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MYSTERE BOUFFE ET
FABULAGES
de Dario
Fo
mise en scène
Muriel Mayette
|
****
Comédie
Française
Tel:
08
25 10 16 80 (0,15 e/m)
|
|
photo
© Cat.S /
Theothea.com
|
Si la perspective eût été den finir avec
lidéologie de 1968, il ne fallait pas que le « Mistero
Buffo » de Dario Fo fût entré au répertoire
de la Comédie Française, car en provenance directe de son
expression libertaire, lauteur en revendique une réinventivité
permanente de la version originale.
Dailleurs en caution de cette démarche actualisée,
Dario Fo était à la fête, lautre soir de
générale presse alors que, ovationné par la troupe,
il arpentait la scène de la salle Richelieu, applaudissant lui-même,
à la bonne farce faite à ceux qui espèrent figer
lemblématique Institution du spectacle vivant dans le marbre
du culturellement correct.
En effet sous légide administratrice de Muriel Mayette,
souhaitant mettre lacteur, au centre de la démarche
théâtrale, « Mystère Bouffe et
Fabulages » est une véritable aubaine pour faire uvre
de pédagogie, permettant au jongleur de mots quest originellement
le comédien, de saffirmer, tel un porte-voix du peuple, en conteur
de la tradition orale, faisant référence à lhistoire
religieuse et médiévale.
Suprême pied de nez conjoncturel qui place Catherine Hiegel en posture
de meneuse de revue affichant le parti du rire, La, désormais,
Sociétaire honoraire du Français donnait le coup denvoi
dune joute émulative à quatre tonalités
dédoublées en deux versions, selon lalternance des
représentations.
Que la langue traduite de lItalien ne soit pas châtiée
dans les mots que celle-ci choisit de faire entendre au plus cru des récits
du « Massacre des innocents », de « La Passion
du Christ », de « La Résurrection de
Lazare », de « La Cène », des
« Noces de Cana » et dautres fameux épisodes
bibliques, correspond à une démarche assumée que
lauteur, néanmoins, souhaite déléguer à
linterprète qui ainsi, doit faire sienne sur les planches, le
plaisir de raconter avec sa propre faconde, ici et maintenant, ce que les
générations transmettent, dauthenticité humaine,
à travers les siècles.
A l'instar des « Voltaire s Folies » qui
poursuivent, sur le plan du syncrétisme, un semblable esprit critique
permettant de régénérer les sens de lentendement,
les quatre déclamateurs se succèdent à tour de rôles,
en surfant sur lart formel du « Slam », très
en vogue au sein de la jeunesse contemporaine plébiscitant le style
« Stand Up ».
En contrepoint de cet exercice scandé dans une rhétorique,
si possible charismatique et captivante, la mise en scène de Muriel
Mayette fait appel à des tableaux ingénument figuratifs qui,
inspirés de la légende picturale, se détournent, de
manière triviale et prosaïque, de leur signification mystique
originelle.
Dévolue à des élèves stagiaires de la
Comédie Française, la composition iconoclaste du chemin de
croix et de la crucifixion de Jésus, a, ainsi, pour objectif spectaculaire
dillustrer les contingences humaines liées à toute
mythologie.
Pas de mystère donc, la bonne bouffe de Dario Fo est à puiser
au même titre, dans ses Fabulages que dans son prix Nobel de
Littérature 1997, car le même esprit anarchique gouvernant sa
compréhension du monde, le place en guide éclairé du
déni délibéré de toute mystification
philosophique.
Theothea le 23/02/10
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HELAS
de
Stéphanie Tesson
mise en scène
Anne Bourgeois
|
****
Théâtre des Artistic
Athévains
Tel:
01
43 56 38 32
|
Récemment en prélude à « La traversée
de Paris », Francis Huster expliquait quil est capable de
se reconcentrer dans linstant daprès quelconque incident
au cours dune représentation quil pourra, ensuite, poursuivre
de lendroit même où il a été interrompu,
comme si de rien était.
Non seulement, Stéphanie Tesson est en mesure dappliquer
ce réflexe professionnel, en temps réel, mais elle peut sy
impliquer de manière encore plus radicale.
Lautre soir, jonglant dune main avec le masque de la mort
avec lequel, sur la scène du Théâtre Artistic
Athévains, elle dialogue par personnages interposés, soudain
la comédienne se figeait, telle une silhouette du Musée
Grévin, alors quau fond des gradins une spectatrice
sétouffait avec un bonbon, sans que, pendant de longues minutes,
il n y eut dautre espoir à formuler, pour sa survie, que
le rejet du corps étranger.
Impressionnante dans sa posture momifiée, Stéphanie Tesson
tenait la pause muette qui pouvait ressembler à
léternité avec laquelle elle flirtait linstant
davant le suspens et dont elle prolongerait la dialectique, à
lissue de lévacuation de la spectatrice, lorsque celle-ci
aurait, enfin, réussi à expulser lintrus.
Ce dédoublement dune perception de la vie en question, le
temps de lincertitude du destin, pourrait, fort bien, sapparenter
à lillustration surréaliste d
« Hélas », ce petit chose candide tiraillé,
entre autres, par « Not to be » et un « Zizi
dépoque ».
Ecartelé entre le nihilisme et limmortalité, entre
le désir de rien et laccroissement infini, linitiation
à lAmour pourrait jouer des tours pendables à celui qui
n y prendrait garde, en faisant par exemple un enfant dans le dos de
la grande faucheuse.
Assise derrière une table dopération à entendement
ouvert, Stéphanie sy révèle à la fois
illusionniste, marionnettiste, mime, conteuse et contorsionniste de la
pensée métaphysique.
Sy ajoute une propension à loctosyllabe structuré
en cheval de bataille que la nourrice, le commissaire priseur,
lécrivaillon, le tenancier, les deux docteurs Es Toupidos, le
bébé squelette et monsieur Touchela vont magnifier au regard
de lingénu se questionnant dans le tourment: « to
be or not to be ? »
Cette petite épopée apocalyptique réglée à
la gestuelle près par Anne Bourgeois projette Stéphanie Tesson
au royaume des très grandes, telle une Zouc de composition qui
posséderait l'avantage de pouvoir quitter lorbite
sidérale.
Theothea le 20/02/10
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MAISON DE POUPEE
de Henrik
Ibsen
mise en scène
Michel Fau
|
****
Théâtre de La
Madeleine
Tel:
01
42 65 07 09
|
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photo
Marcel Hartmann @ Contour by Getty Images
|
Audrey Tautou passe bien le volume acoustique du Théâtre
La Madeleine. En effet depuis la corbeille, avec vue plongeante sur le plateau
où réside la fameuse maison à géométrie
variable, conceptualisée par Henrik Ibsen, la poupée fantasque
sait sy faire entendre dans un rythme dexaltation qui sied bien
à Nora.
Avec force moulinets des bras, celle-ci sembrase à partir
dun rien, telle lenfant qui sébaubit de la moindre
satisfaction conforme à ses désirs.
Bébé phoque que les prédateurs ne sauraient capturer
à leur piège de femme enfant, sans que celle-ci, soudain, prenne
un coup derrière la tête, fatal par ricochet, au mari qui ne
comprend pas pourquoi la chanson aura changé sans crier gare.
Durant la saison théâtrale actuelle, Nora ce fut dabord
Chloé Réjon dirigée par Stephan Braunschweig, ce sera
bientôt Marina Foïs par Jean-Louis Martinelli, mais cest
encore davantage Audrey Tautou car celle-ci joue, à la fois, avec
la complicité dun partenaire et le regard de son metteur en
scène qui nen font quun sur scène: Michel Fau.
Ainsi, ceinte des costumes et des éléments de décor
conformes à lépoque de la création, la
scénographie semble sortir dun conte dAndersen où
létrange expressionisme des lumières vacillerait avec
le fantasme de lAmour.
Lémancipation de Nora va cueillir lintéressée
elle-même, à la faveur dune cruelle constatation:
Son époux est plus soucieux de son honneur identitaire que du bonheur
conjugal quelle croyait partager avec lui.
Bouleversement des valeurs, prise de conscience des illusions qui font
écran avec la réalité, prennent à contre-courant
cette fin du XIXème siècle où sannoncent, en
prémices, les révélations de la psychanalyse.
Adieu mari, enfants et joies familiales, bonjour linconnu dune
vie à déchiffrer selon des critères de réalisation
personnelle. Mais, ceci serait une autre histoire que se garde bien, ici,
de poursuivre lauteur.
La porte se ferme résolument sur linsouciance prolongée
de lenfance et la nostalgie dun jeu enivré daffects
imaginaires quincarne si bien, en néophyte des planches, la
mystérieuse et performante Audrey Tautou.
Theothea le 25/02/10
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LES SUPPLIANTES
d'après
Eschyle
mise en scène
Olivier Py
|
****
Théâtre de
l'Odéon
Tel:
01
44 85 40 40
|
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photo
© Cat.S /
Theothea.com
|
Telle une épure de tragédie grecque, cette mise en perspective
des « Suppliantes » dEschyle a des allures de
quintessence de spectacle vivant quOlivier Py a choisi de porter en
scène, hors les murs de lOdéon.
En effet, trois petits tours de piste en salon Roger Blin pour roder ce
spectacle dune heure, en quatre représentations exceptionnelles
sur le lieu de création, et puis sen ira vers les universités,
collèges, lycées et toutes autres institutions ou associations,
en demande de théâtre.
Trois comédiens suffisent à composer le chur des
Danaïdes en exil accompagnées de Danaos
leur père et poursuivies par leurs cinquante cousins Egyptiens
en volonté dhymen forcé dont, à son tour, le Roi
dArgos pourrait préserver ces femmes sil acceptait leur
demande dasile, tout en exposant la démocratie grecque au risque
de guerre inéluctable.
Evoluant sur un praticable, installé dans la longueur médiane
du salon où sinstallent, de part et dautre sur deux
rangées, les spectateurs opportunément « en les
murs », Philippe Girard, Frédéric Giroutru et Mireille
Herbstmeyer, tout de noir vêtus, arpentent lépopée
mythologique dans sa rigueur dramatique, tout en laissant pressentir
lactualisation de sa problématique, en un multiple questionnement
implicite, tels la violence faite aux femmes, le malheur des
réfugiés, le droit des plus faibles et des plus démunis
à être secourus, l'accueil de l'étranger et
l'hospitalité comme devoir
Cette initiation à linterprétation théâtrale
se double donc, ainsi, dune démarche pédagogique qui
constituent autant douvertures profitables au débat civique
et artistique, in situ.
Theothea le 03/03/10
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THE A LA MENTHE OU T'ES
CITRON
de
Danielle Navarro-Haudecoeur
mise en scène
Patrick Haudecoeur
|
****
Théâtre
Fontaine
Tel:
01
48 74 74 40
|
Un mois après la reprise de cette première pièce
coécrite par Patrick Haudecoeur et que celui-ci créait, il
y a vingt ans, au Café de la Gare avec prolongations au
Théâtre des Variétés, voici
quaujourdhui, le théâtre Fontaine fait, de nouveau,
salle comble.
Entre-temps, lauteur-metteur en scène-comédien a eu
le temps de triompher, notamment, avec « Frou Frou les
bains », Molière 2002 du spectacle musical, ainsi quavec
« La valse des pingouins », Molière 2007 de la
révélation théâtrale à légard
de Sara Giraudeau.
Dans la lignée dun Buster Keaton, lartiste, pas muet
pour un sou, a lart de catalyser autour de lui, tout ce que
ladversité est capable, en matière de
désagréments, de focaliser sur sa personne mais dont la
destinée a lélégance de le préserver, sans
cesse, du terme fatal.
Cette fallacieuse « bonne étoile » le constitue
en personnage lunaire quasi intouchable, dapparence niaise mais empli
dun bon sens, éminemment subjectif, à dresser les cheveux
du chauve le plus rétif.
Doué dune bonne humeur à irriter tout son voisinage,
il réussit à susciter les pires catastrophes sans que cela
naltère lidée ou laction quil poursuit
allégrement.
En loccurrence, notre antihéros évolue au beau milieu
des deux pôles chronologiques de la création théâtrale,
dabord côté répétition, puis côté
représentation, alors que ceux-ci ont décidé de monter
à lassaut dun improbable vaudeville où
lincompétence des participants naura dégale
que leur insistance à transgresser les codes de léchec
annoncé.
« Thé à la menthe ou citron ? » Telle
est la question existentialiste qui sera à lorigine de la goutte
deau bouillante qui fera déborder la théière du
spectacle vivant, hors du cadre habituellement réservé à
ses seuls initiés.
Au centre du plateau, trône évidemment larmoire
emblématique de toutes les cachotteries foireuses qui, en recours
traditionnel, trouvent toujours refuge à la pusillanimité.
Ainsi, de la scène à la salle, va sétablir
une complicité ravageuse qui donne, au spectateur, la délicieuse
impression, davoir toujours un coup davance sur la consternante
prestation des bienheureux aficionados du fiasco.
Un spectacle culte capable de se régénérer par delà
les générations dacteurs mais qui doit sa maestria fondatrice
et exécutrice à un seul: Patrick Haudecoeur.
Theothea le 24/02/10
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