Magazine du Spectacle vivant ...

   

 

   

Les    Chroniques   de

  

28ème  Saison     Chroniques   00.11   à   00.15    Page  485

 

     

     

       

                   

                 

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MADONNA CELEBRATION TOUR

                 

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Accor Arena

      

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LE HUITIEME CIEL

                 

de & mise en scène   Jean-Philippe Daguerre 

avec  Florence Pernel, Bernard Malaka, Charlotte Matzneff, Marc Siemiatycki, Antoine Guiraud & Tanguy Vrignault

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Théâtre La Bruyère

      

© Grégoire Matzneff

         

 

   

         

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ANDROMAQUE

« Andromaque » ou La Symbolique de l’Anéantissement par Braunschweig à L’Odéon

                 

de  Jean Racine 

mise en scène   Stéphane Braunschweig

avec  Jean-Baptiste Anoumon, Bénédicte Cerutti, Boutaïna El Fekkak, Alexandre Pallu, Pierric Plathier, Chloé Réjon, Jean-Philippe Vidal & Clémentine Vignais

***.

     

Théâtre de L'Odéon

      

©  Simon Gosselin

              

Work in progress !

A notre époque où la résilience est évoquée comme l’atout indispensable et le remède pragmatique à tous les traumatismes engendrés par l’Humanité, il pourrait sembler que Stéphane Braunschweig, le directeur du Théâtre de L’Odéon et, en l’occurrence à la suite de ses Britannicus à La Comédie-Française & Iphigénie à Odéon-Berthier, le metteur en scène également d'une nouvelle création d’Andromaque mise pareillement en alexandrins par Racine, se montre pour le moins perplexe avec un tel schéma théorique appliqué à cette illustre tragédie qui, en miroir si peu opaque, pourrait a contrario s’apparenter à une métaphore à peine décalée des affres qu’offre, sous nos yeux atterrés, le spectacle contemporain mondialisé des tensions géopolitiques tellement meurtrières.

En effet, exhibant en ultime fin de sa réalisation, par ailleurs fort sobre et minimaliste, son Andromaque muette, esseulée, presque errante et titubante sur le plateau alors même que ce personnage titre était enfin parvenue à sauver l’essentiel de son souhait récurrent, à savoir la vie d’Astyanax son jeune enfant qu' Oreste avait eu pour mission initiale d’éliminer afin d’éviter tout mobile stratégique de vengeance ultérieure mais qui fut transformée sous la commandite d'Hermione en assassinat de Pyrrhus, il est manifeste que cette vision scénographique finale démontre sinon l’impasse humaniste tout au moins le peu d’espoir réaliste conçu envers des jours apaisés.

Si, par ailleurs, l’expression populaire « Une victoire à la Pyrrhus » se rappelle maintenant à notre mémoire, c’est que la perception d’après combats indique qu’un chef de guerre n’ayant pas su être économe de ses troupes aura nécessairement la victoire fragile en s’imposant mais, de plus ici, Brauschweig se veut tout autant pessimiste pour le vaincu même si celui-ci a réussi à conserver un minimum apparent de sens vital… jugeant, sans doute, que les traumas ayant été tellement intenses de part et d’autre, l’avenir devrait apparaître sans lendemain constructible tant la pulsion de mort aurait pénétré le subconscient des partis hostiles en présence.

C’est ainsi que cette mare de sang virtualisée qui trône au beau milieu du plateau de l’Odéon est censée évoquer que les personnages de ce psychodrame, ayant tous été impliqués dans la guerre de Troie, ont désormais les pieds pris dans une viscosité indélébile et y restent maintenus dans une épouvante dont rien ni personne ne pourrait les extraire et ce malgré les passions intimistes qui continuent de les travailler au corps et à l’esprit au point d’en constituer une chaîne symbolique fatale : Oreste (Pierric Plathier) aime Hermione (Chloé Réjon) qui aime Pyrrhus (Alexandre Pallu) qui aime Andromaque (Bénédicte Cerutti) toujours fidèle à son époux Hector tué par Achille père de Pyrrhus tout en protégeant leur fils Astyanax enjeu potentiellement sacrificiel de tous les protagonistes en déficit patent de vision altruiste salvatrice.

Cet imbroglio producteur d’insatisfactions chroniques est ainsi à l’image de l’impossibilité pour chacun de dépasser la subjectivité du ressentiment pour le focaliser sur un objectif, quand bien même serait-il amoureux, celui du pressentiment de l'inatteignable car, de fait, non réciproque & non partagé.

En outre la propension collective à élever Andromaque au rang de victime expiatoire emblématique proviendrait du fait qu’elle pourrait paradoxalement apparaître au final comme la gagnante par KO généralisé alors qu’en réalité, elle va se retrouver seule au monde avec la charge de son fils, sans appui concret et sans perspective constructive dans un contexte dénué de repères.

Cette impasse existentielle serait donc constitutive selon ce point de vue scénographique d’un anéantissement sociétal dans lequel la résilience ne pourrait guère trouver sa place régénératrice.

Tous les comédiens sont imprégnés de leurs partitions au point de se concentrer sur les postures reliant précisément leur incapacité à se communiquer les clefs du savoir-vivre ensemble au-delà des conjectures défavorables.

Et pendant ce temps, Racine enchante les alexandrins dans une musique lancinante où les interprètes y ont l’opportunité de prendre et, en retour, de donner à foison la juste mesure de l’échec globalisé.

Ce qui, en conséquence heureuse, va précisément constituer cette grande réussite non ostentatoire mais visionnaire de Stéphane Braunschweig à l’Odéon, Théâtre de L'Europe.

Theothea le 27/11/23

              

       

UNE JOURNEE PARTICULIERE

« Une Journée Particulière » Laetitia Casta & Roschdy Zem - Hommage à Ettore Scola

                 

de  Ettore Scola   

mise en scène  Lilo Baur   

avec  Laetitia Casta, Roschdy Zem, Joan Bellviure & Sandra Choquet

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Théâtre de L'Atelier

      

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Lilo Baur qui a, notamment, fait merveille à La Comédie Française avec ses fameuses créations de « La Puce à l’oreille » & de  « L’Avare » aura donc fait sien le souhait des deux productrices Claire Béjanin & Valérie Fix, de créer sur les planches cette nouvelle version du film d’Ettore Scola.

Loin de s’en distancier, la metteuse en scène a cherché tout au contraire à célébrer cette œuvre cinématographique majeure en adaptant l’artisanat théâtral aux lignes de force de la caméra des seventies, en l’occurrence, influencée par « Fenêtre sur cour » d’Hitchkock.

Sans pouvoir disposer, bien évidemment, des options « zoom & travelling », c’est la tournette qui prend, ici, le relais scénographique pour assurer les déplacements à vue dans le cadre d’un immeuble emblématique du régime Mussolinien… alors que Il Duce, lui-même, est sur le point d’accueillir Le chancelier Hitler à Rome ce 6 mai 1938.

La fluidité des rotations du décor accompagnée de l’interpénétration des appartements entre eux au diapason de cages d’escaliers menant de la cour intérieure à la terrasse du toit propice au séchage du linge va ponctuer la rencontre d’Antonietta et Gabriele, elle mère et épouse corvéable à souhait d’une famille nombreuse et lui journaliste de radio récemment répudié.

Ainsi à la faveur de l’envol fortuit d’un perroquet domestique et, par ailleurs, de la visite cérémonielle au sommet entre « Fascisme » et « Nazisme » où toute la population locale fut conviée… eux exceptés à l’instar de la concierge de l’immeuble puisque leurs obligations respectives les intimaient de rester sur place, c’est donc la destinée qui va s’en mêler, adroitement, à faire dialoguer deux solitudes circonstancielles au sein de malentendus successifs mais trangressés à chaque reprise par une sorte de force magnétique s’emparant de ce moment suspendu où la discrimination, de part et d’autre, osera dénoncer l’emprise dont elle est l’objet sociétal.

Telle une brève rencontre affective pleinement aboutie, c’est le réconfort moral, l’ouverture à l’autre et le dépassement des préjugés qui sortiront vainqueur absolu de ces deux situations personnelles qui, néanmoins en apparence formelle, vont sans doute empirer au quotidien mais qui auront marqué à jamais ces deux êtres humains… et, par ricochets, nous les observateurs attentifs de cette journée particulière… ainsi revisitée.

Laetitia Casta reste sobrement dans le chemin tracé par Sofia Loren, sans jamais se départir d’un comportement responsable et d’une écoute bienveillante à l’égard de son partenaire tout en le renvoyant résolument, à chaque doute naissant, vers la purge incombant au secret que celui-ci s’efforce de maintenir au moins-disant…

En effet, Roschdy Zem assure fièrement le porte-à-faux des arrangements avec son orientation stigmatisée dans une distanciation artistique qui permet de laisser « intouchable » l’interprétation de Marcello Mastroianni tout en maintenant la détermination au plus haut de l’attention qu’il porte, de facto, à son alter ego au féminin.

Voici donc, selon la perspective de Lilo Baur, « Me too » face au « Coming out » ainsi actualisés en 2023 par la dynamique du dépassement de soi luttant l’un avec l’autre contre la tentation maléfique du retrait sur soi.

Ainsi le poids de l’assujettissement vient-il se télescoper avec le flux de l’émancipation où confiance en soi, culture et libido assumées toutes ensemble pourraient assurément percevoir la sortie du tunnel de l’obscurantisme.

Toutefois, les gages accordés à cet espoir restent hautement symboliques; lui dormira le soir même en prison d’Etat, elle ne conservera pour s’affranchir de la contingence que le cadeau romanesque des « Trois Mousquetaires » en viatique d’une promesse de vie meilleure mais, cependant, leurs dignités respectives auront, elles, fait un bond prodigieux dans l’espace de la connaissance existentielle:

Celui du magnifique conte socio-historique, devenu intemporel, qu’aura ainsi légué Ettore Scola aux générations suivantes.

Theothea le 11/12/23

   

           

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Les Folies Gruss

« Les Folies Gruss » Jubilé d'Or du Cirque équestre sous son chapiteau patrimonial

                 

direction  Stephan Gruss  

mise en scène Stephan Gruss

avec Alexis Gruss, Gipsy Gruss, Stephan Gruss, Firmin Gruss, Maud Florees Gruss, Svetlana Gruss, Charles Gruss, Alexandre Gruss, Olivia Gruss, Kaylie Griffiths, Jeanne Gruss, Gloria Florees, Celestine Gruss, Venecla Florees, Xavier Ducrocq & Candice Parise  

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Chapiteau Bois de Boulogne

      

©  OLIVIER BRAJON

                  

Depuis le 21 octobre 2023, la galaxie Gruss étincelle de tous ses feux équestres pour fêter son jubilé en or : 50 ans à Paris, 50 ans de prouesses acrobatiques, et elle éblouira les spectateurs jusqu'en mars 2024.

Sous un chapiteau à l'ancienne situé au Bois de Boulogne, dans un cadre naturel aux allures de guinguettes champêtres, la grande famille de saltimbanques nous accueille par une ambiance des plus chaleureuses et nous convie en pré-show à quelque dégustation ou légère restauration accompagnée de mini démonstrations de voltige en fanfare sous la férule de Stephan Gruss, le metteur en scène du spectacle.

En effet, depuis quelques années, Alexis Gruss, 80 ans, a légué la direction de la compagnie Gruss à son fils Firmin et passé le flambeau de la direction artistique à Stephan son frère aîné, qui défend le même savoir-faire traditionnel, signature de la dynastie, et met en exergue la place essentielle du cheval dans l’art du cirque.

Pour célébrer cet anniversaire, ce dernier est fier de présenter un spectacle écrit à quatre mains avec l’auteur et compositeur Grégory Garell, dans un décor original de Grégory Antoine. Ensemble, ils subliment une lignée circassienne à la tête d'une cinquantaine de chevaux de la cavalerie et l’Orchestre des Folies Gruss, un challenge unique où s’équilibrent la dramaturgie, l’innovation, les défis de progrès technique et artistique.

La compagnie Gruss dévoile une chorégraphie millimétrée de très haute voltige menée tambour battant par la pétillante Candice Parise, ravie d’avoir été “adoptée” par les Gruss. Après Roméo et Juliette, Le Magicien d’Oz, Hair, Les Misérables, place à la piste, à la sciure et aux chansons pour accompagner les formidables prestations d’une famille tout autant unie à la ville que sur scène, en bénéficiant tous les soirs d’un orchestre live dirigé par Sylvain Rolland.

Dans ce manège évoluent pendant près de 2 heures acrobates, danseuses, voltigeurs, dresseurs équins qui déploient dans chacune des scènes une virtuosité artistique fabuleuse, donnant vie à des tableaux magnifiques emprunts cette année d'une belle poésie pleine de mélancolie. On sent que Gypsie et Alexis, les doyens, sont toujours présents mais laissent leurs enfants diriger l’affaire et accordent une totale confiance aux générations futures qui, passant par les très doués jumeaux Alexandre et Charles, s'étalent jusqu'aux arrières petits-enfants, comme Jeanne Gruss qui, à seulement 15 ans, a pour la première fois fait ses débuts en piste en acrobatie à cheval. Cela concède un retentissement nostalgique à la représentation et amplifie la vibrante émotion que l'on ressent.

En exécutant un numéro avec sa fille Maud Florees, Gypsie, figure matriarcale emblématique, s'efface affectueusement et lui laisse prendre le relais avec cette idée de transmission qui procure un pincement au coeur. Cela est très poignant.

On est subjugués par les figures aériennes, la funambule évoluant sur un fil de fer avec son ombrelle en tissu qui la stabilise, faisant preuve d’une agilité magique ou encore l'époustouflante plongée dans un immense aquarium suspendu de Svetlana Gruss, l'épouse russe de Firmin qui danse dans l'eau révélant l'athlète et championne de natation synchronisée qu'elle a été. La troupe est singulièrement composée de femmes inspirantes et impressionnantes de talent.

Les exhibitions sont dans les airs et surtout sur la piste car les rutilants et somptueux chevaux ont toujours la prime et royale vedette. Il faut voir la cavalcade des équidés tous aussi beaux les uns que les autres - arabe, frison, lusitanien, normand, falabella - où la virtuosité et la précision vont de pair avec la discipline. Au programme : cabrioles, duos de voltigeurs, sauts à plus d'un mètre sur des étalons au galop, cerceaux enflammés, pyramides, magnifique carroussel à 26 chevaux, véritable oeuvre d'art, et en point d’honneur la Grande Poste, inégalée.

Le cirque Gruss affirme la beauté des costumes et la pureté du geste comme une manifestation évidente de l’élégance et de la fougue gracieuse des montures chevauchées.

Spectacle fusionnel entre l'homme et l'animal, tout en délicatesse, mêlant passion et complicité incroyables, nous mettant des étoiles plein les yeux, il est un véritable cadeau de fêtes. De plus, dans cet endroit tellement insolite, le cirque Gruss célébre traditionnellement la messe de minuit après une veillée de Noël prolongeant la représentation du soir.

 Cat’s / Theothea.com le 17/12/23

            

   

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