forces de
lEsprit »
Pour incarner le seul Président aux deux septennats complets de
la Vème République Française ou plutôt pour en
induire la pensée en mouvement, un acteur fabuleux, Philippe Girard
conceptualise son interprétation de François Mitterrand, à
laune contradictoire de sa grande taille, comme un souffle, une
inspiration, un élan reproduisant les traces mnésiques de
linconscient collectif national.
Autour de cette omniprésence troublante autant que séduisante,
six comédiens se glissent dans une trentaine de personnages peuplant,
dombre et de lumière, la Cour Elyséenne avec
lassurance de leurs points de vue indépendants et donc, fort
opportunément, dialectiques.
Au-delà des conseillers géopolitiques, la caste des
médecins savèrent sur le plateau de lOdéon,
comme la plus représentative de celle qui, pour la bonne cause
thérapeutique, tente dapprivoiser le patient le plus résistant
au monde.
En effet, de mai 81 jusquà lappartement du Champ de
Mars en janvier 96, le mal insidieux va tenter de ronger de
lintérieur, lhomme politique qui, depuis sa publication
du « Coup d Etat permanent », avait consacré
sa vie publique à vouloir en devenir le guide républicain.
Mais cest bien en vain que la maladie cherchera à briser
sa capacité de méditation et sa volonté de maîtrise
du destin, jusquà lui faire refuser toute morphine par crainte
de modification comportementale.
Après sêtre empli, une dernière fois, de la
beauté exemplaire dAssouan, François Mitterrand quittait
les rivages du Nil, faisait ses adieux à ses proches à Latche
et revenait à Paris pour décider, en toute liberté,
dévaluer le lieu et le moment venu de laisser séloigner
la vie.
En tant que citoyen et créateur, Olivier Py a, bel et bien, rempli
son travail de mémoire. A ses contemporains, désormais, et
à leurs successeurs dapprécier cet hommage à sa
juste valeur !
Theothea le 18/03/11
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LE CREPUSCULE DU CHE
de
José Pablo Feinmann
mise
en scène: Marion Loran
|
****
Théâtre du Petit
Montparnasse
Tel: 01
43 22 77 74
|
Ce crépuscule va se clore début avril au Petit Montparnasse
sans avoir eu les honneurs des nominations aux Molières 10-11.
Cruelle injustice à rebours pour Ernesto Che Guevara, mais, encore
davantage, pour Jacques Frantz qui, dans son rôle daccoucheur
de vérités, y met toute son âme dinterprète
ainsi que pour Olivier Sitruk qui, par contraste et nuances évocatrices
avec la photographie mythique du Che, y livre, sans détour, la
complexité de cette personnalité charismatique.
Avec en fond sonore envoûtant, le chant des cigales au cur
de la nuit bolivienne, les deux comédiens vont, dialectiquement,
saffronter dans une joute socio-philosophique haut de gamme méritant,
sans réserve, la célébration de lauteur argentin
José Pablo Feinmann et, en la circonstance, sa traductrice et adaptatrice
Marion Loran.
Comment, au travers linterrogation dun journaliste contemporain,
ayant décroché une bourse de la fondation Guggenheim, avec
lobjectif de mener à bien un projet de thèse concernant
les 48 dernières heures de vie du Che, succédant à
larrestation et précédant lexécution, y
recueillir les réelles motivations du révolutionnaire universel
le plus emblématique?
Cest, donc, en jouant au jeu de la vérité au rythme
du compte à rebours vers la solution finale dictée par la C.I.A.
sous le règne présidentiel de Lyndon Jonhson, que la reconstitution
de confidences fictives au tribunal de lHistoire avance en flash back
vers le destin qu « El comandante » sétait
choisi délibérément:
Libérer le peuple de limpérialisme colonisateur en
lincitant à prendre les armes contre son oppresseur.
Cependant même Fidel Castro cherchera, en vain, à orienter
son compagnon de lutte dans une démarche politique structurée
de préférence à des opérations commandos qui
ne faisaient que renvoyer dos à dos la violence de lasservissement
à la violence meurtrière.
A notre époque où les populations tentent de se libérer
du joug des dictateurs avec lappui opportun des nouvelles technologies
médiatiques, ce duel idéologique recadré dans une
perspective théâtrale, pouvait faire figure dune
métaphore en temps réel.
Dommage vraiment que le jury des Molières 10-11 nait cru
bon retenir cette option réflexive, et ô combien pédagogique,
au premier tour de son choix électif.
Theothea, le 24 mars 2011
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PAS D'INQUIETUDE
de
Virginie
Hocq
mise en scène:
Marie-Paule
Kumps
|
****
Théâtre
du Petit
Montparnasse
Tel: 01 43 22
77 74
|
« Pas dinquiétude » ! Virginie Hocq est
une vraie gentille. Dailleurs, si elle met la pression avec la fameuse
« page 27 » du script de son one woman show, ce nest
pas tant pour éviter daffronter seule la
« gerboulade » sur la scène du Petit Montparnasse
que pour susciter un suspens jusquaux rappels de son 4ème
spectacle.
En pratique sur les planches, pour agrémenter les changements
daccessoires, Riri son technicien attitré veille au grain, en
acceptant volontiers de simuler un sympathique partenariat scénographique,
voire davantage si affinités !
Bien entendu, à lissu de ce compte à rebours paginé,
un spectateur coopératif finira par monter sur scène pour jouer
les Roméo avec cette Juliette de très bonne composition, mais
a contrario des tendances provocatrices à la mode, la jeune humoriste
belge naura pas à forcer sa nature bienveillante pour roucouler
sur le registre de la (com)passion.
Un bestiaire imaginaire semblerait faire lobjet de ses fantasmes
artistiques jusquà engendrer, à partir de ses imitations
animalières, un véritable recueil de fables ad
« Hocq ».
De la parodie de la chirurgie esthétique jusquà la
nymphomanie, de la dégaine du clown dHôpital à
celle du manchot, voilà une « Artura Brachetta »
ayant terrassé le trac en le qualifiant de
« gerboulade »; cest tout elle çà,
La Virginie qui se plaît à faire la grenouille autant que
lautruche !
Souple comme une gazelle, la comédienne affectionne de flirter
avec les stigmates de la vulgarité pour en retourner le gant,
côté charme poétique.
Elle semble glisser sur les revers de la médiocrité comme
une jongleuse ferait ses gammes avec des paillettes chorégraphiques
plein les yeux.
Débordante dénergie positive, la performeuse
contrôle ses transes hystériques pour en communiquer au public,
le suc dune sève revigorante.
Oui, Virginie Hocq a tout dune grande
. à lexception
de la taille du costard !
Theothea le 25/03/11
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