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VIE PRIVEE
de Philip
Barry
mise en scène
Pierre Laville
|
****
Théâtre
Antoine
Tel:
01
42 08 77 71
|
|
photo © Cat.S /
Theothea.com
|
Au-delà du titre « Vie privée », qui
ne serait pas sans rappeler celui du film de Louis Malle réunissant,
en 1961, Brigitte Bardot et Marcello Mastroianni, ladaptation de
« The Philadelphia Story » par Pierre Laville met ici
Anne Brochet à labri de toutes chasses poursuites de paparazzi
en transe.
Et pourtant, alors que cette saga dune grande famille de la haute
société américaine, durant les années Roosevelt
à la veille de la seconde guerre mondiale, laisse pressentir un train
de vie luxueux protégé de toutes contingences par les
clôtures de leur propriété, cest, bel et bien,
la presse « people » qui va faire irruption dans leur
résidence pour un reportage sur les préparatifs du mariage
mondain annoncé entre Tracy et un brillant homme daffaires.
Ce fut Katherine Hepburn qui créa le rôle de Tracy Samantha
Lord, dabord sur les planches de Broadway pour la Comédie musicale
et ensuite à Hollywood, en compagnie de Gary Grant et James Stewart,
pour le film de Georges Cukor, couronné par 6 nominations et 2 Oscars
en 1940.
Ainsi au Théâtre Antoine, il apparaît donc que cest
Dexter (François Vincentelli), son ex-mari, qui a fomenté cette
intrusion des deux journalistes dont lun Macaulay Connor (Julien
Boisselier) tombera rapidement, malgré le grand écart de classes
sociales, sous le charme de cette jeune femme subjuguée par un bonheur
suspendu et indéterminé.
Cet entre-deux du temps ira jusquà bousculer, à
lissue dune nuit prénuptiale enivrée,
lidentité finale du récipiendaire des noces, puisque
cest Dexter qui, en définitive, tirera les marrons du feu en
reconquérant Tracy dans le meilleur des mondes.
Latmosphère impressionniste de la mise en scène peut
déconcerter les adeptes dune dramaturgie théâtrale
bien ficelée, mais ceux qui, en revanche, peuvent saffranchir
des amarres rationnelles de lémotion, apprécieront cette
saveur indicible dun délicieux flottement onirique entre plusieurs
univers.
Theothea le 21/09/09
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L'AVARE
de
Molière
mise en scène
Catherine Hiegel
|
****
Comédie Française
Tel:
08
25 10 16 80
|
Au lever du rideau mordoré de la Salle Richelieu, lunique
décor de Goury, dédié à
lintégralité de la mise en scène de LAvare
par Catherine Hiegel, simpose demblée avec une flagrance
tautologique: « Eureka, mais cest bien
sûr!... ».
En effet, dans un entretien avec Fabienne Darge paru dans Le Monde daté
du 11 septembre 09, la Doyenne de La Comédie Française explique
que cest la découverte dune photo dEugène
Atget représentant lentresol dun hôtel particulier
du XVIIème qui leur a inspiré la création de cette
scénographie où prédomine la cage dun ample escalier
de marbre menant aux étages supérieurs et inférieurs,
respectivement appartements et caves.
En souvrant face au public sis à lorchestre et ainsi
placé en point de vue de contre-plongée éminemment
cinématographique, les majestueuses marches vont convier Denis
Podalydès à mener en revue toutes les facettes du vice chronique,
plus que jamais à la mode, en incarnant les ravages monomiaques du
pouvoir de lArgent.
A la tête de la troupe du Français, tel un pourfendeur des
obstacles matériels et humains qui pourraient lempêcher
de jouir de la possession de son trésor en extension incessante,
Harpagon gambade de long en large sur les marches de la
prospérité, tel un jeune homme déniant le nombre des
années, car lavarice, de toutes évidences, na pas
dâge.
Tout grisé par les fruits de ses prêts abusifs et de
lusure escomptée, lignominieux vieillard est néanmoins
obsédé par une cassette de dix mille écus dor
quil ne parviendra jamais à sécuriser.
Ce sont donc ses propres enfants et sa domesticité qui feront les
frais de son inquiétude grandissante au point de les contraindre à
une autodéfense dans la tromperie et le chantage.
A juste titre, Catherine Hiegel juge cette pièce de Molière
tout à la fois, amorale et immorale et cest,
précisément, ce qui prévaut dans la force contemporaine
de sa création laissant une impression métaphorique de danse
hystérique sur les pentes dun volcan en éveil alors que
se déverserait, insidieusement, la lave calamiteuse.
Theothea le 22/09/09
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ORDET
de Kaj Munk
mise en scène
Arthur Nauzyciel
|
****
Théâtre du Rond-Point
Tel: 01 44 95 98 21
|
|
photo © Frédéric
Nauczyciel
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« Au commencement était le verbe... puis le verbe sest
fait chair... ».
De Mikkel Borgen, le père ( Pascal Greggory) à Johannes
Borgen (Xavier Gallais), lun de se trois fils, lexpérience
de la parole toute puissante pourrait se transmettre, au-delà des
épreuves radicales de la raison et de la folie, bien divergentes en
apparence, en se sublimant dans lapothéose du
« miracle » par excellence.
En effet, de lincarnation du verbe à la résurrection
de laimée, morte à la suite dune fausse couche,
cest le parcours du mysticisme radical jusquà
lidéalisme onirique, cest le combat de la croyance face
au rationalisme, cest la lutte entre deux familles de pensée
religieuse modérée par deux représentants institutionnels,
le pasteur et le médecin dun village du Grand Nord.
Au Théâtre du Rond-Point, avec en toile de fond, la
problématique dun visuel graphique absorbant les forces de
linconscient, la scénographie plonge les acteurs de ce
questionnement métaphysique au coeur dun manège surnaturel
tournant sur lui-même sous le chant polyphonique langoureux et atavique
de lensemble Organum.
Ce que Raj Munk y met en jeu, cest lomnipotence des mots quand
ils sont les vecteurs dune certitude, sans failles, de
lentendement.
Ce quArthur Nauzyciel y façonne en sappuyant sur
ladaptation de Marie Darrieussecq, cest la chorégraphie
du langage des corps liés à leurs pulsions instinctives.
Ce que les comédiens et chanteurs investissent dans cette
représentation chorale, cest lénergie de
lexpression orale et physique, en tant que sujet de transcendance.
Ô temps suspend ton vol, avant que les applaudissements te fassent
revenir à la conscience, quil y a une fin tangible à
ce fascinant viatique.
Theothea le 24/09/09
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LA SERVA AMOROSA
de Carlo
Goldoni
mise en scène
Christophe Lidon
|
****
Théâtre
Hébertot
Tel:
01
43 87 23 23
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photo affiche © Pascal Victor
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Robert Hirsch pour le plaisir... sans cesse renouvelé !...
Dabord pour le sien, revenant sur les planches à 84 ans
après avoir subi, avec succès, une opération à
coeur ouvert, suite à linterruption triomphale de sa tournée
du « Gardien » de Pinter, en janvier 2008.
Ensuite pour ses partenaires, au premier rang desquelles Clémentine
Célarié et Claire Nadeau qui, avec malignité, se disputent
Otavio sur le plateau du Théâtre Hébertot puisque,
malgré la rébellion de la servante Coraline, ce riche vieillard
de Vérone se laisse manipuler avec complaisance par Béatrice,
layant épousé sur le tard pour capter lhéritage
en sa faveur et celle de Lélio, son fils demeuré.
Enfin pour le public qui, demblée, vote des deux mains en
plébiscite des retrouvailles avec le sociétaire honoraire de
la Comédie Française, possédant, entre autre, ce don
inimitable de la désarticulation dans lhilarante souplesse du
danseur ayant failli faire carrière en 1945.
Avec ses célèbres grimaces de comédien qui, ici,
se parodie dans la classe seyante au grand âge dOtavio, personnage
à la fois candide mais confronté à une image flattée
et abusée par lAmour, Robert Hirsch donne la mesure du festin
de la vie consommée jusque la lie.
Cest pourquoi, dans cette jubilante perspective, Clémentine
Célarié aura beau jeu de fomenter les ruses nécessaires
à confondre la vile flagornerie que Claire Nadeau entretient, en retour,
avec la maestria dune virtuose au poker menteur.
Christophe Lidon met en place les multiples éléments de
la farce en dosant malicieusement les ingrédients, depuis la sensiblerie
feinte jusquau piment exacerbé, ainsi par exemple, en incitant
Manuel Durand, pour son rôle de Lélio, à composer, dans
une cocasserie extravagante, limbécile heureux à
souhait.
Un décor unique (de Catherine Bluwal ) avec mezzanine permet habilement
de suivre, de manière concomitante, les intrigues antagonistes au
sein desquelles la sincérité des sentiments des uns cherche
à sortir du sac de noeuds tressés par la convoitise des
autres.
Cest alors que les malversations prises à leur propre piège
faisant apparaître, au grand jour, la tentative dextorsion, Florindo
(Benjamin Boyer) le fils répudié à tort par Otavio pourra
épouser Rosaura (Emilie Chesnais) dans une réhabilitation festive
à la hauteur de la cure de jouvence authentifiée par Robert
Hirsch.
Theothea le 28/09/09
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GOODBYE CHARLIE
de George
Axelrod
mise en scène
Didier Caron
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****
Théâtre de La
Michodière
Tel: 01 47 42 95 22
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photo © Cat.S /
Theothea.com
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« Être ou ne pas être », telle nest
plus la question pour Charlie puisque, à peine de profundis, le voici
qui réapparaît, aux yeux de George son meilleur ami,
réincarné en jeune femme.
Mirage pour lun ou purgatoire pour lautre, ce
phénomène surnaturel devra être tenu secret à
légard de lentourage du scénariste disparu car
lincrédulité générale sannonce
ingérable.
Ce Don Juan, désormais « en jupons », naura
eu cesse durant son vivant, de se comporter en macho insupportable et cest
donc quasiment comme un châtiment du ciel, quest abordée
cette seconde vie où se faisant passer pour la veuve de Charlie, celle-ci
devra passer sous les fourches caudines de la condition féminine.
Mais là sarrête net, la perspective féministe
de la mise en scène de Didier Caron & Dominique Deschamps, car
leur ambition légitime est de jouer le jeu de la comédie
écrite en 1964 par George Axelrod, en sappuyant prioritairement
sur sa composante comportementale.
Ainsi, aux marges dune analyse de moeurs concernant les relations
homme-femme, lobjectif comique est de cibler les postures typiques
dune initiation tardive au respect de lautre.
Par ailleurs le rire est, de toutes évidences, attendu dans une
conflagration provoquée, sous rencontre conflictuelle, entre le
conditionnement atavique du masculin avec le modus vivendi accordé
à léternel féminin.
Perçue en quelque sorte comme « Une cage aux
folles » inversée, linterprétation des trois
comédiennes ( Marie-Anne Chazel, Isabelle Tanakil & Christelle
Reboul) est une invite à des rôles de composition truculente
face à laquelle leurs deux partenaires ( Eric Laugérias &
Serge Ridoux) doivent slalomer avec la circonspection dune assignation
à charge.
Succédant à Stéphane Hillel ayant assuré la
tournée, Eric Laugerias prend la relève au Théâtre
de La Michodière en donnant à George le rôle du mentor
se méfiant à égale distance de toutes déviances
malencontreuses. Son amitié admirative pour le « Charlie
davant » le maintient sur le fil de la diplomatie à
outrances.
La performance de Marie-Anne Chazel jonglant avec des savoir-faire
désappris est, en soi, le centre de tous les intérêts;
ce qui incite, à rebours, lensemble de ses partenaires à
se positionner en faire-valoir dune empathie collective à
l'égard de la parodie. Bienvenue à Paris, Charlie !...
Theothea le 01/10/09
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