Les
Chroniques
de
 |
 |

14ème
Saison
Chroniques 14.111
à
14.115 Page
250
Les
MOLIERES
2010
Les Nominations
Point de vue
62ème
Festival de
Cannes
2009
Palme d' hors
cinéphiles
SYLVIE
VARTAN
L' Olympia
2010
Toutes nos
critiques
2009 -
2010
Les
Chroniques
de
Theothea.com
sur
THEA
BLOGS
Recherche
par mots-clé
THEA
BLOGS
|
UNE DIVA A SARCELLES
de &
mise en
scène: Virginie Lemoine
|
****
Théâtre de la
Huchette
Tel: 01 43 26 38 99
|
Cette « Diva de Sarcelles » est comme un joyeux
miracle qui, de manière inattendue, soffre à un public
imaginaire, nen revenant pas de découvrir limpact de ce
spectacle intimiste traçant son sillon lyrique depuis 2008 pour fuser,
soudain, dans la galaxie des Molières 2010.
Au départ, il y a Virginie Lemoine mais à larrivée,
il y a Brigitte Faure, à moins que ce ne soit le contraire.
En effet, si lune passe, en la circonstance, du statut confirmé
de comédienne à celui avéré
dauteur-réalisatrice, lautre est en voie de
métamorphoser la merveilleuse soprano quelle a toujours
été, en une emblématique interprète du mal être
sociétal retournant, par génie personnel drolatique, la
problématique de léchec professionnel en une reconnaissance
publique vouée à la fiction.
En effet, là où la mythomanie pourrait rejoindre le
cortège paranoïaque des laissés-pour-compte de toutes
crises, il suffirait de prendre le talent à la racine, de le monter
en totem niant lensemble des pesanteurs cherchant à ramener
plus bas que terre, et ainsi avec lassurance du juste prix, de valoriser
enfin tous les dons, fussent-ils vocaux, que Dame Nature aurait
négligemment légués.
Adieu pharmacopée et autre subterfuge hypnotique en tout genre
aliénant ! Bonjour tristesse sublimée dans luvre
dart reconnue par tous !
Cest donc lhistoire de Pierrette Michon, alias Petra Michkolskaia
que nous conte la rencontre artistique Lemoine-Faure ayant débuté
au confidentiel « Atelier Théâtre de
Montmartre », sétant poursuivie au branché
« Comédie Bastille », pour parvenir au mémorial
du spectacle vivant, le Théâtre de la Huchette.
Fi de lautobiographie égocentrique, mais place au travestissement
de la misère humaine en une ode inspirée aux trompettes de
la méthode Coué qui refuserait en bloc les sermons visant à
détruire toute flamme intérieure.
Croire en soi deviendrait ainsi le meilleur viatique à toutes les
sinistroses distillées par les gardiens dune descente aux enfers,
dûment programmée.
Répondant à la fascination de lexpulsion du champ
social, voici Gounod, Dvorak, Bizet, Ralph Carcel et Philippe Olive, John
Kamber, Astor Piazolla, Charles Aznavour, Offenbach, Gluck, Moïses Simons,
Mozart qui, pêle-mêle, prennent le relais pour booster la voix
de celle qui, de manière vitale, saccroche à son public
utopique et pourtant si bien représenté par les spectateurs
admiratifs dune « Diva à Sarcelles ».
En pygmalion transi amoureux, Pierre-Jean Cherer donne le
« la » dune protection discrète mais ô
combien vigilante pendant que Josef Kapuska assure la gamme des vocalises
de son soutien, indéfectible et quasi télécommandé,
à la cantatrice.
Brigitte Faure concourt en catégorie musicale des Molières
2010, elle aurait pu tout autant ravir celle de la révélation
féminine.
Theothea le 16/04/10
|
MISSION FLORIMONT
de
Sébastien Azzopardi & Sacha Danino
mise
en scène: Sébastien Azzopardi
|
****
Théâtre Le
Temple
Tel: 01 43 38 23 26
|
Difficile déchapper à la Mission Florimont à
moins de vouloir sempêcher de rire au théâtre, ce
qui reste une option légitime si lon considère
laddiction de certains spectateurs qui, depuis « Le tour
du monde en 80 jours » en passant par « Les caprices
de Marianne », suivent aveuglement lauteur Sébastien
Azzopardi du Café de la Gare au Lucernaire tout en contaminant le
Tristan Bernard avant de se rendre au théâtre Le Temple.
Et ce nest pas parce quà la faveur du dernier
déménagement, Aurélie Konate sest substituée
à Julie Victor auprès des quatre garçons quune
nomination aux Molières 2010 a pu leur être évitée,
tant leur mission ne peut parvenir à se soustraire aux gages de la
facétie.
Ces cinq comédiens, parmi lesquels lauteur a réussi
récemment à sinfiltrer, sont donc obligés de composer
avec le buzz hilarant quun public friand de chevauchée dans
lanachronisme, fomente à linsu de leur image de marque.
Voilà donc que François 1er, sous la pression belliqueuse
et toute germanique de Charles Quint, se trouve contraint de négocier
avec Soliman le magnifique pour obtenir le renfort de lEmpire Ottoman.
Cependant tous les émissaires du Roi de France ont successivement
échoué dans cette requête diplomatique. Il nen
reste quun seul à envisager; cest incontestablement le
plus incompétent du lot à disposition mais, en dernier recours,
Florimont de La Courneuve va donc partir en ambassade, accompagné
dune espionne que le Vatican va, subrepticement, lui coller aux
basques.
Les péripéties que le couple improbable va subir, au cours
dun itinéraire farfelu censé le mener du Louvre à
Constantinople, sous les assauts inconsidérés dun trio
de Branquignols élevés au Monty Python show, saffiche
résolument, sans queue ni tête.
Et cest précisément ce qui fait son charme et produit
cette extrême séduction dont le public raffole, pourvu quon
accepte de lâcher les baskets à lHistoire toute faite,
enseignée depuis Charlemagne.
Ainsi, entre blagues de potache et croche-pieds aux idéologies
politiques, lentente cordiale entre la Turquie et la France va se trouver
mise à contribution dune malice autorisant un exutoire du plus
bel acabit.
Que vive la Mission Florimont !
.
Theothea le 14/04/10
|
LA FAUSSE SUIVANTE
de
Marivaux
mise
en scène: Lambert Wilson
|
****
Théâtre des Bouffes
du Nord
Tel:
01 46 07 34 50
|
|
photo
© Cat.S / Theothea.com
|
Sur un dernier salut magistral, en octobre dernier, pour
« Simplement compliqué », Georges Wilson laissait,
définitivement, la place libre à son fils Lambert pour lui
succéder sur le plateau des Bouffes du Nord.
Sous laura du patriarche venu rendre « hommage à
lâge » en se substituant lui-même au
célèbre acteur allemand « Minetti »,
derrière lequel Thomas Bernhard interrogeait la vanité
des vanités de vouer sa vie à se vouloir comédien, un
Wilson aurait désormais tout le loisir den cacher un autre ou
de le révéler à lui-même.
Cest alors que quadruplant la mise, ladministration du
Théâtre offrait à lhéritier, non seulement
de prendre immédiatement le relais paternel tout en faisant suite
à « Music Hall » que Lambert y avait déjà
mis en scène autour de « Fanny Ardant », non sans
y avoir précédemment joué
« Bérénice » en compagnie de Carole
Bouquet.
Cest pourquoi, Marivaux et son jeu de dupes autour de la transmission
de la fortune, se dissimulant aux réelles motivations du grand Amour,
allait simposer en projet de création du Wilson junior.
En vraie suivante, lactrice précédemment racinienne
pourrait, alors, semparer, avec pertinences, de traits masculins qui
lui permettraient incognito de singer le chevalier cherchant à confondre,
en flagrant délit, limage idéelle du mariage confrontée
à lappât du gain.
Cependant à quelques temps de la première, Carole Bouquet
seffaçait, à son tour, au profit dAnne Brochet
qui, elle-même demblée, se métamorphosait en
« garçonne » avec laisance
insoupçonnée de celle pour qui ce rôle aurait été
dévolu davance.
Bouclant la boucle de la reconnaissance réflexive au-delà
des miroirs sans tain, Eric Guérin et Pierre Laplace pouvaient reprendre
la fonction prestigieuse de faire-valoir quils eurent auprès
de Fanny Ardant, alors que Lambert imaginait un splendide final de music-hall
à ce jeu de chaises musicales où, en prenant la place de
lautre, la vérité du divertissement suppléait,
de manière délibérément préférentielle,
à la prise de conscience des intérêts sordides menant
le monde.
Ainsi, jouant à cache-cache avec les voluptueux voilages de tulle
transparent, les sept comédiens pourraient se plaire à batifoler
sous le travestissement des corps et le déguisement des âmes,
au vu et au su de la Comédie humaine, en plein accomplissement.
Thète le 22/04/10
|
CIAO AMORE
de
Jérôme L'Hotsky
mise
en scène: Philippe Sohier
|
****
Théâtre de La
Gaîté-Montparnasse
Tel:
01 43 22 16 18
|
|
photo
affiche © F.
Caillon
|
La photo de laffiche révèle une plénitude
daffection en porte à faux avec limage du personnage que
Christophe Alévêque se plaisait à composer, jusqu'à
présent, en représentation public, à savoir celle du
faux macho cynique, revenu de toutes les illusions qui pourraient effleurer
un cerveau cartésien.
Abandonné à ses sentiments amoureux, le temps dun
éclair photographique, le comédien oublie la pose et accepte
den faire lemblème de son spectacle à deux.
Sur le cliché, Serena Reinaldi, sa partenaire semble
laccompagner dans ce voyage romantique, avec un brin de suspicion
délicieux.
Les voilà donc embarqués sur cette même galère
de lamour qui, par un beau soir, dérape sans contrôle
de la raison. « Je crois que je ne taime plus »
annonce Pascale à José sans être pour autant, en mesure
dapporter la moindre explication à ce constat.
Celui-ci, pris au dépourvu, tente alors de botter en touche, imaginant
des manuvres de diversion autant loufoques que désemparées,
sans que sa belle fasse mine de remonter la pente abyssale.
Jouant de toutes les cordes du rappel des jours heureux, les deux
instrumentistes de ce couple en perdition, recherchent en vain, un nouveau
modus vivendi de la passion à réinventer.
Ciao Amore ! Bonjour tristesse !... mais surtout salut à tous les
empêcheurs de tourner en rond et viva les pirouettes de lesprit
permettant de rebondir du même élan partagé, en renouvelant
les facéties dune comédie à se jouer au quotidien
!
Theothea le 05/05/10
|
LES OISEAUX
de
Aristophane
mise
en scène: Alfredo Arias
|
****
Comédie
Française
Tel:
08
25 10 16 80 (0,15 e/m)
|
|
photo
© Cat.S / Theothea.com
|
Alfredo Arias prend un malin plaisir à mélanger le fond
et la forme pour mieux prendre ses détracteurs au piège de
la fidélité à lauteur.
Cependant, globalement, si la critique concède quil était
nécessaire dadapter la pièce dAristophane dans
une perspective contemporaine, celle-ci admet difficilement quune version
« cabaret » puisse sêtre substituée
à la fable du poète Athénien.
Sachant que la mise en scène lui fut confiée tardivement
en raison de la défection de Luca Ronconi et, dans la mesure où
la distribution pressentie serait respectée, Alfredo Arias eut,
évidemment, carte blanche par Muriel Mayette pour mener à bien
sa création.
Imaginer le lieu onirique de la cité idéale que Camarade
Constance et Belle Espérance vont convaincre La Huppe de concevoir,
à elles trois, en fondant Coucou-sur-scène, est une gageure
déterminante que le réalisateur résolut dun trait
de fulgurance: « La place Colette », elle-même,
serait le miroir de la Comédie Française, installant ses
tréteaux au coeur dune métaphore volage et drôle.
Dans un monde peuplé exclusivement de comédiens, ceux-ci
seraient en charge de se transformer en de multiples oiseaux, incarnant les
plus grands rôles du répertoire classique, afin
déchapper au diktat dun pouvoir abusif.
A partir de cette thèse initiale, la puissance magique de
lauteur pourra se confondre avec lhumour de son adaptateur
occasionnel, faisant ainsi dun larron circonstanciel, le démiurge
dun spectacle de toute beauté, à ne surtout pas prendre
au pied de la lettre antique.
Ainsi, vont se surpasser la scénographie de Roberto Platé,
les costumes de Françoise Tournafond, les lumières de Jacques
Rouveyrollis et la musique originale de Bruno Coulais, se mettant à
lunisson dun projet transgressant lesprit de sérieux
et de conformité.
Et ce nest pas désormais la sociétaire honoraire,
Catherine Hiegel qui, démentant limmense plaisir de vagabonder,
voire même de senvoler loin des volières du formatage,
serait la dernière à jubiler dans un rôle, initialement
masculin, pour le transfigurer sous son aile porteuse.
Même statut pour Catherine Salviat et belle complicité de
Martine Chevallier qui ne rendront pas davantage manchots leurs inventifs
camarades de jeu, Loïc Corbery et Hervé Pierre, pour ne citer
queux.
Quimporte donc la pertinence des faits de société,
à juste titre stigmatisés par Alfredo Arias, pourvu que le
spectateur ait livresse de se sentir oiseau, parmi ses collègues
prenant leur envol, en bonne compagnie chantante du poète dionysiaque.
Theothea le 04/05/10
|
Recherche
par
mots-clé
 |

|
|