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MIAM MIAM
de & mise en scène
Edouard Baer
|
****
Théâtre
Marigny
Tel:
01
53 96 70 00
|
Edouard Baer est tellement doué quil ne résiste pas
à scier la branche sur laquelle il ne voudrait surtout pas rester
confortablement installé.
Cest donc, constamment, dans lécartèlement de
ses potentialités et autres talents que, considérablement à
laise mais à ses risques et périls, il négocie
avec toutes les formes de show.
Du « one man » jusquau « chef de
troupe » via lanimation, il parcourt la gamme des prestations,
lui permettant de slalomer entre des registres quil se garde bien de
connaître par coeur.
Aussi, quand il écrit une pièce de théâtre,
destinée à être jouée sur lune des scènes
parisiennes les plus éminentes, cest, bel et bien, avec
lintention de ne pas être attendu sur le terrain des auteurs
estampillés.
Ainsi, conscient quil est capable de tout, il préfère
se donner limage de celui qui touche à tout, sans jamais être
jamais reconnu comme le spécialiste dun genre catalogué.
Et cependant, plus ou moins à son insu, sesquisse celui
dun artisanat en voie délaboration permanente qui
naurait dautre prétention que celle dêtre
le voyeur distancié dun aboutissement artistique, peut être,
redouté:
Edouard Baer chercherait, en permanence, à séduire mais
il craindrait, par dessus tout, dy réussir.
Alors, il cultive la culture de lévitement, du décalage,
de la pirouette, du double sens, du énième degré, bref
de la malice en tout genre; il samuse et jongle, tout autant, avec
le snobisme quavec le prosaïsme; il aime être ce funambule
qui flirte, sans cesse, avec la catastrophe mais qui ne reste en équilibre
que grâce à loeil qui frise.
Cest pourquoi avec « Miam miam », non seulement
il préserve lintégralité de son appétit
mais, en démarrant, en trombe, dans un ersatz de vaudeville, il atterrit
en douceur et profondeur, au music-hall en compagnie des prestidigitateurs
et de leurs marionnettes, ainsi quau cirque, au milieu des clowns et
des gentils petits cochons.
Si monter un restaurant surbooké, en lieu et place dune
pièce ringarde, dans un théâtre avide de remplir sa salle
grâce à un public en appétence toujours renouvelée,
relève dun concept marketing en pleine ébullition, il
est loin dêtre absurde quEdouard Baer ait voulu relever
ce défi, ciblant, parfaitement, la logique artistique du personnage
médiatique quil sest forgé.
Dailleurs, quimporte la pertinence du succès, puisque
la jauge du théâtre Marigny est archi-comble et que ses neuf
partenaires y trouvent, chacun à leur manière, leur compte
de renommée.
En jouant sans cesse à - qui risque de tout perdre -, - gagne,
toujours plus, que la mise -, Edouard Baer apparaît comme lartiste
du spectacle vivant, si non le plus drôle, à coup sûr,
le plus surréaliste de son époque.
Theothea le 25/01/10
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LES GARCONS ET GUILLAUME,
A TABLE
de Guillaume
Gallienne
mise en scène
Claude Mathieu
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****
Théâtre de
l'Athénée
Tel: 01 53 05 19 19
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photo
© Pacome Poirier /
Wikispectacle
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Si, pour obtempérer à linjonction familiale de
convivialité, ses frères passent tout simplement à table,
Guillaume, lui, pour être en phase avec lintention
présupposée, se met littéralement à table, afin
dextirper du sous-entendu maternel, tous les maux qui font mal à
lidentité dun enfant, en mal être.
Du non-dit homosexuel, il va se dénicher des accointances
féminines quil pourra revendiquer a volo, afin de faire plaisir
à une mère soi-disant frustrée de navoir enfanté
que des fils.
Guillaume met, ainsi, en scène le rapport hautement
privilégié quil entretient avec une mère adorée
à linstar dun Marcel Proust, pareillement soucieux de
la sienne.
Si, par extension, toutes les femmes de sa vie deviennent des relais à
limage séduisante et protectrice, ladolescent va subir,
de plein front, les foudres de ses camarades de jeu sur lair de la
tapette ou de la tantouse.
Par la suite, en raison de sa marginalité sociale avérée,
le jeune homme sera confronté aux préjugés enclins à
toutes formes d'exclusion.
Cependant, chez Guillaume Gallienne, ce processus va inverser tous les
marqueurs habituels car, d'un point de vue subjectif, son homosexualité
latente ne serait quun leurre ou plus exactement le fruit dun
fantasme comploté par autrui.
En effet, se voulant conforme à ce que la toute puissance maternelle
et donc la société en son ensemble attendait de lui, dans le
vaste jeu des rôles dédiés à chacun, Guillaume
serait devenu, à ses corps et esprit défendant, le jouet dun
fâcheux malentendu dont seule, la psychanalyse pourra décrypter
linfluence perverse.
Aussi, nétant décidément pas la sur de
ses frères, il lui faudra remonter le cours du temps dévastateur
et prouver, à qui en douterait encore, que la passion amoureuse
était à portée hétérosexuelle du Guillaume
rêvant, secrètement, dêtre, à la fois, l'objet
idéal du désir maternel en même temps que le héros
de la conquête conjugale.
Afin donc de sortir, par le haut, dune situation identitaire
inextricable, la pratique du théâtre va soffrir, à
proprement parler, sur un plateau, en lui proposant dêtre, en
puissance, un autre que soi-même.
Ainsi, en composant le personnage quil nest pas, tout en
négociant habilement avec la schizophrénie, le comédien
découvre un point dappui solide, le temps de la
représentation, pour extérioriser la terreur nihiliste et faire
preuve, dans la distanciation du talent, de sa capacité à exister
dans le regard dautrui.
Cela dit, le stand up de Guillaume Gallienne na rien dune
tragédie psychiatrique ni même d'une typologie clinique, puisque
le public, qui ne sy trompe pas, rit et applaudit, à chacune
de ses intonations, mimiques ou autre poses que plus de dix années
de carrière à la Comédie-Française lui permettent
de maîtriser dans lexcellence comique de
lautodérision.
Theothea le 23/01/10
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CASIMIR &
CAROLINE
de
Ödön von Horvath
mise en scène
Emmanuel Demarcy-Mota
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****
Théâtre de la
Ville
Tel:
01
42 74 22 77
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photo
© Jean-Louis Fernandez
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LA PIERRE
de Marius
von Mayenburg
mise en scène
Bernard Sobel
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****
Théâtre de La
Colline
Tel: 01 44 62 52 25
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photo
© Elisabeth Carrechio
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Assis le long de lavant-scène lautre soir, lensemble
de léquipe artistique, emmené par Bernard Sobel micro
en main, répondait aux interrogations du public à lissu
de la quatrième représentation, au Théâtre de
la Colline.
« La Pierre » est un poème; en tout cas
lex-directeur du Théâtre de Gennevilliers perçoit
le texte de von Mayenburg comme un outil métaphorique et universelle
de la mémoire, bien davantage à une reconstitution historique
et identitaire des pérégrinations de lAllemagne
contemporaine.
Autour dune thématique de la maison familiale où se
succèdent, selon les convulsions géopolitiques de 1935 à
1993, les maillons dune chaîne doccupantes qui, de bon
droit, expulsent, de fait, les précédentes, lauteur recompose
le puzzle par lequel, la conscience, bonne ou mauvaise, vient buter contre
les ombres de linconscient et les fantômes de la
culpabilité.
En effet, il ne suffit pas de sublimer une cause ou de se mentir à
soi-même pour que de grand-mère à petite-fille en passant
par la mère, lesprit de famille soit absout des frustrations
ou même du malheur engendré chez lalter ego qui aura
été dépossédé du gîte, fût-il
situé à lEst du mur de la honte.
Quatre repères symboliques serviront de cadre à une dramaturgie
défiant la chronologie, à linstar des souvenirs récents
ou lointains qui sassocieraient dans une anamnèse:
Une lettre, une balançoire, un piano, et bien entendu la fameuse
pierre.
Jonglant avec ces traces mnémoniques, les protagonistes féminines
Mieze (Anne Alvaro), Heidrun (Claire Aveline), Hannah (Priscilla Bescond),
Stefanie (Anne-Lise Heimburger) et Witha (Edith Scob) vont effectuer une
danse du scalp, dessence psychanalytique, doù leur unique
partenaire masculin, Wolfgang (Gaëtan Vassart), sexclura
lui-même du jeu vital.
Ainsi de confiscation en appropriation, dacquisition en
restitution, de fragmentation en récupération, la transmission
de la mémoire va seffectuer cahin-caha entre les
générations qui tentent, chacune à leur tour de
sarranger avec le mensonge explicite autant quavec laveu
implicite.
Sans jugement moral de lHistoire, Bernard Sobel sassocie à
Marius von Mayenburg pour se glisser dans le schéma mental dune
généalogie féminine, en charge de faire sens avec les
paradoxes humains de la prise de conscience.
Cependant, au bout dune heure, lautre soir, le débat
se terminera sans quaucune des comédiennes de cette création
théâtrale nait eu lopportunité de prendre
la parole.
Theothea le 22/01/10
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TOUT LE PLAISIR EST POUR
NOUS
de Ray Cooney
& John Chapman
mise en scène
Rodolphe Sand
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****
Théâtre Rive
Gauche
Tel:
01
43 22 11 02
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Tout le plaisir est pour qui, en définitive ?
Une heure et demie plus tard, les spectateurs du Théâtre
Rive Gauche sont convaincus que les huit comédiens sont fort sympathiques,
que lintention du metteur en scène est de vouloir les faire
rire à un rythme denfer, que les auteurs anglais sont des
spécialistes de la comédie de boulevard, bref que tous participent
à la réussite dune sacrée soirée.
Mais si derrière ce plaisir annoncé, devait sêtre
dissimulée une agitation excessive au service dune adaptation
française (Sébastien Castro) mal ficelée et trop
approximative dans des répliques destinées à faire mouche,
comment qualifier cette sensation de désagrément risquant davantage
de tétaniser que de détendre ?
Et si la direction dacteurs, trop univoque, avait installé,
demblée, une fébrilité dont lexcitation
aurait, sans doute, gagné à ne monter en puissance quau
fur et à mesure des quiproquos, quel impact comique pourrait-il être
garanti?
En effet pour que lhystérisation dune situation
vaudevillesque fonctionne, encore faut-il que tous les éléments
qui y concourent, ait eu lopportunité dêtre mis
en place dans lentendement du public, afin que celui-ci soit prêt
ensuite à tous les dérapages relationnels ainsi quà
la bienvenue du délire attendu, au coin de lexacerbation des
amours illicites.
Cest alors que le surgissement de Anne-Suzie Bouillon de Chazourne
(Laurence Badie), écrivain candide à souhait, proposant son
futur ouvrage à succès, auprès dun éditeur
(Thierry Redler), complètement dépassé par limbroglio
sexuel en gestation sous son toit avec la complicité ingénue
de son épouse (Virginie Lemoine), pouvait, en effet, être en
mesure de susciter le paroxysme de lhilarité.
Certes, lobjectif des deux auteurs Cooney & Chapman est manifeste
mais, faute de pertinence in situ, la réalisation de Rodolphe Sand
effleure sa cible artistique.
Theothea le 28/01/10
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