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Les    Chroniques   de

  

18ème  Saison     Chroniques   18.006   à   18.010    Page  327

 

   

              

         

           

                   

         

               

       

                

           

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ET JAMAIS NOUS NE SERONS SEPARES

de  Jon Fosse

mise en scène  Marc Paquien

****

Théâtre de l'Oeuvre

Tel  01 44 53 88 88

    

            photo ©  Theothea.com  

     

Il y eut, en 2009, Nathalie Baye qui se confrontait à « Hiver » au Théâtre de l’Atelier alors qu’avec Pascal Bongard, ils se cherchaient, se perdaient, se retrouvaient dans la transgression du huis-clos d’une chambre d’hôtel ; voici, aujourd’hui, Ludmila Mikaël qui effectue un parcours similaire à L’Oeuvre, à ceci près que c’est avec elle-même et seulement avec elle-même que la sociétaire honoraire du Français se convainc au sein des sentiments d’abandon et de solitude, de la présence de l’être chéri mais pourtant bel et bien disparu !…

Et pourtant paradoxe, Patrick Catalifo & Agathe Dronne accompagnent de leur fantomatique présence sur les planches, cette quête persuasive mais, en fait, ils n’y apparaissent que comme le revers mental des préoccupations de cette femme esseulée, fantasmée par Jon Fosse.

Cette situation ne serait pas sans rappeler le personnage de Charlotte Rampling dans « Sous le sable » de François Ozon alors que disparaît soudain et sans crier gare son mari dans l’immensité d’une plage…

Ainsi les deux femmes, Charlotte au Cinéma, Ludmila au Théâtre se trouvent en nécessité inéluctable de sans cesse re-susciter la présence de l’Autre car infiniment inexplicable serait la disparition de celui-ci.

Alors sur scène, le temps d’une nuit d’insomnie, Ludmila va jouer le rendez-vous toujours différé d’un souper, sans doute en amoureux, tout en prenant des respirations de conscience fulgurante que tout cela est et restera vain ! Mais rien n’y fait, la vie sera plus forte que le désespoir ! L’illusion échafaudée plus déterminée que le constat du réel ! La méthode Coué bien plus efficace que la dépression !…

Et puis, il faut le dire, il y a aussi le plaisir de jouer avec l’indicible et celui de s’en rapprocher au plus près jusqu’à s’y brûler les ailes du désir.

Qu’importe donc si la candeur devait se disputer avec l’intelligence revendiquée à maintes reprises, qu’importe si la vulnérabilité de l’artiste devait frémir de par ses failles latentes, qu’importe même si quelques spectateurs du balcon devaient huer aux saluts d’une générale presse, la force de l’utopie resterait sans aucun doute la meilleure alliée d’un spectacle vivant dont la signification existentielle se lirait entre les lignes, scandées à mi-mots répétitifs, et s’entendrait à travers les silences musicaux d’une interprétation magnifique… forcément magnifique !

Theothea le 13/09/13

     

     

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ENSEMBLE ET SEPAREMENT

de  Françoise Dorin

mise en scène  Stéphane Hillel

****

Comédie des Champs-Elysées

Tel  01 53 23 99 19

                    

          photo ©  Theothea.com

       

Françoise Dorin a écrit de nombreuses pièces pour son complice et compagnon de vie Jean Piat : « Vous avez quel âge ? », « L'âge en question », « L'étiquette »  …

L'année dernière, Stéphane Hillel a mis en scène au théâtre de la Tête d'or « Ensemble et séparément », une pièce où se mélangent quiproquos, malentendus et comique de situation. Celle-ci, après une tournée en province, est reprise à la Comédie des Champs-Elysées.

On y retrouve donc un Jean Piat allègre du haut de ses 88 ans, interprétant un éditeur à la retraite qui a repris du service car Jean-Jacques Provins est incapable de rester sans activité. Adossé à son bureau, celui-ci entreprend de nous narrer une rencontre particulière. Celle avec un jeune talent littéraire dont il veut publier le manuscrit digne de faire un « carton ».

Le jour du rendez-vous débarque une dame d’un certain âge qui, devant l’étonnement et la réaction un peu sèche de l’éditeur, va s’inventer une filiation.

L’auteur, Dominique Carentan, n’est pas un garçon comme il le pensait mais une fille qui, se trouvant actuellement aux Indes, ne pourrait donc se présenter devant lui. Mais, elle, sa mère se porte garante de toutes les réponses apportées à la curiosité de l’éditeur. Intrigué, celui-ci accepte de recevoir cette dame à plusieurs reprises.

Qui est-elle donc, cette femme qui le questionne avec une ironie qui l’ébranle ? Pourquoi se montre-t-elle si curieuse de sa vie privée ? Au fur et à mesure de l’attente de la fille « en personne », s’établit une relation qui s’ouvre sur des confidences et ainsi, par petites touches, ils évoquent ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils sont, et peut-être ce qu’ils vivront. Car tout est toujours possible. Ils se découvrent au gré des visites et deviennent des amis.

Elle, c’est une écouteuse; chez lui l’art de la citation est naturelle et la conversation bat son plein. Et bien entendu, le pot aux roses a été vite découvert. C’est bien cette auteure surprenante qui a écrit l’ouvrage en question.

Ces deux êtres solitaires et indépendants, de culture et de style différents vont se rendre compte qu’ils se sont même rencontrés dans la petite enfance, sur un lieu de vacances, et qu’ils ont en définitive plein de choses à se dire et à apprendre sur eux-mêmes. Malicieux à merveille, ils se chamaillent, se raccordent, plaisantent, s’émoustillent et nous enchantent.

Marthe Villalonga, gouailleuse à souhait, pétillante, énergique, charrie souvent un Jean Piat goguenard à souhait. Ces deux octogénaires nous surprennent et nous charment malgré un texte plein de quiproquos parfois attendus. Cet attendrissant tandem formé par deux mythes vivants est en tout cas une magnifique leçon de théâtre.

Et pour finir en beauté ces échanges souvent railleurs mais toujours plein de tendresse, Marthe Villalonga s’installe au piano pour interpréter Debussy en livrant à ce grand Monsieur qu’est Jean Piat et au public, une bouffée d’émotion en direct… au nom de « L’Amour-mitié » !

Cat.S / Theothea.com, le 19/09/13        

   

          

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MACBETH

de  William Shakespeare 

mise en scène  Laurent Pelly

****

Théâtre des Amandiers

Tel  : 01 46 14 70 00

    

            photo ©  Paul Koudounaris

                           

   

                     

            CriTweet  Audrey Natalizi

   

" C'est un glas qui t’appelle au ciel ou en enfer "

critique de Audrey Natalizi

              

   

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L'ANNIVERSAIRE

de  Harold Pinter

mise en scène  Claude Mouriéras

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Théâtre du Vieux Colombier

Tel    01 44 39 87 00 / 01

            photo ©  Christophe Raynaud de Lage

                           

   

                     

            CriTweet  Mordue de Théâtre

   

" Unhappy Birthday Party "

critique de Mordue de Théâtre    

     

   

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LE PLUS HEUREUX DES TROIS

de Eugène Labiche

mise en scène  Didier Long

****

Théâtre Hébertot

Tel  01 43 87 23 23

     

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Voilà un savoureux vaudeville où « chaque personnage trompe et est trompé ».

Le trio infernal mari-femme-amant se décline à l'infini, et même les domestiques sont loin d’être au-dessus de tout soupçon.

Dans cette comédie traitée par Didier Long, la cadence de la troupe est menée avec légèreté par une Constance Dollé frivole à souhait jouant la douce Hermance, mariée en secondes noces à Marjavel, magnifiquement campé par Jean Benguigui.

Arthur Jugnot, un peu trop sur la réserve, joue l’amant. Quant à Arnaud Gidoin, étonnant de cocasserie dans le rôle du domestique alsacien qui se mêle de bien des affaires, il pimente, tel le bouffon du théâtre classique, les divers quiproquos, jeux de séduction et de manipulation, le tout sur fond de billets doux anonymes sous le regard d’une tête de cerf empaillée aux cornes bien significatives.

Un marivaudage élégant aux belles performances de comédiens revêtus de costumes aux somptueuses étoffes (Pascale Bordet) manquant cependant un peu rythme, face à la pesanteur de cette bourgeoisie qui, par ennui, tente de se distraire aux dépens de chacun.

Cat.S / Theothea.com, le 03/10/13    

     

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