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13ème
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SANS MENTIR
de Xavier Daugreilh
mise en scène
José Paul & Stéphane Cottin
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****
Théâtre Tristan
Bernard
Tel:
01 45
22 08 40
|
 |
Visuel affiche LD.
Presse
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Avec sa double casquette de metteur en scène et de comédien,
José Paul est aux commandes d'une nouvelle comédie de Xavier
Draugreilh où le mensonge se cultive en thématique qui se
décline à travers six personnages se renvoyant leurs
répliques en trompe-l'oeil.
Si "Sans mentir" rien ne serait arrivé, il faudra néanmoins
convenir qu'en mentant durant une heure et demie, les trois couples à
géométrie variable n'auront guère progressé au
final dans la maîtrise circulaire de leur libido.
C'est cependant de la codirection d'acteurs où Stéphane
Cottin et José Paul se complètent avantageusement que surgira
un tonalité particulière, une manière approximative
de mentir qui, à la fois, peut séduire et a le don drolatique
de faire déraper en permanence les relations amicales ou sexuelles
que les protagonistes entretiennent les uns par rapport aux autres.
Ainsi Lysiane Meis, Caroline Maillard et Isabelle Cote se relaient avec
Eric Savin pour entretenir cette dose d'incertitude que le coup de foudre
se doit de disputer au partenaire légitime.
Mais "Cyril" alias José Paul, ce démiurge circonstanciel
étant dépassé par ses propres lacunes, la manipulation
psychologique va tourner court au profit d'un jeu de dominos s'écroulant
en cascade.
Au demeurant l'autre soir pour la Générale au Tristan Bernard,
la salle, composée en majorité de gens du métier ainsi
que de quelques critiques, s'affichait très bon public et riait sans
relâche aux postures incongrues de la falsification des sentiments
confrontés tour à tour à la lâcheté et
à la candeur de l'alter ego.
A l'instar du Café théâtre, s'installait alors une
proximité et une intimité entre la scène et les fauteuils
distillant une franche rigolade plutôt bienvenue en cette rentrée
théâtrale 08-09.
Theothea le 05/09/08
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TANGUERA
de Diego Romay
& Dolores Espeja
mise en scène
Omar Pacheko
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****
Théâtre du
Châtelet
Tel: 01 40 28 28 40
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Photo ©
Manuel Navarro de la Fuente
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Tanguera ou l'addiction au Tango est en soi une invite à
pénétrer les bas-fonds occultes qui ont fait émerger
l'énergie d'une plainte charnelle au rang d'art chorégraphique
dont l'Argentine peut s'enorgueillir à juste titre.
En voici donc la première comédie musicale qui revendique
ce passage du spectacle traditionnel du Tango au récit d'une histoire
simplissime où manichéisme et machisme se conjugueraient
allègrement en clichés universels sur l'origine de cette danse
à la fois résolue et lascive.
Investissant le théâtre du Châtelet pour trois semaines,
à l'instar de "West side Story" la saison précédente
et de "On the Town" à la fin de cette année, la pauvre immigrante
Gisèle (Gabriela Amalfitani) y débarque sur ses planches en
même temps que sur le port lugubre de Buenos-Aires pour y devenir l'enjeu
convoité entre Gaudencio, le mac séducteur (Oscar Martinez
Pey) et Lorenzo, l'amoureux intrépide (Esteban Domenichini) avec en
toile de fond les Sharks et Jets locaux pour en assurer les combats de rue
et en fomenter les rivalités de cabaret.
Sans recherche d'esbroufe spectaculaire, c'est la poigne sensuelle des
corps s'interpénétrant au cordeau qui vont faire écran
à toute diversion rédhibitoire et c'est dans la tension progressive
des caractères affûtés à l'extrême que
s'affronte la ferme souplesse des muscles pour toute réponse aux
âmes en quête de dépassement de soi.
Entreprenant une tournée mondiale après 18 mois d'affiche
à Buenos-Aires, ce show s'approprie, spécialement pour sa halte
à Paris, un orchestre live discrètement installé avec
ses treize instrumentistes en fosse d'avant-scène (Direction: Lisandro
Adrover) pour le plus grand profit des vingt-trois comédiens-danseurs
dont une chanteuse (Marianella) et uniquement trois chansons.
Une heure vingt de spectacle vous ramèneront à bon port
avec la sensation esthétique d'être descendu au plus profond
d'un duel de cordes (Miguel Angel Bertero, Sébastien Couranjou, Michael
Gniest, Ludovic Michel, Lyionel Alemand & Domingo Jose Diani) avec un
saxo (Fabian Dario Zylberman) et où les forces du bien et du mal auraient
été emportées et ballottées par la mélancolie
du piano (Mario Carlos Araolaza) en prise avec le langoureux bandonéon
(Jean Henry Baptist & Facundo Torres).
Theothea le 08/09/08
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MAMMA MIA
Le film
de & mise en scène
Phyllida Lloyd
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****
Théâtre
Mogador
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Photo: Peter Mountain / Universal
Pictures © 2007 Universal
Studios
|
Après avoir ensoleillé l'ouverture du 34ème Festival
de Deauville, "Mamma Mia!" a enflammé le théâtre Mogador
qui projetait en avant-première parisienne, sur un vaste écran
numérique d'une luminosité exceptionnelle, le film d'emblée
cultissime tiré de la célèbre comédie musicale
regroupant les fameux succès du groupe pop Abba.
Meryl Streep en est la Diva tenant un gîte touristique
délabré sur l'île de Skopelos rebaptisée par
discrétion "Kalokairi", ce qui signifie "été" en grec.
Avec Rosie (Juliette Walters) & Tanya (Christine Baranski), ses deux
copines du bon vieux temps, celui du Flower Power, où elles formaient
ensemble le groupe Les Dynamos, "Donna" l'ex-hippie a l'intention de fêter
avec brio le mariage de sa fille Sophie (Amanda Seyfried) avec son Apollon
(Dominic Cooper).
Celle-ci, comme beaucoup d'enfants nés de couples baby-boomer à
la fin des libertaires années soixante, est non seulement à
la recherche d'une image paternelle structurante mais surtout en quête
de l'identité d'un géniteur qu'elle n'a jamais connu.
Cependant ayant eu l'audace de feuilleter le journal intime de sa mère
rédigé à l'époque mouvementée de sa
conception, trois prénoms de pères putatifs, Sam (Pierce Brosnan),
Harry (Colin Firth) & Bill (Stellan Skarsgard) s'imposent à
l'imaginaire de la jeune fille pour s'incarner par la suite en un jeu de
rôles d'invités surprise aux noces afin que puisse se
révéler celui qui pourrait posséder la
légitimité de l'accompagner jusqu'à l'autel nuptial.
Construite autour des multiples tubes d'Abba sous des paysages paradisiaques,
ce vaudeville post-moderne, dont l'ironie est hautement revendiquée
par sa réalisatrice Phyllida Lloyd, va donc s'emballer sur des rêves
éveillés où les idéaux de deux
générations successives vont se confronter sous les aspirations
des sexes opposés avec la menace ludique d'une frustration redoutée
par tous.
Ainsi là où Sophie tente de se construire un avenir conjugal
en recollant les morceaux du puzzle familial, sa mère fuit, en avant
toutes, afin d'échapper aux déceptions encore douloureuses
de ses amours d'antan restés en impasse.
Cependant depuis Zorba le grec, comme il est manifeste que dans la superbe
aridité des Cyclades, les revers peuvent être sublimés
avec maestria en délires salvateurs sous l'effet du Sirtaki, du Rebetika
et de la Retsina, ici grâce à l'inspiration "Abba cool" de "Mamma
Mia!", la somptueuse luxuriance des Sporades va allègrement relever
le challenge de transformer en fantasmes kitsch et hallucinogènes,
le retour du père prodigue sur cette île du second degré,
voire plus.
C'est alors que sous l'impulsion opportune d'un tremblement de terre ravivant
toutes failles mal colmatées, jaillira soudain la source précieuse
d'Aphrodite qui inondera d'Amour tous ceux qui auront su se laisser apprivoiser.
Ce happening frénétique, où l'inconscient vient affleurer
la pudeur de chacun en un rituel de compromis avec les pulsions du bonheur
refoulé, va exploser littéralement sur l'écran en feux
d'artifices pleins d'humour, d'ivresse et de sensualité pétillante.
En définitive, dans le film "Mamma Mia", le mariage le plus
assuré de réussite, s'avérera être celui du style,
entremêlant le fond et la forme pour le meilleur :
En effet, les sentiments s'y exacerbent au rythme de "Dancing Queen" ou
autre "Gimme ! gimme ! gimme ! pendant que la satire s'y exerce dans la
distanciation punchy d'un conflit de générations à
contreemploi.
Ainsi pourra s'appliquer le dicton "Telle mère, telle fille..."
en souffle exclusif de la passion lorsque le naturel reviendra au galop
tonitruant.
Theothea le 09/09/08
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SHITZ
de Hanokh Levin
mise en scène
Cécile Backès
|
****
Théâtre de la
Pépinière Opéra
Tel:
01 42
61 44 16
|
 |
Photo ©
Patrick Henry
|
Avec le sous-titre " Guerre, amour et saucisson ", le dramaturge Hanokh
Levin donne d'entrée le ton de sa perception du conflit des
générations à l'intérieur de la famille de base
qui pourrait se visualiser comme si la vie était une comédie
musicale sordide et frénétique au service d'une lutte à
mort.
Cependant les résistances de la part de chacun de ses membres
étant démultipliées par la force du désespoir,
la metteuse en scène Cécile Backès aura fort à
faire pour rendre ceux-ci présentables au jugement populaire.
En effet, forte tête chacun de son côté, père,
mère, fille et gendre voudraient volontiers disposer du beurre à
leur propre avantage et conserver ou acquérir l'argent pour se garantir
une survie.
A ce jeu du chacun pour soi, tous les coups seront permis et rien ne pourra
arrêter la mécanique de l'intérêt subjectif
forcément mal compris par autrui.
Ainsi au coeur d'une inadaptation généralisée, chacun
étant le centre du monde, la disparition souhaitée de l'autre
va devenir le gage illusoire d'une réhabilitation de son propre
destin.
Setcha (Anne Benoît) & Shitz (Bernard Ballet), les parents
souhaiteraient marier au plus vite Shpritzi (Salima Boutebal), leur fille
boulimique qu'ils considèrent comme un fardeau rongeant leur couple.
En retour, celle-ci n'aura que mépris et dédain pour ces vieux
qui lui pompent l'air de sa jeunesse. Tchirk (Benoît Di Marco), le
gendre ne visera, lui, qu'à l'héritage rapide des beaux-parents
afin de rebondir dans des investissements lucratifs.
Cependant, ce sera la " loi du saucisson " qui aura le dernier mot, car
cette morale populaire non écrite permet à l'individu menacé
de se réfugier dans un quant à soi inexpugnable où la
recherche d'une satisfaction personnelle, aussi moindre soit-elle, peut prendre
les dimensions gigantesques d'une véritable raison de s'arrimer à
la vie.
Et puis, ce sont les chansons accompagnées par la musique de Philippe
Miller qui donneront l'opportunité au soprano sax Virgile Vaugelade
ainsi qu'au contrebassiste Clément Landais de mettre du baume sur
ces plaies généalogiques en distillant par la distanciation
artistique une sorte d'état de grâce inattendue mais fort bienvenue
que les acteurs attrappent au vol avec le talent de chanteurs en plein émoi
rédempteur.
Theothea le 15/09/08
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PERTHUS
de Jean-Marie Besset
mise en scène
Gilbert Désveaux
|
****
Théâtre du Rond
Point
Tel:
01 44
95 98 21
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Visuel dossier de presse Rond-Point
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L'étroitesse du col du Perthus entre la France et l'Espagne est
à l'image du passage exigu entre l'amitié et l'amour nourri
entre deux adolescents dans une petite ville de l'Aude au-delà de
mai 68.
Sur cette ligne de démarcation maintes fois déclinée
dans les textes de Jean-Marie Besset, vient ici se greffer une relation
concomitante entre les deux mères de Paul & Jean-Louis.
En effet, face à l'absence patente des pères respectifs,
l'ascendant matriarcal va prendre le relais afin de régner en toute
fierté sur leur progéniture masculine.
Selon une idée ingénieuse de direction d'acteurs, le rôle
dévolu à Irène et Marianne est confiée
étonnement par Gilbert Désveaux à deux acteurs, Jean-Paul
Muel et Alain Marcel.
Sur le plateau très intime de la salle Jean Tardieu, ce cocktail
explosif réunissant quatre hommes, deux d'âge tendre, se
débattant avec des émois sans référent
structuré et deux d'âge mûr, palliant avec un orgueil
ludique au déficit de présence paternelle, va entraîner
l'intensité de l'enjeu psychologique sur le plan distancié
de la comédie, bien retenue par les rênes de la mise en
scène.
Autour d'un étrange ordonnancement de chaises musicales prenant
tour à tour une taille géante ou lilliputienne, le ballet des
quatre personnages de " Perthus " pourrait aisément, selon une vision
fantasque, n'en former rapidement qu'un seul sorti d'un imaginaire proche,
celui de Philippe Caubère jouant tous les rôles de sa biographie
à la fois.
Ici chez Jean-Marie Besset, l'instauration d'une relation mère-fils
dupliquée en contrastes affectifs et vulnérables autant
qu'autoritaires et phalliques suscitent chez les deux garçons sur
le point de passer leur baccalauréat, des pulsions contradictoires
où le sentiment d'échec et d'autodestruction voisine
allègrement avec celui d'impunité triomphante.
Cependant, de cette ville dont le prince n'est plus un enfant à
celle où deux adolescents se débattent avec les frissons inconnus
que l'étude scolaire de la " Princesse de Clèves " ne saurait
épuiser au diapason du calcul des probabilités, il n'y aura
pas d'alternative:
Nourrie à la mesure de sa propre frustration psychosociale, l'ambition
de la mère à l'égard du fils projette celui-ci, pour
le pire ou le meilleur, dans les tourments d'une destinée de
substitution.
Accepter les règles implicites de ce jeu de rôles
génétiques constituera pour Jean-Louis et Paul, chacun à
leur façon, l'issue la plus adaptée pour recouvrer la
cohérence avec soi-même.
Theothea le 16/09/08
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