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SECRET DE FAMILLE
de Eric Assous
mise en scène
Jean-Luc Moreau
|
****
Théâtre des
Variétés
Tel:
01
42 33 09 92
|
 |
Photo affiche
DR.
|
" Arrête de regarder mon pantalon ! "
Ainsi ce soir-là s'adressant à Davy, Michel Sardou se
laisse-t-il aller à une réaction spontanée sur la mise
en scène millimétrée de Jean-Luc Moreau, alors qu'il
vient malencontreusement de se tacher en se servant l'ersatz d'un whisky.
Cette répartie, en début de représentation, aura
eu la vertu de désamorcer en direct l'inquiétude immédiate
du fils au diapason palpable de son père a priori contrarié,
tout en déclenchant le fou rire de la scène à la salle,
libérateur d'une éventuelle tension résiduelle.
Ce réflexe professionnel est à l'image du souci perfectionniste
que le comédien Michel Sardou, de toutes évidences, attache
aux détails de chaque représentation, en tentant de gérer
au mieux tout incident inhérent au spectacle vivant.
Si donc le duo père-fils fait preuve d'emblée qu'il est
à l'unisson d'un challenge familial, retaillé sur mesures par
l'auteur Eric Assous pour être habillé à la toise du
mensonge incestueux, ce sont bel et bien une prochaine belle-fille (Mathilde
Penin) et une pseudo belle-mère (Elisa Servier), répliques
authentiques des belles-soeurs du Théâtre Saint-Georges, qui
seront en première ligne des affres conjugaux respectifs de Pierre
(Michel Sardou) et Quentin (Davy Sardou).
Sylvain (Laurent Spielvogel) le parolier et Régis (Rita Brantalou)
le chanteur populaire, deux souffre-douleur et néanmoins amis de longue
date de Pierre le compositeur, compléteront en toile de fond, ce tableau
de chasse très privé.
C'est le caractère bougon et dubitatif du personnage paternel,
à la manière d'un Jean Gabin redresseur de torts, qui sera
mis à l'épreuve du feu libidinal déclenché en
ouverture par sa future bru.
Hors du champ de la séduction, Pierre va devoir se débattre
avec les déclarations fougeuses de Clémence, la nymphomane
dont son fils est éperdument amoureux, tout en assumant le retour
lifté d'Edwige, son ex. surfant à contre-courant de ses tourments
actuels.
D'ailleurs, si papy fait tant de résistance, c'est qu'à
un contre deux, le test de paternité va devoir maintenant rendre public
son verdict fatidique en désignant Pierre ou Quentin.
C'est vraiment beaucoup pour un homme qui aspirait à un monde où
tout n'aurait été que transparence !
Le théâtre des Variétés accueille et protège
ce secret de famille comme la prunelle de nos yeux :
La recommandation de ne prendre aucune photo durant le spectacle avec
ou sans flash est, comme à l'accoutumé, annoncée au
préalable précisant toutefois qu'une précédente
représentation a dû être interrompue pour ce non
respect.
Comment en effet imaginer que des téléphones portables puissent
se multiplier en clichés numériques au désagrément
de tous ?
Par conséquent, aucune image du pantalon beige de Michel Sardou
avec sa tâche gênante n'aurait pu être enregistrée
l'autre soir.
Cela devait rester un secret partagé entre lui et le public, et
c'est très bien ainsi !...
Theothea le 15/10/08
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SERIAL PLAIDEUR
de Jacques Vergès
mise en scène
Marie Nicolas &Louis-Charles Sirjacq
|
****
Théâtre de La
Madeleine
Tel: 01 42 65
07 09
|
 |
Photo © Dunnara
Meas
|
Le rideau de scène à peine levé sur un entretien
en tête-à-tête, assis de part et d'autre de son bureau,
voici Maître Vergès qui, prenant congé de sa visiteuse,
se lève pour la raccompagner en silence jusqu'en coulisses,
côté jardin.
Ainsi se clôt d'emblée la théâtralisation d'un
spectacle qui, désormais sur le registre de l'intimité absolue,
va pouvoir assumer son plaidoyer à la manière d'une
conférence ex cathedra.
Désormais, c'est dans le va-et-vient entre les deux versants de
sa table de travail, appuyé sur le rebord ou bien calé dans
son fauteuil selon l'alternative, que le célèbre avocat portant
allègrement ses 83 ans, va pouvoir entrer en communication avec
l'auditoire venant à sa rencontre chaque dimanche et lundi
programmés jusque fin décembre 08.
Tel un droit de réponse à Barbet Shroeder qui, dans la signature
de son film " L'avocat de la terreur " avait effectué un portrait
en partie à charge, Maître Vergès reprend la main à
son avantage, saisissant ainsi l'opportunité offerte à lui
par Frédérick Franck, codirecteur du Théâtre de
La Madeleine, d'écrire et d'interpréter un panégyrique
exaltant les droits et devoirs du métier d'avocat.
A ce titre, il est aisément concevable qu'une éventuelle
captation audiovisuelle de cette performance sur quatre-vingt dix minutes
puisse non seulement témoigner d'une doctrine testamentaire de
Maître Vergès mais aussi être utilisée comme support
à vocation des générations futures.
En effet, n'en déplaise à ses détracteurs de toute
obédience, c'est bel et bien dans une perspective pédagogique
qu'a été structuré ce discours comparatif où
littérature, théâtre et procès cheminent de pair
pour étayer la notion de " défense de rupture " permettant
a posteriori d'évaluer le concept de justice comme un humanisme.
Cette stratégie défensive aura été
élaborée par empirisme à l'occasion de la guerre
d'Algérie alors que deux systèmes de valeurs idéologiques
s'affrontaient par-dessus la tête menacée d'une accusée
pour terrorisme; c'est alors la médiatisation de l'enjeu capital qui
permit de faire reculer le pouvoir politique prenant conscience à
son tour de celui de l'opinion.
Par la suite, Maître Vergès n'aura de cesse de
systématiser cette arme juridique découverte presqu'à
son insu, en la présentant ici au public comme le garant suprême
d'une reconnaissance de l'âme humaine en tout justiciable, quel que
soit le crime.
En position d'avocat plaidant sur les planches pour une cause citoyenne
dépassant son statut personnel, les salves d'applaudissements n'entameront
pas son obligation de réserve et c'est donc sans saluer, mais non
sans son demi-sourire aux lèvres, qu'il recevra debout et immobile
l'acclamation des spectateurs jusqu'au baisser de rideau final.
Theothea le 14/10/08
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BEYROUTH HOTEL
de Rémi
De Vos
mise en scène
Niels Arestrup
|
****
Studio des Champs
Elysées
Tel: 01 53 23
99 19
|
 |
Photo © Pascal
Ito
|
Se croisant en orbite de proximité, deux mondes se frôlent
sans jamais se départir de leur quant à soi respectif.
Elle, issue d'un pays livré à la guerre, ne conçoit
pas d'autre échappatoire pragmatique que le service
rémunéré pour tout viatique.
Lui, revenu de tous les faux-semblants n'a que l'écriture et la
lecture pour exutoire au désappointement.
C'est toutefois dans l'opportunité d'un sas de décompression
que tous deux vont se livrer à un étrange ballet où
le simple bavardage de circonstances disputera le rôle principal à
la séduction latente.
Avec comme huis clos, le hall d'un improbable hôtel, lui le dramaturge
débarque un soir de l'aéroport avec l'intention d'attendre
dans sa chambre, l'invisible metteur en scène local censé vouloir
monter l'une de ses pièces.
Elle, la réceptionniste se montre accueillante au plus haut point,
bien disposée à rendre tous les services qu'un client de passage
serait enclin à souhaiter.
Entre elle et lui, la présence d'un téléphone portable
relié au répondeur de l'amour déchu, resté au
loin dans le pays de provenance, incitera l'auteur à commenter ses
états d'âme à distance.
Mais entre elle et lui, le jeu du chat et de la souris, tous deux
désoeuvrés, les conviera à se relancer sans cesse la
balle d'une éventuelle sortie de secours à leur pesanteur
respective.
La scénographie de Mathieu Dupuy lisse luminosité et
pénombre (lumière: Marie-Christine Soma) où chambre
et hall ne feraient qu'une seule entité régentée par
des pinceaux tamisés à l'affût du jour et de la nuit
se succédant à l'extérieur.
La mise en scène secrète une essence subtile où les
expressions se lisent sur les visages avant même qu'ils prononcent
leurs paroles jetées en bravade au partenaire qui, à son tour,
relève le défi sous un panache ironique.
Isabelle Le Nouvel et Niels Arestrup se livrent ensemble à une
joute si peu oratoire mais en telle osmose qu'ils sembleraient pouvoir jouer
la pièce de Rémi De Vos, en un jeu d'ombres tacite.
Au mieux de la sensualité, c'est en effet le non-dit qui cautionne
Flaubert, Baudrillard et autre Kafka dont les citations font tournoyer le
mal du siècle sous une valse à mille temps d'où lui
et elle ne sortiraient en définitive qu'à leur
détriment.
Theothea le 17/10/08
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LA VERANDA
de Cyril Gely &
Eric Rouquette
mise en scène
Francais Perrin
|
****
Théâtre La
Bruyère
Tel: 01 48 74
76 99
|
 |
Photo ©
Lot
|
De " Signé Dumas " au Petit Marigny, ayant confronté Thierry
Frémont à Francis Perrin avec 7 nominations aux Molières
en 2004 jusqu'à " La Véranda " au La Bruyère, mis en
scène par le même Francis Perrin, il y a deux coauteurs Cyril
Gely & Eric Rouquette qui livrent ici une pièce casse-gueule au
propre comme au figuré.
En effet, bravant la règle tacite du happy-end préconisé
pour une comédie, l'écriture organise quatre-vingt dix minutes
de montée en tension autour d'un contentieux que la diplomatie de
bon voisinage aurait dû enrayer dès l'origine du drame
pressenti.
En épilogue, deux maisons mitoyennes seront " A vendre " alors
que peu de temps auparavant, deux couples aspiraient, chacun à leur
manière à y couler des jours heureux...
Mais voilà, Les " Constant " ayant l'apanage de
l'antériorité auront cru pouvoir imposer aux " Neveu " un
territoire collectif alors que ceux-ci, dès leur emménagement
ont exprimé leur souhait d'ériger une véranda dans la
parcelle de jardin qui leur appartient... pourvu que le permis de construire
leur soit accordé par la Mairie où, fort opportunément,
Gilles Constant est employé.
Cependant pour ces rats des villes face aux rats des champs, le standing
des uns est à l'opposé de l'art de vivre des autres.
Aussi, ce n'est pas un apéritif de bienvenue en chaises longues
avec la perspective de parties de pétanque en commun qui suffirait
à apaiser les arrière-pensées des primo-occupants face
aux desiderata des nouveaux arrivants.
Pour parfaire le tableau des animosités, une femme de ménage,
(Isabelle De Botton) adepte du commérage, et un garnement, disponible
à toutes les nuisances, sauront répandre l'huile suffisante
à tous les embrasements que par ailleurs, le feu procédurier
va mettre en branle.
Aussi le face-à-face Lisa Schuster / Gérard Loussine en
prise avec Marie Piton / Marc Fayet va tellement tourner aigre qu'il est
judicieux de rappeler, à cet instant, que le témoignage du
fait divers relève, bel et bien, de la Comédie.
Qu'il soit donc rendu grâce aux acteurs et à leur metteur
en scène d'avoir réussi à nous faire sourire avec ce
qui est si pitoyable et mesquin dans l'âme humaine.
Theothea le 22/10/08
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GREASE
de Jim Jacobs
& Warren Casey
mise en scène
Jeanne Deschaux & Olivier Benezech
|
****
Théâtre
Comédia
Tel: 01 42 38
22 22
|
 |
Visuel affiche
DR.
|
Kitsch et coloré à l'eau de rose sous dominante acidulée,
Grease débarque au Théâtre Comédia en direct des
années cinquante avec sa Cadillac rouge de frime adolescente et ses
enjoliveurs de blousons noirs pour robes à volants.
Le couple Danny ( Djamel Mehnane) - Sandy (Cécilia Cara) va y faire
chavirer les coeurs des Pink Ladies tout en ravivant la rivalité des
T. Birds d'avec la bande des Scorpions.
Pleine d'une énergie puisée au feeling de West Side Story,
cette comédie musicale des années Juke-box signe le mariage
emblématique des chaussures à hauts talons et des baskets que
l'American Graffiti attitude a su importer jusqu'au Lycée Rydell,
assurément le plus rock'n'roll des States.
De Broadway à Panam en passant par Londres, plus de trente années
de show n'auront pas réussi, non seulement, à entamer la magie
de ce musical créé en 72 mais l'auront, au contraire bonifié,
en portant à son crédit, le témoignage d'une époque
paradoxalement nostalgique, celle d'avant les prises de conscience nées
de 68.
A la suite de sa réussite pour Le Roi Lion à Mogador,
Stéphane Laporte rempile par une adaptation des Livrets lyrics &
musique de Jim Jacobs et Warren Casey, en livrant à la mise en scène
de Jeanne Deschaux et à la scénographie d'Olivier Benezech,
les émois d'une jeunesse par nature insouciante confrontée
à l'émulation des déviances avec son cortège
de contradictions sempiternelles.
Quasi post-moderne, à l'instar d'une " Mamma Mia " transgressant
les codes normatifs, c'est dans la projection des utopies affectives en devant
de scène, que les tubes dopés au vinyle résiliant, viennent
cueillir les spectateurs ne pouvant retenir leurs mains d'en battre la cadence
sous 45 tours.
Surplombant du haut de sa mezzanine, cette fièvre des joutes
amoureuses, le Band de Franck Sitbon instrumentalise pour le meilleur de
la " Beat Génération ", les sorties du samedi soir en un amalgame
de l'année scolaire.
Jonglant avec leurs personnalités en devenir sur des estrades mobiles,
les leaders des deux sexes s'affrontent et se succèdent en une corrida
sentimentale où la " mise à mort " serait le coup de
théâtre initiatique du " Boogie Woogie ".
Place donc à la vingtaine de chansons scandant les standards comme
" Greased Lightning ", " Summer Nights ", " Rock'n'roll Party Queen " ou
encore " You're the one that I want ", surfant du français à
l'anglais en passant par le mix, afin de se laisser aller tant aux bons
sentiments qu'aux fameuses vibrations des fifties.
Theothea le 21/10/08
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