Les
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11ème
Saison
Chroniques 11.51
à
11.55 Page
181
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CONFIDENCES TROP
INTIMES
de
Jérôme Tonnerre
mise en scène
Patrice Leconte
|
****
Théâtre de L'Atelier
Tel: 01 46 06 49 24
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Photo
© Gérard Giaume / H&K
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Si une histoire d'amour pouvait être celle d'une méprise,
comment ne pas se rendre complice d'une duperie dont il suffirait au final
de retourner le contexte et par conséquent le décor comme un
gant, pour observer qu'un flirt longuement déguisé se serait
considérablement valorisé à l'ombre d'un coup de foudre
resté en latence?
Une folle embrassade amoureuse pourrait alors enfin se déchaîner
en passion contenue jusqu'à l'inéluctable.
En adaptant son film intimiste réunissant Sandrine Bonnaire et
Fabrice Lucchini pour construire la rencontre d'un second couple de scène
sur une palette théâtrale dont les émotions successives
seront scandées par un tempo asynchrone différant en permanence
la prise de conscience mutuelle, Patrice Leconte signe, sous la
réécriture de Jérôme Tonnerre, une mise en scène
feutrée, subtile et pleine de retenue drolatique.
Fonctionnant comme une psychanalyse qui aurait débuté sur
un malentendu, ce qui constitue une caractéristique sui generis, le
rythme des séances va se configurer en une suite de rendez-vous
manqués en apparence, sans que l'un des deux protagonistes soit en
mesure professionnelle ou affective d'y mettre un terme.
La craquante Mélanie Doutey et le secret Jacques Gamblin s'associent
pour le meilleur dans une spirale troublante que trois garde-fous, à
savoir un thérapeute orthodoxe (Alain Rimoux), une ex-compagne vigilante
(Marilyne Canto) et un mari virtuel, auront à l'oeil depuis qu'une
simple confusion de portes aura initialisé le subterfuge de leur relation
paradoxale.
Le Théâtre de l'Atelier vibre aux frémissements des
sentiments qui transparaissent sous la carapace des politesses et
prévenances rituelles alors que chaque frustration de la pseudo-cure
analytique évalue ceux-ci au prix d'un effort de reconquête
qui, de toutes évidences, sera totalement validée par la
réussite de ce "transfert" sublimé.
Theothea le 31/01/07
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LA RETRAITE DE
RUSSIE
de William
Nicholson
mise en scène
Gérald Sibleyras
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****
Théâtre du Petit Montparnasse
Tel: 01 43 22 83
04
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Portrait
Catherine Rich vue par Cat.S
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Magnifique Catherine Rich face à Pierre Santini qui n'ayant pas
nécessairement le beau rôle, ronge son frein entre sentiment
diffus de culpabilité et nécessité de s'émanciper
d'un costume trop serré pour son aspiration à la liberté
recouvrée.
Quel beau couple aurait-il formé à la scène sous
la houlette vigilante de John R. Pepper, si toutefois, au bout de trente-trois
ans de vie commune, leur mariage ne devait laisser la place au traditionnel
démon de midi ?
Donc bien entendu, il y a désormais une autre femme dans la libido
d'Edouard qui, par dépit mal assumé, donne le change en se
réfugiant dans la lecture assidue de la désastreuse invasion
de Moscou par Napoléon.
Certes Alice fait preuve, dans ses doutes avérés, d'un
tempérament maniaco-dépressif que son mari est en droit de
ressentir comme inquisiteur mais sa volonté jusqu'au-boutiste de tenter
le réveil des ardeurs conjugales ne cesse de rendre touchant ce sursaut
maladroit de la dernière chance amoureuse.
Il n'empêche que la compréhension de leur point de vue respectif
contraint le spectateur à adopter celui de leur fils qui n'en peut
mais.
En effet, davantage consterné que moraliste, Jimmy (Julien Rochefort)
apparaît comme la plupart des enfants de divorcés, quelle que
soit l'époque, tel un être masquant l'échec de ses parents
sous une apparence distanciée révélant de fait son
incapacité à vivre pleinement sa propre destinée.
Ainsi va cahin-caha le trio familial qui se disloque en direct sous
l'observation médusée du public, en prenant conscience qu'il
n'y a aucun recours pour un fiasco qui, pourtant a priori, n'était
sans doute pas inéluctable.
Cependant sans en avoir l'air, c'est bel et bien le fils qui va rester
en carafe en s'interrogeant sur les raisons fondatrices de cette faillite
récurrente du couple parental subtilement adaptée en français
par Gérald Sibleyras selon "Retreat from Moscow" de William
Nicholson.
Superbe Pierre Santini face à Catherine Rich qui a indubitablement
le beau rôle, celui d'émouvoir selon une palette
métissée de sentiments, ô combien contradictoires.
Theothea le 30/01/07
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A LA PORTE
de Vincent
Delecroix
mise en scène
Marcel Bluwal
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****
Théâtre de l'Oeuvre
Tel:
01 44 53 88 88
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Photo
© Eric DEVERT
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D'abord il y a un écrivain, Vincent Delecroix qui, maître
de conférence à La Sorbonne, a déjà publié
trois essais philosophiques et quatre romans dont "A la porte" fut
sélectionné pour le prix Médicis.
Ensuite, il y a Marcel Bluwal qui porte son intérêt sur le
texte et convoque Michel Aumont dans ce personnage atrabilaire pour la mise
en scène d'un monologue intérieur autour d'un jeu de chaises,
pourquoi pas musicales.
Enfin, de la Gare du Nord au Canal Saint-Martin en passant par le boulevard
Magenta, va errer cette silhouette désemparée par
l'indifférence ambiante autant qu'elle pourrait l'être
elle-même au désarroi d'autrui.
Bref, mis à la porte de chez lui par sa propre négligence
alors que celle-là lui claque dans le dos à son insu, l'homme
en délire métaphysique va problématiser son cheminement
vers un au-delà si proche de lui que réalité et onirisme
vont se télescoper au diapason du stress de se retrouver nu un dimanche
matin dans les rues désertes de la capitale tout en s'inquiétant
de ne pas déranger, par téléphone, sa soeur
dépositaire d'un double de son trousseau de clés... du moins
feint-il de croire en cette version d'une fin de vie pleine d'impasses
spéculatives à transgresser.
Disciple spirituel d'un univers dramatique qu'affectionne Eric-Emmanuel
Schmitt, Vincent Delecroix semble prendre à son compte l'interrogation
à voix haute que permet le théâtre, face à un
monde médiocre confronté au miroir du cynisme misanthrope lorsque
le compte à rebours final fait défiler ses dernières
flammes vacillantes.
Michel Aumont est tout simplement cet artiste ad hoc en mesure de figurer
les étapes transitoires et néanmoins contradictoires d'un
élan poétique chassé hors de lui-même par des
circonstances antagonistes.
Du grand Art dialectique au fil de ce récit en passe de tourner
à vide dans le 19ème arrondissement alors que les concepts
font sourdre les idéaux enfouis sous la carapace du mal être
de chacun.
Un auteur est né sur les planches de l'Oeuvre, un valeureux
comédien l'aura habité sous les frasques transcendentales d'un
ancien professeur en retraite.
Theothea le 05/02/07
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L'AVARE
de
Molière
mise en scène
Georges Werler
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****
Théâtre de La Porte saint-Martin
Tel:
01 42 01 38 23
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Photo DR.
DUNN MEAS
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Désormais Michel Bouquet est devenu cet acteur intouchable qu'à
la fois l'état de grâce et la reconnaissance du public placent
sur le piédestal de la renommée infinie.
Du "Roi se meurt" récemment à "L'Avare" dont il interprète
à nouveau le personnage d'Harpagon, voici le comédien qui compose
un vieillard sautillant et sournois, complètement habité par
la passion monomaniaque de thésauriser son argent tout en s'aveuglant
au point de prétendre convoiter Frosine l'amoureuse de son propre
fils Cléante.
Le Théâtre de la Porte Saint-Martin dont le directeur Jean-Claude
Camus possède maintenant l'ensemble des rênes de production
et de création artistique présidant à la destinée
de cette salle prestigieuse, propose avec l'ultime pièce de Molière
mise en scène ici par Georges Werler, un spectacle complètement
dédié et réalisé autour de l'immense comédien
que ses quatre-vingt un ans transportent sur un véritable nuage de
félicité.
S'il ne devait en rester qu'un seul, ce serait effectivement Michel Bouquet
et tous acquiesceraient cette suprématie qui s'impose d'elle-même
alors que tous vont venir à juste titre le célébrer
dans un hommage à l'Acteur implicitement associé à l'Auteur
classique de référence.
"Au voleur ! au voleur ! à l'assassin ! au meurtrier ! justice,
juste ciel ! je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé
la gorge, on m'a dérobé mon argent... "
Des premiers rangs d'orchestre jusqu'aux fauteuils des balcons les plus
éloignés, tous restent médusés alors que Michel
Bouquet vient les haranguer au devant de la scène en les prenant à
témoins qu'eux seuls pourraient l'aider à retrouver sa raison
de vivre, sinon....
" Je veux faire pendre tout le monde; et si je ne retrouve mon argent,
je me pendrai moi-même après..."
Bouquet grimaçant, Bouquet s'embrasant, Bouquet restant coi, tous
le suivent du regard, tous ne voient que lui jusqu'à ce qu'il reste
seul en transe sur les planches, levant les bras tendus vers sa cassette
adorée, alors que le rideau rouge va tomber comme un couperet
symbolique.
A quatorze comédiens, ils vont donc pouvoir venir saluer les
spectateurs qui, emportés par un culte enthousiaste, ovationnent celui
d'entre eux qui fait mine de quitter la scène pour mieux revenir sous
les rappels en compagnie de ses treize valeureux partenaires.
Theothea le 06/02/07
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LA VALSE DES PINGOUINS
de Patrick
Haudecoeur
mise en scène
Jacques Decombe
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*****
Théâtre des Nouveautés
Tel:
01 47 70 52 76
|
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Photo
Lot
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De "Frou-Frou les bains" à "La valse des Pingouins", Patrick Haudecoeur
a emmené bon nombre de ses partenaires en passant du théâtre
Daunou, actuellement en travaux de rénovation, à ce magnifique
écrin qu'est la salle du théâtre des Nouveautés.
Pariant plus que jamais sur la séduction branquignolesque de ses
créations, Patrick Haudecoeur place le théâtre musical
en vecteur d'un divertissement burlesque, loufoque et absurde où la
bonne humeur serait le mot de passe.
En osant pousser le bouchon aux limites de situations abracadabrantesques,
l'auteur épaule l'interprète meneur du jeu de ses camarades,
en campant des personnages hauts en couleur et caricaturaux jusqu'à
parfaire une bande de pieds nickelés.
En effet, animée autour d'une botte magique qui se déchausse
d'elle-même, une soirée festive de promotion est organisée
à l'intention d'un éventuel investisseur pour le convaincre
des vertus révolutionnaires de cette redoutable invention.
De dérapages contrôlés en avatars pétaradants,
les péripéties et autres intrusions imprévues vont
s'accumuler en semant la confusion générale tout en sachant
contourner soigneusement toute catastrophe rédhibitoire.
Ainsi Clara, la fille du maître des lieux, une aimable personne
exclusivement compréhensible d'un maître d'hôtel quasi
sourd, va entraîner une suite de quiproquos, rien que par la psalmodie
d'un pseudo-langage de bégaiement hermétique à tous.
C'est Sara Giraudeau, jeune comédienne et par ailleurs
progéniture de Bernard et Annie Duperey, qui s'impose en
révélation totalement inattendue dans ce rôle qu'elle
compose avec un charme confondant.
Autour d'elle, la valse va vivre mille temps de cocasseries extravagantes
sans toutefois parvenir au régal de "Frou-Frou".
Gageons que les représentations sauront peaufiner la
perfectibilité créatrice de ces joyeux Pingouins à l'unisson
quelque peu hétéroclite.
Theothea le 01/02/07
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