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Claire Besse
Selon une étrange démarche de pachyderme investissant un
poème de porcelaine, Stéphanie Loïk dessine, en esquisses
paradoxalement courbées par la rigidité des bras, des
circonvolutions syncopées destinées à illustrer la
musicalité des Haïkus que Yuko Akita aurait composés dans
un Japon d'un XIXème siècle finissant.
De stations arrêtées en pauses professorales, un chemin
d'initiation épique parcourt le plateau du Théâtre Artistic
Athévains d'où émerge peu à peu une sensation
de blancheur vertigineuse sur laquelle, tel en équilibriste des mots,
se glisse une corde tendue entre deux versants abrupts des Alpes
Japonaises.
Au fond du gouffre se trouverait, depuis des lustres, le corps d'une jeune
fille prisonnière des glaces éternelles alors même que
la beauté diaphane de sa mémoire n'aurait fait que croître
au fil de la Légende.
C'est ainsi que la mélancolie sérielle de Jacques
Labarrière donne au piano les traces d'une respiration infinie que
la comédienne s'applique à psalmodier au mieux des fondus
enchaînés.
Cependant qu'à la recherche de l'idéal au sein des pinceaux
de l'art poétique, c'est l'absence absolue de couleur qui se renvoie
en écho du conte philosophique de Maxence Fermine.
L'épure sera donc le gage de la cime à atteindre par l'artiste
du verbe si, selon l'auteur, sa destinée le porte à devenir
"funambule" plutôt qu' "acteur" à l'image de la plus grande
part de l'humanité.
Theothea le 27/06/08