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 Sommaire / Editorial     Toutes nos  Critiques  2003 - 2004

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 - Le Théâtre à Paris -

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8ème  Saison     Chroniques   08.91   à    95      Page  126

 

  

LES    MOLIERES      2004

    PALMARES      &      POINTS DE VUE

   

Festival du Film de Paris    Palmarès   &   Point de vue

 

THEA BLOGS                    Recherche   par mots-clé                    THEA BLOGS

 

HAIR

de  Gerome Ragni & James Rado

mise en scène    David Gilmore

 Choix des Chroniques ****

Palais des sports

Tel: 08 25 03 80 39 

  

 Les Portraits de Cat.S  
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La comédie musicale "Hair" est désormais un mythe, celui d'une époque où la contestation des moeurs emporta en occident l'adhésion collective à de nouveaux schémas politiques et idéologiques installant l'individu dans le champ du désir!...

Qu'un spectacle live marquant l'évolution des esprits entre l'avant et l'après 68 puisse s'apparenter également au concomitant festival musical de Woodstock ainsi qu'en Europe aux trois festivals de Wight successifs jusqu'à l'apothéose finale de 1970,  ne peut se résoudre en une simple perspective désuète de la nostalgie!...

Aussi quelque trente années plus tard  au tout début d'un nouveau siècle, comment faire de ce spectacle culte, un événement parisien évitant les écueils parodiques d'un marketing anachronique du mouvement hippie?

Au vu des risques vertigineux, la production de Michael Bulter en tournée mondiale esquive assez habilement les polémiques en recentrant le show sur les forces musicales du livret (Gerome Ragni & James Rado) et sur son orchestration live (direction: Bill Tinsley), sise en arrière de la scène du Palais des Sports de Paris!...

Malheureusement un compromis conceptuel a fait opter pour des dialogues francophones appris phonétiquement dans l'urgence, alors qu'une version originale en anglais sous-titrée aurait d'une part permis une meilleure compréhension du texte et surtout aurait autorisé une aisance des comédiens-chanteurs bien plus appréciable!...

Ceci dit, les paroles des chansons n'ayant fort heureusement pas été traduites en français, l'énergie surgit d'autant mieux pour chacune d'elles que la troupe peut y investir alors l'intégralité de son feeling!...

Composé d'un simple praticable d'échafaudages enchevêtrés, l'extrême sobriété du décor (Dirk Digler) renforce l'impression d'une force vitale se communiquant à quelque trente jeunes gens d'aujourd'hui s'aventurant avec force affinités dans le patrimoine d'un temps où les tabous culturels tentaient d'inhiber une jeunesse d'antan en train de se découvrir à elle-même!...

Les images projetées en toile de fond d'un Vietnam en résistance à l'hostilité étrangère suggèrent entre autres mémoires, le souhait d'un monde plus pacifique symbolisé alors par le Flowers power qui s'initiait au sein du fameux California dream!..

La tragédie amoureuse de Claude (Nicholas Rodriguez) et Sheila (Scarlett) saura encore émouvoir, à l'instar du couple Tony et Maria d'un "West Side Story" toujours à reconstruire dans la mondialisation contemporaine!...

Aussi, en rappel final de la mise en scène efficace de David Gilmore, comment ne pas se laisser emporter par l'influx du medley d'une quarantaine de chansons enjouant cette comédie musicale à nulle autre pareille?

En effet, qu'elles osent se l'avouer ou pas, " I got life "... " Aquarius " et " Let the sunshine in " tournent définitivement en boucle dans les consciences modernes en quête de sens!...

Theothea le 02/04/04

LE JARDIN AUX BETTERAVES

de  Roland Dubillard

mise en scène    Jean-Michel Ribes

 Choix des Chroniques ****

Théâtre du Rond Point

Tel: 01 44 95 98 00

  

 Les Portraits de Cat.S  
 En Coulisse Theothea.com

 

Beethoven ou "Le jardin de betteraves", comme il se dit en langue néerlandaise, plane sur la scène du Renault-Barrault comme la statue du commandeur grâce à une tête de bronze du compositeur en charge de pourfendre les idées reçues sur la culture, fût-elle musicale!...

Jean-Michel Ribes emboîte ainsi le pas à Roland Dubillard dans le cadre d'un festival que le directeur du théâtre du Rond-Point consacre à l'auteur de 80 ans durant deux mois, mettant en valeur de la sorte l'ambiguïté de toute logique pour mieux y fustiger les certitudes du rationnel!...

Qu'une maison de la culture investisse le terrain de la connaissance en plein champ.... de betteraves, voilà qui pourra rappeler, de manière plaisante, l'ambition ministérielle de Malraux en pleine vocation décentralisatrice d'avant 68!...

Roland Dubillard installe donc un quatuor en pleines difficultés de répétition en vue d'un concert improbable alors que les musiciens tentent en vain d'accorder leurs motivations et leur savoir-faire!...

Enfermés dans un gigantesque étui à violon qui se refermera sur eux comme un étrange mollusque en fin de partition, le casting très attrayant -François Morel-Julie Depardieu-Philippe Magnan-Yves Pignot-Pierre Mifsud- réuni par la judicieuse mise en scène de J-M Ribes semble néanmoins habiter l'ingénieux décor de Jean-Marc Stehlé sans jamais oser dérailler à la manière de l'éventuel train infernal devant faire décoller la navette spatiale Dubillard!...

Davantage "Deschiens" que "délirant" , le spectacle pourrait aisément se plomber dans un terreau pseudo-réaliste, si des fulgurances ne venaient çà et là transfigurer fort opportunément les instrumentistes!...

Theothea le 31/03/04

LE BEBE

de  Marie Darrieussecq

mise en scène    Marc Goldberg

 Choix des Chroniques ****

Vingtième Théâtre

Tel: 01 43 66 01 13

 

 - LE BEBE  - 
   de Marie Darrieussecq    
   avec Lio   
   mise en scène:  Marc Goldberg  
   Gennevilliers

 

Après la comédie musicale "Sept fille pour sept garçons" aux Folies Bergère en 99 et son spectacle où elle chantait Prevert au Théâtre de Ménilmontant en 2001, Lio se rapproche peu à peu du Théâtre en s'investissant aujourd'hui dans un presque "seule en scène" accompagnée sur les planches d'une présence masculine discrète, en l'occurrence celle du contrebassiste Laurent Cirade (Le Quatuor)!...

Un rôle de non-composition pour l'ex-chanteuse glamour que celui d'une mère face à l'avènement du premier enfant autant redouté que conceptualisé!...

C'est qu'en effet la romancière Marie Darrieussecq s'inquiétait dans son journal intime du surgissement de l'absolue étrangeté qui allait immanquablement advenir, à l'issu de l'attente de cet événement majeur en rupture avec sa vie d'écrivain ô combien ordonnancée!...

Point de vue d'intellectuelle angoissée a priori qui au contact des faits va peu à peu diverger vers une vigilance latente que l'acceptation sans conditions du bébé va adoucir au point d'en constituer une nouvelle source de créativité, assez inattendue!...

Dans une lumière (Véronique Claudel) évoluant de la pénombre à d'exceptionnels jaillissements de clarté, s'exprimant en des couleurs veloutées rouge et bleu, la Dame de la chansonnette semble s'émanciper du poids des tourments conjoncturels en s'oubliant dans la sérénité d'une comédienne en confiance recouvrée sous la direction d'un metteur en scène attentif, Marc Goldberg!...

Son nouveau-né pourrait fort bien en cacher une autre!...

Theothea le 30/03/04

LE CANARD SAUVAGE

de  Henrik Ibsen

mise en scène    Patrick Haggiag

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de Gennevilliers

Tel: 01 41 32 26 26

  

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Le suicide d'une adolescente dont l'entourage familial a fini par se convaincre qu'il fallait se débarrasser du canard sauvage élevé avec tant d'amour dans le grenier, n'est effectivement pas la conséquence d'une fâcheuse confusion!...

C'était bien elle, Hedvig Ekdal (Natacha Mendes) qui était en trop dans cette famille recomposée dont par ailleurs le sentiment de paternité avait sans doute été abusé!...

En effet, quand le mensonge s'insinue dans les esprits par omission ou même avec l'intention de bien faire, le processus de destruction peut commencer son lent cheminement jusqu'aux phases ultimes, pourvu que chacun, mine de rien, souffle sur les braises!...

Avec une acuité exhaustive, Ibsen montre l'inexorable mise en place du crime collectif où la lâcheté peut côtoyer un poison encore plus redoutable l'Idéalisme, pouvant lui-même impliquer des points de vue radicaux et absolutistes allant jusqu'à dénier de facto la valeur de la vie!...

La mise en scène de Patrick Haggiag ajoute à la perspicacité visionnaire de l'auteur une perspective cinématographique où les acteurs paraissent doubler leurs propres personnages, alors que ceux-ci s'interrogent à propos du pouvoir métaphorique de la  photographie eu égard à l'ambition d'Hjalmar Ekdal (Benoît Di Marco), le père déchu!...

Sur la scène du théâtre de Gennevilliers, ce jeu de miroir où l'image virtuelle ne cesse de poursuivre son semblant de réalité trouvera son apogée sur les reflets mouvants d'un plan d'eau qui enfermeront à tout jamais le désespoir d'une famille n'ayant pas su composer avec l'imperfection humaine!...

Theothea le 01/04/04

IVANOV

de  Anton Tchekhov

mise en scène    Alain Françon

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de la Colline

Tel:  01 44 62 52 52

   

 Les Portraits de Cat.S  
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A la veille de la dernière représentation d’ «Ivanov» d’Anton Tchekhov au Théâtre de la Colline, le souvenir persistant de cette pièce atteste avec évidences que la mise en scène d’Alain Françon a fasciné les spectateurs et a su réunir les critiques dans un même élan d'enthousiasme quasiment inversement proportionnel à la profonde mélancolie du rôle de Nikolaï Alexeïevitch!...

Ainsi, plus s’accroissait le désintérêt de celui-ci à l’égard de son entourage dans un rapport au monde devenant peu à peu indifférencié, plus le comédien Eric Caravaca apparaissait juste dans le ton de ce personnage dépressif, sans jamais avoir besoin de recourir à une once de psychologie!...

La force de Tchekhov se situe en effet dans l’observation minutieuse du comportement afin de restituer tous les stigmates de la souffrance intérieure difficile à maîtriser ainsi que l’ensemble des signes avant-coureurs d’une dégradation lente mais inexorable de la présence à soi-même, sous le regard d’autrui!...

D’une propriété familiale à l’autre sa voisine, Ivanov promène son spleen sans jamais être en mesure d’épuiser la profonde détresse qui s’est emparée de lui juste après son mariage, en ne pouvant plus exercer son métier d’instituteur, ni même gérer son domaine, mais pire encore assumer l’affection qu’on lui porte!...

Cette incapacité chronique à surmonter l’échec généralisé où il s’enlise comme dans un trou d’eau sans fond, le conduira à non assistance vis-à-vis de son épouse gravement malade et, en phase ultime, à renoncer à un nouveau mariage salvateur pour se donner la mort en seule échappatoire!...

La métaphore d’une condition humaine à l’image de ce destin vide de sens est palpable à chaque instant d’une situation que Tchekhov a initialement perçue comme comique et pour laquelle Alain Françon a su conserver l’ironie absurde du désespoir!...

Le casting réunissant près de vingt comédiens honore l’ambition théâtrale mieux que tout autre cumul de Molières, c’est pourquoi nous souhaitons ici les nommer tous, à la veille de cette ultime représentation d’ «Ivanov» à la Colline:

Sandrine Belmont, Bruno Blairet, Valérie Blanchon, Fred Cacheux, Eric Caravaca, Laurent Charpentier, Evelyne Didi, Eric Elmosnino, Alexandra Flandrin, Victor Gauthier-Martin, Alain Kaufmann, Guillaume Lévêque, Pierre Mégemont, Jean-Paul Roussillon, Sophie Rodrigues, Hélène Surgère, Dominique Valadié, Jean-Marie Winling.

Theothea le 29/04/04

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