Les
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17ème
Saison
Chroniques 17.006
à
17.010 Page
303
65ème
Festival de
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2012
sous ondée
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Les Molières
2012
Point de vue de
Theothea
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SISTER ACT
musique
de
Alan
Menken
mise
en scène: Carline Brouwer
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****
Théâtre Mogador
Tel:
08
20 88 87 86
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Ainsi, le jeudi 20 septembre se déroulait au
Théâtre Mogador la générale de « Sister
Act » en soirée de Gala rassemblant le tout Paris, alors
quune série davant-premières avait rodé
cette nouvelle création francophone.
Parmi les premières impressions, la notion
dénergie simpose demblée à lesprit
du spectateur ayant pu déjà apprécier les
précédentes réalisations, avec orchestre live, de Stage
Entertainment à Paris, à savoir
« Cabaret », « Le Roi Lion »,
« Mamma Mia » et
« Zorro ».
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En second, il savère que ce spectacle
particulièrement vivant est, avant tout, une aventure conjuguée
au féminin pluriel car ce sont bien elles, toutes ensembles, ces
héroïnes dune histoire où les hommes joueraient,
dans le meilleur des cas, à être leur faire-valoir ou, au pire,
ressembleraient, à sy méprendre, à une sympathique
bande de Pieds-nickelés.
Enfin, si le concept artistique de vie monacale a si bien
réussi à « Des hommes et des dieux », pourquoi
ne sourirait-il pas à ces religieuses, dun troisième
type tellement chargé dadrénaline et fonctionnant au
feeling ?
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Dailleurs, même si le ton irrévérencieux
est omniprésent dans ladaptation française truffée
de calembours et de jeux de mots redoutables, celui-ci ne fait florès
quaccompagné de ce « bon esprit » dont la
culture catholique traditionnelle ne pourrait que tirer
profit.
Bref, tous les ingrédients semblent avoir été
réunis pour susciter lengouement déjà bien palpable
sur les réseaux sociaux alors que, demblée, la présence
légendaire de Whoopi Goldberg lors de cette Première festive
venait symboliquement frapper les trois coups tellement significatifs dans
lunivers du Théâtre.
Ce passage de relais entre Whoopi et Kania sest effectué
sous les meilleures auspices comme dans un jeu de miroirs où
léchange dinflux se transmet en héritage dans
lentrecroisement des regards.
Cest, donc, une Dolorès van Cartier pleine de fougue
et de convictions qui sempare désormais chaque soir du plateau
de Mogador, assurant le leadership de la troupe en véritable meneuse
de revue
mais corrigée néanmoins pour respecter les
règles internes au couvent !
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Cependant, quon ne sy méprenne point, une
star pourrait en cacher une autre, voire deux et pourquoi pas davantage si
affinités
En effet, dans la distribution est également apparue
au cours de lété, Aurélie Konaté, loin
dêtre une inconnue pour la planète du musical, qui jouera
en alternance ce même rôle de Dolorès.
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Et puis, discrète parce que telle est sa fonction dans
le synopsis, voici une révélation en bonus mais non la moindre,
se présentant en véritable novice de la congrégation,
nous avons nommé Sarah Manesse qui compose une Sur Marie-Robert
tellement réservée que la surprise est totale
lorsquéclate sur scène lexpression de ses multiples
talents.
Ceci dit, cest bien lensemble du chur des
femmes qui se trouve au top niveau du chant, de la danse et même de
la pantomime spécifique à chaque portrait.
Chez les hommes, Christian Bujeau compose un savoureux Monseigneur
pendant que lensemble de ses collègues se trouve en situation,
il faut le dire, de jouer aux « mariolles » de circonstances;
ce qui bien entendu nécessite beaucoup de maîtrise et de justesse
pour se rendre crédible.
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Cette création scénique de « Sister
Act » est issue directement du film dEmile Ardolino, sorti
vingt années auparavant, à ceci près quAlan Menken
a recomposé, pour cette occasion, lensemble des chansons du
musical alors que, de son côté, Glenn Slater sattelait
à lécriture des paroles.
Cest donc un « Sister Act » flambant
neuf, qui plus est en langue française, qui débute
présentement sa carrière parisienne alors que se termine celle
de Londres au bout de trois saisons et se poursuit, allégrement, celle
de Broadway, après une année.
Comme le bon vin, Sister Act France va assurément bien
progresser car, demblée, cette comédie musicale semble
sinscrire dans lair du temps hexagonal où le désir
collectif est dapaiser les enjeux religieux bien compris au profit
du respect dune laïcité pragmatique.
Cest pourquoi, en entrant dans les ordres, le
Théâtre Mogador se donne, donc, la mission de divertir le public
en pratiquant lhumour décalé mais sans lonce
dune provocation.
Theothea le 24/09/12
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VOLPONE
de
Ben
Jonson
mise en scène
Nicolas Briançon
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****
Théâtre de la Madeleine
Tel:
01
42 65 07 09
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A la fois metteur en scène et comédien, Nicolas Briançon
cumule les spectacles brillants dus autant à son sens du timing dans
la direction dacteurs quà son feeling, particulièrement
intuitif.
Longtemps révélation, son statut a désormais
évolué vers le fer de lance dune génération
désormais bien ancrée dans le spectacle vivant contemporain.
Pour ce Volpone, lartiste à double casquette sest aussi
armé dun compte Twitter dédié, avec laffiche
de la pièce en logo, où il a rendu compte, durant
lété, de la mise en place de sa mise en scène:
Après avoir précisé quil avait bien du mal
à apprendre son texte malgré ou peut-être à cause
du plaisir que lui procuraient « ces quinze jours déserts
à Paris », le réalisateur commençait à
égrener le compte à rebours qui le séparait de la
première, tout en lançant un appel aux réservations.
« La Madeleine
Le seul théâtre décapotable
de Paris » informait-il à la mi-août » preuve
à lappui dune photo montrant une verrière ovale
ouverte sur le ciel en chaleur
Quelques clichés online des répétions et du décor
plus tard, voici quarrivait ce fameux 12 septembre: « Bon
ben là... On peut plus reculer: Première de Volpone ce soir!!!
C'est parti! Venez!!! »
Parmi les premiers commentaires, on pouvait lire: « Le changement
c' est d'aller enfin voir une bonne pièce de théâtre:
Volpone » alors que lui-même dupliquait le titre dun
quotidien national : « Volpone, une pièce en or ».
Maintenant que les critiques élogieuses commençaient à
se succéder, le metteur en scène relevait néanmoins,
avec le sourire moqueur, « un déficit de
subtilité » stigmatisée par lune dentre
elles.
Passant directement à un « Il est chouette ce site:
theatremadeleine.com », lartiste reprenait alors plus que
jamais sa double casquette en citant quasi quotidiennement chacun des liens
renvoyant, au fur et à mesure, vers lensemble des critiques
publiées en ligne :
Roland Bertin y est encensé, Anne Charrier louée, Yves Gasc
et Philippe Laudenbach re-connus, tous célébrés à
juste titre autour dun acteur-metteur en scène hors pair.
Aussi, en ce 1er octobre, Nicolas Briançon poursuit toujours sa
quête perspicace qui, a priori, pourrait sapparenter à
une simple revue de presse associée au dossier éponyme mais
qui, au-delà, correspond davantage à une interactivité
entre lartiste et son public avec nécessairement des retombées
permanentes sur le geste créatif.
Ainsi, que deviendra son « Volpone » à Noël
2012 ?
Bien entendu, toujours le même calé dans les rails posés
cet été mais aussi, en raison de son « feeling
intuitif » à lécoute des gazouillis du monde,
Nicolas Briançon saura renouveler ce qui en fait sa force
intrinsèque proposée sur « La nouvelle seconde scène
» de Jean-Claude Camus, à savoir :
Un cynisme à la fois poli et souriant à pleines dents
jusquaux délices de la Tragi-Comédie.
Theothea le 01/10/12
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LES MENTEURS
de Anthony
Nelson
mise
en scène: Jean-Luc Moreau
|
****
Théâtre de la Porte Saint-Martin
Tel:
01 42 08 00 32
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Pas si fourbes que çà, les deux compères mais
plutôt bien empêtrés dans leur désir daccomplir
une mission délicate sans susciter le désarroi.
Blunt & Gobble, deux bobbies en charge dannoncer une mauvaise
nouvelle le soir de Noël vont se trouver embringuer, à linsu
de leur plein gré, dans une suite de quiproquos farcesques.
Hésitant à appuyer sur le bouton de sonnette du pavillon
où un couple de parents âgés attendent larrivée
de leur fille venant passer le réveillon avec eux, les deux policiers
tardent lentrée en matière tragi-comique jusquà
ce que les évènements décident, à leur place,
pour eux et les propulsent à lintérieur du sweet home.
Commencera alors un jeu de poker menteur où lobjectif sera
sans cesse de ménager lapparente vérité des faits
en esquissant des pas de côté.
A linstar des frasques du vaudeville, lhumour anglais sy
développe en faisant conjuguer la causticité avec un ton
surréaliste à saborder toute tentative dapproche
cartésienne.
Tels deux poissons plongés dans leur bain originel, Chevallier
et Laspalès samusent avec la transgression de
linvraisemblance comme les deux gamins des bandes dessinées
dantan, Quick et Flupcke, qui seraient devenus à leurs tour
policiers par inadvertance.
Jean-Luc Moreau est constamment présent pour leur tendre la main
de labsurde comme le ferait un guide attentif à harmoniser ce
duo Dupont-dupond avec les cinq partenaires qui les entourent au mieux des
situations grand-guignolesques récurrentes, a volo.
Lintérêt, bien compris, du spectateur est alors de
larguer les amarres et tout ce qui pourrait le rattacher à une logique
ordonnée, car la loi du genre ne peut supporter de demi-mesure de
sauvegarde au risque de rester le postérieur entre deux chaises
mentales.
Nul besoin de sesclaffer à toutes les facéties des
protagonistes mais, néanmoins, si le sourire pouvait sinstaller
durablement, le pari serait en soi largement gagné car, dans cette
adaptation de lesprit anglais, il y a de toutes évidences beaucoup
de verrous culturels à dynamiter de lintérieur.
A ce titre, Philippe Chevallier et Régis Laspalès pourraient
fort bien, vis-à-vis du public francophone, jouer un rôle de
passerelle vers cet imaginaire burlesque, lui paraissant, a priori, quel
que peu abscons.
Theothea le 27/09/12
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DES FLEURS POUR
ALGERNON
de
Gérald
Sibleyras
mise
en scène: Anne Kessler
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****
Studio des Champs-Elysées
Tel:
01 53 23 99 19
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Si la recherche expérimentale sur
« lintelligence » dune souris, qui pourrait
fort bien sappeler Algernon, devait déboucher, in fine, par
un bouquet destiné à fleurir sa mémoire, quen
serait-il si des savants fous singéniaient à singer cette
procédure pseudo-scientifique en lappliquant à lhomme
ou plus exactement à Charlie, soigneusement sélectionné
en fonction de son quotient intellectuel déficitaire mais surtout
à son candide et intense désir dapprendre et de bien
faire ?
Parcourant les mêmes étapes traversées
précédemment par Algernon, Charlie verrait alors, après
une phase de latence quelque peu régressive, sa fonction
cérébrale progresser, par la suite, de manière
exponentielle, lorsquatteignant le paroxysme de sa compétence
samorcerait, au final, une chute brutale vers lenfer de la
dégénérescence des cellules.
Mis en compétition de fait avec les réactions de la souris,
le cobaye humain va acquérir rapidement la faculté
danticiper lui-même, secrètement, chaque phase suivante
du processus, grâce à lobservation de sa compagne animale
en avance sur son propre parcours engendré par les apprentis
sorciers.
Telle la nouvelle écrite en 1959 par Daniel Keynes, devenue roman
dans un second temps ainsi que comédie musicale et film à
succès international par la suite, cette fable va non seulement
stigmatiser, par la science fiction, les expérimentations hasardeuses
promises par et sur lintelligence humaine mais va surtout devenir,
en parallèle, une sorte de métaphore, grandeur nature, concernant
lévolution et la signification de la pensée et de
lesprit ayant en perspective son déclin et sa fin
programmés.
Pour mettre en scène sur les planches, une tel récit fictionnel,
il fallait une adaptation (Gérald Sibleyras), proche de la confession
ou plutôt de lauto-analyse, ayant linnocence du regard
humain qui, à son insu, découvre, avec étonnement, les
transformations de sa perception du monde, à la fois intérieur
et extérieur.
Il fallait surtout, un comédien à la sensibilité
hors du commun et qui, de surcroît ne soit pas marqué par ses
rôles précédents, de façon à maintenir
vierge sa pertinence et sa crédibilité à légard
du public.
« Heureux les simples desprit, le monde leur
appartient » énonce ainsi la Sainte écriture; cest
bel et bien avec cette intention implicite que la metteuse en scène,
Anne Kessler offre à Grégory Gadebois lobjectif, fort
réussi, de prendre en charge symbolique la destinée de la raison
métaphysique à incarner dans le formatage de la raison
pratique.
Theothea le 04/10/12
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LE SCOOP
de Marc
Fayet
mise
en scène Marc Fayet
|
****
Théâtre Tristan Bernard
Tel:
01 45 22 08 40
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Le buzz court, à linstar du furet de la chanson, au sein
du Tout Paris, que « Le scoop » est la pièce de
ce début de saison quil faudrait voir pour être
« in » dans les conversations branchées.
En effet, comme à son habitude, lécriture de Marc
Fayet sest emparé dun sujet de société pour
lélever au niveau de la réflexion collective, sans pour
autant en tirer une morale que chacun pourrait donc voir à sa porte
ou simplement à sa mesure.
En pénétrant le milieu de la presse, quel que peu
déstabilisé actuellement par lafflux des nouvelles
technologies mises à la portée de tous, lauteur observe
trois générations de professionnels dont le commun
dénominateur serait, sinon de chercher à tirer la couverture
à lui, tout au moins dattirer le reconnaissance de ses
confrères, le plus souvent en étant en avance sur eux, dune
info:
« Mieux vaut être le premier à se tromper, plutôt
quêtre le deuxième à dire la
vérité ».
Ainsi bardé dune telle maxime en guise de déontologie,
il est aisé dimaginer toutes les dérives potentielles
à chaque prise de décision.
Par ailleurs, chacun bâtissant sa propre légende, en fonction
de lépoque traversée et des engagements opportuns, il
est possible que le vernis des réputations puisse dissimuler de lourds
secrets parfois peu avouables ou avec lesquels il serait toujours possible
den reconstruire, a posteriori, une destinée forcément
ambitieuse.
Il nest pas loin, non plus, le conflit dintérêt
mêlant la sphère du privé avec des enjeux politiques,
éventuellement internationaux, qui pourrait venir interférer
dans la progression dune carrière, toute dévolue à
la recherche de la vérité engageant surtout autrui mais pas
nécessairement soi-même.
Toutes ces variantes thématiques pourront être retrouvées
au fur et à mesure de lenquête que va mener Grégory,
jeune reporter ayant déjà compris, à son niveau, que
la manipulation des idées, des faits et des gens est en soi une arme
pour progresser vers lobjectif éditorial fixé.
Ce nest rien de dire que ses commanditaires plus âgés
ont en commun de partager un échiquier stratégique où
cest toujours celui qui visionne le plus grand nombre de coups en avance
qui accumule, au prorata, les atouts pour lemporter sur ses
confrères.
Au point que le plus ancien (Philippe Magnan) dentre les trois pourra
édicter comme conseil ultime au plus jeune (Guillaume Durieux) :
« Si tu veux rester libre, ne crois pas ce que je te
dis ».
Ce pourrait, en effet, être une bonne directive pour exercer son
esprit critique mais, néanmoins au terme de lintrigue, va se
profiler un tel désenchantement à légard de la
chose journalistique quil devrait être pertinent pour le spectateur
de relativiser, à lavenir, la portée pragmatique de tous
les donneurs de leçons médiatiques.
Excellente quête dialectique où, de surcroît,
linterprétation classieuse de Frédérique Tirmont
forcera à la transgression du statu quo.
Theothea le 01/10/12
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