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13ème
Saison
Chroniques 13.51
à
13.55 Page
216
BONNE ANNEE
2009
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LA JAVA DES MEMOIRES
de & mise en scène
Roger Louret
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****
Théâtre Silvia Monfort
Tel: 01 56 08 33 88
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Photo
© Philippe Guérillot
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Encore plus inspiré aujourd'hui au Théâtre Silvia
Monfort que quinze ans auparavant aux Folies Bergère, Roger Louret
est devenu...
- ce magicien qui a constitué une nouvelle équipe de cinq
jeunes comédiens autour de Catherine Delourtet, l'un des talents de
la troupe originelle qui comportait notamment Philippe Candelon, Caroline
Devisme, Lucy Harisson & Pierre Cassignard...
- ce magicien qui demande à ses acteurs du renouvellement, Nicolas
Rougraff, Tiffanie Jamesse, Jean-Paul Delvor, Grégory Ben, Ludivine
Junqua de chanter désormais sans micro et sans sonorisation
amplificatrice, seulement accompagnés de Josias Villechange à
l'accordéon...
- ce magicien qui, effectivement, réussit, deux heures durant,
à faire revivre le film des années trente-cinquante à
travers l'ensemble des rengaines de l'époque et tous ces airs qui,
trottant sur les lèvres, donnaient chaud au coeur.
Il suffit du coup de baguette de ce chef d'orchestre invisible sur scène
pour que, magiques, ressuscitent aux oreilles émerveillées,
ces refrains lancinants qui ont escorté ces années troubles
depuis les années folles jusqu'à celles tout aussi dingues,
dites yé-yé.
Enchâssées comme des poupées russes, ces amorces de
chansons prêtes à surgir de la mémoire collective, à
la moindre évocation de leurs titres, de leurs leitmotivs, de leurs
mélodies, s'emboîtent tel un scénario improbable d'une
histoire de la France qui se raconterait en son miroir, si belle aux
souvenirs!...
Cette anamnèse musicale qui agirait, telle une cure de jouvence
bénéfique à tous ceux qui s'y abandonnent, se présente
comme une suite chorégraphique utilisant le théâtre et
le mime en appui à un impressionnisme émotionnel des multiples
anecdotes contextuelles.
Ainsi, sur et à l'entour d'une passerelle de style "Hôtel
du Nord", les amours se font et se défont au gré des humeurs
capricieuses des jeunes gens toujours en proie aux tourments de leurs sentiments
exacerbés.
C'est tendre, drôle, malicieux, espiègle et surtout plein
de fantaisie.
En huit tableaux thématiques regroupant une cinquantaine de chansons,
Montmartre, l'Espagne, le Front populaire, la guerre, les Zazous, la
résistance / la libération, l'après-guerre avec, en
rappel, l'annonce des années yé-yé, voilà une
fresque picturale où "Sous les ponts de Paris", "Le plus beau tango
du monde", "La java bleue", "A Paris dans chaque faubourg", "J'ai deux amours",
"Mon amant de Saint Jean", "Lily Marlène", "le chant des partisans",
"La romance de Paris", "Pigalle", "Douce France", "la mer", "Que reste-t-il
de nos amours", "Y'a d'la joie", "Qu'est-ce qu'on attend pour être
heureux"... conserveront la suprématie de l'enchantement absolu, dans
la galaxie des engouements sans concurrence.
Merci à Roger Louret d'en vouloir être ce merveilleux passeur
contemporain.
Theothea le 27/12/08
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24 HEURES DE LA VIE D'UNE
FEMME
de Stefan Zweig
mise en scène
Marion Bierry
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****
Petit Théâtre
Montparnasse
Tel: 01 43 22 83 04
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Photo ©
Lot
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Dans une pension de La Riviera, un scandale éclate au sujet d'une
femme mariée qui part brusquement pour suivre un français plein
de charme, sans le connaître, en abandonnant ses enfants.
Cette femme est condamnée par l'ensemble des convives de l'hôtel
sauf un qui lui apporte un soutien approbateur. Ce dernier agirait-il, simplement
par provocation des bonnes moeurs? Une vieille anglaise Mrs C., intriguée
par cette troublante compréhension, va peu à peu s'apprivoiser
cet homme et lui révéler, au fur et à mesure de son
attention bienveillante, une histoire fort similaire.
En devenant le confesseur d'une âme féminine en proie à
un sentimentalisme exacerbé, celui-ci sera, en tant que narrateur
du récit, le récipiendaire d'une confidence douloureuse.
Tel un psychanalyste, son écoute va permettre l'accouchement d'un
passion camouflée, enfouie comme un secret inavouable.
Telle une toile qu'un fin pinceau créerait devant nous, cette
révélation se fera par touches délicates et avec une
précision minutieuse pour découvrir l'intensité de l'aveu
où apparaîtra l'élan de son coeur pour un jeune homme
de vingt-quatre ans alors qu'elle en avait quarante à l'époque.
Ce sont des mains de joueur, aperçues au casino, excitantes et
sensuelles, décrites avec d'infinis détails qui ont contribué
au coup de foudre entraînant la jeune femme hors des codes de son milieu.
Elle croira au partage de réels sentiments d'affection, en voulant
protéger cet être vulnérable des affres de la détresse
qu'engendre la perte au jeu d'argent.
Cependant, après avoir succombè à la séduction,
elle sera déçue par le comportement brutal de cet homme qui
retournera à son addiction.
En cachant désormais ce souvenir lancinant à l'égard
d'une passion inassouvie, elle se sentira à la fois coupable d'une
fusion avec l'absolu et victime d'un destin contrarié.
La narration était une nécessité affective pour
libérer l'héroïne du poids des conventions.
Par le jeu en miroir du double récit, celui récent de la
fuite de Mme Henriette permet un retour dans le temps pour Mrs C. en lui
offrant de transformer l'opportunité d'une anamnèse en désir
de résilience.
Habillée d'une élégante robe écrue et moulante
dessinée par Pascale Bordet et dans une mise en scène très
sobre de Marion Bierry, Catherine Rich, subtile, fine et parfois malicieuse
est cette femme silencieuse et repliée qui, mise en confiance,
dévoile ces 24 heures ayant bouleversé ses sentiments et son
regard sur l'Amour.
Une libération par la parole supervisée par son partenaire
Robert Bouvier avec une délicatesse raffinée comme une confidence
sacrée, à la manière d'une correspondance épistolaire
qui pourrait rappeler une autre courte nouvelle de S. Zweig "lettre à
un inconnu"
Cat.S / Theothea, le 15/12/08
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LE COMIQUE
de Pierre
Palmade
mise en scène
Alex Lutz
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****
Théâtre Fontaine
Tel: 01 48 74 74 40
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Visuel affiche
DR.
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Entrant en quarantaine, Pierre Palmade a décidé de changer
de registre en intégrant sa démarche artistique au sein d'un
véritable travail d'équipe.
Revenu de l'égocentrisme comme matière obsessionnelle à
une écriture s'offrant en miroir à un vécu en
représentation théâtrale permanente, "Le comique" s'offre
le luxe suprême de tourner en dérision la première phase
de sa carrière, en fustigeant l'impasse programmée en
perspective.
Telle une caricature de lui-même s'immolant sur l'autel de la fuite
en avant, de l'alcoolisme et des fêtes nocturnes à outrance,
le comédien revient sous le pseudo de "Pierre Mazar", en brandissant
le cache sexe de l'homosexualité à la manière d'un talisman
refuge à ses tentations hétéro.
C'est donc avec distance critique que l'auteur construit une valse à
deux temps qui en cacherait mille, tout en jouant les faire-valoir de ses
sept partenaires, Delphine Baril, Anne-Élisabeth Blateau, Noémie
de Lattre, Bilco, Sébastien Castro, Jean Leduc et Arnaud Tsamère
qu'il s'est choisi à dessein en souhaitant que "les crocs de leur
ego soient limés".
Ainsi en patron assumé d'une bande reconstituant l'entourage de
la star qu'il fut à ses propres yeux, il rassemble les pièces
du puzzle dont la clef de voûte inéluctable aurait été
sa propre déchéance avec en perte ultime, l'inspiration
créatrice.
Après l'entracte, il ne restera plus qu'à mettre tout ce
joyeux monde en villégiature provençale pour que le naturel
revienne au galop et que chacun trouve sa juste place dans un processus où
les talents se complètent et les erreurs de casting s'éliminent
d'elles-mêmes.
Au final, le nouveau spectacle de Pierre Palmade sera fin prêt à
passer la rampe, mais entre-temps une franche rigolade digne d'une colonie
de vacances en régression adolescente aura saisi l'assistance encline
à s'ébaudir des bons mots pourvu que l'ivresse de la thérapie
ait rattrapé définitivement les motivations d'un geste artistique
ainsi mis à nu.
Theothea le 08/01/09
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GERTRUDE
de Howard Barker
mise en scène
Giorgio Barberio Corsetti
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****
Théâtre de L'Odéon
Tel: 01 44 85 40 40
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Photo © Alain
Fonteray
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A lorigine, le syndrome dun Hamlet désemparé
par la supputation du crime familial trouvait son écho Sheakspearien
en un pathétique « être ou ne pas être ».
Cest le cri tellurique de la Gertrude de Barker qui va faire imploser
le doute métaphysique, en affirmant la genèse du fratricide
en pleine jubilation orgasmique.
Ainsi posée léquation exemplaire du «
Théâtre de la catastrophe » revendiqué par Barker,
précisons quà la clef de cette transgression du tabou,
aucun jugement moral ne saurait régenter ce jeu de miroir, fût-il
déformant.
Que Claudius (Luc-Antoine Diquéro), lamant, soit le bras
armé de Gertrude, enivrée de jouissance sexuelle au sein du
pouvoir de donner vie et mort au souverain de son choix, peut aisément
laisser Hamlet (Christophe Maltot) au rang de dommage collatéral et
élever la Reine à celui du principe absolu de lextase.
Cest en effet le cri animal initial de Gertrude (la mythique Anne
Alvaro) aux confins de tous les paroxysmes que Claudius voudrait réentendre
et revivre sans cesse en tentant de réunir les voluptés
nécessaires à son accomplissement.
Ainsi lescalade progressive dans le dérèglement des
sens exacerbés obligera peu à peu les protagonistes aux contorsions
les plus extrêmes de lémotion jusquà dénier
tout principe de réalité.
Cest pourquoi, prenant Howard Barker au mot, la mise en scène
de Girgio Barberio Corsetti organise en premier lieu un ballet obsessionnel,
à travers un circuit en forme de huit, dont elle met sur rails des
wagons de garde-robes et darmoires à linge qui vont cloisonner
lespace en le modulant dans une réitération sans fin.
Viendra ensuite le temps des acrobates et des funambules qui, jetant un
défi aux lois gravitationnelles de léquilibre, provoquent
lamalgame des références verticales et horizontales sous
un effet de réflexion totalement renversant.
Du jamais vu sur les planches au jamais conçu dans la langue se
tient donc ce no mans land secret où Howard Barker et Giorgio
Barberio Corsetti, réunis pour le meilleur et pour le pire, nous proposent
de rejoindre les vertiges du désir en assumant son effroi.
Theothea le 13/01/09
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LA PUCE A L'OREILLE
de Feydeau
mise en scène
Paul Golub
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****
Théâtre de
L'Athénée
Tel: 01 50 05 19 19
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Photo © Christophe
Raynaud de Lage
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Sous linfluence croisée et revendiquée des Marx Brothers
et de Jacques Lacan, Paul Golub sempare de loeuvre de Feydeau
pour dépeindre une société moderne hystérisée
dont les pulsions psychiques sentrechoqueraient avec les handicaps
physiologiques au sein de quiproquos mettant en doute la bonne santé
mentale de chacun des protagonistes.
Le rôle dédoublé par David Ayala pour cause de
ressemblance physique confondante entre Victor-Emmanuel, le mari de Raymonde
Chandebise (Emeline Bayart) et Poche, le valet du « Minet Galant »,
va servir de trame à un chassé-croisé de 15 personnages
entre lappartement bourgeois des Chandebise et lhôtel de
charme des Ferraillon.
Si Camille (Sébastien Bravard) souffre dun défaut
délocution lempêchant de prononcer les consonnes,
Victor-Emmanuel confie, lui, à son ami Romain Tournel (Brontis Jodorowsky)
quil est actuellement victime dune impuissance à honorer
son épouse; si Baptistin (Stanislas de la Tousche) a des rhumatismes
chroniques, Carlos Homenidès de Histangua (Philippe Bérodot)
est, lui, sous lemprise dune jalousie meurtrière; bref,
tous vont manifester des failles du corps ou de lesprit qui se
constitueront en autant dobstacles égarant le diagnostic du
Docteur Finache (Rainer Sievert), et en malentendus semant allègrement
la confusion des identités.
Freudien avant la découverte de linconscient, cest
le langage comme vecteur dincommunication entre les êtres humains
qui sert, ici, de ressort à toutes les susceptibilités ou autres
vulnérabilités.
Décodant les signes abscons de lincompréhension, Lucienne
Homenidès de Histangua (Stéphanie Pasquet) tentera, grâce
à un Esperanto de la langue espagnole, de donner le coup de grâce
à linterprétation fallacieuse des « bonnes intentions
».
Ainsi, de dérapages contrôlés par Feydeau en postures
caricaturales téléguidées par Golub, le monde devient,
sous nos yeux, une véritable métaphore du « Village people
» atteignant son paroxysme durant les changements de décors à
vue.
Chaque rôle est porteur en soi dune panoplie burlesque que
le genre humain se complaît à mettre en scène, pourvu
quil sache participer à lembrouillamini général
permettant paradoxalement à chacun de sauver la face.
Cest du délire à outrance !... Cest une
réussite totalement déjantée de la Compagnie «
Le Théâtre du Volcan Bleu ».
Theothea le 16/01/09
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