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ZORRO
de Stephen
Clark
mise en scène
Christopher Renshaw
|
****
Théâtre des Folies
Bergère
Tel:
08
92 68 16 50
|
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photo ©
Brinkhoff / Mögenburg © 2009 ZLL
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Viva El Zorro aux Folies Bergère !
De Hair à Zorro, ce nest, pour Laurent Bàn et Liza
Pastor, quune question de saison, puisque déjà en duo
de comédie musicale lannée dernière, cest
donc en passant du beautiful people au flamenco gitan que lidentité
de Diego de la Vega va, présentement, se démasquer aux yeux
de la belle Luisa.
Des mélopées hippies aux rythmes andalous, les deux artistes
vont, désormais, monter dans le train de la renommée, à
la vitesse sidérale des étoiles en pleine éclosion,
sous le claquement langoureux des guitares, en transe contagieuse.
En effet, au terme d'une préparation sur plusieurs mois avec
coordination chorégraphique et musicale, en perspective de cette romance
de cape et dépée, le couple de scène « Diego
/ Luisa » est, aujourd'hui, projeté en emblème
médiatique des six autres rôles principaux, Don Alejandro (Georges
Beller) également narrateur de laventure, Ramon le frère
maudit (Yan Duffas), Garcia (Benoît de Gaulejac) en Sancho Pancha revu
mais fort heureusement non corrigé ainsi que la superbe Inez
(Géraldine Larrosa) officiant en charismatique meneuse de clan.
|
photo ©
Brinkhoff / Mögenburg © 2009 ZLL
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A la suite des productions du « Roi Lion » et de « Cabaret
», voici donc « Zorro » qui vient darriver aux Folies
Bergère, accompagné de la musique des Gipsy Kings selon la
trame du roman dIsabel Allende ayant su composer ingénieusement
avec les tonalités modernistes du mythe.
Une formation live dune vingtaine de musiciens, répartis
au balcon des Folies Bergère, de part et dautre de la scène,
entraîne lensemble constitué dun nombre équivalent
de danseurs et de chanteurs, alors même que plusieurs dentre
eux peuvent intervenir, à la demande, en doublures des rôles
titre.
Tel le souffle épique dun western californien, Zorro le vengeur
masqué, suite à une éducation espagnole dont les principes
ne transigent pas avec l'éthique, revient dans lAmérique
de ses racines paternelles, sous lemprise dune trahison si peu
fraternelle quelle implique chez le jeune homme Diego, un
dédoublement provisoire de sa personnalité.
Toutefois, le souvenir de Luisa, son amie denfance, dirigera ses
pas de justicier au grand coeur, fort opportunément là où
le destin frappe par de grands coups de boutoir, les racines du malheur qui
sont, pourtant, sur le point de séclipser, par magie, en voltiges,
cascades et autres tours habiles de passe-passe.
La cohérence du projet artistique éclate, avec évidence,
de mille feux à la fois, conviviaux, enthousiastes et surtout emplis
par la bonne humeur communicative des protagonistes, se lisant dans leurs
yeux qui se croisent, en de multiples regards impliqués, sans
lombre dune échappatoire.
Trois heures, avec entracte, de spectacle romanesque époustouflant,
garantissant le plaisir des plus petits au plus grands. Viva El Zorro !
Theothea le 13/11/09
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LES ENFANTS DU SOLEIL
de Maxime
Gorki
mise en scène
Côme de Bellescize
|
****
Théâtre
Treize
Tel:
01 45 88 62 22
|
Onze comédiens au Théâtre Treize pour un même
nombre de personnages rivalisant dingéniosité, incarnent
une civilisation en pleine ébullition, celle de la Russie au début
du XXème siècle, avec lobjectif de faire évoluer
la société du progrès au travers de ses classes sociales
hermétiques.
Créée en 2008 au théâtre de lOuest parisien
par la compagnie du Fracas, cette pièce, retraduite par André
Markowicz, revient à Paris en seconde saison avec un arrière-plan
dactualité puisque, à une épidémie de
choléra, pourrait fort bien correspondre une pandémie de grippe,
dans les deux cas très redoutées, à un siècle
dintervalle.
Côme de Bellescize, son jeune metteur en scène voit dans
le texte de Gorki, écrit durant son incarcération à
la forteresse Pierre et Paul de St-Pétersbourg suite au
« Dimanche sanglant » de 1905, lopportunité
dun questionnement politique, social et philosophique:
« Quest-ce que veut dire vivre ensemble ? »
Grâce à des panneaux de Plexiglas modulables, la
scénographie de Sigolène de Chassy esquisse un monde de bulles
illustrant les vapeurs phosphorescentes de consciences en proie au tourment
du devenir, sans que celles-ci soient en mesure de faire lien significatif
entre elles.
En effet, de lérosion du système à sa corrosion,
les expériences chimiques dun docteur Follamour, en
loccurence Protassov (Vincent Joncquez), maniant les éprouvettes
toxiques afin den faire surgir les conditions de la survie humaine,
buttent sur la reconnaissance du semblable dans son altérité.
Ca frémit, ça bout, ça jaillit, ça déborde,
ça senflamme et la métaphore Tchekhovienne finit par
exploser car, du savant au vagabond, tous vont être dépassés
par lenjeu existentiel.
Onze comédiens pour treize enfants du soleil, ainsi, se brûlent
au énième degré d'une incandescence schizophrénique
livrée à laveuglement universel.
Theothea le 09/11/09
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SOUDAIN L'ETE DERNIER
de Tennessee
Williams
mise en scène
René Loyon
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****
Théâtre de La
Tempête
Tel:
01
43 28 36 36
|
Dans la famille Holly, voici Catherine (Marie Delmarès) la fille,
George (Clément Bresson) le frère et Grace (Martine Laisné)
leur mère; dans la famille Venable, voilà Violette (Agathe
Alexis), la mère ainsi que Sébastian, son fils, le grand absent
de cette histoire.
En miroir à ces cinq personnages, seul le personnel médical,
infirmier et religieux est en prise directe avec le récit de Catherine,
la « folle à interner ».
En support au syndrome de déraison, un grand écran biaise
la surface de jeu, de façon à ce que chacun de la scène
à la salle puisse y projeter létat de son entendement.
Comme toujours, chez Tennessee Williams, le grand sud des Etats-Unis est
censé imprégné de sa chaleur torride, de ses plantes
carnivores et de sa faune anthropophage, la conscience dun mal être
généralisé.
René Loyon installe cette torpeur, en dirigeant ses acteurs dans
le repli sur soi stratégique, garant dimplosions, sans cesse
sur le point de fustiger la parole hors normes
Pour lieu du crime, voici Cabeza de Lobo, là où donc,
Sébastian a perdu la vie alors que Catherine laccompagnait au
cours dun voyage dagrément.
Ce fut bien la première fois que ce fils faisait faux bond à
sa mère, en lui préférant une rabatteuse de jeunes gens,
plus attirante et donc plus performante.
Entre Violette et Catherine va sengager une lutte de la
vérité où la mort de Sébastian ne sera pas tant
lenjeu que le signifiant dune rivalité mémorielle
à peine latente entre la passion amoureuse et lamour
dipien.
Et cest donc le statut de lhomosexualité au cur
dune société éminemment puritaine qui devrait
faire les frais dun travestissement de la pensée terrorisée,
du discours normatif et en définitive de la raison.
Mais voilà quà lécoute du conflit mental
se dresse la technologie révolutionnaire du psychiatre, le docteur
Sugar (Igor Mendjisky), prête à libérer la parole grâce
au sérum de vérité.
Ainsi, au Théâtre de la Tempête, dans une nouvelle
traduction de Jean-Michel Déprats et Marie-Claire Pasquier, naviguant
entre vision cauchemardesque, hallucinations poétiques et
hyperréalisme, le spectateur pourra choisir sa voie du salut.
Theothea le 17/11/09
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LES AUTRES
de
Jean-Claude Grumberg
mise en scène
Daniel Colas
|
****
Théâtre des
Mathurins
Tel:
42 65 90 00
|
Cest lhistoire dun beauf, entouré de ses
souffre-douleur, notamment sa femme et ses fils, que les verdicts à
lemporte-pièce dun employé lambda, auraient
catapulté dans lorbite dun racisme bien ordinaire.
A vrai dire, ce sont trois histoires compilées de Jean-Claude Grumberg
qui, mises bout à bout par Daniel Colas, font le récit significatif
de ce que pourrait être la sourde montée en puissance des
préjugés xénophobes lorsquune misanthropie latente
se maquillerait en symptôme du mal de vivre.
« Michu », « Les vacances » &
« Rixe », tout un programme à lissue de
la guerre dAlgérie ayant transformé la France du début
des années soixante en un bêtisier replié sur
lui-même.
Ainsi, en indices dune première ouverture sur le monde, à
la veille de rater son objectif, les étiquettes calomniatrices de
« communiste », « homosexuel »,
« juif » et « Franc-maçon »
commencent à fleurir le terrain vierge de lobscurantisme
« grand public ».
Voici même que le tourisme de masse lance ses premières invasions
néocolonialistes sans vergogne, tout empli de la bonne conscience
du modernisme triomphant.
Alors, accompagnant le retour dâge en métropole, la
paranoïa naissante va se cristalliser sur quelques signes avant-coureurs
de menace diffuse et généralisée, engageant ce processus
socio-pathologique à culminer en geste fatal.
Oui, Henri et Aimée forment ce couple modèle que les
stéréotypes consuméristes sont en train de mettre en
place, à labri du grondement des forces telluriques
synthétisant limmense ailleurs différencié du
monde des Autres.
Il faut dire quEvelyne Buyle excelle à rendre banal et quotidien
les morceaux de bravoure lapidaires dun Daniel Russo à fleur
de peau révulsée et tout en sautes dhumeur dictatoriales,
rendant plus vrai que nature, lespace-temps dédié à
limbécillité humaine.
Assurément au Théâtre des Mathurins, cet étalage
délibéré de la bassesse humaine, caractérisée
jusquà lécoeurement de lobservateur, pourrait
bien avoir des vertus pédagogiques.
Theothea le 19/11/09
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VIVIEN LEIGH
de Marcy
Lafferty
mise en scène
Michel Fagadau
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****
Comédie des Champs
Elysées
Tel:
01 53 23 99 19
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photo affiche
© Pascal Ito / Visuel film
AFPH
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De Vivien
Leigh à Caroline Silhol, Hollywood revival
Avec laffiche d« Autant en emporte le vent »
en toile de fond, Caroline Silhol, tenue mordorée, sapproche
dun des deux fauteuils club rouge, reconstituant, auprès dun
bouquet de roses blanches en panache dun simple guéridon, la
dernière conférence de presse donnée, dans les sixties,
par lune des actrices symbolisant au mieux lâge dor
du cinéma Hollywoodien.
Dune première question journalistique samorce alors,
en réponse unique, le parcours dune carrière vouée
au Star system qui aura réuni autant à la ville quà
lécran ainsi que sur scène, ce couple mythique du
Théâtre anglais au XXème siècle, à savoir
celui de Vivien Leigh & Laurence Olivier.
En héros Shakespeariens sur les planches de Londres, leur union
de vingt-quatre années, à la fois conjugales et professionnelles,
irait, cependant, se fracasser sur la psychose maniaco-dépressive
à la fois moteur et fossoyeur de la nature déterminée
de Vivien.
Sans doute limplication excessive de la comédienne dans des
rôles existentiels résolument dramatiques contribuerait à
briser son aura, pourtant à lorigine des deux Oscars la menant
de la sublime Scarlett OHara face à Clark Gabble jusquà
la poignante Blanche d« Un tramway nommé
désir », en danse du diable avec Marlon Brando.
Certes, à la Comédie des Champs-Elysées, Caroline
Silhol arborant les atours évanescents dun culte emblématique
à la blondeur absolue, symboliserait plus spontanément une
esthétique charismatique proche de Marylin Monroe, mais cest,
sans doute précisément, dans le contraste violent voire
lélectrochoc entre ses tonalités de langueur faussement
désinvolte, en prise avec la vivacité extrême des
répliques fusant comme des grenades dégoupillées, que
la justesse de son incarnation va transcender cette opposition des
apparences.
En outre, en adaptatrice du texte original de Marcy Lafferty, Caroline
Silhol cumule, de fait, les compétences à se projeter dans
limaginaire des monstres sacrés, lié à une
époque à jamais révolue.
Ainsi, le rayonnement solaire de linterprète vient se substituer
à la légende de la Star des Grands Studios, accompagnée
autant dans son accomplissement que dans son désarroi lucide, alors
même que celle-ci résume, avec ironie et pertinence, les cinq
étapes de la vie dun acteur:
1) Qui est Vivien Leigh ? - 2) Je veux Vivien Leigh ! - 3) Je veux une
Vivien Leigh ! - 4) Je veux une Vivien Leigh jeune - 5) Qui est Vivien Leigh
?...
Theothea le 16/11/09
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