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QUI EST MONSIEUR SCHMITT
?
de
Sébastien Thiery
mise en scène
José Paul & Stéphane Cottin
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****
Théâtre de La
Madeleine
Tel: 01 42 65 07 09
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photo ©
Cat.S / Theothea.com
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Derrière le divan du salon, veille le portrait dun berger
allemand.
A lautre bout de la pièce, Jean-Claude et Nicole Bélier
déjeunent alors que retentit le téléphone.
Etrangement, le chien de garde se serait substitué au visage maternel
alors que telle une alarme, la sonnerie improbable provoque une double
stupéfaction.
« Etes-vous Monsieur Schmitt ? » demande la voix au
bout du fil, alors que le couple Bélier na pas dabonnement
téléphonique.
Voilà une approche, en puissance
« analytique », de la nouvelle pièce signée
Sébastien Thiéry incarnant, de surcroît, sur la scène
du Théâtre de La Madeleine, le rôle du psychiatre, alors
que la police sera représentée par Chick Ortega.
Absurde diront les uns, surréaliste diront certains, irrationnel
encore dautres... mais surtout schizophrénique, devrait-on
comprendre.
Un cas décole en effet, grandeur nature scénique,
où Richard Berry et Raphaëline Goupilleau vont exceller durant
quatre-vingt minutes, tout à fait passionnantes, à faire vivre
la problématique identitaire au sein du conflit de
personnalité.
La direction de José Paul et Stéphane Cottin est remarquable
car elle respecte la complexité du questionnement renvoyé en
miroir infini du mari à lépouse en passant par Karl (Jean-Luc
Joseph), le fils putatif.
En meneurs de jeu irresponsables, le psychiatre et le policier, eux,
mènent lenquête tendant à rendre définitivement
« fou » celui qui a eu le malheur de tomber en des mains
si peu expertes à clarifier lentendement obscurci par des consignes
formatées.
De Jean-Claude Bélier à Monsieur Schmitt, va donc se creuser
un trou noir où la dénégation et la perte de repères
vont, peu à peu, faire leur oeuvre de sape; il ne suffira plus que
du coup de grâce ou du coup de pied de lâne pour mettre
un terme à la confusion projetée, avec lassentiment
général, sur larchétype du dédoublement.
Si effectivement « Lenfer, cest les
autres », alors Sébastien Thiéry illustre, de
manière caustique, ce pressentiment pathologique en neutralisant,
le temps de la démonstration théâtrale, la clef permettant
déchapper à laliénation du
« Huis-Clos ».
Theothea le 02/10/09
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LE DEMON DE HANNAH
de Antoine
Rault
mise en scène
Michel Fagadau
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****
Comédie des
Champs-Elysées
Tel: 01 53 23 99 19
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photos affiche ©
Pascalito
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Si la passion ayant accouplé Hannah Arendt et Martin Heidegger
dans les années 25 pouvait, soudain, ressusciter dans les années
cinquante, après tout ce qui sétait passé entre
deux, Elsa Zylberstein et Didier Flamand se posent, en comédiens
engagés sur les planches, la question idéologique quAntoine
Rault, lauteur et Michel Fagadau, le metteur en scène, ont
tenté de conceptualiser et théâtraliser à cet
égard.
Tout dabord le décor, deux cubes juxtaposés symbolisent
côté cour, le Berlin dévasté
daprès-guerre, côté jardin, le New-York triomphant
de l« American way of life ».
Dans lun, Hannah face à son mari (Jean-Marie Galey) alors
que dans lautre, Martin opposé à son épouse (Josiane
Stoleru), se préparent aux retrouvailles des deux ex-amants quil
va, ainsi, falloir expliciter aux partenaires respectifs, en justifiant,
professionnellement, cette rencontre et, ainsi, la rendre crédible,
vingt-cinq années plus tard, dans une petite chambre dhôtel
à Berlin.
Létudiante et disciple étant devenue légale
du maître sur le plan philosophique; lune étant
désormais reconnue par ses pairs, lautre en situation
dinterdiction denseigner, vont se retrouver comme aimantés
par une force indicible, en état dimplosion implicite.
Ce nest pas tant la différence dâges, qui sest
nécessairement accusée, que la dialectique des motivations
et reproches qui servira de tremplin à cet élan damour-haine
que le temps naura fait quexacerber.
Ainsi, au coeur du conflit amoureux, se dresse comme une montagne
infranchissable, ladhésion au National-Socialisme et ses lois
anti-juives auxquelles Martin Heidegger se défend davoir souscrit
si ce nest par simple échappatoire administrative.
Comment donc restaurer une confiance apparemment trahie au nom des serments
fusionnels dantan ?
En tout cas, ce nest pas Madame Heidegger qui sauvera des cendres,
le souvenir de cette passion intransgressible, car telle une diablesse sortant
dune boîte à mauvaises surprises, celle-ci fera irruption,
dans la chambre des amours retrouvés, pour vider le sac des tromperies
et autres lâchetés conjoncturelles que Martin, son mari ne semblera
pas en mesure de récuser.
Didier Flamand se présente effectivement fort touchant dans la
sincérité des sentiments contrariés; face à ce
débordement maîtrisé, Elsa Zylberstein apparaît
sur un fil déquilibriste qui tantôt sermonne, tantôt
abandonne le quant-à-soi pour sen remettre à un jeu
instinctif où se discerneraient des enjeux contradictoires, dirigés
à lemporte-pièce par Michel Fagadau.
Ainsi, au vu des premières représentations, la comédienne,
dans son souci didentification au personnage, semble se faire la proie
consentante dune forte interrogation subjective.
Gageons, dans cette perspective, que le démon dElsa serait
une feinte ingénieuse de lActor Studio.
Theothea le 08/10/09
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CASIMIR ET CAROLINE
de
Ödön von Horvath
mise en scène
Johan Simons & Paul Koek
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****
Théâtre des Amandiers
Nanterre
Tel:
01
46 14 70 00
|
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photo ©
Cat.S / Theothea.com
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Clôturant le 61ème Festival dAvignon, la retransmission
en direct depuis la Cour dhonneur de « Casimir et
Caroline » répercutait à distance hertzienne, le
tohu-bohu que la mise en scène de Johan Simons et Paul Koek avait
suscité en juillet 09.
En inaugurant, début octobre suivant, sa série de cinq
représentations au Théâtre des Amandiers de Nanterre,
la pièce dÖdön von Horvath sapprêtait
à faire revivre cette atmosphère munichoise de grande fête
de la bière, à lorée des années trente,
sur un manège de montagnes russes quesquissait son décor
déchafaudage en tubulures métallisées.
A linstar dun huit et demi Fellinien, les multiples projecteurs
inondaient la scène des amours perdus, retrouvés et à
nouveau perdus en éblouissant de ses phares, le vague à
lâme dédié au terrain de la séduction.
Wim Opbrouck et Els Dottermans faisaient, alors, leur entrée sur
les planches, tels le toréador et sa conquête, saluant les
spectateurs avant la délectation du combat, à coeur nu, que
la foule serait toujours prête à dénier par le bais de
ses critiques postées en chiens de garde du théâtralement
correct.
Lénergie de cette création néerlandaise
commençait à prendre son rythme de croisière, en escalades
et dégringolades des différents niveaux de lecture de la crise
économique, sociale et, donc le cas échéant, amoureuse
qui toujours pointe son nez, là où il ne faudrait pas.
Cest pourquoi, les musiciens démantelaient, live, le langoureux
spleen du leitmotiv techno dans la foulée dune reconstruction
dun opéra rock, inextinguible.
Quand soudain, un gémissement senfuyant en coulisses, surgissait
hors du concert des lamentations et autres vociférations synchrones....
en raison du claquage musculaire qui allait, sous peu, faire revenir Casimir,
dun pas claudiquant, avec le masque de la douleur cachée,
lançant des éclairs grimaçants.
Ainsi, au plus fort de ses vitupérations et de son élan
cosmique, cette première représentation des Amandiers était
touchée en plein coeur; elle ne pourrait sen remettre....
quau courage forcené du comédien de terminer vaille que
vaille le rituel de la tragédie.
Ses partenaires, à lunisson, tentaient de maintenir
lattention du public, en jouant au mieux limprovisation autour
de Wim Opbrouck qui, contraint de sasseoir sur une chaise, finirait
par la brandir et la jeter rageusement au sol, en provocant des
éclats.
Casimir ainsi terrassé, jamais, de toutes évidences, Caroline
naurait eu, autant le champ libre, pour une nouvelle vie:
« ENJOY ».
Theothea le 05/10/09
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MARIE STUART
de Friedrich
Schiller
mise en scène
Stuart Seide
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****
Théâtre Gérard
Philipe
Tel:
01
48 13 70 00
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photo © Cat.S /
Theothea.com
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En osant imaginer la rencontre emblématique entre deux Reines,
Marie Stuart et Elisabeth I, Friedrich Schiller saffranchit des
contingences de lHistoire mais surtout met en place la confrontation
directe entre deux postures royales, le vertige du pouvoir absolu dune
part et la sublimation du pouvoir déchu par ailleurs.
A linstar dun échiquier métaphorique où
sorganiserait la lutte au sommet afin de parvenir à la liberté
suprême mettant hors de nuire, la fourberie de lhumanité,
Océane Mozas et Cécile Garcia Fogel prennent en charge de concert,
la lâcheté universelle pour aboutir au superbe
« échec et mat » infligé à
lillusoire puissance divine convoitée par le destin terrestre.
Ainsi, la raison ne pouvant sopposer à elle-même, les
deux comédiennes seront contraintes den passer par le duel à
mort que la sororité va exacerber au plus haut point du conflit
dintérêts:
En effet, La Reine dAngleterre ne pourra asseoir durablement le
prestige de son règne quen éliminant sa rivale, la Reine
dEcosse, dautant plus que leur entourage influent serait disponible
au moindre renversement opportun.
Cependant, alors que lune est sur le trône mais que lautre
croupit dans les geôles de la Tour de Londres, il ne sera vraiment
pas aisé de se résoudre à lordre de
décapitation.
Comme si la pulsion de mort pouvait se retourner contre celle qui sy
laisserait séduire, la pulsion de vie gagne un précieux terrain,
au fur et à mesure de son enfermement.
Le pressentiment de leffet boomerang plane du début à
la fin dune scénographie que Stuart Seide ouvre à tous
les vents de largumentaire contradictoire, tout en soumettant les onze
protagonistes à la problématique implicite du respect de la
vie.
Davantage métaphysique que morale, cette leçon sur le
désappointement que pourrait susciter lexercice unilatéral
du pouvoir possède, donc en filigrane, les vertus dune fable
bien contemporaine.
Theothea le 06/10/09
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L'ILLUSION
CONJUGALE
de Eric Assous
mise en scène
Jean-Luc Moreau
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****
Théâtre de
l'Oeuvre
Tel: 01 44 53 88 88
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En réclamant, dentrée de jeu, un « état
des lieux » de leur couple, Jeanne lance à Maxime le défi
de la vérité pour laquelle, paradoxalement, elle semble
navoir aucune illusion.
En effet, si la partie de cache-cache conjugale, bientôt
démasquée, pouvait recenser le nombre de liaisons respectives,
le bilan prosaïque pourrait, tout autant, faire le lit dune partie
parallèle où la valeur éthique des sentiments serait
sacrifiée au nom dun laxisme peu reluisant.
Ainsi dans un match nul, où douze ruptures de contrat de mariage
pourrait équivaloir à une seule étalée sur neuf
mois, une arrière-pensée déplaisante se glisse
subrepticement quant à la pertinence de ces chiffres face à
la haute idée imputée si non à lAmour, tout au
moins à lAmitié.
En effet, si ces deux aspirations à labsolu devaient être
renvoyées dos à dos, en une lutte dont laboutissement
serait forcément biaisé, quelle déconvenue pour le trio
traditionnel, mari, amant et épouse, confronté à
léchec de lidéal du moi.
Convoqué au domicile conjugal, Claude, le tiers attendu, sera,
à son insu, le vecteur de cette terrible prise de conscience qui les
laissera tous les trois « sur le tapis » de la consternation
pour gâchis affectif avéré.
Sur la scène du Théâtre de lOeuvre, cette rencontre
au sommet entre deux metteurs en scène se donnant, en acteurs aguerris,
la réplique frontale est, en soi, un régal suprême que,
de surcroît, leur égérie va, subtilement, transcender,
avec élégance et tact, en un véritable acte damour
au spectacle vivant.
Oui, Isabelle Gélinas, José Paul et Jean-Luc Moreau sont
au comble de lexcellence quils distillent, avec un plaisir
éminemment communicatif, au vu et au su du tout pari jubilatoire sur
ce talisman qu'est devenu Eric Assous.
Theothea le 09/10/09
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