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13ème
Saison
Chroniques 13.71
à
13.75 Page
220
Âge
tendre troisième tournée
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LE FACTEUR SONNE TOUJOURS
DEUX FOIS
de James
Mac Cain
mise en scène
Daniel Colas
|
****
Théâtre des
Mathurins
Tel: 01 42 65 90 00
|
 |
Photo ©
Cyprien Leym
|
Il y a quelque chose de langoureux dans cette adaptation de Jean &
Alice Curtelin que Daniel Colas va projeter dans les regards éperdus
de Laura Presgurvic et Olivier Sitruk afin de visualiser, en quelque sorte,
la mémoire kaléidoscopique du 7ème art ayant
façonné la mythologie du roman de James M. Cain.
Convoqués au récit dune tragédie grecque, les
personnages y apparaissent dans lintériorisation de leurs affects
sans jamais se départir dune fierté en accord avec le
destin... semblant sacharner à nourrir successivement des espoirs
mensongers qui se plongeraient, à rebours, au coeur de la torture
mentale.
Alors se présente lAmour avec cette majuscule devant laquelle
il est impossible de ne pas céder. Franck et Cora la reconnaissent
dès le premier regard et nauront de cesse, à partir de
cet instant fondateur, de chercher à créer un sens rédempteur
à leur vie jusque-là mal orientée.
En effet, Nick Papadakis le mari (Etienne Chicot), la femme et lamant
sont tous convaincus, au fond deux-mêmes, que la situation devrait
dégénérer jusquà lextrême afin
de pouvoir transgresser leur mal-être respectif.
Le roman noir, à suspens renouvelé, peut, dès lors,
débuter et parcourir les étapes du chemin de croix écrit
dans le marbre de la morale philosophique expertisée par le procureur
Kyle Sackett (Yvan Marco).
Ainsi, Le facteur sonne toujours deux fois, voire, le cas échéant,
davantage, puisque cest à la troisième tentative de la
destinée que la justice humaine va, à tort, ordonner la sanction
capitale censée rétablir un ersatz déquité,
bafouée précédemment à deux reprises, alors que
lenjeu financier dune assurance-vie, comme preuve à charge
ou à décharge, aura tendance à occulter toute autre
considération.
La mise en scène de Daniel Colas installe la direction dacteurs
dans la durée psychologique en disposant ceux-ci au coeur dun
puzzle où senchaînent les modulations de décor
sous lauspice de pièces maîtresses, tels un bar, son enseigne
lumineuse et ses deux pompes à essence.
Même lentracte dun quart dheure pourra être
mis au profit de la réflexion contradictoire, en connaissance de cause,
car tous les spectateurs savent ou, à défaut, pressentent que
lissue du grand Amour sera tragique.
Effectivement, il y a bien quelque chose de grec dans cette histoire mythique,
en référence à lAmérique de 1929.
Theothea le 20/02/09
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L'OPERA DE SARAH
de & mise en scène
Alain Marcel
|
****
Théâtre de
l'Oeuvre
Tel:
01
44 53 88 88
|
 |
Photo © Eric
Devert
|
« Performance » est le premier mot qui vient à lesprit
à légard dun comédien qui mouille sa chemise
au figuré comme au propre, quoique changer celle-ci au cours des deux
pauses quil soctroie pour se désaltérer durant
ce show proche des cent minutes, pourrait ne pas être un luxe
inutile.
En effet Jérôme Pradon, puisque cest de lui quil
sagit, effectue un véritable gymkhana entre six banquettes
disposées, çà et là de guingois, sur la scène
du Théâtre de lOeuvre, en marge dun piano occupant
déjà la moitié de laire du jeu.
Mais à quoi jouent-ils ces soixante personnages se succédant
dans un tourbillon musical enivrant, voire presque saoulant, au fil dune
voix parfaitement posée sur les inflexions dune comédie
musicale dun genre nouveau, celui dun homme orchestre léguant
sa place à un homme Opéra ?
Assurément, à faire valser dans limaginaire, la plus
grande des Divines davant lépoque du cinématographe,
à travers les frasques de sa vie artistique vouée au scandale
autant quau service de son talent incommensurable et par conséquent,
à jamais inégalé.
Alain Marcel est le démiurge de ce faramineux projet en deux temps
pour cent mille mouvements qui va, excusez du peu, ériger
lAmérique en un avant et un après Sarah Bernhard!
A laccompagnement pianistique, Damien Roche assure la partition
au plus près des emballements parisiens par vagues successives
jusquau plébiscite anglais venant couronner en final, la
première période de cet Opéra de Sarah.
En star des planches, limmense comédienne semble revivre
une carrière dautant plus mythique que le balbutiement des archives
sonores et photographiques est aux abois du témoignage, sans jamais
toutefois pouvoir épuiser les fulgurances colportées à
son sujet, à lécrit, à loral et donc
désormais, au Lyric.
Le trio Marcel-Roche-Pradon gravit au summum de lexploit, la face
brillantissime de cet astre spectaculaire davant lère
médiatique, en laissant augurer lapothéose de son second
versant scènique.
Theothea le 18/02/09
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AGNES SORAL AIMERAIT BIEN
VOUS Y VOIR
de
Agnès Soral & Jacques Pessis
mise en scène
Jean-Luc Moreau
|
****
Théâtre du Petit
Gymnase
Tel: 01 42 46 79 79
|
 |
Photo © Alec
Medieff
|
Agnès Soral avait lintention de célébrer au
Petit Gymnase les grands textes français, mais voilà que,
dérangée par son portable et sa grande amie au bord du suicide,
un dérapage bien contrôlé va amener la comédienne
à ausculter, en direct, les relations homme-femme avec lexpertise
dune femme dexpérience.
Vêtue dun tailleur rouge toréador, porté très
près du corps, lartiste débarque sur scène avec
deux chaises transparentes et un intrigant pupitre dorchestre sur lequel
va trôner un recueil quelle consultera de temps à autre,
pour assurer ses repères, durant les quatre-vingt minutes du
spectacle.
Il y a du désappointement derrière la collectionneuse de
mâles qui attirent sa concupiscence autant quils repoussent son
indépendance forcenée sans que jamais lamoureuse ne cesse
de saccrocher vaille que vaille, à sa toile de
Pénélope.
Entre deux âges, celui-ci dune adolescence toujours prête
à reprendre ses folles ardeurs et celui-là dune cinquantaine
en perspective effervescente, lautocritique fuse à jets
dartifices dénoncés chez ses rivales pour mieux en flageller
ses propres manquements à léthique compétitive.
Ayant, semble-t-il, tout essayé ce que
lhétérosexualité peut offrir en partage, le retour
du boomerang se focalise désormais sur laffection toujours prise
en défaut de fiabilité car aucun homme, labelisé «
Agnès », ne paraît avoir les compétences requises
pour assouvir cette soif inextinguible.
Où est donc lhomme de sa vie ? Peut-être est-il, ce
soir, dans la salle quelle sempresse de faire rallumer autant
quéteindre l'instant d'après, puisque personne ne
sannonce à la hauteur de cet espoir récurrent sans cesse
déçu.
Il faut dire quelle a du talent à revendre et du savoir-faire
professionnel assimilé jusquau bout de ses mots co-écrits
avec Jacques Pessis et mis en scène par un Jean-Luc Moreau ne laissant
aucun temps mort sinfiltrer entre la femme artiste et son public attentif,
pour ne pas dire quasi « bouche bée ».
Cependant chaque fois quAgnès prend conscience davoir
dépassé les bornes des bonnes convenances du langage, sa main
droite vient frapper en réprimande celle de gauche en signe de
désapprobation feinte.
En revanche, chaque fois quelle est sur le point de succomber aux
charmes de Cupidon, un mal de genoux précurseur lavertit de
chaleurs au ventre la faisant devenir « animal » pour le meilleur
à venir !...
Au final, durant les applaudissements chaleureux et complices, la belle
se lance dans une chorégraphie à couper le souffle où
effectivement son feeling et sa sensualité ne laissent rien à
désirer tant que le fantasme dune Agnès refermant, tout
sourire, le rideau rouge du Théâtre.
Theothea le 26/02/09
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L'INSPECTEUR WHAFF
de Tom
Stoppard
mise en scène
Jean-Luc Revol
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****
Théâtre Tristan
Bernard
Tel: 01 45 22 08 40
|
 |
Photo ©
Claire Besse
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Au jeu de massacre du genre policier, Tom Stoppard ajoute celui de la
critique théâtrale, faisant ainsi dune pierre deux caricatures
jubilatoires imbriquées telles des poupées russes dans une
enquête infernale où le cadavre exquis sinvite en
hallucination collective au jeu de rôles.
Fesson et Leonardilliot, deux noms valises dissimulant quatre critiques
dramatiques ainsi référencés dans ladaptation
française de Jean-Luc Revol, sont, comme tous les soirs, en mission
professionnelle mais représentés, en la circonstance, par des
confrères sans grade, Lunule (Jacques Fontanel) et Deboulette (Eric
Théobald).
Réunis dans une loge latérale davant-scène
pour assister à la représentation de « La mystérieuse
affaire du manoir de Muldoon », les deux chroniqueurs se bluffent
mutuellement dans un numéro de snobisme mondain qui, au troisième
acte, va les prendre à contre-pied.
En effet sur scène, un meurtre vient dêtre
perpétré au manoir dans une telle confusion inénarrable,
que nos deux compères seront appelés à la rescousse
du sac de noeuds quils avaient contribué à fantasmer,
en tant que spectateurs.
Au « tel est pris qui croyait prendre le coupable », chacun
va en prendre pour son incompétence, mais cet imbroglio réjouissant
est surtout loccasion de croquer une société anglaise
raffinée en proie à des rituels bizarroïdes, des tourments
loufoques et des fantasmagories décalées au point de se croire,
véritablement, à guignol.
Anne Bouvier (mention spéciale révélation), Pierre
Deladomchamps, Viviane Marcenaro, Valérie Moureaux, Elrik Thomas &
Jean-Luc Revol, qui signe une mise en scène totalement décapante
et hilarante, sont au four et au moulin du meurtre annoncé qui
autoriserait volontiers les « Monthy Pythons » à contrefaire
linventivité légendaire d« Agatha Christie
».
Theothea le 24/02/09
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LE BUG
de
Richard Strand
mise en scène
Beata Nilska
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****
Théâtre La
Bruyère
Tel: 01 48 74 76 99
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Visuel
affiche
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Cest à la demande de Beata Nilska, la metteuse en scène
ayant découvert, au cours dun récent voyage aux Etats-Unis,
cette pièce de Richard Strand, créée en 1990, que Mariane
Groves a été conviée de la traduire en Français.
Sous son titre original, voici donc « Le Bug » au
Théâtre La Bruyère, faisant passer la vie de
lentreprise, souvent fort prisée par les feux médiatiques,
à ceux de la rampe.
Ainsi, lordonnancement du management étant confié
exclusivement à linformatique, cest désormais par
écrans interposés que tous les membres dune
société sont censés communiquer entre eux, se fiant
totalement aux données fournies par les machines... qui pourraient
devenir infernales au cas où un grain de sable intempestif, un bug
pour parler franglais, viendrait sy inviter.
Au secrétariat de direction, trois salariés « modèles
» sont à la manoeuvre devant leurs claviers respectifs qui les
isolent autant quils les relient à lorganisme numérique
tentaculaire.
Survient alors des tréfonds de la pyramide organisationnelle, un
employé du service « assemblage » en proie à la terreur
panique dêtre muté à « Loinville »,
pressentant que le processus de réorganisation devrait sabattre
nécessairement sur lui.
Comme en ces temps de défiance, le sentiment de paranoïa est
en passe de devenir le mieux partagé du monde, lappréhension
de Dennis Post (Arié Elmaleh) va se transmettre à ses
collègues (Joséphine de Meaux, Eric Savin & Edith Vernes)
sous forme de suspicion généralisée à
lensemble du système gestionnaire.
Kafkaïen dans le fond, Orwellien pour la forme, cest un humour
distancié que lauteur développe, présentement,
sur les comportements relationnels autant que situationnels, ici posés
en question existentielle.
Cependant, en optant pour une mise en scène plutôt
réaliste, Beata Nilska contraint ses acteurs à trop se coltiner
avec les ordinateurs, quelque peu au détriment d'une logique absurde
en prise avec un imaginaire abracadabrant.
De même, la gestuelle hystérisée des interprètes
nest pas nécessairement le meilleur vecteur pour illustrer
langoisse obsessionnelle ambiante.
Cependant, les comédiens peuvent maintenir une palette de nuances
expressives qui, tout en rendant crédibles, les quiproquos bureautiques,
parviennent à rendre sensible la métaphore sociétale.
La découverte du « Bug » porte donc bien ses fruits.
Theothea le 19/02/09
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