Magazine du Spectacle vivant ...

   

 

   

Les    Chroniques   de

  

18ème  Saison     Chroniques   18.126   à   18.130    Page  351

 

  • LA MAÎTRESSE EN MAILLOT DE BAIN        
  • FEMMES LIBERES                                              
  • OTHELLO                                                               
  • CASABLANCA                                                       
  • AMEN                                                                         1851ème  chronique  (depuis 1996)

         

 

             

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LA MAÎTRESSE EN MAILLOT DE BAIN

de Fabienne Galula

mise en scène  Jean-philippe Azema

****

Café de la gare

Tel   01 42 78 52 51

                    

            visuel affiche

       

Que ce soit Myriam, la maîtresse, Remy l’instit à côté de ses pompes, Nicolas le play-boy du primaire ou Béatrice, la psy qui tombe sur le trio comme une mouche dans la confiture, nous ne les verrons pas en maillots de bain, au café de la gare et encore moins sur une plage de cocotiers mais pourtant chiche qu’ils s’y verraient bien en congé longue durée…

En attendant cette utopie balnéaire, la bande des trois est en salle des profs et çà ne rigole pas car Myriam règne sur ses collègues avec le sens du devoir chevillé à son label de psychorigide forgé comme carapace autant que ses deux collègues masculins simulent eux, de se laisser malmener par cet excès d’autoritarisme, uniquement pour assurer la tranquillité de leur pré carré.

Bref, tout ce petit monde du pédago-éducatif vaque à ses occupations quotidiennes lorsque surgit, tel un contrôle fiscal inopiné, Béatrice la psy de service, celle que l’Éducation Nationale envoie en mission commandée, selon des critères du petit bonheur la chance !

Et là, çà va faire boum car, piégés tous les quatre aux contraintes d’une session collective codée mais dont aucun des quatre ne détient vraiment la clef du savoir-vivre ensemble, la procédure séquentielle de remontée des blocages va devoir se dérouler selon les schémas préétablis par le ministère mais en ouvrant, à chaque étape, sur des tonnes de frustration accumulée au cours de la carrière d’enseignant tout autant que du vécu privé de chacun.

Matière hautement explosive, s’il en est, la charge ne pourra que s’accumuler au fil de l’enquête psychosociale jusqu’au feu d’artifices de fin d’année scolaire où, selon le fameux fonctionnement par objectifs, il est fort probable que chacun y trouve son compte !…

Mais évidemment ce n’est rien de le dire, tout se trouve dans l’interprétation du jeu de rôles ainsi décrit par Fabienne Galula et organisé par Jean-Philippe Azema alors qu’au fur et à mesure des reprises et des plannings, les comédiens se relaient dans un bonheur de comédie totalement rodée et complètement assumée par chacun d’entre eux, au point d’y prendre un évident malin plaisir à chaque représentation.

La salle du Café de la Gare rit à spasmes déployés du début à la fin de la représentation sans jamais laisser au spectateur le loisir de se reposer de son rire précédent. Une pièce à recommander pour tous car chacun y trouvera ses modèles identificatoires pour le faire jubiler davantage que son voisin.

Theothea le 25/04/14

       

            photo © Ludovic Dubois  

         

FEMMES LIBERES

de Noémie de Lattre

mise en scène  Pierre Palmade

****

Théâtre Dejazet

Tel   01 45 22 08 40

                    

           visuel affiche

         

Alors que « Le fils du comique » est en tournée, voilà que La Troupe à Palmade réinvestit le Théâtre Tristan Bernard avec un titre accrocheur mais néanmoins persifleur : « Femmes libérées ».

Les deux spectacles progressent dans leur succès de manière concomitante et quasiment complémentaire.

En effet, leurs deux auteurs, Pierre Palmade pour l’un et Noémie de Lattre pour l’autre, ont créé leurs textes respectifs à partir d’un constat d’échec, celui de ne pas parvenir, dans la vraie vie, à former un couple homme-femme et être ainsi géniteurs d’un enfant.

Pierre se chargeait alors d’exploiter ce thème mal vécu en l’adaptant aux planches, à sa manière, en l’occurrence de façon compétitive entre deux femmes pendant que Noémie en disséquait les éléments du puzzle libidinal pour le reconstituer en sketchs où masculinité et féminité se disputeraient un jeu de rôles sexuels démultipliés à l’infini mais dans la mesure du possible à parité.

« Femmes libérées » est donc un titre en trompe l’œil pour flatter l’idéologie dominante mais en fait la thématique de cette pièce s’apparenterait davantage à « Masculin & Féminin décoincés  ».

Ainsi donc, les deux facettes d’une frustration objective vécue simultanément selon des points de vue masculin et féminin se retrouvent-elles quelques mois plus tard à l’affiche du spectacle vivant grâce au prisme révélateur de la Comédie s’adressant au grand public, lui-même censé s’y reconnaître via les traits forcés de la caricature.

C’est vrai, qu’au Théâtre Saint-Georges, « le fils du comique » avait emporté notre adhésion sans réserve, à la fois par son audace et sa transgression des codes ainsi que par son interprétation des rivalités engagées entre les parties impliquées :

Homosexualité et hétérosexualité s’y livraient un combat existentiel sans merci à travers les rivalités amoureuses et son corollaire éternel, la jalousie.

Pour « Femmes libérées », le combat est ailleurs :

Branchés davantage sur le surf permanent entre les postures de l’Amour, déclinées selon l’infinité des options connues ou encore à inventer, les partenaires semblent ne plus savoir où donner de la tête ( c’est une image ! ) et paraissent surtout vouloir ne jamais écarter aucune opportunité, de façon à éviter les regrets de ne pas les avoir tentées au bon moment.

Ces multiples situations sont donc drôles par ricochets tellement leurs protagonistes font d’efforts pour assurer en permanence leur disponibilité au désir, dans toutes ses composantes.

En fait, tout se passe comme si la libération sexuelle devait s’y vivre comme une prise de tête engagée avec un sac de nœuds. Donc, c’est drôle !

Cependant, alors même qu’il signe aussi les deux mises en scène, nous préférons, sur le plan artistique, la progéniture de Palmade mais celle de Noémie de Lattre est très prometteuse d’autant plus que sa personnalité d’auteure est, en soi, une ode à la bonne humeur… et c’est, bien sûr, un euphémisme !

Theothea le 29/04/14

OTHELLO

de William Shakespeare

mise en scène  Léonie Simaga

****

Théâtre du Vieux-Colombier

Tel   01 44 58 15 15

                    

            photo ©  ©Brigitte Enguérand / collection Comédie-Française

     

Dossier de presse très instructif pour cet « Othello » de Léonie Simaga tant la metteuse en scène y explicite en détail, sa vision, ses motivations et ses intentions quant à sa création destinée au Vieux-Colombier.

Comment ne pas voir dans le choix de Muriel Mayette de confier à cette sociétaire déterminée à l’excellence, un réel encouragement pour associer au geste artistique, une incontestable prise de position sociétale et éthique ?

D’emblée, le ticket Simaga-Sangaré allait de soi et même s’imposait à la démonstration grandeur « Théâtre du Français » que l’intégration sociale inaboutie est à la base de tous les maux secrétés par une société malade de ses différences intrinsèques non assumées.

S’appuyant donc sur ce binôme de sensibilité malienne que Léonie constitue avec Bakary, une carte blanche s’offrait à ce drame shakespearien dont la Jalousie serait le venin porteur ainsi que la manipulation l’outil majeur… en vue de disséquer l’âme humaine universelle.

Dans cette perspective, celui qui aurait la responsabilité d’occuper le terrain de l’opinion pour mieux l’amuser tout en mettant à mal son échelle des valeurs serait Lago qui, par son jeu délibérément outrancier et cabotin, créerait un véritable rideau de fumée entre la bien-pensance universelle et la lâcheté individuelle.

C’est bel et bien de cette distorsion entre idéologie vertueuse et comportement pusillanime que s’ouvrirait cette faille énorme où il suffirait de semer le doute dans l’esprit humain pour que le château des cartes de la civilisation s’effondre, sans foi ni loi, en une suite d’attitudes régressives et primaires.

C’est ainsi que, pour un mouchoir soi-disant malencontreusement perdu, le valeureux Othello (Bakary Sangaré) convaincu par le perfide Lago (Nâzim Boudjenah) d’être trompé par Desdemone (Elsa Lepoivre) son épouse aimante n’aura, de fait, plus d’autres soucis que de sacrifier celle-ci au nom de la confiance, en soi et en autrui, définitivement perdue.

Candeur, infantilisme et absence d’esprit critique sont donc au rendez-vous du formidable coup fourré monté par Lago dans un miroir scénographique tendu par Léonie Simaga, à la citoyenneté du monde mal dans sa peau et prête à vaciller au moindre ébranlement de son échafaudage socioculturel.

Theothea le 2 mai 2014

CASABLANCA

de & mise en scène  MORAG FULLARTON

****

Théâtre Dejazet

Tel   01 48 87 52 55

                    

             visuel affiche

             

     

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AMEN

   

Les Prêtres

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Eglise de La Madeleine

                    

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