Les
Chroniques
de
 |
 |

14ème
Saison
Chroniques 14.116
à
14.120 Page
251
63ème
Festival de
Cannes
2010
et son théâtre
d'ombres
Les
MOLIERES
2010
Les Nominations
Point de vue
SYLVIE
VARTAN
L' Olympia
2010
Toutes nos
critiques
2009 -
2010
Les
Chroniques
de
Theothea.com
sur
THEA
BLOGS
Recherche
par mots-clé
THEA
BLOGS
|
ABBA GENERATION
|
****
Théâtre de l'Alhambra
Tel:
01
40 20 40 25
|
|
photo
© Cat.S / Theothea.com
|
Tel le papillon, « Abba Fever » créé
en 2000 vient de se transformer en « Abba
Génération », mais cette métamorphose ne fait
quaccroître lincarnation du groupe
« Abba » séparé définitivement depuis
vingt ans.
Ainsi Lucie, Kathy, David et Robert continuent de se substituer exclusivement,
pour le meilleur, à Agneta, Björn, Benny & Frida, quatre
anglais a parité pour quatre Suédois, bien épaulés
par Straton à la batterie, Crofts à la bass & Kirally à
la guitare.
Lautre soir au Théâtre de lAlhambra à
Paris, au cur dune tournée internationale, les sept
pasticheurs de lex-groupe mythique actualisaient la présence
dAbba, peut-être mieux quAbba ne laurait fait à
lépoque.
Spectacle complet par excellence, où la chorégraphie se
mêle au chant, comme au Music-Hall, mais où surtout les tubes
planétaires senchaînent telles des perles inattendues
sous les doigts de musiciens, encore plus feeling que nature.
Un enchantement que depuis « Waterloo »,
« Honey, Honey », « Money, Money »,
« Voulez-vous », « SOS »,
« Fernando », « I do, I do, I do »,
« I have a dream », « Gimme, gimme »,
entre autres, nont jamais pu démentir quen sublimant
« Dancing Queen ».
De la scène au cinéma, laddiction est devenue un
véritable effet placebo favorable à tout déficit
doptimisme, que de « Muriel » à
« Mamma Mia ! », les spectateurs de tous les continents
réclament à doses sans cesse renouvelées.
Encore faut-il que les interprètes aient lintuition et
lhumilité de se glisser dans le karma de personnages à
la fois idéalisés et si proches de tout un chacun.
En loccurrence, toutes nos félicitations à Lucie Thatcher
et Katie Galston qui, en professionnelles aguerries, se jouent de la
séduction ostentatoire avec la maestria dartistes quelles
sont jusquau bout des ongles. En effet, que celles-ci soient en mini-jupes
comme en combinaison moulante et flashy, la musique reste, constamment, la
reine dun plateau en totale dévotion à
« Abba », loriginal.
Tout se passe comme si « Abba génération »
était le lien dune réincarnation en temps réel,
assurant un effet de clonage abyssal.
Dans cette perspective, la valeur intrinsèque des sept
interprètes présents sur la scène de lAlhambra
savère à la fois tacite et révélatrice
de la prédominance du spectacle vivant sur tous ceux qui le servent.
Toutefois, en juste retour des choses, nous sommes tentés de penser
qu il se pourrait qu « Abba Generation soit
« au moins » aussi performant sur scène,
pour ne pas dire plus, que le mythique groupe
« Abba »!
Theothea le 11/05/10
|
JALOUSIE EN 3 MAILS
de Esther
Vilar
mise
en scène: Didier
Long
|
****
Théâtre
Montparnasse
Tel: 01 43 22 77 74
|
|
photo
affiche © Catherine
Cabrol
|
Dix années plus tôt, Didier Long mettait déjà
en scène la pièce dEsther Villar au Petit Théâtre
de Paris, qui, à lépoque, se contentait du Fax comme
système de communication entre Helen, Yana, et Iris, représentant
trois générations charnières de la vie conjuguée
au féminin.
Actualisées selon la technologie numérique, trois tailles
dordinateur sy retrouvent désormais au théâtre
Montparnasse, le portable, lultra-portable et le poche afin de permettre
un échange épistolaire dune forte intensité
relationnelle, à lintérieur dun même immeuble
à New York, par e-mails interposés.
Cette pièce thématique, développant de manière
argumentée et contradictoire, la thèse selon laquelle le syndrome
de jalousie sorganiserait en véritable drogue dure devenant,
dès quon y aurait goûté, un besoin beaucoup plus
puissant que la passion amoureuse elle-même se plaît à
fantasmer, en échos multiples, autour dun homme invisible, en
loccurrence lépoux dHelen.
Au jeu des chaises musicales, cette proie masculine constituerait
lenjeu sociologique que les statistiques bichonnent dans la rareté,
faisant de la gente féminine une potentialité consommatrice,
de fait en manque prédéterminé.
Ainsi Nicole Croisille, Margot Faure et Emilie Chesnais se trouvent
embarquées dans une même galère asynchrone où
quand lune chante, nécessairement les deux autres pleurent.
Cependant avec trois personnalités trempées à des
âges différents, selon un art et une philosophie de la vie
sinspirant de la morale judéo-chrétienne jusquaux
préceptes de lhindouisme, en passant par le pragmatisme occidental,
le crêpage de chignons va prendre des allures éminemment
cérébrales pour lesquelles il faudra beaucoup de rouerie ou
pas mal de perversité, cest au choix, de la part de la
destinée afin de déterminer la part du gâteau qui lui
revient, de droit!
Le décor mobile tranche les diverses séquences chronologiques,
en biaisant de manière latérale les trois pôles
féminins en compétition, afin que le concept de séparation
reste en permanence la motivation à avancer toujours plus loin, dans
lexacerbation jouissive du ressentiment.
La génération la plus endurcie par les contradictions de
la vie amoureuse, parviendra-t-elle à convaincre ses consurs
moins expérimentées que le cercle infini engendré par
la jalousie est le modus vivendi le plus enviable quil soit ?
Le moins que lon puisse dire est que les trois comédiennes
paraissent prendre un réel goût à ce parcours du Tendre,
vice versa.
Theothea le 12/05/10
|
COMBAT DE NEGRE OU DE
CHIENS
de Bernard-Marie
koltès
mise
en scène: Michael Thalheimer
|
****
Théâtre de la
Colline
Tel: 01 44 62 52 52
|
|
photo
© Elisabeth Carecchio
|
Rarement cage de scène naura aussi bien porté son
nom, car de ses entrailles jusquaux cintres, la tôle qui la ceint
semble, telle une cheminée infernale en circuit fermé, circonscrire
un univers mental dont il nest guère possible de
sabsoudre.
Olaf Altman la gratifie dun jeu de passerelles en pentes raides
qui en complexifie le réseau neuronal interne, de manière à
attiser les conflits latents.
En quête dun improbable équilibre à jamais perdu,
Horn, le chef de chantier, et Cal, son ingénieur, sont prêts
à en découdre avec lennemi invisible qui, probablement,
ne serait autre que leur surmoi occidental.
Cependant, ceux-ci se trouvent au cur de lAfrique, en un
territoire devenu hostile car sil y a disparition dun chien de
compagnie, il pourrait fort bien également, y avoir mort dhomme
indigène.
Comment donc négocier avec le mal absolu, alors que toutes les
turpitudes de la vie remontent dun seul coup, à fleur de conscience
sans laisser la moindre chance à la rédemption de pouvoir y
trouver le chemin de lAmour ?
Aussi, Léone (Cécile Croustillac), dans le rôle de
la maîtresse candide, ne saura à quel «
démon » se vouer, entre Horn (Charlie Nelson) le protecteur,
Cal (Stefan Konarske) lalter ego et Alboury (Jean-Baptiste Anoumon),
porteur de la différence indicible et, présentement, à
la recherche de son frère noir, subitement disparu.
Si le suicide pouvait se profiler en sortie du labyrinthe
cérébral, nul doute que chacun y trouverait son compte, en
simmolant dans un gigantesque feu dartifices aussi fallacieux
que la vie, elle-même.
La pièce de Bernard-Marie Koltès donne lopportunité
à Michael Thalheimer dimaginer lomniprésence, en
arrière-plan, dun chur noir, représentatif dune
menace autant indéterminée quinquiétante à
linstar de langoisse atavique obsessionnelle dont lhomme
blanc serait censé relever le défi.
En fait, tout pourrait se passer entre soi et soi, puisque chacun des
trois personnages européens semble se débattre, en vain, avec
le fardeau accumulé par son histoire, sa culture et surtout sa
prétention à maîtriser les forces irrationnelles.
La distribution est à la hauteur dune direction dacteurs
époustouflante où la transgression des tabous règne
en maître sur le plateau du Théâtre de la Colline.
Theothea le 02/06/10
|
FLOWERS IN THE MIRROR
de
Li Ju Chen
mise
en scène: Charles & Vincent
Tordjman
|
****
Théâtre des Amandiers
Tel: 01 46 14 70 00
|
Durant trois semaines au Théâtre des Amandiers, le printemps
a été célébré sous la merveilleuse
thématique des « Fleurs dans le miroir » que
lOpéra chinois de Sichuan a inspiré au metteur en scène
occidental, Charles Tordjman accompagné de son fils Vincent.
Si, dans ce conte de Li Ju Chen, écrit en début de XIXème,
devenu emblématique de la dynastie Qing, une déesse est contrainte
de sincarner dans le royaume des mortels, cest au
bénéfice dune double quête initiatique: celle pour
la Fée des fleurs de regagner par les études, son immortalité
perdue, tout en se plaçant sous la protection paternelle et terrestre
dun lettré, Tang Ao, lui-même en rupture de famille et
en exil du monde des vivants.
Ainsi, en orbite sur des trajectoires inverses et néanmoins
parallèles, ces deux êtres se complètent dans une recherche
taoïste où la connaissance du monde sensible apparaît vaine
et illusoire: La vérité savérant nêtre,
en définitive, accessible que dans limmersion assumée
du chaos.
La scénographie, ayant été élaborée
durant deux années aux confluences des deux univers artistiques
destinés à sinterpénétrer en se
découvrant mutuellement, les cultures chinoise et occidentale ont
réussi, en loccurrence, une uvre maïeutique suscitant
un spectacle fascinant, enthousiasmant et totalement abouti.
Dix-sept comédiens danseurs exécutent sous des gestuelles
chorégraphiques pouvant sapparenter à un ballet lunaire
psychédélique, les quatre-vingt dix minutes de ce poème
philosophique sidéral dont six musiciens dissimulés en coulisses
accompagnent, au rythme dinstruments traditionnels, les voix chantées
sur le registre strident du lyrisme chinois.
A titre exceptionnel, lart ancestral du
« Bianlian » , à savoir celui du changement
instantané de masques par déplacements latéraux, à
même le visage des artistes, y atteint une telle perfection de
réalisation que lensemble de la troupe est incitée à
effectuer une démonstration de leurs multiples savoir-faire techniques
au cours de rappels orchestrés sous le regard médusé
des spectateurs.
Theothea le 14/06/10
|
LE DONNEUR DE BAIN
de
Dorine Hollier
mise en scène:
Dan Jemmett
|
****
Théâtre
Marigny
Tel: 01 53 96 70 00
|
|
photo
© Pascal Victor /
ArtComArt
|
Un mois après sa création, « Le donneur de
bain » remplit, fort bien, la jauge du Théâtre Marigny,
et ce, malgré un tollé critique assez paradoxal.
Si celle-ci saccorde à reconnaître
loriginalité du sujet, la haute qualité de la distribution,
lexpérience du metteur en scène, la magnificence du
décor, tout se passe comme si le point de vue rocambolesque, fantastique
et extravagant prenait de cours les repères de lopinion
dramatique.
Cest tout au crédit de Pierre Lescure, le directeur du
Théâtre Marigny, doser la diversité, en
défrichant les sentiers non battus par la pléthore des spectacles
contemporains et de mettre, ainsi, la notoriété de grands
comédiens à lépreuve de ladversité
et des « pollutions potentielles ».
En effet, si lhygiène fait consensus dans nos
sociétés policées, a contrario en fin de XIXème
siècle, à une époque où la salle de bains
navait pas encore trouvé sa raison dêtre dans les
appartements bourgeois, la classe aisée se différenciait du
peuple, peu habitué à se laver, en ayant recours au service
dun « donneur de bains » .
Ce petit métier, complètement oublié de nos
contemporains, pourrait sapparenter à celui dun visiteur
privilégié ayant à la fois la charge du corps et de
lâme de son client, tant lintimité y était
similaire à celle quil est envisageable dentretenir, de
nos jours, avec un confesseur ou un psychanalyste.
En pratique, le donneur de bain venait à domicile, avec sa baignoire
portative, muni des onguents afférents aux odeurs destinées
à disparaître ainsi quaux parfums appelés à
les supplanter.
Céleste (Barbara Schulz), demi-mondaine, fait profession de vendre
ses charmes dans limmeuble résidentiel quelle habite,
en compagnie de Misty sa sur (Marie Denarnaud), devenue, contre son
gré, sa servante, avec aux étages, le voisinage d'un ministre
de la justice véreux (Alain Pralon), dun comédien
désargenté (Dimitri Rataud), dun aristocrate anglais
dévoyé (Geoffrey Carey) et dun savant fou (Bruno Wolkowitch),
tous prêts à profiter au mieux dune situation
licencieuse.
Mais comment, donc, se débarrasser de la crasse comportementale
et la différencier de lAmour ou tout au moins de la
sincérité des sentiments, alors que la Dame découvre
quelle est enceinte et quil va lui falloir passer par les fourches
caudines du rejet social ?
Le propos délibérément mélodramatique et le
décalage distancié que cela implique dans lécriture
et la scénographie, sont à apprécier au diapason
déjanté de l'allégorie morale.
De toutes évidences, au vu de la condescendance de certains
commentaires critiques, le spectateur lambda savère plus disponible
pour jouer le jeu de la parabole, en saffranchissant des limites de
la vraisemblance que ne le sont les gardiens du temple dramaturgique, se
recopiant mutuellement dans leur refus dapplaudir à la
performance.
Et pourtant, il tourne bien le manège désenchanté
des amours infidèles en quête de reconnaissance par lautre
sexe, dun peu de bonheur à extraire de la gangue des mauvais
sentiments.
Le décor rotatif de Dick Bird fonctionne comme un colosse flamboyant
mais désuet, faisant ses gammes libidineuses au rythme de lorgue
de barbarie, tourné par Charles Berling, le
« donneur » faussement candide.
Barbara Schulz et Marie Denarnaud jouent leurs partitions lubriques, à
linstar de surs jumelles que rien nopposerait si ce
nétait leur conflit latent de séduction.
Alain Pralon et lensemble des autres partenaires excellent à
forcer le trait de lindignation exubérante au profit dun
spectacle à ne pas prendre au pied du verbe mais à préserver,
selon l'élémentaire principe de précaution, de la nuisance
de ses détracteurs.
Theothea le 03/06/10
|
Recherche
par
mots-clé
 |

|
|