Les
Chroniques
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15ème
Saison
Chroniques 15.061
à
15.065 Page
266
Thriller Live au Zénith
R E V I V A L
Wight ! 40
années après
63ème
Festival de
Cannes
2010
et son théâtre
d'ombres
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LA TENTATION D'EVE
direction &
chorégraphie:
Marie-Claude Pietragalla & Julien Derouault
|
****
Théâtre Le Palace
Tel:
01
40 22 60 00
|
|
photos
© Pascal Eliott &
Theothea.com
|
En ce 2 février, Marie-Claude Pietragalla fête ses 48 ans
en jouant et dansant léternel féminin sur la scène
du Palace.
Mettant plus que jamais sa carrière sous les bons auspices du spectacle
vivant, le monde du théâtre, du cinéma et de la musique
vont, peu à peu, prendre le relais à la prédominance
chorégraphique de son talent.
Cependant, pour lheure faste, cest donc en solo que
lartiste se mesure à lhistoire de la Femme, en se focalisant,
de manière universelle, sur le féminin de lêtre
humain.
Tel Sisyphe, La Rolling Pietra entre sur scène en sarcboutant
et poussant, devant elle, une énorme pomme rouge scintillant avec
laquelle la danseuse semble ne former quune seule et même
entité, convoitée par les lumières du show.
Dans le dédale dune galerie de tableaux
délibérément stéréotypés,
lartiste se livrant couleur chair, en alternance aux costumes
emblématiques de la caricature, la voici tour à tour, primitive,
mère, guerrière, libertine, ménagère, golden
girl qui, tel un pantin désarticulé mimerait les arcanes de
linconscient collectif.
Sur une musique techno lancinante de Laurent Perrier, la danseuse
sapproprie la gestuelle transformiste de rôles identitaires multiples
dont la clef sensitive se dédoublerait au sein de la maîtrise
du masque et de la marionnette.
Cette dernière valsant entre avorton et E.T., livrés corps
et âme aux bras tourbillonnants et mains lapidaires de la génitrice,
va se prêter à tous les caprices fantasmatiques de
lenfantement.
Toute à la fois muse, créatrice, comédienne, Marie-Claude
Pietragalla arbore le masque mystérieux dune tragédienne
grecque qui, désormais, ne cessera de se fissurer de
lintérieur pour faire apparaître, en pleine lumière,
le pitre parodique quelle navait jusquici osé afficher
en public.
Une actrice est née sous les feux de la rampe du Palace qui en
sonne lapothéose chorégraphique en même temps que
lavènement théâtral.
A linstar de la tentation dEve, la page blanche à
écrire va, ainsi, se faire désirer comme une pomme Gala à
croquer à pleine dents. Que Vive La Pietra !...
Theothea le 02/02/11
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AMOR AMOR
de
Federico
Mora
mise en scène:
Stéphan
Druet
|
****
Théâtre
Comédia
Tel: 01 42 38
22 22
|
Depuis « Se dice de mi, en Buenos Aires »
présenté lété dernier au Festival de
lHôtel Gouthière jusquà « Amor
Amor à Buenos Aires » dédié à sa reprise
au Théâtre Comédia, il y a un auteur, Federico Moria
qui fait dautant plus confiance au metteur en scène Stéphan
Druet, quen fait, ils ne font quune seule et même personne
!
Sous létiquette branchée « musical chic
et décalé » se révèle un spectacle
haut en couleurs, en humour, en rythme et en outrances pudiques !
Dès le premier instant de représentation, nous voilà
plongés au cur dun quartier populaire dAmérique
du sud, sachant demblée que lesquive ne sera pas au programme
de la soirée et qu au contraire, linvitation au tango
et aux mélopées dArgentine va nous transporter bien
au-delà de notre carcan rationaliste.
Alors, pour le jeu de rôles auquel nous allons assister, bien peu
pertinent serait le spectateur qui se choisirait un préféré,
car tous vont tirer leur épingle, même biseautée, de
ce jeu, ô combien fantasque.
Caricaturaux à souhait, les personnages se dessinent à coup
de répliques à lemporte-pièce, coincées
entre lapparence du bon sens et le déni de la bienséance
bafouée.
Comme aux 7 familles revisitées, il y aurait le père (Coco
Dias), la mère (Mona Heftre), le fils (Sebastiàn Galéota)
à la fois chéri et maudit, la grand-mère (Stéphane
Eloy) ainsi que les deux tantes (Cécilia Filippi & Emma Fallet),
tourbillonnant tous ensemble dans une valse sans fin autour dune pute
(Laura Lago) au grand cur, elle-même courtisée par un
bellâtre (François Briault) et sous la vigilance dun garde
du corps (Salem Sobihi) à la solde du travesti de retour at home
à moins, finalement, que ce ne soit linverse !
Bref, ils sont tous là à virevolter dans le fantasme du
sexe à tous les étages, depuis la nymphomane frustrée
jusquau macho prétentieux en passant par les aficionados
débordés par leur libido démoniaque.
Ajoutez quatre danseurs qui, en des chorégraphies ébouriffantes,
brouillent les cartes dun feu ne cessant de se rallumer, en tous points
de la scène, à la moindre braise ambiguë ou sous la moindre
intonation enflammée.
Excentrique, déjanté, délirant, tous les qualificatifs
peuvent rivaliser pour rendre compte du talent impétueux de douze
artistes accompagné de la participation exceptionnelle de Coco Dias.
Entre théâtre, cabaret et revue, lintention de
Stéphan Druet est dobjectiver et de transmettre sa passion sensitive
à légard de la culture populaire des rues dArgentine
afin de pouvoir la faire apprécier sans tabou mais au énième
degré souhaité par chacun.
A déguster sans réserve chaque soir au Comédia
Théâtre.
Theothea le 07/02/11
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ALLER CHERCHER DEMAIN
de
Denise
Chalem
mise en scène:
Didier
Long
|
****
Petit Théâtre de
Paris
Tel: 01 42 80
01 81
|
Ce titre est suffisamment significatif de lexploit quotidien consistant
à réunir les conditions de la survie du lendemain en soins
intensifs hospitaliers pour quil constitue en soi le programme
thématique fixé par lauteur.
Et pourtant, cest drôle !
Un père (Michel Aumont)
adepte de blagues juives, de contes yiddish et complètement gaga devant
son canari, une collègue infirmière (Nanou Garcia) toujours
disponible à saffranchir des lois de la pesanteur ambiante,
un amoureux transi (Philippe Uchan) qui, chassé par la porte,
nhésite pas à revenir par la fenêtre !
Certes, mais cest aussi grinçant !
Car les caractères
vont sentrechoquer, en se révélant moins sympas
quà la première impression avant que lexacerbation
prenne le relais à la fuite en avant généralisée.
En toile de fond bien entendu, la pièce porte la problématique
des soins palliatifs et de leuthanasie comme fil conducteur dune
responsabilité à la fois intime, sociale et médicale,
à assumer collectivement.
Cependant, il est aussi possible de considérer ce spectacle vivant,
comme une juxtaposition de points de vue subjectifs face à la fin
de vie, alors même que lun dentre eux, le principal, celui
qui détiendrait la puissance de décision, serait en train de
dérailler des simples valeurs humanistes.
En effet, quand peu à peu, lunique objectif de vie envisagé
par Nicole, linfirmière chef va se résumer à ce
quon lui « f
la paix » et quen
définitive, Denise Chalem, la comédienne va faire table rase
relationnelle, renvoyant dos à dos le prétendant et ses fleurs,
ad vitam aeternam, le père et son sosie virtuel, et en allant
jusquà suggérer à sa collègue de
saffranchir du mari encombrant, Denise Chalem, lauteur semble
agiter sous notre regard médusé, le panneau:
« Attention ! danger vital ».
Si la pièce se conclut sur la métaphore dune fenêtre
ouverte afin daérer latmosphère, là où
le spectateur, après avoir ri au divertissement de façade,
ne pourrait sempêcher de sinterroger sur son sentiment
de trouble diffus, la mise en scène de Didier Long ne cherche surtout
pas à mettre le pathos en exergue dautant plus que les blagues
au premier degré la maintiennent en orbite bon enfant et alors que
le titre est porteur d'un espoir implicite: « Aller chercher
demain».
Theothea le 11/02/11
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LE NOMBRIL
de
Jean
Anouilh
mise en scène:
Michel
Fagadau
|
****
Comédie des Champs
Elysées
Tel: 01 53 23
99 19
|
Dernière pièce écrite par Jean Anouilh, « Le
nombril » est devenue également lautre soir, la
dernière mise en scène de Michel Fagadau, directeur de la
Comédie et du Studio des Champs Elysées, disparu au matin du
10 février.
A la suite du succès, la saison précédente, de
« Colombe » avec Anny Duperey, présente à
la représentation du lendemain, Michel Fagadau avait
souhaité continuer sur cette brillante lancée en
réalisant ce qui constitue, désormais, une sorte de testament
commun, à près de vingt-cinq années dintervalle,
partagé avec Anouilh.
Car cette comédie parle notamment de Théâtre, de ceux
qui le font et plus spécialement de ceux qui lécrivent
et en offrent le spectacle vivant au public.
A Francis Perrin est donc dévolu le rôle de chef de troupe
qui, dans lincarnation de cette prestigieuse postérité,
en assumerait, avec panache, loccupation de la scène de bout
en bout, tout en célébrant ladage fondamental:
« The show must go on ».
Fort heureusement, ils sont tous là pour le conforter dans cette
valeureuse mission de divertissement, haut de gamme.
A commencer par Francine Bergé qui naura de cesse de houspiller
son époux le jugeant si peu à la hauteur de sa
renommée.
Davy Sardou, en gendre cocu et Jean-Paul Bordes, en médecin douteux,
excellent à provoquer sa stupéfaction devant la persistance
de leur candeur feinte ou affichée.
Quant à Eric Laugérias, le rôle de tapeur revendiquant
leur profonde amitié depuis lenfance, aura le don de mettre
lauteur confiné au sein de lappartement familial en raison
dune crise de goutte ravageuse, dans un état proche de
lexaspération chronique.
Ce nest rien de dire que ses filles (Sarah Grapin & Perrine
Tourneux), avec leur standing de vie élevé au niveau de
linconscience généralisée, ne pourront guère
satisfaire sa plénitude paternelle.
Et ce nest pas le déménageur professionnel (Christian
Bouillette) lui amenant, en compagnie dun apprenti (Patrice Costa),
des caisses dennui à mourir mais à surtout ne jamais
déballer qui pourra faire revenir linspiration du maître
en dramaturgie cynique, à moins que
Bref, tout son monde, y compris sa maîtresse (Alexandra Ansidei),
est bien là pour empêcher que tourne rond sa famille, habituée
aux nécessités bourgeoises et autres mondanités que
lauteur est censé fustiger sur les planches.
Francis Perrin se fait donc le démiurge de cette rencontre du
Théâtre avec lui-même, en poussant
délibérément la caricature, juste au bord du précipice
abyssal, avec la perspective du double héritage scénographique
à faire fructifier sans limites.
Theothea le 16/02/11
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UN TRAMWAY NOMME
DESIR
de
Tennessee
Williams
mise en scène:
Lee
Breuer
|
****
Comédie
Française
Tel: 08 25 10
16 80 (0,15e/mn)
|
|
photo © Cosimo Mirco
Magliocca
|
Voici bel et bien un tramway qui divise les critiques en les incitant
à prendre leur désir de Tennessee pour réalité
tangible même si tous sont daccord pour admettre quen
accédant au répertoire de la Comédie Française,
le chef duvre de T. Williams y fait une entrée fracassante
en tant que première uvre extra-européenne.
En laccompagnant dun esthétisme japonisant, en lieu
et place des chaleurs moites traditionnelles de La Louisiane, Lee Breuer
impose une rupture davantage cérébrale quexclusivement
formelle, contraignant tout un chacun à faire abstraction de la
référence cinématographique écrit par Elia Kazan
sur les tablettes de la mémoire collective avec Vivian Leigh et Marlon
Brando, en étendard.
Bien entendu, lhistoire de Blanche Dubois venue en villégiature
à la Nouvelle-Orléans chez sa sur Stella et son beau
frère Stanley reste, plus que jamais, égale à
elle-même et son issue psychique naura pas dautre
échappatoire que celle, traditionnellement attendue.
Cependant, avec cette mise en scène culturellement distanciée,
jamais le Tramway naura-t-il eu pareille opportunité de
sextraire du contexte romancé pour atteindre à
lépure des consciences en pleine lutte vitale.
En effet, le conflit demblée instinctif entre Blanche et
Stanley va prendre, au sein du formalisme gestuel, sa véritable dimension
de rupture schizophrénique entre soi et soi, libérant ainsi
les forces de loralité dans leur pulsion de mort symbolique.
En faisant appel au point de vue subjectif de Blanche, la mise en scène
permet à lensemble de ses partenaires déchapper
à toute autocensure et de se solidariser peu à peu en une seule
et même entité, hostile et destructrice à légard
de la victime devenue consentante.
Etrangement tout ce décorum oriental, placé comme en
antithèse charnelle et torride, transforme le spectacle
théâtral en une suite de tableaux qui, dans leur succession
de plus en plus rapide, influe sur la persistance rétinienne, synchrone
à celle dune éthique dun certain savoir-vivre
nippon.
De cet imaginaire artistique se transcende un hyper-réalisme de
la conscience en proie à tous les démons contradictoires.
Anne Kessler règne en souveraine charmeuse et vulnérable
sur son interprétation éthérée, blanche comme
neige mais quasi habitée par le fantôme dArielle
Dombasle.
Françoise Gillard, Eric Ruf et tous les autres se relaient, tour
à tour pour exciter et apaiser ce bel animal pris au piège,
tels des toréadors, en quête de reconnaissance sociale.
Un spectacle de toutes beautés quil est nécessaire
dappréhender selon les règles de lart abstrait,
avant que de pouvoir lapprécier selon les codes esthétiques
de limagerie japonaise.
Theothea le 17/02/11
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