Alors que « Le fils du comique » est en tournée,
voilà que La Troupe à Palmade réinvestit le
Théâtre Tristan Bernard avec un titre accrocheur mais
néanmoins persifleur : « Femmes
libérées ».
Les deux spectacles progressent dans leur succès de manière
concomitante et quasiment complémentaire.
En effet, leurs deux auteurs, Pierre Palmade pour lun et Noémie
de Lattre pour lautre, ont créé leurs textes respectifs
à partir dun constat déchec, celui de ne pas parvenir,
dans la vraie vie, à former un couple homme-femme et être ainsi
géniteurs dun enfant.
Pierre se chargeait alors dexploiter ce thème mal vécu
en ladaptant aux planches, à sa manière, en
loccurrence de façon compétitive entre deux femmes pendant
que Noémie en disséquait les éléments du puzzle
libidinal pour le reconstituer en sketchs où masculinité et
féminité se disputeraient un jeu de rôles sexuels
démultipliés à linfini mais dans la mesure du
possible à parité.
« Femmes libérées » est donc un titre
en trompe lil pour flatter lidéologie dominante
mais en fait la thématique de cette pièce sapparenterait
davantage à « Masculin & Féminin
décoincés ».
Ainsi donc, les deux facettes dune frustration objective vécue
simultanément selon des points de vue masculin et féminin se
retrouvent-elles quelques mois plus tard à laffiche du spectacle
vivant grâce au prisme révélateur de la Comédie
sadressant au grand public, lui-même censé sy
reconnaître via les traits forcés de la caricature.
Cest vrai, quau Théâtre Saint-Georges,
« le fils du comique » avait emporté notre
adhésion sans réserve, à la fois par son audace et sa
transgression des codes ainsi que par son interprétation des
rivalités engagées entre les parties impliquées :
Homosexualité et hétérosexualité sy
livraient un combat existentiel sans merci à travers les rivalités
amoureuses et son corollaire éternel, la jalousie.
Pour « Femmes libérées », le combat
est ailleurs :
Branchés davantage sur le surf permanent entre les postures de
lAmour, déclinées selon linfinité des options
connues ou encore à inventer, les partenaires semblent ne plus savoir
où donner de la tête ( cest une image ! ) et paraissent
surtout vouloir ne jamais écarter aucune opportunité, de
façon à éviter les regrets de ne pas les avoir tentées
au bon moment.
Ces multiples situations sont donc drôles par ricochets tellement
leurs protagonistes font defforts pour assurer en permanence leur
disponibilité au désir, dans toutes ses composantes.
En fait, tout se passe comme si la libération sexuelle devait sy
vivre comme une prise de tête engagée avec un sac de nuds.
Donc, cest drôle !
Cependant, alors même quil signe aussi les deux mises en
scène, nous préférons, sur le plan artistique, la
progéniture de Palmade mais celle de Noémie de Lattre est
très prometteuse dautant plus que sa personnalité
dauteure est, en soi, une ode à la bonne humeur
et
cest, bien sûr, un euphémisme !
Theothea le 29/04/14