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MAMMA MIA
de
Catherine Johnson
mise
en scène:
Phyllida Lloyd
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****
Théâtre
Mogador
Tel:
08
20 88 87 86
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photo
© Cat.S -
Theothea.com
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Deux ans après la présentation en avant-première
de « Mamma Mia, le film » avec Meryl Streep, le
théâtre Mogador accueille la version française de
ladaptation théâtrale initiée, au siècle
dernier, par la productrice Judy Cramer .
Ainsi, à la suite des dix années de succès engrangé
par cette comédie musicale à la fois en tournée mondiale
anglophone, ainsi quen création locale sous version linguistique
appropriée, voici donc, près de trente ans après
lultime concert du groupe Abba au Japon, vingt-deux de leurs rengaines
universellement plébiscitées qui reviennent en échos
démultipliés par lhistoire simple de Donna et Sophie,
respectivement mère et fille à laube de leur prochaine
séparation pour cause de mariage en perspective.
Le livret de Catherine Johnson a organisé ce processus de rupture
à laune dune fébrile recherche en paternité,
si possible identifiée juste à temps, afin de pouvoir sublimer
lapothéose nuptiale.
La restitution dun humour omniprésent, au travers des
tribulations inspirées par les chansons originales de Benny Andersson
et Björn Ulvaeus ( Abba ) ayant constitué a posteriori la structure
du scénario, a été confiée à Stéphane
Laporte et Nicolas Nebot qui ont réussi le tour de force de rendre
la langue française quasi pertinente et même davantage, si
affinités.
Garant de la mise en scène référentielle de Phyllida
Lloyd, Paul Garrington assume, pour la création parisienne, le concept
dun décor mobile et abstrait dune auberge des Cyclades,
ayant été limité aux contingences de lexpression
théâtrale alternant entre intimité et extraversion.
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photo
© Cat.S -
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Et çà marche !
çà danse, çà
chante, çà entraîne, çà frissonne
et tout çà, bien entendu, sous le feeling des « good
vibrations » de « Chiquitita »,
« Dancing Queen », « Money, Money,
Money », « I Have A Dream », « Knowing
You Knowing Me », « The Winner Takes It All »
, « Super Trouper », « Take A Chance On
Me », « Gimme! Gimme! Gimme! »,
« Voulez Vous » et « Mamma Mia »...
en VF, sil vous plaît !
Un mois après le gala douverture à Mogador, le show
paraît très bien parti et sans doute pour une longue période,
car il y a fort à parier que les spectateurs auront envie dy
revenir, et même peut-être à plusieurs reprises, avec
le goût dy découvrir, par exemple, des subtilités
idiomatiques cachées mais surtout avec lenvie subjective de
satisfaire, à juste titre, leur addiction musicale.
Sous la perspective de révélations ultérieures pour
les rôles partagés en doublure, le casting initial de cette
création française apparaît demblée sympathique,
spontané et empli dun enthousiasme communicatif.
Avec son air bien trempé dun sosie de Véronique Jannot
en empathie avec lair du temps, Claire Guyot a tout dune grande
dont la puissance de voix ne serait pas le moindre de ses atouts.
Marion Posta (Tanya) fait preuve dune classe malicieuse, franchement
drôle, servie par une gestuelle et une dégaine à la fois
désinvolte et outrancière.
Karen Gluck (Rosie) joue la vieille copine de bonne composition avec un
vrai naturel qui ne trompe pas. En phase avec son rôle
fédérateur, la comédienne gagne le talisman confiance.
Le couple de tourtereaux à marier est délicieusement
interprété par Gaëlle Gauthier (Sophie) et Dan Menasche
(Sky) qui, demblée, emportent les suffrages tant leur ardeur
amoureuse ne pourrait être feinte.
Les trois pères putatifs se doivent, eux, dêtre discrets
car leur absence plus ou moins délibérée ne plaide
guère en leur faveur, quels que soient les griefs respectifs.
Aussi Jérôme Pradon (Sam), Patrick Mazet (Harry) et Francis
Boulogne (Bill) jouent la patience, la compréhension et juste ce
quil faut de concurrence, pour sassurer une crédibilité
solidaire, en assumant, en quelque sorte, des rôles
« effacés » face à une tribu de femmes
emplies de vitalité et de passion.
Cependant, loin dêtre une guerre des sexes revisitée
au parfum féministe des seventies, Mamma Mia est, avant tout, une
bouffée damour et damitié conjugués au diapason
des générations sentremêlant à qui
mieux-mieux
comme dans la vraie vie.
Theothea le 22/11/10
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FOOTLOOSE
de
Dan Pitchford & Walter
Bobbie
mise en scène:
Raphaël Kaney-Duverger
& Guillaume Segouin
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****
Espace Cardin
Tel:
08
92 68 36 22
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photo
© Cat.S -
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« Footloose », expression libertaire apparentée
à « chaussures délacées » et par
association intuitive à « libre dans sa
tête », est arrivée à Paris en provenance
dun immense succès à Broadway et Londres, suite à
ladaptation du film dHerbert Ross en 1984, sous forme de
comédie musicale.
Actuellement à Paris, Pierre Cardin accueille, dans son
Théâtre Elyséen, la troupe francophone, durant quelques
mois festifs, alors que Nicolas Laugero et Jacques Collard ont uvré
pour en franciser le livret.
Etrangement et sans doute pour des raisons dexiguïté
scénique, les quatre musiciens live sont cantonnés au fond
du balcon, ignorés du public.
Par ailleurs, si, en sappuyant principalement sur des murs de
vidéo, le décor peut donner, à peu de frais,
lillusion deffets fort spectaculaires, la préparation
vocale et chorégraphique des comédiens-danseurs est, elle,
particulièrement convaincante.
Le feeling est au rendez-vous de cette histoire que Tennessee Williams
aurait pu inspirer à James Dean dans une Amérique puritaine
davantage par atavisme culturel que par simple rigidité
idéologique.
En effet, si le révérend (Fabrice de La Villeherve) du village
de Beaumont a décidé de faire appliquer une loi interdisant
les bals et autres concerts alcoolisés aux jeunes générations,
cest à la suite et par contrecoup dun accident de voiture
où son propre fils sest tué en compagnie de trois copains.
Aussi, en venant de Chicago, suite à un abandon respectivement
paternel et marital, Ren (Arno Diem) et sa mère Ethel (Gwnaëlle
Deram), confrontés à cette règle locale trop stricte
pour être efficace, vont se trouver en porte-à-faux avec leur
envie de faire table rase du passé.
Ren a toujours voulu chanter et danser ; en conséquence, il est
bien décidé de parvenir à ses fins, fût-ce en
faisant preuve de patience et de perspicacité, dautant plus
quentre temps, il sest épris dAriel (Tatiana Matre),
la fille du Pasteur, qui sait bien lui rendre la réciproque.
Les deux amoureux emportent le spectateur dans une frénésie
communicative à toute la troupe, alors quen contrepartie, dans
le rôle dempêcheur de tourner en rond, Nicolas Turconi
y ajoute une dose talentueuse dinsolence sarcastique.
Energie, humour et empathie sont au rendez-vous de cette création
musicale, qui pour peu quon en accepte les codes « bon
enfant », pourrait, bel et bien, faire leffet dune
cure de jouvence, façon seventies.
Theothea le 05/11/10
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MIKE, LAISSE-NOUS
T'AIMER
de Gadi Inbar
mise
en scène:
Thomas le Douarec
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****
Comédia
Théâtre
Tel:
01
42 38 22 22
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photo
© Cat.S -
Theothea.com
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Gregory Benchenafi dans le rôle de Mike Brant et Caroline Devismes
dans celui de Dalida, voici deux recrues de la compagnie Roger Louret dans
lun des duos phare de cette comédie musicale, dont Daniel Mesguich
aurait dit: « A priori, on y va à reculons et a posteriori
on a quune envie, cest dy retourner ».
Cependant, comment trouver étonnant quun spectacle mis en
scène par Thomas le Douarec autour dun drame mythique écrit
pour le théâtre avec des tubes légendaires en fil conducteur,
puisse ne pas trouver un succès immédiat, alors que
lépoque contemporaine se nourrit de revival attitude ?
Sans doute pour aboutir à une telle impasse, aurait-il fallu que
le casting débouche sur un pâle compromis entre voix et feeling
qui ne puisse convaincre à la fois les fans du chanteur tragiquement
disparu et, en même temps, le public prêt à senflammer
au tempo des cathédrales, si proche du music-hall !
Que nenni, tous les ingrédients à lengouement vont
être réunis autour de « Laisse-moi
taimer », « Rien quune larme »,
« Qui saura », « Cest ma
prière »
pour pénétrer lhistoire
biographique dune comète venue dailleurs alors que le
bénéfice de la résilience naura pas encore su
atteindre la seconde génération après la Shoah.
Emblème magnifique issu dun monde de souffrance désormais
tue, le jeune Israélien va être happé par les sirènes
du show-biz occidental se relayant à son insu pour exploiter le filon
commercial jusquà lépuisement moral.
Encore fallait-il trouver le juste comédien-chanteur pouvant
sapparenter physiquement, vocalement et spirituellement avec cette
icône médiatique, échappant peu à peu au
contrôle de ses pygmalions.
Cest le metteur en scène Thierry Harcourt qui eut le déclic
clairvoyant de proposer Gregory Benchenafi à Thomas le Douarec et
réciproquement.
Aucun donc des trois professionnels ne rata le coche de lintuition
artistique et voilà cette comédie musicale lancée à
coup sûr sur les rails de la fascination collective plébiscitée
pour le meilleur.
Scindées par un entracte structurel, deux parties se succèdent
dans laccomplissement dun destin où la montée
fulgurante ne pouvait quengendrer la chute verticale, vouée
à la gravitation universelle.
En effet, si au-delà des paillettes en apesanteur mirifique, le
retour sur terre simposait à lartiste nétant
plus en mesure dassumer le personnage sidéral perpétué
par dautres apprentis sorciers, la violence de lattraction terrestre
ne pouvait aboutir quau surgissement paradoxal du mythe.
Voici donc ce dernier présentement au Comédia
Théâtre pour une durable et faste période festive
pourvu que chacun y sache protéger la voie si vulnérable de
la destinée.
Theothea le 16/11/10
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LES CONFESSIONS DE
ROUSSEAU
de & par Stéphane Rousseau
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****
Théâtre Le
Palace
Tel:
01
40 22 60 60
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Sur la scène du Palace, les initiales « SR »
trônent comme un aveu de talents à focaliser dans un one man
show pour conquérir, à nouveau, Paris.
« S » & « R » bien entendu,
comme Stéphane Rousseau, ce comédien qui, débarquant
du Québec en 2001 au Bataclan, soctroyait demblée
une réputation de jeune premier doué à tous les étages
de la performance.
Vinrent ensuite la comédie musicale « Chicago »
et le film « Les invasions barbares » qui confirmèrent
tout le bien attendu de cette personnalité artistique francophone
éduquée au sein des cultures nord américaines.
A laffiche aujourdhui de la salle mythique façonnée
aux prestigieuses soirées dantan, par la suite relookée
aux valeurs branchées du spectacle vivant, le jeune homme de 44 ans
y remplit la jauge des festivités 2010-11.
En prenant le risque dintituler son show, « Les confessions
de Rousseau », lartiste prend date avec la renommée
de son patronyme à partager au mieux puisque de Jean-Jacques à
Stéphane, plus quun Océan et trois siècles à
franchir, il y a surtout, désormais, un prénom à confesser.
En effet, à linstar du philosophe des Lumières,
lacteur, pareillement, affronte le défi autobiographique, mais
son angle dattaque privilégié sinscrit,
délibérément, en schéma
dautodérision.
Bardé dun physique
« irréprochable », avec lequel néanmoins
il se force à composer, lobjectif serait de semparer des
aléas douloureux, heureux ou même banalisés que la vie
lui a fait traverser dans un passé récent, pour en extraire
un matériau scénique quil aura su échafauder de
A à Z.
Pour la première fois, metteur en scène à part
entière de son spectacle, lauteur reconstruit le quotidien
relationnel à laune de la fiction esthétisée aux
néons scintillants dune ducasse universelle et tapageuse.
Des chaussures achetées en pointures inadaptées jusquaux
truculences hospitalières lors du trépassement paternel, en
passant par le stress délirant dune naissance
prématurée, la sincérité du propos naura
dégale que sa mise à distance des affects pour nen
conserver que matière à rire face à la malignité
adverse.
Cependant, lénergie communicative de lartiste prend
résolument lascendant sur toutes velléités de
laisser transparaître les contrecoups des fêlures afin de ne
pas submerger sa sensibilité personnelle qui, paradoxalement,
éprouve le besoin de se confier au public.
Macho jusquau bout du fantasme, le personnage extraverti de la bande
dessinée rentre, alors, dans sa coquille scénographique pour
en fustiger, ouvertement, les artifices
tout en imitant avec brio,
une prestation rock de David Bowie.
De la belle ouvrage digne dun palace réhabilité au
goût du jour.
Theothea le 15/11/10
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BORIS VIAN, UNE TROMPINETTE
AU PARADIS
PARIS FROU-FROU, LA DERNIERE SEANCE
de & mise
en scène: Jérôme Savary
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Théâtre
Dejazet
Tel:
01
48 87 52 55
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photo
© Cat.S -
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Jérôme Savary en live au Dejazet de Jean Bouquin
jusquaprès la Toussaint, çà cest Paname
revisitée au Jazz des années cinquante et soixante.
Avec Boris Vian, en fil conducteur dune époque, jamais
révolue dans les esprits, ainsi quen démiurge du Grand
Magic Circus, plus performant que la mémoire des seventies
elle-même, lex-patron de Chaillot et de lOpéra Comique,
remercié pour cause de longévité outrepassée,
a repris sa panoplie de saltimbanque « on the road again »,
épaulé par 2 de ses filles, Manon et Nina.
Grâce à une équipe réduite aux valeurs sûres
et éprouvées, Frédéric Longbois, en monsieur
Loyal, et Philippe Rosengoltz, à la direction musicale, assurent les
deux spectacles sans entracte mais avec buffet pris en sandwichs.
Pour « La dernière séance du Paris
Frou-frou », cest linénarrable Michel Dussarrat
qui joue les transformistes hors pair durant soixante-dix minutes de changement
de costumes au sein du Cabaret dont à soixante-cinq ans, il naurait
pas lintention de décrocher.
En effet, pas de retraite envisageable pour lartiste qui entretient
une forme morale et physique, rodée à toutes les épreuves
dune passion consacrée au spectacle vivant.
Pour « Boris Vian », cest Savary, lui-même,
qui se dédouble en hommage vintage à son idéal de jeunesse
alors que la trompette est censée, à un siècle
dintervalle, octroyer à Jérôme et Boris les faveurs
du Paradis, grâce à la transmission empathique du talent
iconoclaste.
Fort du répertoire déjanté et plein de verve
outrancière de la comète disparue à 39 ans, « en
allant cracher sur sa tombe », Jérôme se dédouane,
à son tour, de toutes réserves, y compris de celle de fumer
cigare et boire whisky sur scène, pour recouvrer, en complicité
dAntonin Maurel et Sabine Leroc, ce Saint Germain-des-Prés des
légendes avec Juliette Greco comme égérie et sans tabous,
comme boîte de nuit.
A partir dun simple truc en plumes et dune trompinette, le
prestidigitateur sait toujours concocter une sublime soirée de music-hall;
alors, en déni de toute place vacante, Jérôme est bien
décidé de ne pas laisser Savary goûter avant lui,
lindicible plaisir de la saveur de la mort!
Du grand art,
partagé en troupe de chic et de choc.
Theothea le 02/11/10
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