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PAMPA
de Alexis
Gruss
mise en scène
Stephan Gruss
|
****
Cirque Gruss
Tel: 01 45 01 71 26
|
Par ces nuits glaciales de janvier, recouvertes de neige, lesprit
aventurier devait accompagner le promeneur du bois de Boulogne, pour le
convaincre que la Pampa torride était au bout de son chemin.
Et pourtant du métro Ranelagh jusquà lorée
du chapiteau dressé, doctobre à mars, à
larrière dun des virages de lhippodrome dAuteuil,
un agréable sentiment de plénitude renforçait celle
du spectacle qui se mérite.
Ainsi placé avec pertinence, sous des auspices ô combien
équestres, le Cirque Alexis Gruss présente, sous la signature
de Stephan Gruss, sa trente sixième production parcourant, dans
limaginaire de lenfance, le continent sud-américain sous
des musiques Latinos que son orchestre de piste accompagne sans la moindre
discontinuité.
Surfant sur leurs montures dexception, Falabella de la Pampa,
Akbal-Téké, Lusitanien gris, Bais, Pur-sang Arabe, Andalou,
Boulonnais, Alezan et autres Appaloosa, la lignée Gruss, depuis le
petit Louis jusquau maître écuyer Alexis, emmène
le public, grâce aux dieux de la jonglerie et de lacrobatie,
dun bar de Buenos-Aires jusquà la plage de Coppacabana
via le désert du Chaco, dans un grand manège où de multiples
rubans de couleurs voltigent au rythme lancinant du Tango.
Ainsi plongés au sein de la gente équidée, les
chèvres naines de Pentagonie, les ânes des Hauts-plateaux, le
Lama de la Cordillère des Andes et Syndra, léléphant
de la jungle asiatique, ont bien du mérite à se faire leur
place au soleil tropical, en jouant malicieusement sur leurs différences,
à linstar des Dalmatiens parrainés, avec superbe, par
Gipsy.
Cette volonté socioculturelle de pratiquer le cirque à
lancienne, en sappuyant sur la tradition de valeurs familiales
innovant, en permanence, dans des choix de spectacle thématique,
authentifie le parcours généalogique des Gruss et en garantit
une satisfaction festive à nulle autre pareille.
Theothea le 13/01/10
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ONCLE VANIA
de Anton
Tchekhov
mise en scène
Marcel Marechal et Michel Demiautte
|
****
Théâtre
14
Tel: 01 45 45 49 77
|
Retrouver Marcel Maréchal, nommé à la tête
des Tréteaux de France depuis 2001, avec présent à la
mémoire, ses cinq années passées à la direction
du Théâtre du Rond-Point, cest comme retrouver un oncle
des familles qui porterait en lui, lemblème du chemin à
tracer... en loccurrence celui dun théâtre
itinérant à travers les provinces françaises, posant,
périodiquement, ses fameux tréteaux à Paris.
Retrouver Oncle Vania, publié par Tchekhov en 1897, cest
renouer avec lesprit des familles qui se déchirent pour des
problèmes de coeur et dargent mais qui, néanmoins, ne
peuvent se résoudre à léconomie de ces retrouvailles,
en raison de liens affectifs complexes qui perdurent dans la nostalgie,
quoiquil advienne.
Aussi, retrouver Marcel Maréchal dans Oncle Vania, cest comme
jouer avec le feu qui fait brûler la passion du spectacle vivant, en
appréhendant, quelque peu, léventuelle déception
du rendez-vous manqué.
Alors, pour preuve du contraire, voici, fringant dans son costume de lin
blanc, loncle Marcel faisant une entrée princière, à
demi-réveillée, dans le domaine labyrinthique quil gère
tant bien que mal, avec Sonia (Juliette Duval), sa nièce depuis le
veuvage de Maria (Hélène Roussel), respectivement leur mère
et grand-mère.
Le décor (Thierry Good) flanqué, dans une lumière
réconfortante (Jean-Luc Chanonat), de quatre portes autonomes dont
une à double battant, laisse à deviner derrière sa palissade
de bois en planches mal fagottées, la nature instable dune Russie,
en attente de Potemkine.
Dans limbroglio des relations à neuf personnages, dansant
sur le volcan crépusculaire dun monde à réinventer,
le focus peut se déplacer allègrement de lun à
lautre, selon les motivations spécifiques de telle mise en
scène, sans que Tchekhov ne puisse être pris en défaut
de pertinence psychologique ou sociale.
Cest pourquoi, ici, la « sublime » Elena Andreievna
(Liana Fulga), la seconde épouse du professeur Serebriakov (Michel
Demiautte), illumine la maisonnée dun charisme discret et de
son charme subtil, laissant le parfum délicat du désir flotter,
à qui mieux mieux, au grès des fantasmes de celui-ci ou de
celui-là.
Par effet de miroir amincissant, les frustrations amoureuses de Sonia
à légard du médecin Astrov (Emmanuel Dechartre)
napparaissent, ainsi, que comme des épiphénomènes
moins difficiles à gérer que pourrait laisser supposer sa
soi-disante laideur.
En définitive, la dramaturgie de François Bourgeat laissera
loncle et la nièce dans un état de béatitude positive
où la notion du travail à venir sera perçue comme une
chance à saisir.
Aussi, grâce à lintensité paradoxale de ces
doux souvenirs mélancoliques, le repos éternel des uns et des
autres nest pas, de toutes évidences, au programme du
lendemain.
Theothea le 14/01/10
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BONNIE & CLYDE
de
Raphaël Bancou
mise en scène
Antoine Lelandais
|
****
Théâtre de
L'Alhambra
Tel:
01
40 20 40 25
|
Le showcase proposé en septembre dernier promettait beaucoup; notamment
la prestation de Christine Bonnard en prêcheuse baptiste
particulièrement allumée.
En retour, la comédie musicale, proposée durant les fêtes
à lAlhambra fut, assurément, séduisante grâce
à la pertinence et lefficacité de son casting.
Cependant, si cette adaptation théâtrale, signée
Raphaël Bancou, laisse quelque peu à désirer, quant au
romantisme canaille de lhistoire damour tragique ayant réuni
Bonnie (Faye Dunaway) & Clyde (Warren Beatty ) au cinéma, le
parti-pris den conter, ici, le destin, à la suite dun
vol de diamants, au travers d'une succession de règlements de compte
au sein de la pègre new-yorkaise, limite son ambition à un
enchaînement de contrats à exécuter, à différer
et même à annuler, selon les motivations opportunes du Parrain
(Gilles Vajou) et de ses sbires.
Si, donc, le livret de Raphaël Bancou apparaît, en
deçà, de lenjeu du mythe de Bonnie Parker (Cécilia
Cara) et de Clyde Barrow (Fabian Richard), en revanche la mise en scène
dAntoine Lelandais jongle habilement, en live sur scène, avec
les neuf artistes, leur distribuant les rôles, à bon escient,
pour un jeu performant, entre théâtre, musique, chant et
chorégraphie.
Ainsi, lévidente potentialité de tous les comédiens
participant à ce polar musical apparaît, à chaque exhibition,
les mettant au centre de laction en cours, mais il semblerait
queût été, malencontreusement gommé, entre
le showcase et la comédie musicale, livrée dans son
intégralité, cet humour latent, décalé et même
sarcastique perçue, à lorigine du projet.
Cest donc ainsi, à titre dexemple, que le prêche,
initialement déjanté, dAnita « la
sainte », semble être devenu, dans sa version actuelle, par
trop raisonnable.
Au crédit de cette production de Lardenfer (Arthur Jugnot),
la stylisation des chorégraphies (Armelle Ferron) décomposant
le mouvement, en arrêts sur images cinétiques, participe à
cet ensemble dintentions artistiques en voie daboutissement.
Aussi, pourquoi ne pas envisager une re-création, ultérieure,
de ce show musical, en le rendant moins lisse et plus perméable aux
numéros dacteurs jouant sur le second ou troisième
degré d'une histoire de coups tordus à dynamiter
impérativement de lintérieur ?
Theothea le 15/01/10
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AU BORD DE L'EAU
de Shi Nai-An
mise en scène
Patrick Sommier
|
****
Théâtre MC93
Bobigny
Tel: 01 41 60 72 72
|
|
photo
© Vincent Pontet /
WikiSpectacle
|
Ce spectacle de lécole de lOpéra de Pékin
initié par Patrick Sommier, directeur de La MC93 de Bobigny, correspond
à une troisième rencontre franco-chinoise dun simili
jumelage ayant débuté en 2002.
A la manière dune master class, lobjectif est de rendre
sensible au spectateur néophyte, lexigence disciplinaire dun
Art théâtral légendaire au service, en loccurrence,
dune oeuvre littéraire de référence où
2000 pages content les exploits de 102 brigands dhonneur ayant tenté
de mettre un terme à la corruption détat.
La scène de la Salle Oleg Efremov divisée, pour la circonstance,
en trois zones, offre côté cour, la présence dun
orchestre composé, notamment, de multiples instruments de percussion,
alors que du côté jardin, les coulisses de loges virtuelles
dévoilent le maquillage des artistes selon les étapes successives
dune élaboration très appliquée.
En rendant hommage à ce roman fleuve, lécole
pékinoise révèle, ainsi, ses propres rouages assurant
la transmission dune culture millénaire, à travers des
générations dartistes en perfectibilité dans toutes
les disciplines de lexpression vivante.
Si, de part et dautre de lacte théâtral circule
à mi-hauteur des cintres, la traduction francophone des dialogues
et des chants, cette aide à la compréhension naura,
guère, dautre influence quindicative.
En effet le véritable enjeu de la démonstration est ailleurs
que dans les anecdotes du discours; il se situe davantage dans
limprégnation progressive à des couleurs dominantes,
à des timbres de voix haut perchées, des sons martelant la
récurrence, des gestuelles à la fois précises et fluides,
des regards pénétrants et doux à la fois... bref à
un univers codifié à lextrême dont nous ne pouvons
apercevoir que lesthétique, tout en pressentant la force de
lesprit scolastique.
Cest beau et mystérieux, tout à la fois. Cela oblige
au respect inconditionnel, tout en nécessitant lhumilité
dune ignorance assumée.
Les portes de la Chine semblent, ainsi, sentrouvrir, sous la
pédagogie dun apprentissage à long terme avec, comme
par magie, des effets sensitifs immédiats se déclenchant dans
linstantanéité de la candeur émotive.
Theothea le 18/01/10
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LES AVENTURES DE LA DIVA
ET DU TOREADOR
de & mise en scène
Raphaëlle Farman & Jacques Gay
|
****
Petit
Théâtre de Paris
Tel:
01
42 80 01 81
|
De création en prolongations, le buzz de La Diva et de son
Toréador nont cessé de croître et dembellir
dans la rumeur du tout Paris, faisant désormais la part belle sur
la toile, aux jeunes générations rejoignant celles des seniors
ayant assuré la phase initiale de leur réputation duelle.
Si précédemment, le duo Casadesus-Lockwood avait
déjà cartonné, en deux opus, sur le registre mixte du
Jazz et du Lyrique; en ce qui concerne Raphaëlle Farman et Jacques Gay,
il sagit de rivaliser, dans la parité des voix
masculine-féminine, sur des airs dopéra et de comédies
musicales célèbres, jouant, à cache-cache, avec
léquilibre libidinal et affectif.
Ce spectacle, composé dune vingtaine doeuvres
interprétées sur le ton de lhumour au second degré
relatant les quiproquos de la jalousie conjugale piégée dans
les pérégrinations des vire-volte amoureuses, entraînent
les tourtereaux dans une valse planétaire du bel canto où les
clichés touristiques renvoient au bonheur réactualisé
de lopérette.
Ecrit et mis en scène par eux-mêmes, ce divertissement fourmille
de trouvailles scénographiques à chaque plan, tant sur la
gestuelle, les mimiques, les poses, les costumes et les accessoires que sur
lesprit farceur qui unit, pour le meilleur, cette soprano et ce baryton,
accompagnés dun souffre-douleur, sous le nom de Firmin (Fabrice
Cocitto) dont le moindre des talents nest, certes pas, de les
fédérer sous les touches de son piano.
Au delà des rappels, Raphaëlle Farman et Jacques Gay proposent
dix minutes de débat permettant de répondre, en temps réel,
au questionnement des spectateurs qui, à cette occasion, apprennent
quune suite, encore plus délirante, à leurs aventures
« tauro-cantatrices », est en voie de prochaine
création chorale.
Theothea le 19/01/10
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