Magazine du Spectacle vivant ...

   

 

   

Les    Chroniques   de

  

17ème  Saison     Chroniques   17.101   à   17.105    Page  322

 

                                 

   

              

Spectacle Vivant

     

Notre compte-rendu photos

du 66ème Festival de Cannes

en consultation sur Theothea.com

     

       

   

   

            

   

        

      

     

   

      

                 

   

   

            

     

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OBLOMOV

de Ivan Alexandrovitch Gontcharov  

mise en scène  Volodia Serre   

****

Théâtre du Vieux Colombier

Tel  01 44 39 87 00 / 01

 

              photo ©  Theothea.com 

                                       

Sous le label du parfait épicurien apathique, Guillaume Gallienne endosse la robe de chambre d’Oblomov avec l’aisance aristocratique qui sied à la grande mélancolie lovée dans son canapé, en véritable anti-héroïne incarnant la léthargie psychosociale terrassant la Russie dite Tchékhovienne.

En contrepoint, la dépression chronique dont souffrira subitement Olga, son ex-amoureuse à qui jusque-là la vie souriait, illustrera le pendant psychiatrique de l’« Oblomovisme » se répandant de manière contagieuse… sans antidote référencé.

A eux deux, Oblomov (Guillaume Galienne) et Olga (Marie-Sophie Ferdane) seront donc les victimes consentantes d’une douce complaisance avec soi-même sans que Stolz (Sébastien Pouderoux) le pourfendeur volontariste, doublement motivé par cette résistance significative à la contribution du bonheur collectif, ne puisse résoudre le dilemme de l’abandon, par des êtres tant aimés, aux forces négatives de l’échec social.

En effet, sans autre objectif que de lâcher prise, l’une et l’autre vont se calfeutrer dans une destinée sans lendemain mais dont l’absence de souffrances supplémentaires les autorisera à un relatif bien-être provisoire sans contrariétés superflues.

Comme dans une danse au ralenti où se joueraient les ombres d’une nostalgie perdue au gré d’un passé définitivement caduque, les souvenirs se télescopent en régressant, tout en se figeant au stade initialement heureux, celui de l’enfance pour Oblomov et celui du sentiment amoureux pour Olga.

Les rôles de Céline Samie, Yves Gasc et Nicolas Lormeau entourent ces deux personnages vulnérables dans leur détermination destructrice, par des postures en rondeur qui aménagent de fausses mais réconfortantes portes de sortie à cette impasse tellement mélancolique.

Volodia Serre parachève cet élan du défaitisme par une installation artistique audiovisuelle en phase lascive avec cette impression de torpeur et de prostration.

Tous font de Guillaume Gallienne, le porte-drapeau d’un bovarysme à la Gontcharov, assumé avec délectation.

Theothea le 11/05/13

NINON LENCLOS OU LA LIBERTE

de  Hippolyte Wouters

mise en scène  Cyrielle Clair

****

Théâtre des Mathurins

Tel 01 42 65 90 00  

       

           photo ©  Lot  

                                 

   

     

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TROUBLES FEERIE FAMILIALE

   

de & mise en scène  Jean-Marie Galey   

****

Théâtre de la Tempête

Tel    01 43 28 36 36

    

           DR.  

                                    

   

     

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UN PAVE DANS LA COUR

     

de & mise en scène  Didier Caron

****

Théâtre  Michel 

Tel   01 42 65 35 02  

   

     extrait visuel affiche.  

                                       

   

   

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RITUEL POUR UNE METAMORPHOSE

de  Saadallah Wannous 

mise en scène  Sulayman Al-Bassam

****

Comédie Française

Tel   08 25 10 16 80 (0,15e/mn)  

 

           photo © Cosimo Mirco Magliocca

                       

Félicitons-nous, tout d’abord, de l’esprit de curiosité et d’ouverture sur le monde, exprimé par la direction de La Comédie-Française, permettant ainsi l’accès, pour la première fois, au répertoire d’une œuvre en langue arabe, traduite en l’occurrence par Rania Samara.

Il s’agit donc de la dernière pièce écrite par l’auteur syrien Saadallah Wannous en 1994, situant ce conte dramaturgique au milieu du XIXème.

Une lutte de pouvoir machiste où les autorités politique, policière & religieuse risquent, chacune, de perdre la main au profit des deux autres, va entraîner un surcroît de victimisation de la femme parce que celle-ci représente le maillon le plus vulnérable reliant ces différentes instances sociales.

De la prostituée à l’épouse honorable, toutes vont se sentir bafouées par des calculs stratégiques ne visant qu’à asseoir l’autoritarisme institutionnel au détriment du respect de la personne privée.

Par un jeu de renversement et de transgression, la métamorphose de la candeur supposée en perversité fantasmée, finira de perturber l’ensemble des classes sociales locales, effarées d’un retournement subit des valeurs ancestrales conditionnant jusque-là la femme au plus profond de son intimité.

Si la mise en scène de Sulayman Al-Bassam a l’intention prioritaire d’échapper au folklorisme arabe traditionnel, celle-ci souhaite néanmoins cadrer l’enjeu dramaturgique au plus près du réalisme contingent en enfermant les phases successives de cette parabole aux mille et une trahisons, au cœur d’une maison qui peut tout aussi bien devenir tribunal, prison que bordel luxuriant.

Ce concept de huis clos modulable a l’avantage de démultiplier les modalités de l’oppression, derrière de hauts murs qui, malgré leur badigeonnage artistique ou non, ne peuvent cacher que l’abus de pouvoir, quel qu’il soit.

Souhaitant épurer la thématique passionnelle en l’élevant au niveau universel, c’est dans l’abstraction de décor sublimant l’héroïne ( Julie Sicard ) que se conclura la mise à mort symbolique par un grand frère, effrayé de sa propre audace.

Ainsi, la messe est dite, puisque le rituel pourra se renouveler à l’infini jusqu’à nos jours, sans que la rébellion ne puisse en finir avec la tyrannie des mœurs imposés par l’ensemble de ces pouvoirs vacillants et, par conséquent, tellement redoutables.

Quant à la métamorphose en devenir, elle ne cesse de se renouveler à l’écoute d’une vigilance empathique qui, chemin faisant, pourrait fort bien atteindre sa cible socio culturelle au sein de la Salle Richelieu !

Theothea le 31/05/13

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