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8ème
Saison
Chroniques 08.101
à
105
Page 128
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ILLUSION
de Dani
Lary
mise en scène
Bernard Dolle
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****
Théâtre Marigny
Tel: 01 53 96 70 00
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Illusion, tout n'est qu'illusion!... Affichant ostensiblement une telle
philosophie de la vie et par conséquent du spectacle que celle-ci
donne à voir, l'empathie gagne d'emblée le public tout acquis
à un magicien qui ne cherche pas à l'abuser mais bien au contraire
à le faire rêver!...
D'ailleurs Dani Lary prévient en substance: "Ne cherchez pas le
truc, vous gâcheriez votre plaisir et par là même mon
exhibition qui n'a d'autre objectif que de vous fasciner!... Laissez vous
surprendre, c'est le meilleur conseil pour profiter de chacune des deux heures
d'enchantement au royaume consenti de l'illusion universelle"!...
Et pourtant, vous êtes bien au théâtre Marigny dirigé
par Robert Hossein qui, pour cette représentation de générale,
acceptera d'être le partenaire opportun pour une prestation dont sa
propre veste sera l'enjeu d'un sac de noeuds!...
C'est ainsi que les décors ésotériques, la boule
de cristal de trois mille litres d'eau, le piano volant, les six resplendissantes
Dani girls, les gerbes de feu vont tour à tour magnifier toutes
lévitations, disparitions, substitutions et autres télépathies
au point de faire céder comme par magie les résistances internes
de tout adepte du doute systématique!...
Le personnage de Dani Lary est lui-même un catalyseur d'émotions,
tellement son show s'apparente davantage à l'humilité qu'à
l'esbroufe!... Il en paraîtrait presque timide, face aux énergies
qu'il suscite avec une maîtrise appliquée et un calme olympien!...
C'est qu'il se trouve sur un "petit nuage" du haut duquel il aspire
chacun des spectateurs à une âme d'enfant que lui-même
n'aurait jamais cessé d'être!... Sublimé par ses partenaires
féminines, c'est l'objectif que le prestidigitateur propose à
son public auquel par surcroît l'entracte réserve près
du bar côté Champs-Elysées... une illusion à
perdre la tête voire la raison!....
Theothea le 03/06/04
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PERVERSITE SEXUELLE A
CHICAGO
de David
Mamet
mise en scène
Pierre Laville
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****
Théâtre Rive Gauche
Tel: 01 43 35 32 31
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En distillant dans un huis clos indifférencié, une partie
à quatre pour un jeu dont les protagonistes échafaudent les
règles à leur insu au fil de leurs tumultes libidinaux, David
Mamet décrit un espace affectif dont les revendications de liberté
auraient dévasté l'immense vacuité, tout à la
recherche d'un sens caché à leurs émois!...
C'est alors que va se développer la surenchère d'abord
rhétorique avant que d'être factuelle pour une montée
en puissance de l'excitation, en des simulacres de déviances
spontanées ou au contraire délibérément
élaborées!...
A cette escalade dirigée en percussions successives par Pierre
Laville, s'imposera un chef de cordée Bernie auquel Stéphane
Bierry va insuffler une énergie délirante emportant le quatuor
dans une symphonie de monstruosités orales aux vertus cathartiques!...
Hissant dans son sillage une dialectique amoureuse illustrée par
Dan (Patrice Costa), le copain de Bernie avec Deborah (Anne Loiret), l'amie
de Joan (Nathalie Corré) abandonnée elle à son sort
de solo à la dérive, l'enjeu du match s'imposera avec
évidences pour susciter une explosion en plein vol de l'intrigue
naissante, grâce à des missiles tirés des quatre points
cardinaux, et par conséquent en provenance notamment des
intéressés eux-mêmes!...
Cette incapacité au bonheur assumé se retournera donc en
une aspiration à sa destruction afin d'éprouver avec jubilation
tous les maléfices de la frustration pernicieuse!...
Garçons et filles se retrouvant en phase ultime dans le fantasme
partagé de l'inaccessible désir, celui dont les vibrations
pourraient enfin les faire exulter!...
Theothea le 04/06/04
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ON N'AVAIT PAS DIT 9
HEURES?
de Christophe
Rouzaud
mise en scène
Christophe Rouzaud
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****
Théâtre du Splendid
Tel: 01 42 08 21 93
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La première pièce de Christophe Rouzaud confirme les
qualités d'observation d'un auteur de 44 ans en n'évitant pas
les défauts inhérents à l'écrivain ayant beaucoup
consigné et accumulé de notes concernant ses contemporains
jusqu'à vouloir placer tous les bons mots et autres attitudes oratoires
recueillis en un seul repas de faux amis mais en oubliant quelque peu la
force du rebondissement successif que l'art de la scène nécessite
afin de susciter l'intérêt grandissant du spectateur!...
Alors disons que pour un coup d'essai, Christophe Rouzaud en tant que
comédien conscient d'être témoin aux premières
loges d'un monde en faux semblant et désireux d'en transmettre un
miroir parodique a su trouver le trait juste pour brosser des personnages
en contradiction avec eux-mêmes et leurs propos sans pour autant
maîtriser complètement la progression psychologique les menant
au clash final!...
Lacune de jeunesse d'écriture qui reprend la métaphore du
club de vacances pour démontrer la vacuité a posteriori des
relations contractées par opportunisme estival!... Il suffit en effet
que de trois petites semaines après le retour de leur séjour
pour que trois couples s'y étant réunis par affinités,
découvrent l'espace d'une soirée l'abîme qui les sépare
dans la vie réelle!...
Le contexte culturel et socio-économique fabrique effectivement
des entités qui étrangement sont en mesure d'estomper leurs
différences le temps d'un black-out de farniente pour revenir en boomerang
dévastateur dès que les paramètres psychologiques reprennent
la direction des consciences égocentriques!...
Tableau de chasse saisissant que Christophe Rouzaud a choisi de cerner
par le sourire moqueur faisant fi des travers d'autrui, tout en réussissant
à donner à ses quatre partenaires (Karina Marimon, Nathalie
Krebs, Xavier Letourneur, Charles Ardillon) sur la scène du Splendid,
le plaisir corrosif de laisser se délier les codes sociaux de bonne
conduite!...
Comme un anti-pasti mettant en appétit avant que de pouvoir se
délecter d'un plat de chef qui ne saurait trop tarder!...
Theothea le 10/06/04
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LA TOUCHE ETOILE
de Gilles
Dyrek
mise en scène
Gilles Dyrek
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Théâtre Comédie Caumartin
Tel: 01 47 42 43 41
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C'est la communication compulsionnelle induisant la dépendance
aux outils de haute technologie qui répondrait automatiquement sous
la pression de la touche étoile!...
Ainsi donc au théâtre de la Comédie Caumartin, un
trio bien aguerri par son succès au lucernaire vient prêcher
la mauvaise nouvelle: Tout le fatras de liaison moderne à haut débit
serait en train de perturber la foule de ses utilisateurs en délire
au point d'en devenir une pathologie aux séquelles
irréversibles!...
Ce diagnostic alarmant renvoyé en miroir, face à un public
déjà bien contaminé est de toutes évidences une
mine d'hilarité en boucle incontrôlable que Gilles Deyrek a
su capter avec la pertinence de l'observateur expert pressentant les signes
avant-coureurs de la menace!...
De la subjectivité au vécu, le fil de l'auteur
équilibriste se contorsionne au gré des trois compères
comédiens (Eric le Roch, Jean-Gilles Barbier, Louis Marie Audubert)
en proie à l'internet, au portable, au mobile, à la hot-line,
au stage de déstressage, ils en passent et des meilleurs tout au long
d'une vingtaine de sketchs où les parodies de jingles et autres alarmes
complètement azimutées semblent remplir le vide sidéral
de l'homo on line!...
Une leçon de choses contemporaines dont il faudrait s'empresser
de sourire avant que de se déconnecter!...
Theothea le 08/06/04
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KNOCK
de Jules
Romains
mise en scène
Maurice Benichou
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****
Théâtre Antoine
Tel: 01 42 08 77 71
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Ce vendredi 11 juin 2004, pour l'avant dernière fois dans la mise
en scène de Maurice Bénichou, Fabrice Luchini entrait de connivence
avec son docteur Knock sur la scène du théâtre Antoine
pour en laisser à la postérité un enregistrement vidéo
à la manière d'un maître se voulant en parfaite osmose
avec le créateur du rôle, Louis Jouvet qui l'incarna lui plus
de deux mille fois!...
Le record sera loin d'être battu pour cette fois-ci, puisque Fabrice
n'endossait le masque de l'imposteur ès-médecines que le 18
septembre 2002 au théâtre de l'Athénée et par
la suite dans la discontinuité d'une tournée et de reprises
jusqu'à ce jour!...
Les critiques de cette époque relativement récente insistait
de concert sur la sobriété paradoxale de l'acteur qui avait
habitué son public à des one man shows plus outranciers!...
Que ceux-ci se rassurent, le naturel du comédien est depuis revenu
au galop et c'est bien dans la fantaisie guignolesque que les reflets cathodiques
conserveront le souvenir de son interprétation à nulle autre
pareille!...
Entre les détracteurs et les défenseurs de l'artiste, tous
trouveront matière à s'étourdir de comparatifs et de
superlatifs que, gageons-le, aucun cataclysme ne pourra effacer de la
mémoire du spectacle vivant, et le bougre le sait pertinemment!...
Pour clore les applaudissements précédant l'ultime
représentation encore à venir, Fabrice tel un mentor lisait
en guise de testament à la pièce de Jules Romains, une note
de Louis Jouvet qui expliquait son étonnement non feint face à
l'identification que le public projetait entre le personnage de Knock et
lui-même... pour s'en défendre radicalement!...
En contraste, il n'est pas évident que cette observation puisse
s'appliquer à l'identique pour Fabrice Luchini qui semble s'être
pris définitivement au jeu de l'emphase et de la posture
délibérée à moins qu'il ne s'agît en
l'occurrence d'un rôle de composition qu'aucun acteur n'eût jamais
réussi avec une telle excellence!...
Etre ou ne pas être Knock?
A la veille de la dernière, telle était en définitive
la question irrésolue!...
Theothea le 16/06/04
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