Magazine du Spectacle vivant ...

   

 

   

Les    Chroniques    de

  

15ème  Saison     Chroniques   15.086   à   15.090    Page  271

 

    

     

           

Catherine Hiegel - Molière Comédienne 2011 - photo © Theothea.com 

       

     

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L'OPERA DE QUAT'SOUS

de  Bertolt Brecht   

mise en scène:   Laurent Pelly   

****

Comédie Française

Tel: 08 25 10 16 80 (0,15e/mn)

 

          photo ©  Theothea.com 

   

Cet opéra, créé en 1928 à Berlin, Die Dreigroschenoper, est inspiré du Carnaval des gueux de John Gray (1728); il a eu un succès immédiat et une première adaptation cinématographique eut lieu dès 1931.

Il peut être adapté de bien des façons, situé au XIXe siècle comme au début du XXIe, à Londres comme dans une banlieue indistincte, en accentuant un personnage ou un autre; ce sont autant de signes de la force de cette œuvre dont certains des airs, « la complainte de MacKie » ou « la fiancée du pirate » sont devenus des standards du Jazz que l’on retrouve toujours avec plaisir.

Brecht a voulu dynamiter l’opéra bourgeois avec sa formalité, aussi situe-t-il l’intrigue dans les bas-fonds et, tout en ayant des parties chantées à l’ancienne, conserve un ton décapant.

La Comédie française en accueillant cette œuvre lui donne une forme de reconnaissance, sans pour autant la figer dans une geste formelle.

Laurent Pelly a choisi de monter la totalité de cet opéra et de redonner toute sa place à la musique et aux airs qui sont chantés de façon très convaincante, avec puissance et justesse: les comédiens du Français prouvent une fois encore qu’ils ont un fort sens musical.

L’histoire est située dans un contexte d’aujourd’hui, avec camions, hangars modernes, machine à laver, mais sans excès (pas de téléphone mobile qui sonne)… Macheath, dit Mackie le Surineur est très bien incarné par Thierry Hancisse, puissant et lourd, sa femme Polly (Léonie Simaga) est une jeune femme décidée, qui s’adapte assez vite au monde interlope qu’elle a choisi; Lucy est sa rivale plus délurée (Marie-Sophie Ferdane) grande et belle jeune femme élancée.

Le père de Polly est Jonathan Peachum (Bruno Raffaelli) qui emploie des mendiants pour émouvoir les passants, homme d’affaire cynique qui a décidé la perte de Mackie qui lui a volé sa fille; sa femme d’abord effacée joue un rôle actif dans la vengeance avec une forte présence (Véronique Vella).

Tiger Brown, chef de police corrompu est plus effacé (Laurent Natrella); il est sous pression en raison du couronnement de la Reine qui mobilise ses forces.

Le groupe des putains est bien choisi et parmi elles Sylvia Bergé se distingue dans le rôle de Jenny la traîtresse, mais aussi le groupe des mendiants, comme celui des voleurs parmi lesquels s'impose Matthias (Jérôme Pouly) ou le groupe des policiers dont les mouvements sont parfaitement chorégraphiés.

La mise en scène utilise fort bien toutes les ressources du plateau : les cintres sont des hangars, des panneaux successifs des façades d’immeubles qui donnent une réelle profondeur au décor et le changement de décor se fait très rapidement avec les acteurs et les machinistes qui semblent des ouvriers d'usine bien dans à leur place dans cette atmosphère.

Les scènes finales dans la prison sont particulièrement réussies avec une habile utilisation des effets de grille.

Laurent Pelly assure le mouvement des quinze comédiens et du groupe des élèves-comédiens avec précision et vigueur sur cette très belle scène.

Les musiciens restent invisibles, mais assurent le rythme puissant de cet opéra remarquable.

Jacques Portes, le 08/04/11 -   Blog " Histoires de Théâtre "

en partenariat avec Theothea.com

LA CELESTINE

de  Fernando de Rojas

mise en scène: Christian Schiaretti 

****

Théâtre des Aamandiers

Tel: 01 46 14 70 00

 

          visuel  DR.

   

" La Célestine ", Le Problème " & "Pluie d'enfer "

sont réunies en une seule et même chronique

ci-dessous

LE PROBLEME

de  François Bégaudeau   

mise en scène:   Arnaud Menier   

****

Théâtre Marigny (Popesco)

Tel: 01 53 96 70 00

 

          visuel ©  Stéphane Trapier 

   

" La Célestine ", Le Problème " & "Pluie d'enfer "

sont réunies en une seule et même chronique

ci-dessous

   

PLUIE D'ENFER

de   Alexia Perimony   

mise en scène:  Benoît Lavigne   

****

Pépinière Théâtre

Tel: 01 42 61 44 16

 

          photo ©  Mirco Magliocca 

   

« La Célestine » , « Le Problème » & « Pluie d’enfer » faisaient partie des pièces nominées aux Molières 2011 encore à l’affiche que nous n’avions pas eu l’opportunité de chroniquer durant la saison en cours et auxquelles nous assistions juste avant la clôture du vote final. Aucune de ces trois-là n’ont transformé la reconnaissance du premier tour en trophées au second.

Néanmoins chacune apportait sa contribution à une créativité originale rendant explicite la sélection initiale des jurys.

Ainsi, « La Célestine » faisait preuve d’une mise en scène époustouflante sur une estrade traversant de part en part la deuxième salle des Amandiers plaçant le public, en un vis à vis réflexif! L’interprétation fougueuse, inventive et acérée donnait l’impression d’un marathon à marche accélérée vers un orgasme jubilatoire dont les répliques successives ne pouvaient qu’annoncer le paroxysme du tableau suivant….

Pour « Le Problème », c’est l’écriture scénographique qui tenait en haleine la psyché du spectateur en lui laissant le soin d’apprécier la pertinence de la fuite en avant d’une mère de famille laissant mari, fils et fille adolescents à leurs destins autonomes afin que celle-ci puisse enfin épanouir sa propre personnalité à l’extérieur de la sphère privée.

Avec « Pluie d’enfer », c’est le tréfonds de l’âme en butte avec son clone flottant entre noirceur et gratitude qui revenait en boomerang de l’alter ego, collègue flic parce que la vie en avait voulu ainsi, courant après l’ombre idéal d’un bonheur fuyant à jamais vers le pire.

Ces trois pièces, ainsi réunies ici par le hasard de chroniques tardives, auraient fort bien pu décrocher ensemble le Molière du triptyque signifiant plus que lui-même, c’est-à-dire celui de pièces dépassant leur propre sujet pour se fondre dans le témoignage de comportements humains à lire entre les lignes sans que jamais la compréhension rationnelle ne puisse véritablement saisir en leurs desseins !….

Le cahier des charges aurait été ainsi bien rempli, car telle est, sans doute, l’une des fonctions transgressives du geste théâtral.

Theothea le 08/05/11

TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN

de  William Skakespeare 

mise en scène:  Pierre Beffeyte

****

Théâtre la Bruyère

Tel:  01 45 49 49 77

 

          photo © LOT

   

En passant du Théâtre 14 au Théâtre La Bruyère, la mise en scène de Pierre Beffeyte s'est installée, en villégiature, jusqu'à la mi-juillet dans la pratique estivale, pleine de charme, de l'alternance des rôles.

En effet, près de la moitié des comédiens se relaient activement, alors que Pierre Trapet reprend le rôle du Bouffon tenu jusque-là par Romain Bouteille.

Désormais plus intime, la scène du La Bruyère tend à la proximité d’une dizaine de personnages et à leur rapprochement d'avec le public; ce qui, en retour, ne peut qu'accroître l'impression farcesque des physionomies et donc l'enjeu théâtral.

Sur orbite burlesque dès les premiers instants de la représentation, l'adaptation de la langue de Shakespeare va d'emblée trouver un tempo irrationnel où l'art de la métaphore devra, sans cesse, se coltiner avec les règles cohérentes de la logique, que celle-ci soit grammaticale, syntaxique ou même affective.

Décidément, le Roi n'est pas le cousin de Sébastien Finck qui, en permanence, semble insuffler la tonalité facétieuse voulue par tous et grâce à laquelle chacun contribue par une détermination sans faille à faire persister tant de points de vue fallacieux sur la gouvernance du royaume, les conquêtes bellicistes ainsi que sur les stratégies imprévisibles de l'Amour face à l’indifférence feinte.

Aussi, tant de roueries ingénues devraient, fatalement, finir fort bien alors qu' Hélène de Narbonne (Julia Duchaussoy/Marie-Béatrice Dardenne) aurait réussi à mettre par dessus tête toutes les forces vives de la cour de France pour parvenir à conquérir Bertrand (Benoît Solès/Maxime d’Aboville), le fils de la comtesse (Chantal Trichet) s'empêtrant avec sa « chevalière » dans des combats florentins !...

Maintenant que toute cette loufoque compagnie est revenue en Roussillon, qui du Roi ou du bouffon aura le dernier mot pour faire rire du bon tour, ainsi joué à tous par Hélène avec la complicité de son amie, Diane (Rachel Arditi/Alexandra Chouraqui) ?

Theothea le 17/06/11

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