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HIVER
de Jon Fosse
mise en scène
Jérémie Lippmann
|
****
Théâtre de
l'Atelier
Tel:
01
46 06 49 24
|
|
photo affiche
© Basile Dell
|
Nathalie Baye en passion d'
« Hiver »
Voici Nathalie Baye qui entre sur scène en titubant.
Accrochée à son banc public, la voilà, maintenant,
qui interpelle Pascal Bongard tentant discrètement de
sesquiver:
« Hé toi »... « Oui toi »...
« Toi Toi Toi Toi » !...
Parce que cest elle, parce que cest lui; se connaissent-ils
depuis toujours, eux qui paraissent se reconnaître sur un signe
évanescent ?
Elle perd facilement léquilibre; désemparé,
il voit son destin se scinder à vue.
Tout pourrait les séparer, lépouse, les enfants, le
job du cadre en activité face à cette inconnue qui proclame
être « sa nana ».
La plus belle, oui, il nen a jamais connu daussi jolie;
cest ce quelle lui dit; cest ce quil sait mais tait
résolument.
De lextérieur à lintérieur des sentiments,
le voyage sinverse du jardin public à la chambre
dhôtel... à deux reprises.
Il file vers un rendez-vous manqué; elle sabsente sans raison;
toujours ils se reviennent... tels ces aimants bipolaires.
Elle sait quil sait; elle le lui dit... elle le met en garde, mais
ils nont plus le choix.
Dailleurs, rien ne semble les arrêter, lui et elle en cavale
vers un ailleurs à déchiffrer.
Un ange passe, celui que convoite Jon Fosse, et tombe la neige sur les
planches de lAtelier...
Ce presque rien dun amour en fuite est au diapason dinterjections
en suspension et de locutions sous sidération que lauteur
norvégien distille à qui mieux mieux d'un langage
élémentaire.
Jérémie Lippmann livre Nathalie Baye et Pascal Bongard dans
labîme des affects quils se doivent dhabiter sans
espoir de retour au temps de saison davant leur rencontre.
Superbes dans la distanciation du harcèlement mental face au
désarroi psychologique, lui et elle soffrent en acteurs expiatoires
de la passion.
Theothea le 02/11/09
|
LE VOYAGE DE VICTOR
de Nicolas
Bedos
mise en scène
Nicolas Bedos
|
****
Théâtre de La
Madeleine
Tel:
01
42 65 07 09
|
Guy Bedos au bout du Voyage de
Victor
Sous laiguillon de Macha Méril, Bedos
« fils » joue de pair avec la mémoire de Guy qui
aimerait avoir le droit à lerreur, sinon à loubli.
Si le portrait, en question autobiographique, se targuait, de surcroît,
dêtre universel, cest le registre masculin face au
féminin pluriel que Nicolas Bedos emmène en voyage, une heure
durant, autour de lamnésie feinte ou accidentelle, selon une
géométrie variable attribuée aux motivations de Marion
ou de Victor.
Lorsque Guy Bedos entre en scène, le décor du
théâtre de La Madeleine sest abstrait de tout réalisme
pour ne laisser place, sur un fond bleu nuit, quà des repères
fonctionnels quun petit Poucet bien intentionné aurait disposé
à dessein.
A charge de Macha Méril den disposer pour faire surgir peu
à peu, dune confusion entretenue fort opportunément,
une vérité lourde à porter, aussi facile à
dénier que de foncer dans le mur, au volant dune voiture.
Antoine, le fils disparu est au coeur du gouffre affectif que la mémoire
en déroute, dans un élan parallèle, tente à la
fois de retenir en vie que de saborder.
Cest donc le secret de Marion et de Victor que de choisir
dassumer ou de taire la reconnaissance de faits avérés
ou fictifs.
Le duo Bedos-Méril sonne juste ce quil faut des contradictions
dont lhomme et la femme sont porteurs, à leurs dépens,
lorsquil ne sagit pas de jouer aux comédiens aguerris
mais aux êtres humains en proie aux tourments les plus fondateurs.
Tenace jusquà la perversité de linconscient,
la mise en scène de lauteur saccompagne dune subtile
petite musique qui, en contresignant les méandres de la
dénégation, pulse ses affects dans une valse à mille
temps à en faire imploser toutes les résistances.
Theothea le 29/10/09
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MARCEL PROUST A
la recherche du temps perdu
lectures de Marcel Proust
|
****
Théâtre
La Bruyère
Tel:
01
48 74 76 99
|
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photos
© Laurence Chéné & Chantal
Depagne
|
Le succès de ces instants choisis dans "La recherche du temps perdu"
les amène, en reprise, au Théâtre La Bruyère,
accompagnés de trois nouveaux comédiens rejoignant ceux de
la création à La Comédie des Champs-Elysées,
lors de la saison précédente.
Cest ainsi que le trio Romane Bohringer, Michaël Lonsdale &
Nicolas Vaude succède en alternance à celui de Bernadette Lafont,
Robin Renucci & Xavier Gallais pour une immersion en neuf plongées
textuelles.
A chacun son style de lecture, à chacun son Marcel Proust.
Ce soir-là, alors que Michaël Lonsdale, débutait avec
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure... »,
son micro-cravate se mit, immédiatement, à crachoter par vagues
lorsquil se penchait vers ses feuillets.
Intermède et initiative de neutraliser la sono emportèrent
la décision, à la grande satisfaction des spectateurs qui allaient
pouvoir goûter à la reconnaissance du timbre naturel.
Cette intimité retrouvée pourrait faire partie de la mise
en scène à chaque représentation, tant elle garantit
une écoute attentive et recueillie, interrompue néanmoins à
chaque passage de relais par une salve dapplaudissements.
A son tour, Romane Bohringer convainc lassistance avec son aisance
délocution, sa palette dexpressivité et son empathie
avec le récit quelle fait sien.
Nicolas Vaude intègre la phase lunaire des tourments de Marcel
au point de se recroqueviller sur sa table et soudain, se relevant en extension,
de jeter des regards perdus vers lindicible.
Michaël Lonsdale, lui, susurre sa madeleine comme un bonbon au miel
qui nen finirait pas de se requinquer au suc du murmure
désinvolte.
A trois, ils viennent saluer, à linstar du trio originel,
ce public très friand de lectures incarnées par des comédiens
dans la force de l'art oral, apprécié en temps réel.
Theothea le 28/10/09
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SEXTETT
de
Rémi De Vos
mise en scène
Eric Vigner
|
****
Théâtre du
Rond-Point
Tel:
01
44 95 98 21
|
Si linterprétation de Simon a la vertu dattirer la
gent féminine au point de rendre leurs libidos, hystériques,
son propre deuil maternel ne fera que catalyser la fascination
irrépressible dun quintette du beau sexe, à faire tomber
Micha Lescot à la renverse.
Au Rond-Point, toutes vont vouloir sarracher ce flamboyant objet
du désir quune course folle de cour à jardin, va dans
les grandes largeurs de la scène Renault-Barrault, transcender en
opéra pour un maestro sur ressorts, bondissant dégéries
en Walkyrie.
En effet, la direction dEric Vigner donne lopportunité
à son acteur fétiche de rendre élastique à souhait,
la rencontre fortuite dEros et Thanatos qui, au contact des planches,
pourrait imploser en partouze chorale à damner la génitrice
de Simon.
Cette logorrhée, signée Rémi de Vos, ne craint pas
de rendre obsessionnel lappétit des cinq harcelleuses
jusquà rendre plausible laversion, pour ne pas dire
linversion sexuelle, de leur conquête aux abois... à
proprement dit comme au figuré, puisque le masque dune chienne
sest, désormais, substitué au romantisme de La Walkyrie,
meneuse de la meute.
Aussi, de ces cantatrices en effusion à ces castratrices en puissance,
ce ne sont pas les Lieder de Schubert qui pourraient en adoucir les fantasmes
débridés, mais bel et bien une happy end refermant le rideau
rouge sur le baiser qui tue toute autre exclusive.
Ainsi, se dresse le point final dun sextuor aphrodisiaque pour cinq
instrumentistes ayant du chien et de la voix à revendre face à
la glisse surnaturelle dun contorsionniste en apesanteur.
Theothea le 04/11/09
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IL EST PASSE PAR ICI
de Marc Fayet
mise en scène
José Paul
|
****
Petit Théâtre de
Paris
Tel: 01
42 80 01 81
|
Après deux mois dexploitation au Petit Théâtre
de Paris, le furet de Marc Fayet se porte au mieux de ses cinq compagnons
de scène de famille doù émerge un revenant qui,
à leur grande surprise, passait par là...
En effet depuis début septembre, la production
« Jhabite au 21 » a mis sur des rails dûment
calibrés, sa neuvième création après les fameux,
« Un petit jeu sans conséquence » 5 Molières 2003,
« LAmour est enfant de Salaud » Molière du spectacle
privé 2004, « Jacques a dit » 4 nominations 2005, «
La Sainte Catherine » Molière de lauteur 2006, «
Lun dans lautre », « Chocolat Piment » 4 nominations
2007 & « Sans mentir ».
Aussi, cest avec grand plaisir que nous retrouvons la bande de Caroline
Maillard, Lysiane Meis, Marie Piton, Marc Fayet, Stéphane Hillel,
Gérard Loussine dans des rôles, tellement taillés sur
mesure que chaque aficionado peut jouer à anticiper leurs réactions
respectives.
En outre, puisque cest, de nouveau, José Paul qui est aux
baguettes de lorchestration de ce beautiful people, ce nest pas
un nain de jardin qui pourrait faire un bras dhonneur à la
cantonade.
Non effectivement, puisque cest Stéphane Hillel, le maître
des lieux (Théâtre de Paris), qui, précisément,
va sen charger.
Appelez-le, en loccurrence, Jean-Pierre et vous verrez accourir
ce cousin des familles qui, par le plus grand des hasard, vient de retrouver
la trace de ses parents éloignés ou plus exactement de ses
potes éberlués.
Accompagné par Cécile, très jolie auto-stoppeuse
de rencontre fortuite, le voilà qui replace, allègrement, leurs
souvenirs communs, en perspective... dun coup de théâtre.
Dans la « classieuse » lignée des Gentlemen
Cambrioleur, le voilà qui farfouille, avec tact et empathie, dans
linconscient collectif dune jeunesse retrouvée où
se seraient égarées les zones dombre dune mémoire
opportuniste.
En guise de reconnaissance malaisée, lintrus aura toujours
la ressource de disparaître à jamais, dun si beau temps
de villégiature familiale, loin de toute prise de tête
anachronique.
Voilà bien une drôle de comédie, au moins aussi maligne
qu'un furet des bois jolis.
Theothea le 03/11/09
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