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ACHILLE TONIC
CABARET
de
Shirley & Dino & leurs invités
|
****
Monfort Théâtre
Tel:
01
56 08 33 88
|
Dino et sa cousine Shirley sont de retour pour faire la fête au
Monfort Théâtre.
En la circonstance Marion Lévy et Fabrice Melquiot, les nouveaux
directeurs ont osé casser le dispositif scénographique
dorigine en transformant leur théâtre en une vaste salle
de spectacle en raz-de-jardin que les coulisses habituelles ont
déserté pour venir, à leur tour, camper à
létage supérieur des gradins, en loccurrence
cachés du public.
Cette inversion à 180° dans la structure modulable du Sylvia
Monfort a, pour effet immédiat, de donner vie à un lieu paraissant
complètement nouveau, doté dun volume cubique inattendu
qu Achille Tonic productions a, ainsi, lopportunité
dinvestir pour une première fois, en créant une ambiance
cabaret à lancienne afin de faire place belle au music-hall.
Erigée de manière latérale et centrale, la régie
son & lumière fait face, par symétrie, à un bar
où les spectateurs peuvent, durant toute la soirée, venir retirer
leurs diverses consommations dagréments alors que les
réservations de place sont liées à des numéros
de tables disposées au mieux des chaises à disposition.
Un éclairage tamisé et réparti sur de multiples
lampadaires de salon ainsi que des bougies électroniques à
même ces tables dhôte complètent celui des rampes
techniques de spots judicieusement réglés depuis les cintres
pour susciter une atmosphère chaleureuse.
Ainsi réunies les conditions dune véritable
convivialité festive, le rôle de Shirley & Dino sera de
jouer à être les présentateurs du spectacle quils
ont concocté dans une perspective décalée, voire
délibérément désuète.
Sur scène, leurs personnages de cousin-cousine à la mode
provinciale, en empathie spontanée avec lassistance, auront
ainsi beau jeu deffectuer quelques-uns de leurs propres sketchs bien
connus, tout en tendant le flambeau à des invités, qui magicien,
qui jongleur, qui trapéziste ou acrobate, qui vélo trampoliniste
ou même monocyclotrampoliniste, voire dresseuse de poules ou autre
illusionniste, bref à tout ce monde sympathique du music-hall
maîtrisant lart de jeter les défis à hauteur de
lépatement général.
Demblée cette démarche de spectacle global a le don
de séduire le spectateur plus souvent habitué à un accueil
formaté.
Ainsi, dès le soir de la première, il régnait une
gaieté bon enfant quaucune performance approximative naurait
pu distraire, bien au contraire évidemment !
Theothea le 08/112/10
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ARTURO BRACHETTI FAIT
SON CINEMA
de & par Arturo
Brachetti
mise en scène: Serge Denoncourt
|
****
Théâtre des Folies
Bergères
Tel: 08
92 68 36 22
|
De Cinecitta à Hollywood, Arturo Brachetti invite au voyage dans
la merveilleuse histoire du cinéma au point de faire se succéder
plus de 80 personnages emblématiques sur la scène des Folies
Bergère, en donnant pourtant limpression fugace de nen
voir quun seul avec une houppette.
A vrai dire, ils sont censés être onze manipulateurs en
coulisses, dont trois habilleurs, tous ensemble détenteurs des secrets
dun transformisme à vue dont chacun des spectateurs voudrait
percer le mystère, tout en sachant pertinemment que la fascination
de cette illusion perdure grâce à lignorance des techniques
utilisées.
Et pourtant chacun dimaginer comment cette rapidité de
léclair serait envisageable pour changer de costume, de posture,
didentité alors que lartiste élève devant
les yeux ébahis, la schizophrénie en bel art majeur ?
Alors, sans doute, est-il plus judicieux de sabandonner aux
sortilèges du magicien, sans chercher à comprendre le pourquoi
du comment, et ainsi être en mesure de refaire avec lui, le parcours
initiatique que le cinématographe a pu susciter depuis plus dun
siècle au-delà de son invention.
Ainsi, suite à la création en 2000 au Marigny de
« lHomme aux mille visages » et sa reprise à
Mogador quatre années plus tard, voici désormais qu
« Arturo Brachetti fait son cinéma » aux Folies
Bergère.
Le musée du cinéma de Turin a constitué pour
ladolescent son premier bagage culturel qui lui aurait, ainsi, ouvert
en grand les portes sur lunivers onirique, né du
cinématographe.
De lhommage à Fellini à la légende
dHollywood, dAmarcord à Star Wars, de Giulietta Massina
à Marilyn Monroe, toutes les figures mythiques du 7ème Art
vont se prêter au bal fantastique du morphing en temps réel
pour faire surgir un imaginaire en 3D où Blanche-Neige et Mary Poppins
rendraient la réplique à Scarlett OHara et
Cléopâtre, où Vivien Leigh & Judy Garland se
substitueraient à Liza Minnelli et Elizabeth Taylor, où Charlot
deviendrait James Bond, où Humphrey Bogart se dédoublerait
en Lauren Bacall, ou Harry Potter rencontrerait à la fois King Kong
et Schreck, où les Indiens pourraient enfin jouer aux cow-boys et
vice versa alors que la bicyclette de E.T. aurait rendez-vous avec la lune
de Méliès
Oui, Arturo Brachetti est un véritable passeur de rêves,
de ceux qui enchantent lautre côté du miroir aux
alouettes.
Theothea le 13/12/10
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PADAM, PADAM !
reprise Théâtre de La
Gaîté-Montparnasse
de
& par Isabelle Georges
|
****
Théâtre des Mathurins
Tel: 01 42 65
90 00
|
|
photo
Bénédicte Gerin @ StayLaMultimedia
|
Dix ans plus tôt, elle chantait et dansait sous la pluie à
la Porte-Saint-Martin; plus que jamais aujourdhui lartiste est
en pleine possession de son talent à profusion et cest ainsi
quà chacun de ses nouveaux spectacles, il apparaît avec
évidence quIsabelle Georges a vraiment tout dune grande
!
La plus grande ?
Son charisme, sa sensualité, sa séduction accompagnent si
bien chant, danse et claquettes au plus haut de leur maîtrise que tous
succombent au ravissement.
Mettant son art au service des plus grands compositeurs de la chanson
française, elle pourrait devenir lambassadrice dune
« French Touch », autant en mesure dincarner le
mythe universel de Judy Garland que de faire découvrir cet illustre
méconnu, Norbert Glanzberg auteur entre autres de « Padam
Padam » , « les Grands Boulevards »,
« çà cest de la musique » ,
« Chariot », « mon manège à
moi » !
.
Entourée de trois musiciens (Frederick Steenbrink, Jérôme
Sarfati & Edouard Pennes) impliqués, à parts entières,
dans une création collective en hommage aux forces de la mémoire
sinscrivant dans la destinée humaine alors que linspiration
artistique supplanterait toutes les médiocrités nivellantes,
quel plus beau héraut de la musique et de la poésie aurait-elle
pu élire que ce Norbert Glanzberg pourchassé par la bêtise
idéologique et naziste ?
Tout de rouge vêtue, avec lénergie dune sportive
accomplie, Isabelle Georges dévore et embrasse la scène telle
une égérie plébiscitée demblée par
le public dans linstant présent et néanmoins sublimé
que le théâtre des Mathurins offre en reprise festive après
le triomphe estival de ce spectacle au Théâtre La
Bruyère.
« Padam
Padam
Padam
Cet air qui mobsède jour et nuit
Cet air nest pas né daujourdhui
Il vient daussi loin que je viens
Trainé par cent mille musiciens
Padam
Padam
Padam
»
Isabelle Georges est une véritable médiatrice du génie
empathique de la langue lorsque celle-ci séprend du feeling,
du swing, du tempo exaltés par le corps jouant des claquettes avec
sourire et humour mais surtout avec lesprit déquipe.
Ainsi, ils sont bel et bien quatre sur scène à se partager
les émotions, la nostalgie, les états dâme du public
confirmant que « Longtemps, longtemps, longtemps - après
que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les
rues
. »
Alors faut-il quIsabelle Georges acquiert une notoriété
médiatique qui la porte au pinacle du Music-Hall, ou doit-elle
persévérer dans une uvre scénographique artisanale,
quelle que peu confidentielle mais en adéquation avec
elle-même ?
A chacun dapprécier cette alternative; mais pour ceux qui
ont eu la chance dadmirer lartiste sur scène,
lévidence est que ces privilégiés nauront
de cesse de suivre son parcours créatif même si celui-ci devait
rester relativement intimiste.
Theothea le 10/12/10
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NADA STRANCAR & DIDIER
SANDRE
Brecht & Claudel
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****
Théâtre Les
Gémeaux
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Première le samedi 27 novembre
2010
du 27/11 au 19/12/10
avec
piano: François Martin
accordéon: Jean-Luc Manca
percussion: Guillaume Blaise
Reprise exceptionnelle du
récital
Nada Strancar chante Brecht/Dessau et création de
« La messe là-bas » de Paul Claudel
interprété par Didier Sandre, réunis ensemble dans un
même espace scénique, et joué en alternance, à
lexception du week-end 27/28 nov. où il fut possible
denchaîner les deux spectacles
présentation Françoise Letellier
direction Les Gémeaux - Sceaux
Il sagit de faire entendre un couple de grands artistes dans le
choix personnel de leur expression. Nada Strancar et Didier Sandre
interprètent chacun Brecht et Claudel, des poètes qui ont su
porter leur siècle dans sa rumeur au faîte de leur
poésie
présentation Christian Schiaretti
direction TNP - Villeurbanne
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FRANCHISE POSTALE
de Christophe Duthuron & Pierre
Richard
mise en scène: Christophe Duthuron
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****
Pépinière
Théâtre
Tel: 01 42 61
44
16
|
Avec ce titre pertinent, Christophe Duthuron explicite parfaitement
lintention des questions épistolaires quil pose à
Pierre Richard y répondant, à son tour, en coauteur.
« Franchise », cela va sans dire; lacteur de
76 ans souhaite une complicité tacite mais sincère avec ce
public qui lui fait confiance, par le rire, depuis ses tout premiers films.
« postale », cest la motivation des missives,
retenue par lauteur pour accoucher lacteur de sa part de
vérité face au monde abracadabrantesque qui lentoure.
Bien entendu, Pierre Richard nest pas exempt du comportement
bizarroïde adopté, plus ou moins à leur insu, par ses
congénères.
Voici donc une douzaine de lettres sélectionnées, mais
recomposées avec une plume conceptuelle et synthétique, parmi
les milliers reçues et conservées par lacteur au cours
de sa carrière.
Si un certain désarroi leur est commun dans la forme, leur candeur
affligeante pourrait en être le fil conducteur.
Cest tout lart du tandem Duthuron-Richard que desquiver
le poids de leur demande irrésolvable tout en pratiquant la souplesse
de la parabole dans une incongruité feinte mais partagée.
Devenu ainsi doué dans la pratique dune dialectique guidée
par la pose de contre-feux à légocentrisme
généralisé mais le plus souvent inconscient, le
comédien acquiert peu à peu cette légèreté
de lêtre que ses mouvements apparemment désordonnés
mais amples inciteraient à saffranchir dune pesanteur
tellement humaine.
Le voilà donc paradoxalement en empathie avec ses semblables, à
commencer par ses deux fils se relayant soir après soir, pour accompagner
sur scène le paternel, qui à la contrebasse (Christophe Defays),
lautre au saxophone (Olivier Defays).
En duo, ils rejouent la partition de létonnement poétique
face à linvraisemblable absurdité où tout un chacun
peut, en toute honnêteté, y retrouver sa parcelle
dangélisme mais sans doute également de bonheur nostalgique
en provenance de lenfance enfouie.
Telle est la lettre en retour, si peu cynique, adressée en franchise
postale par Pierre Richard.
Theothea le 22/12/10
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