Magazine du Spectacle vivant ...

   

 

   

Les    Chroniques   de

  

18ème  Saison     Chroniques   18.056   à   18.060    Page  337

 

  • KOOZA                                                 
  • MY FAIR LADY                                  
  • PSYCHE                                               
  • DESHABILLEZ  MOTS                      
  • LES TROIS SOEURS                                 1779ème  chronique   (depuis 1996)  

   

                       

     

                             

           

                   

         

               

       

     

           

   

           

     

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KOOZA

   

de & mise en scène  David Shiner   

****

Théâtre du Soleil

Tel  

                    

           photo ©   OSA  images  

     

A la fois coffre et trésor étymologiques du Cirque du Soleil, à la fois contenant et contenu, ce Kooza a tout d’un grand cru car ses racines s’appuient sur les fondamentaux circassiens, c’est-à-dire en l’occurrence le Divertissement et l’Acrobatie, autrement dit les clowns et les équilibristes.

En effet, quasiment pas d’animaux traditionnellement au Cirque fondé par Guy Laliberté, cependant pour ce spectacle installé à Paris, sur l’île Seguin durant plus de deux mois, le retour aux sources est encore plus exclusif car seule la performance à dimension humaine, adaptée à sa nature artisanale maximalisée, prévaut au cours de ces deux heures d’intense quête d’équilibre à risque croissant et, néanmoins, totalement maîtrisé… sous la présence exceptionnelle et intrépide du chien Maboul.

Que de cette manière, en contrepoint, le rire soit lui aussi de la partie dans ces multiples enchaînements spectaculaires, cela également coule de source, le plus loufoquement du monde !

C’est donc, ainsi, que du Charivari à la Contorsion, de la Main à la main à la Manipulation de cerceaux, de l’empilement de chaises aux fils de fer en altitude, du Duo unicycle au Solo Trapèze, de la Planche sautoir à la Roue de la mort, l’escalade des émotions rejoint les interventions saugrenues, concoctées au travers de jeux de rôles, par quelques personnages emblématiques, tels que le Charmeur (Trickster), l’Innocent, le Roi, le Régisseur (Heimloss), comme il se doit, orchestrés par les fameux clowns !

Tout ce beau monde gravite autour et sous l’œil directif, voire protecteur, du Bataclan, sorte de tour mobile se déplaçant sur la piste, au gré des numéros, selon les nécessités scénographiques et musicales.

Avec Kooza, Le Cirque du Soleil perpétue au superlatif son entreprise mondialisée de fascination à mains nues où les artistes sont effectivement le centre de toutes les attentions, en premier lieu celles des spectateurs attachés à cette excellence universelle.

Theothea le 15/12/13

               

     

                        photo ©   OSA  images  

     

     

MY FAIR LADY

d'après George Bernard Shaw   

mise en scène  Robert Carsen   

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Théâtre du Châtelet

Tel  01 40 28 28 40  

                    

           photo © Marie-Noëlle Robert - Théâtre du Châtelet

          

«  Mea pulchra puella » Sous les auspices empathiques du titre en latin surplombant la scène, l’orchestre Pasdeloup, en fosse du Châtelet, débute la représentation par un avant-goût fort profitable de la si fameuse musique de Frederick Loewe.

Le rideau peut désormais se lever sur le parvis londonien du Royal Opera House où va se jouer la mémorable rencontre entre Eliza et Henry.

Elle, jolie marchande de fleurs de Covent Garden, lui professeur spécialiste en orthophonie et autre linguistique phonétique vient de trouver sa proie adéquate, opportunément destinée à l’objet d’un pari exposé à son ami, le colonel Pickering.

En effet, le parler argotique d’Eliza et son accent des faubourgs, marqueur indélébile d’une classe sociale acculturée, font de cette jeune personne le prototype idéal d’une expérience scientifique visant à neutraliser ces signes de dévalorisation sociétale.

Comme de surcroît, la demoiselle est volontiers demandeuse d’excellence pour valoriser son savoir-faire, les deux compères et leur protégée vont rapidement s’entendre sur un régime d’apprentissage à marche forcée vers la reconnaissance mondaine… grâce à sa prochaine maîtrise d’une élocution châtiée ainsi qu’à l’acquisition des bonnes manières.

Devenue ainsi, au bout de quelques mois de labeur, Princesse du Tout Londres à la suite de deux sorties test dans la Haute-Société, la première sur les champs de courses d’Ascot, l’autre au bal de l’Ambassade, le stratagème va dépasser les espérances de ses initiateurs mais va néanmoins déboucher sur un dilemme paradoxal avec la personnalité d’Eliza qui ne saurait y trouver son compte existentiel.

N’aurait-elle pas été, en définitive, que le jouet d’une instrumentalisation cynique par son Pygmalion ?

La réalisation artistique de cette comédie musicale, créée quatre ans auparavant déjà au Châtelet sous l’impulsion de son directeur Jean-Luc Choplin, est absolument remarquable, tant par sa haute ambition orchestrale que par la magnificence des décors et costumes, ainsi que, et ce n’est pas le moindre, par l’extrême qualité de ses interprètes charismatiques en chant, danse et comédie.

La mise en scène de Robert Carsen jongle entre les tableaux choraux et intimes avec l’aisance et le charme du film culte, en les dépouillant par la force des planches, des fiacres ou autres chevaux de course tout en les boostant d’une énergie panoramique tridimensionnelle.

C’est pourtant dans le registre scénographique que va se glisser, de manière impromptue, l’élément faible de ce magnifique puzzle en version originale. En effet, s’il est formidable de pouvoir apprécier à Paris un spectacle exclusivement dans sa langue originelle, il faudrait, sans aucun doute, songer à repenser le dispositif du sous-titrage, à moins que de le considérer comme marginal !

A quand donc au Théâtre, la transparence visuelle des répliques, si confortable, dans l’axe de la scène, telle que le cinématographe nous a habitués depuis de nombreuses années ?

Aussi, dans la perspective actuelle, le conseil à donner aux futurs spectateurs, ne pratiquant pas aisément la langue de Shakespeare, serait donc de revisionner le célèbre film (1964) de George Cukor avant que d’assister à la représentation du Châtelet, de façon à être le plus indépendant possible du sous-titrage.

Cette réserve étant énoncée, clamons que ce spectacle, avec en tête de distribution, Katherine Manley & Alex Jennings, est en soi, une parfaite réussite !

Theothea le 08/12/13

     

       

           photo © Marie-Noëlle Robert - Théâtre du Châtelet

     

     

PSYCHE

de Molière   

mise en scène  Véronique Vella   

****

Comédie Française

Tel  Tel   08 25 10 16 80 (0,15e/mn) 

                    

           photo Dossier de presse

               

 En choisissant de monter Psyché à La Comédie Française, c’est comme si Véronique Vella fournissait à la fois les verges aux détracteurs ainsi que les lauriers aux laudateurs de son ambitieuse création, car la sociétaire, metteuse en scène, assume d’emblée le caractère hétéroclite du projet tout en vantant son essence fondamentalement théâtrale.

Ainsi, les reproches de vacuité comme les louanges de plénitude vont-ils pouvoir s’entrecroiser, à souhait, sans que les dieux de l’Olympe ou ceux de l’élite culturelle aient quelconque autorité en matière d’appréciation consensuelle.

Bien sûr que Lulli n’a pas à rivaliser avec la Comédie musicale de Broadway, bien entendu que la versification à plusieurs mains n’est pas nécessairement l’apanage de l’unité de ton, sans doute que le dilemme des sentiments ne se résout pas au mieux des transgressions incestueuses via les grandes machineries de plateau… et alors ?

Pourquoi ne pas admettre la complexité des partis pris artistiques en tant que matière intrinsèque du Théâtre en train de s’élaborer et d’en montrer ainsi toutes les strates de recherche, d’ajustement, de mise en lumière, comme si le travail contradictoire des coulisses devait se transformer en carrosse d’or de la représentation ?

C’est ainsi que la mythologie des forces invisibles en gestation pourraient apparaître dans une clarté psychanalytique objectivée par des comédiens, décors, costumes, textes, musiques… en plein chaos intérieur, c’est-à-dire si proche des liens reliant la contingence humaine à la sublimation divine.

En effet, c’est bien dans le spectre de la maladresse et du bancal comme terrain de bataille que pourrait émerger l’Amour à géométrie variable, tel un oxymore victorieux et signifiant.

Il n’y a d’ailleurs qu’à voir les sœurs de Psyché s’étranglant de jalousie chaque fois que celles-ci (Coraly Zahonero & Jennifer Decker) tentent de prononcer son nom pour comprendre que le trio Vénus (Sylvia Bergé), Cupidon (Benjamin Jungers), Psyché (Françoise Gillard) est un véritable catalyseur de passions concurrentes avec lesquelles chacun devra, à terme, composer, fût-ce au prix des susceptibilités bafouées mais surtout au gré des (foux)rires suscités au sein de la salle Richelieu, plongée définitivement dans « l’alternance » à tous points de vue oniriques, entre deux tours de garde éclairés de la seule « servante »… si vigilante !

Theothea le 13/12/13

DESHABILLEZ MOTS

de Léonore Chaix & Flor Lurienne   

mise en scène  Marina Tomé   

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Théâtre  L'Européen

Tel  01 43 87 97 13   

                    

           photo DP © Antoine le Grand

           

Alors que sur l’affiche de Déshabillez mots 1, les visages de Flor Lurienne & Eléonore Chaix n’en formaient qu’un par moitiés symétriques rapprochées, autant pour l’opus 2, ceux-ci apparaissent à la manière des sœurs jumelles, la blonde et la brune demoiselles de Rochefort par exemple ou pourquoi pas Cher & Bardot chantant de concert « Déshabillez-moi », façon Juliette Greco !

De nouveau plongées dans la lumière tamisée de leur studio radiophonique, les deux journalistes ont, pour ce tome 2, inversé leur méthode de création.

En effet, empirique à l’origine puisqu’il s’agissait de monter un spectacle à partir de chroniques diffusées auparavant sur les ondes, elles ont, cette fois-ci, écrit directement leurs saynètes avec l’intention de les jouer sur les planches, celles présentement de l’Européen, à raison de trois spectacles par semaine.

Toujours sous la mise en scène dialectiquement enveloppante de Marina Tomé, ce strip texte se décline en interviews axées sur les pulsions, émotions et sentiments que suscitent les mots ainsi scannés conceptuellement, à la différence du spectacle précédent où étaient davantage recherchées leurs faiblesses intrinsèques dans l’usage du quotidien.

Au cœur du ressenti des mots, selon leur musique, leur évocation, leur ambivalence, leurs sous-entendus, s’élèvent nécessairement la sensualité de leur prononciation, voir l’érotisation de leur incarnation par ces deux locutrices attentives à toutes les nuances et autres intuitions implicites.

C’est donc un régal réitéré que ce Déshabillez mots 2, voire amplifié selon l’interprétation de ces consoeurs devenant, par la force du succès et donc de l’expérience professionnelle, des comédiennes à part entière.

Theothea le 16/12/13

LES TROIS SOEURS

de  Anton Tchekhov    

mise en scène  Christian Benedetti   

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Théâtre-Studio

Tel  01 43 76 86 56  

                    

           photo © Fabienne Rappeneau  

         

              

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                photo ©   OSA  images