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KOOZA
de & mise en scène
David Shiner
|
****
Théâtre
du Soleil
Tel
|
A la fois coffre et trésor étymologiques du Cirque du Soleil,
à la fois contenant et contenu, ce Kooza a tout dun grand cru
car ses racines sappuient sur les fondamentaux circassiens,
cest-à-dire en loccurrence le Divertissement et
lAcrobatie, autrement dit les clowns et les équilibristes.
En effet, quasiment pas danimaux traditionnellement au Cirque
fondé par Guy Laliberté, cependant pour ce spectacle installé
à Paris, sur lîle Seguin durant plus de deux mois, le
retour aux sources est encore plus exclusif car seule la performance à
dimension humaine, adaptée à sa nature artisanale
maximalisée, prévaut au cours de ces deux heures dintense
quête déquilibre à risque croissant et,
néanmoins, totalement maîtrisé
sous la présence
exceptionnelle et intrépide du chien Maboul.
Que de cette manière, en contrepoint, le rire soit lui aussi de
la partie dans ces multiples enchaînements spectaculaires, cela
également coule de source, le plus loufoquement du monde !
Cest donc, ainsi, que du Charivari à la Contorsion, de la
Main à la main à la Manipulation de cerceaux, de lempilement
de chaises aux fils de fer en altitude, du Duo unicycle au Solo Trapèze,
de la Planche sautoir à la Roue de la mort, lescalade des
émotions rejoint les interventions saugrenues, concoctées au
travers de jeux de rôles, par quelques personnages emblématiques,
tels que le Charmeur (Trickster), lInnocent, le Roi, le Régisseur
(Heimloss), comme il se doit, orchestrés par les fameux clowns !
Tout ce beau monde gravite autour et sous lil directif, voire
protecteur, du Bataclan, sorte de tour mobile se déplaçant
sur la piste, au gré des numéros, selon les nécessités
scénographiques et musicales.
Avec Kooza, Le Cirque du Soleil perpétue au superlatif son entreprise
mondialisée de fascination à mains nues où les artistes
sont effectivement le centre de toutes les attentions, en premier lieu celles
des spectateurs attachés à cette excellence universelle.
Theothea le 15/12/13
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MY FAIR LADY
d'après
George Bernard Shaw
mise en scène Robert
Carsen
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****
Théâtre
du Châtelet
Tel
01 40 28 28 40
|
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photo © Marie-Noëlle Robert - Théâtre du
Châtelet
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« Mea pulchra puella » Sous les auspices empathiques
du titre en latin surplombant la scène, lorchestre Pasdeloup,
en fosse du Châtelet, débute la représentation par un
avant-goût fort profitable de la si fameuse musique de Frederick Loewe.
Le rideau peut désormais se lever sur le parvis londonien du Royal
Opera House où va se jouer la mémorable rencontre entre Eliza
et Henry.
Elle, jolie marchande de fleurs de Covent Garden, lui professeur
spécialiste en orthophonie et autre linguistique phonétique
vient de trouver sa proie adéquate, opportunément destinée
à lobjet dun pari exposé à son ami, le colonel
Pickering.
En effet, le parler argotique dEliza et son accent des faubourgs,
marqueur indélébile dune classe sociale acculturée,
font de cette jeune personne le prototype idéal dune
expérience scientifique visant à neutraliser ces signes de
dévalorisation sociétale.
Comme de surcroît, la demoiselle est volontiers demandeuse
dexcellence pour valoriser son savoir-faire, les deux compères
et leur protégée vont rapidement sentendre sur un
régime dapprentissage à marche forcée vers la
reconnaissance mondaine
grâce à sa prochaine maîtrise
dune élocution châtiée ainsi quà
lacquisition des bonnes manières.
Devenue ainsi, au bout de quelques mois de labeur, Princesse du Tout Londres
à la suite de deux sorties test dans la Haute-Société,
la première sur les champs de courses dAscot, lautre au
bal de lAmbassade, le stratagème va dépasser les
espérances de ses initiateurs mais va néanmoins déboucher
sur un dilemme paradoxal avec la personnalité dEliza qui ne
saurait y trouver son compte existentiel.
Naurait-elle pas été, en définitive, que le
jouet dune instrumentalisation cynique par son Pygmalion ?
La réalisation artistique de cette comédie musicale,
créée quatre ans auparavant déjà au Châtelet
sous limpulsion de son directeur Jean-Luc Choplin, est absolument
remarquable, tant par sa haute ambition orchestrale que par la magnificence
des décors et costumes, ainsi que, et ce nest pas le moindre,
par lextrême qualité de ses interprètes charismatiques
en chant, danse et comédie.
La mise en scène de Robert Carsen jongle entre les tableaux choraux
et intimes avec laisance et le charme du film culte, en les
dépouillant par la force des planches, des fiacres ou autres chevaux
de course tout en les boostant dune énergie panoramique
tridimensionnelle.
Cest pourtant dans le registre scénographique que va se glisser,
de manière impromptue, lélément faible de ce
magnifique puzzle en version originale. En effet, sil est formidable
de pouvoir apprécier à Paris un spectacle exclusivement dans
sa langue originelle, il faudrait, sans aucun doute, songer à repenser
le dispositif du sous-titrage, à moins que de le considérer
comme marginal !
A quand donc au Théâtre, la transparence visuelle des
répliques, si confortable, dans laxe de la scène, telle
que le cinématographe nous a habitués depuis de nombreuses
années ?
Aussi, dans la perspective actuelle, le conseil à donner aux futurs
spectateurs, ne pratiquant pas aisément la langue de Shakespeare,
serait donc de revisionner le célèbre film (1964) de George
Cukor avant que dassister à la représentation du
Châtelet, de façon à être le plus indépendant
possible du sous-titrage.
Cette réserve étant énoncée, clamons que ce
spectacle, avec en tête de distribution, Katherine Manley & Alex
Jennings, est en soi, une parfaite réussite !
Theothea le 08/12/13
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photo © Marie-Noëlle Robert -
Théâtre du Châtelet
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PSYCHE
de
Molière
mise en scène
Véronique Vella
|
****
Comédie
Française
Tel
Tel
08 25 10 16 80
(0,15e/mn)
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En choisissant de monter Psyché à La Comédie
Française, cest comme si Véronique Vella fournissait
à la fois les verges aux détracteurs ainsi que les lauriers
aux laudateurs de son ambitieuse création, car la sociétaire,
metteuse en scène, assume demblée le caractère
hétéroclite du projet tout en vantant son essence fondamentalement
théâtrale.
Ainsi, les reproches de vacuité comme les louanges de plénitude
vont-ils pouvoir sentrecroiser, à souhait, sans que les dieux
de lOlympe ou ceux de lélite culturelle aient quelconque
autorité en matière dappréciation consensuelle.
Bien sûr que Lulli na pas à rivaliser avec la Comédie
musicale de Broadway, bien entendu que la versification à plusieurs
mains nest pas nécessairement lapanage de lunité
de ton, sans doute que le dilemme des sentiments ne se résout pas
au mieux des transgressions incestueuses via les grandes machineries de
plateau
et alors ?
Pourquoi ne pas admettre la complexité des partis pris artistiques
en tant que matière intrinsèque du Théâtre en
train de sélaborer et den montrer ainsi toutes les strates
de recherche, dajustement, de mise en lumière, comme si le travail
contradictoire des coulisses devait se transformer en carrosse dor
de la représentation ?
Cest ainsi que la mythologie des forces invisibles en gestation
pourraient apparaître dans une clarté psychanalytique
objectivée par des comédiens, décors, costumes, textes,
musiques
en plein chaos intérieur, cest-à-dire
si proche des liens reliant la contingence humaine à la sublimation
divine.
En effet, cest bien dans le spectre de la maladresse et du bancal
comme terrain de bataille que pourrait émerger lAmour à
géométrie variable, tel un oxymore victorieux et signifiant.
Il ny a dailleurs quà voir les surs de
Psyché sétranglant de jalousie chaque fois que celles-ci
(Coraly Zahonero & Jennifer Decker) tentent de prononcer son nom pour
comprendre que le trio Vénus (Sylvia Bergé), Cupidon (Benjamin
Jungers), Psyché (Françoise Gillard) est un véritable
catalyseur de passions concurrentes avec lesquelles chacun devra, à
terme, composer, fût-ce au prix des susceptibilités bafouées
mais surtout au gré des (foux)rires suscités au sein de la
salle Richelieu, plongée définitivement dans
« lalternance » à tous points de vue oniriques,
entre deux tours de garde éclairés de la seule
« servante »
si vigilante !
Theothea le 13/12/13
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DESHABILLEZ MOTS
de
Léonore Chaix & Flor Lurienne
mise en scène Marina
Tomé
|
****
Théâtre
L'Européen
Tel
01 43 87 97 13
|
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photo DP © Antoine le Grand
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Alors que sur laffiche de Déshabillez mots 1, les visages
de Flor Lurienne & Eléonore Chaix nen formaient quun
par moitiés symétriques rapprochées, autant pour
lopus 2, ceux-ci apparaissent à la manière des surs
jumelles, la blonde et la brune demoiselles de Rochefort par exemple ou pourquoi
pas Cher & Bardot chantant de concert
« Déshabillez-moi », façon Juliette Greco
!
De nouveau plongées dans la lumière tamisée de leur
studio radiophonique, les deux journalistes ont, pour ce tome 2, inversé
leur méthode de création.
En effet, empirique à lorigine puisquil sagissait
de monter un spectacle à partir de chroniques diffusées auparavant
sur les ondes, elles ont, cette fois-ci, écrit directement leurs
saynètes avec lintention de les jouer sur les planches, celles
présentement de lEuropéen, à raison de trois
spectacles par semaine.
Toujours sous la mise en scène dialectiquement enveloppante de
Marina Tomé, ce strip texte se décline en interviews axées
sur les pulsions, émotions et sentiments que suscitent les mots ainsi
scannés conceptuellement, à la différence du spectacle
précédent où étaient davantage recherchées
leurs faiblesses intrinsèques dans lusage du quotidien.
Au cur du ressenti des mots, selon leur musique, leur évocation,
leur ambivalence, leurs sous-entendus, sélèvent
nécessairement la sensualité de leur prononciation, voir
lérotisation de leur incarnation par ces deux locutrices attentives
à toutes les nuances et autres intuitions implicites.
Cest donc un régal réitéré que ce
Déshabillez mots 2, voire amplifié selon
linterprétation de ces consoeurs devenant, par la force du
succès et donc de lexpérience professionnelle, des
comédiennes à part entière.
Theothea le 16/12/13
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LES TROIS SOEURS
de
Anton Tchekhov
mise en scène Christian
Benedetti
|
****
Théâtre-Studio
Tel
01 43 76 86 56
|
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photo © Fabienne
Rappeneau
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