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SACHA LE MAGNIFIQUE
de & mise en scène:
Francis Huster
|
****
Théâtre de la
Gaîté Montparnasse
Tel: 01 43 22 16 18
|
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visuel
affiche Harcourt Paris
|
Véritable plaidoyer en faveur dun Sacha Guitry à
réhabiliter au regard de la grande Histoire, la causerie actuellement
proposée par Francis Huster est précédée dun
grand moment de comédie.
Alors que le conférencier sapprête à se faire
lavocat du Maître, une jeune femme se lève impromptue
des premiers rangs de la Gaîté-Montparnasse, en interrompant
ses premiers effets de manche.
Dans un style « à la manière de
Guitry », le comédien portant avec élégance,
perruque grise et lunettes cerclées, fait mine de soffusquer
et engage un dialogue surréaliste avec la dame, en arpentant la salle,
tel un metteur en scène cadrant mais choyant déjà sa
nouvelle protégée.
Dans un langage châtié ponctué dexpressions
prosaïques, lauteur de cette « Leçon de
théâtre » savance, sans réserve, en parangon
du double de Sacha.
Lisa Masker rend la monnaie de sa pièce à un Francis qui
jubile à se faire, délibérément, maltraiter par
la jeune femme.
A linstar de cette épreuve initiatique, digne du Conservatoire
dart dramatique, cette scène de pure comédie, basée
sur lart de la connivence, est loccasion pour le prochain directeur
des Tréteaux de France, de faire fi du quant à soi en
libérant un humour ravageur et décapant.
Ayant, ainsi, osé introduire de manière iconoclaste, sa
« Master class » consacrée au panégyrique
de « Guitry », Huster est maintenant prêt à
se lancer dans larène, pour développer une plaidoirie
biographique dans un simulacre dimprovisation, à laide
de la mémoire collective ponctuée de confidences que lui ont
faites, autrefois, des actrices proches de Sacha, telles Jacqueline Delubac
et Arletty.
Dans un phrasé à cent à lheure, Francis
lamoureux des planches jongle avec les performances du Maître
en les faisant siennes pour mieux convaincre son auditoire que celui-ci devrait
être apprécié comme « Le Beaumarchais du
XXème siècle ».
En observant que les initiales « S.G. » témoignent
autant de lidentité de Sacha Guitry que celle de Serge Gainsbourg,
Huster établit un parallèle quil veut significatif où
lambivalence des deux artistes célèbres évoluant
entre Hyde et Jekill serait le gage dun génie commun, à
savoir mettre les mots là où çà fait mal.
Cest de cette pertinence sémantique que tous les deux tiennent
leur légitimité, portés par la reconnaissance du public,
au-delà de leur époque.
Sur scène, Lisa Masker, en réplique dYvonne Printemps,
et Elio Di Tanna, en virtuose du clavier, jouent le rôle subtil de
faire valoir Sacha, tout en faisant miroiter Francis.
Celui-ci, brillant autant quenthousiaste, feint de se laisser emporter
par la fougue des jeunes années, encore si proches de la soixantaine
venue.
Cest tout à lhonneur de Francis Huster que de savoir
conserver vivante la flamme du spectacle et, ainsi, soulevé par la
passion communicative, le public adhère à ce plébiscite
en acquiesçant du règne de Sacha Guitry au Panthéon
des valeurs intouchables.
Theothea le 05/07/10
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FRANCOIS D'ASSISE
de Joseph
Delteil
mise
en scène: Adel Hakim
|
****
Théâtre Artistic
Athévains
Tel: 01 43 56 38 32
|
Oublions la « Sainteté de François »
semble indiquer, en prémices, lauteur Joseph Delteil, afin de
considérer, en quoi, la remise en question des valeurs pourrait être
emblématique de lépoque contemporaine.
Oublions le « projet artistique » de la compagnie
du passage, semble préciser le metteur-en-scène Adel Hakim,
afin dobserver lincarnation dune cosmologie par lacteur
devenant, lui-même, lunivers.
Avec lambition de se fondre dans le grand tout de la Nature, ce
« one man mystique », initié en 1994 à
Genève, a été rattaché, a posteriori, au
répertoire de la compagnie du passage, créée en 2003.
Durant près dun mois, il convie à lextase, au
Théâtre Artistic Athévains de Paris.
Dans un émerveillement sans bornes face aux mystères tangibles
de lhumanité, le jeune François y parcourt sa vie comme
une suite de découvertes infinies dont aucune perception médiocre
ne saurait le détourner.
Cest donc le comédien Robert Bouvier qui, durant quatre-vingt
dix minutes, mène le bal de la béatitude jusquà
sapproprier, dans un fascinant Golgotha, les stigmates du Christ en
croix.
La performance est à la hauteur dun spectacle vivant, exaltant
ladoration de la chair et de lesprit unis dans un idéal
absolu contraignant le spectateur à être parti prenante
ou, au contraire, à se distancier quelque peu.
En effet, si Robert Bouvier a le talent de jouer le jeu du candide dogmatique,
sans la moindre retenue scénographique, sa prestation illuminée
pourrait éventuellement exaspérer ceux dont la conscience
résisterait à lengouement totalitaire du voyage initiatique,
sans visa de retour.
Cependant au royaume des convertis à lenvoûtement,
la tentation est grande de se laisser emporter par ladmiration
inconditionnelle quune mise en scène subtile, misant sur la
force de symboles simples, achèverait de séduire.
Theothea le 30/06/10
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LE SOLITAIRE
de
Eugène Ionesco
mise en scène:
Jean-Louis Martinelli
|
****
Théâtre de La
Madeleine
Tel:
01
42 65 07 09
|
Le Solitaire décrit par Ionesco est un être contemplatif
que lanonymat protège de toutes les sollicitations sociales;
il pourrait sagir dEugène, lui-même, fantasmant
sur la subjectivité idéelle de lécrivain.
Le Solitaire interprété par Marthouret est un homme en
caleçon dont le lit est lunique perspective perçue selon
une multiplicité de points de vue; il pourrait sagir dun
comédien confronté au syndrome vertigineux du seul en
scène.
En fait, le Solitaire cest vous, cest moi, cest monsieur
tout le monde lorsque celui-ci décide deffectuer un pas de
côté, en se retrouvant inéluctablement en position
dobservateur absolu du monde.
Si les gestes quotidiens initiés par la faim, le sommeil et autres
tâches animales le retiennent encore dans lasservissement contingent,
lesprit a déjà la faculté de vagabonder par-dessus
la raison formatée, en sinterrogeant demblée sur
lagitation perpétuelle de lhomme.
Jean-Louis Martinelli engage François Marthouret à se
désincarner pour figurer cet être, quasi nu, allongé
dans la position du rêveur à lorée des cauchemars
prêts à semparer de sa dépouille.
Mais lhomme résiste, en se remémorant
létonnement et la béatitude de lenfance lorsque
celle-ci découvrait lexistence dans ses moindres soubresauts
avec désormais, lintention den surseoir et den prolonger
le bénéfice de la surprise originelle.
Alors le comédien se redresse sur son séant, se lève
et commence à parcourir le territoire de sa couche éternelle
avec lintention utopique den circonscrire le temps de la vie
humaine.
Ses états dâme vont se refléter à
laune de lumières fluorescentes parcourant successivement le
spectre des tonalités dominantes à travers la cage de scène
théâtrale.
Langoisse existentielle naura dautres prises sur sa
conscience que de lui faire endosser le costume et les pompes le préparant
au grand saut dans linconnu, celui quil restera pour lui-même
autant que celui de sa virtuelle destinée.
Theothea le 08/07/10
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JE T'AIME
de Sacha Guitry
mise
en scène: Eric-Gaston
Lorvoire
|
****
Théâtre 14
Tel: 01 45 45 49 77
|
" Ce nest pas une pièce, il ne sy passe rien ! "
Ainsi, Sacha Guitry en convient volontiers dans la dernière
réplique de « Je taime » attestant que les
gens heureux nont pas dhistoire.
Sa passion pour Yvonne Printemps aurait-elle eu raison, le temps dun
égarement scénique, de cet esprit tellement cinglant quil
avait assuré au Maître, une réputation de misogynie notoire
?
En fait, dans cette comédie atypique, lamour est un leurre
pour la véritable thématique de la pièce, à
linsu de lauteur lui-même, à savoir le tableau,
grandeur nature, dune société fort civile, mais
composée essentiellement dempêcheurs de tourner en rond
avec, en corollaire, des parasites de tous poils.
En effet, si Sacha sappuie sur ladage populaire « Pour
vivre heureux, vivons cachés », cette fuite du monde va
savérer nécessaire, à lissue dun parcours
amoureux où les perfidies et les médisances apparaîtront
comme la rançon inéluctable dun bonheur insupportable
à ceux qui nen sont que les spectateurs.
Si le happy end peut lui-même sapparenter à un trompe
lil, cest quil nest quun échappatoire
à la cohorte des chausse-trappe se profilant au zénith de la
passion amoureuse, telle une situation idéale, mais, sans aucun doute,
précaire.
Bref, « Je taime » est, de toutes évidences,
une véritable pièce de théâtre, puisque la
réalité y est, incontestablement, transcendée. CQFD.
Cinq comédiens y défendent une version de la comédie
humaine avec roses rouges en bonus et selon des apparences si peu trompeuses
que, de lexcellence surgit nécessairement la convoitise.
Theothea, le 1er juillet 2010
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BONJOUR IVRESSE
de Franck
Le Hen
mise
en scène: Christine Giua & Franck
Le Hen
|
****
Théâtre
Rive Gauche
Tel:
01
43 35 32 31
|
Avec ce titre à la Sagan, Franck Le Hen récidive dans
lévocation dun roman à succès, en lien
générationnel avec une époque.
Ainsi, après trois ans de succès avec « Les Homos
préfèrent les blondes », le voici en auteur de
« Bonjour Ivresse » montant à nouveau sur les
planches pour distraire ses congénères de leurs tourments
psycho-relationnels.
En effet, à laube de la trentaine, un premier bilan
simpose, en analysant la check-list des objectifs que daucuns
sétaient juré de réaliser avant ce cap
fatidique.
Sur la scène du Théâtre Rive Gauche, deux filles,
deux garçons, avec en perspective le fameux anniversaire de lun
dentre eux, Benoît.
Voilà donc, sortie comme un diable dun coffre à jouets,
la liste incontournable des engagements non aboutis qui lui revient en
boomerang.
Il reste donc vingt-quatre heures chrono pour tenter de les réaliser,
séance tenante, avec les encouragements de Wanda, Marie et
Raphaël sévertuant à rendre plausible, son
ambition.
Cependant quand il sagit, quinze ans plus tard, deffectuer
un coming out auprès dune sur coincée, face à
un petit-ami qui courtisait lune pour mieux se rapprocher du frère
gay, lui-même adulé par une groupie exaltée, lalcool
pourrait fort bien savérer être le faux ami quils
nattendaient plus.
Comme un théorème à résoudre sous une
équation de style « Gogo dancer », un invité
surprise va induire en flash back, le processus de régression que
le temps de ladolescence avait suscité dans le trouble affectif
des passions alors, mal maîtrisées et par la suite, si mal
dissimulées .
Faudrait-il, désormais pour autant, jouer cartes sur tables et
avouer son inclination au grè des affinités qui auraient
perduré ?
Caroline Gaget, Agnès Miguras, Franck Delay et Franck Le Hen
simmergent dans leurs personnages avec la fougue hilarante et
distanciée quici la comédie de murs ose, gaiement,
emprunter à la comédie musicale.
En effet, les tubes des années 80-90 accompagnent de manière
savoureuse, cette remontée à la source des doux souvenirs de
spleen que tous les ex-ados cultivent, de concert universel.
Un grand moment divresse collective qui adresse un malicieux
« bonjour » à tous les non-dits du passage à
lacte !
Theothea le 06/07/10
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