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24ème  Saison     Chroniques   24.36   à   24.40    Page  457

     

     

       

                   

                 

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LES SOULIERS ROUGES

   

de  Marc Lavoine & Fabrice Aboulker

mise en scène  Jeremie Lippmann

avec Benjamin Siksou, Loryn Nounay & Guilhem Valaye

****

     

Théâtre des Folies Bergère

 

Les Souliers Rouges © DR.

         

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Les Souliers Rouges © DR.

     

MARIE DES POULES Gouvernante chez George Sand

"Marie des Poules" Béatrice Agenin & Arnaud Denis en état de grâce chez George Sand

     

de Gérard Savoisien

mise en scène  Arnaud Denis

avec  Béatrice Agenin & Arnaud Denis

****

     

Théâtre du Petit Montparnasse

 

©   Fabienne RAPPENEAU

Quand une qualité d'écriture rejoint celle d'une interprétation prodigieuse et subtile sous une mise en scène au plus proche du ressenti et de l'indicible, le spectateur est alors emporté dans le plaisir du sublime hors d'atteinte de toute appréciation relative... et c'est tant mieux !

Cette donne exceptionnelle est actuellement celle du Petit Montparnasse où, entouré d'autres pépites théâtrales remarquables, Gérard Savoisien, à la suite de sa "Mademoiselle Molière" ayant emporté un Molière 2019 célébrant Anne Bouvier, est en voie de récidiver avec son nouvel opus concernant, cette fois-ci, la gouvernante de Madame de Nohant autrement dit, George Sand, toutes deux incarnées alternativement sur scène par la merveilleuse ex-sociétaire de La Comédie-Française, Béatrice Agenin.

C'est d'ailleurs la comédienne elle-même qui avait sollicité l'auteur pour qu'il lui rédige une pièce concernant la célèbre châtelaine du Berry, en fonction de sa région natale à laquelle elle est très attachée.

C'est ainsi par le biais de Marie Caillaud qui fut engagée analphabète à 11 ans comme servante responsable du poulailler domanial que le dramaturge allait répondre au désir de Béatrice en lui faisant incarner la vie de "Marie des Poules" au château de Noyant.

En effet, très rapidement cette domestique fut remarquée par la célèbre romancière, pour ses dispositions et son appétence au savoir culturel. Par la suite, devenue jeune fille, ce fut Maurice, fils de George, qui initia celle-ci au Théâtre et au plaisir du jeu.

Étant peu à peu elle-même invitée aux salons littéraires de sa maîtresse où elle put côtoyer et deviser avec Alexandre Dumas fils, Delacroix, Nadar et bien d'autres artistes, cette évolution faramineuse hors de sa condition sociale initiale contribuera à l'émancipation de Marie devenant gouvernante et de surcroît amoureuse de Maurice, celui-ci ayant eu rapidement raison des réticences libidinales de sa protégée.

Mais, voilà, si la destinée tellement souriante à l'égard de Marie semblait avoir pris la tournure d'un conte de fée, n'y aurait-il pas eu antinomie intrinsèque à vouloir s'élever au-dessus de sa classe d'origine ?

Est-ce que ceux qui avaient contribué à cet affranchissement sauraient reconnaître le bien-fondé de sa nouvelle appartenance, celui de son accession à un statut d'initiée ayant acquis de nouveaux codes ?

Autrement dit, Georges Sand si préoccupée de sa propre autonomie sociale, de sa propre libération pourrait-elle concevoir que sa gouvernante, jadis aculturée, puisse désormais avoir atteint ce degré d'intégration qui lui permettrait de briguer la main aristocrate de son fils Maurice ?

L'Amour pourrait-il réussir à valider l'ensemble du chemin sociétal parcouru pour accéder à la légitimité du mariage ?

L'essentiel ayant été bien entendu de savoir valoriser la chance tellement improbable de s'être ainsi élevée dans l'échelle sociale, la rencontre amoureuse s'était présentée fortuitement comme l'apogée d'une destinée exceptionnelle à laquelle cependant il ne fallait peut-être pas demander en plus de se mettre en porte-à-faux avec les moeurs du monde au risque de perdre le charme et les atouts d'un vivre ensemble ayant forcément ses propres limites.

En tout cas, sur le plateau, Béatrice Agenin, transformiste à vue et à l'ouïe avec Arnaud Denis, merveilleux dilettante poétisent passionnément à "cinq", Marie adolescente puis jeune femme, George & Maurice de surcroît metteur en scène, cette formidable narration en carrosse d'or voire en formidable petit bijou théâtral que les miniatures scénographiques et autres marionnettes de Julien Sommer transportent au pays de l'enfance, là où les sentiments font croire aux rêves les plus fous et qui, pourtant, pourraient se révéler les plus sincères.

Theothea le 26/02/20

             

     

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EST-CE QUE J'AI UNE GUEULE D'ARLETTY

« Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ? » Incarnation au Petit Montparnasse

de  Eric Bu & Elodie Menant

mise en scène  Johanna Boyé

avec Céline Espérin, Elodie Menant, Marc Pistolesi, Cédric Revollon & Mehdi Bourayou

****

     

Théâtre du Petit Montparnasse

 

©   Olivier Brajon

               

On croirait assister presque à une résurrection ! Dans la salle intimiste du Petit Montparnasse, enturbannée, vêtue d'une robe 1920 d'un blanc immaculé, chaussée d'immenses lunettes aux verres fumés, Elle longe la scène, démarche altière, adressant un salut aux spectateurs installés ou glissant un mot aux arrivants, avec un accent nasillard ''titi'' parisien reconnaissable entre tous.

Oui, c'est Elle, la Star du Music-hall, aussi vraie que nature, en contact direct avec le public, attendant que tout le monde prenne place avant d'arpenter le plateau d'un pas alerte, avec la furieuse envie de danser, de chanter, de jouer.

« Comme de bien entendu ! », ce n'est pas Arletty qui est devant nous en chair et en os et, pourtant, Elodie Menant, lumineuse comédienne, va faire illusion pendant 1 h 30 en l'incarnant audacieusement, insolemment, avec toute sa verve joviale, son bagou effronté et son sens de la répartie cinglante.

« Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ? » parodiant le fameux « est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère », réplique culte lancée à Louis Jouvet dans ''Hôtel du Nord'' est un fabuleux spectacle entremêlé de numéros de cabarets, rythmé par des intermèdes musicaux, créé au festival Off d'Avignon en juillet 2018.

Elodie Menant s’est passionnée pour le tempérament et les amours ambivalentes de la légende du cinéma des années 30-40, au point de co-écrire avec Éric Bu un spectacle protéiforme entièrement consacré à sa vie.

Et, c'est en maîtresse de cérémonie qu'elle annonce, dès la première scène, d'une voix gouailleuse, copie conforme, que ce soir, elle passe sa vie en revue, de la petite Léonie Bathiat née à Courbevoie, la patrie des repasseuses, le 15 mai 1898, fille de Michel Bathiat, ajusteur-tourneur pour les tramways de Paris et de Marie Marguerite Philomène Dautreix, lingère à l'humour caustique, jusqu'à sa vieillesse esseulée, atteinte de cécité depuis de longues années avant son décès, en 1992, à l’âge de 94 ans.

Elle nous embarquera avec un dynamisme incroyable du petit pavillon de son enfance à l'usine où elle a travaillé avec sa mère, sur les grands boulevards où elle rencontre un collectionneur de tableaux Paul Guillaume qui la recommande à Armand Berthez, directeur du théâtre des Capucines.

Un temps mannequin chez Poiret, sous le pseudonyme d'Arlette (prénom choisi dans le roman Mont-Oriol de Maupassant), Berthez anglicise son nom en Arletty préférable pour une meneuse de revues.

On la retrouve au Music-hall où elle danse le Charleston, chante des opérettes puis au Cinéma qui la rendra éminemment célèbre avec Jacques Prévert, Marcel Carné, Michel Simon, Louis Jouvet, Sacha Guitry et tant d'autres !

Arletty inspirera également les peintres Marie Laurencin, Kees van Dongen, Moïse Kisling, Fujita et Jean-Gabriel Domergue qui la prennent comme modèle.

Sa vie foisonnante traverse la Belle Époque, les Années folles et les deux guerres, celle de 14-18 lui a fauché son petit amoureux tué au front, surnommé ''Ciel'' à cause de ses yeux très bleus. Elle en sera très affectée.

Elle côtoie Pétain, De Gaulle, et surtout Laval car elle est l'amie de sa fille et rencontre Hans Jürgen Soehring, officier allemand, l'un des hommes de confiance de Göring à Paris le 25 mars 1941. Sur le tournage des ''Enfants du Paradis'', Arletty, alors enceinte de ce dernier, avorte.

Cette liaison dangereuse lui procurera bien des soucis après la Seconde Guerre mondiale. « Si mon cœur est français, mon cul, lui, est international », lancera-t-elle devant la cour spéciale qui la jugera à la Libération. Elle sera emprisonnée quelques semaines pour « trahison » et « collaboration avec l'ennemi ».

Autour d’Elodie Menant, espiègle à souhait, les excellents comédiens Céline Espérin, Marc Pistolesi et Cédric Revollon campent avec brio et virtuosité l’ensemble des protagonistes, plus d'une trentaine, qui gravitent autour d'elle, parents, amis, amants, artistes, politiques, connus ou anonymes.

Les costumes sont multiples et leurs changements sont très rapides, parfois dignes du transformisme. Les manteaux, robes, chapeaux et accessoires divers virevoltent pour passer d’un personnage à l’autre dans un décor ingénieux, une structure permettant de faire revivre autant le cabaret avec la petite estrade en arrondi, les rideaux, et les loupiotes côté jardin que l’intérieur de chez Arletty, avec une table dans l’embrasure côté cour.

Enchaînant les saynètes à vive allure sous l'impulsion du pianiste Mehdi Bourayou, Johanna Boyé signe une mise en scène enlevée et donne à cette comédie musicale une vitalité, une fraîcheur qui requinquent.

Jacques Prévert a écrit « Arletty n'est pas charmante, elle est le charme. Elle n'est pas drôle, elle est l'humour ». Elodie Menant, au tempérament bien trempé et au sourire enjôleur, a su envelopper de grâce la gouaille de son personnage et séduire le public fasciné par une telle justesse de ton. Hallucinant de vérité !

Cat’S / Theothea.com le 03/03/20

           

   

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UN AMOUR DE JEUNESSE

"Un amour de jeunesse" en boomerang à La Renaissance

   

de & mise en scène  Ivan Calbérac

avec Stéphane de Groodt, Olivia Côte, Isabelle Gélinas, Sébastien Pierre & Nelly Clara

****

     

Théâtre de La Renaissance

 

© Pascal Victor

         

D'une saison à l'autre, c'est la même effervescence à La Renaissance où de "Dégustation" jusqu'à "Un Amour de jeunesse" proposé présentement, Ivan Calbérac suscite l'unanimité des spectateurs affluants accompagnés du pressentiment qu'ils seront en phase avec la dynamique du rire.

Ainsi l'auteur dédoublé du metteur en scène les attend de pied ferme avec, cette fois-ci, les armes de la satire sociale où du bas au sommet de l'échelle, l'on se protège avec l'argent quelle que soit l'idéologie dont on se pare.

De la femme de ménage au businessman en passant par le militantisme solidaire ou même l'aristocratie déchue, la toile de fond est toujours celle du "nerf de la guerre" que l'on assume avec plus ou moins de bonheur selon ses états d'âme.

Ainsi l'employée de maison (Kelly Clara) dans les beaux quartiers parisiens a acquis, à son corps défendant, toutes les habiletés pour défendre ses droits financiers au point même d'en inventer de toutes pièces de nouveaux, jugeant que ses services de qualité les valent amplement.

Cela n'est vraiment pas du goût d'Antoine (Stéphane De Groodt) son patron ayant, lui, réussi dans la nouvelle économie numérique avec la conviction que l'ensemble de ses gains devait être réinvesti dans le profit familial en limitant au maximum tous les postes de dépense, y compris ceux rémunérant ses subordonnés.

Mais voilà, il n'en a pas toujours été ainsi car quelques décennies auparavant, volontiers assimilé au monde des "babas cool", c'était davantage la bohème qui dictait les motivations d'Antoine allant jusqu'à se marier alors sur un coup de folie passionnée avec Maryse (Olivia Côte) qui le quittera quelque temps plus tard pour se consacrer à des missions humanitaires.

L'effet boomerang actualisé à la sauce du jour, c'est que cette dernière pourrait fort bien surgir soudain de nulle part pour demander le divorce avec, à la clef, la moitié du capital d'Antoine .... relevant juridiquement du régime de la communauté.

C'est d'ailleurs ce que vient de lui annoncer son avocat (Sébastien Pierre) avec lequel il va lui falloir inventer dans l'urgence un système défensif parant à cette perspective inenvisageable, d'autant plus qu'il vit désormais en couple avec Diane (Isabelle Gélinas), au train de vie dispendieux de par ses origines aristocratiques mais dont les ressources ont considérablement tari.

Bref, tout est en place pour faire exploser le non-dit des sentiments relationnels réfugiés derrière la seule spéculation tangible qui mène le monde, celle sonnante et trébuchante.

Et pourtant s'il n'est jamais évident d'être et d'avoir été, Antoine ne peut ignorer ses idéaux de jeunesse, ses amitiés et amours d'alors dont Maryse ne pourrait point être qu'un simple épiphénomène.

Cet écartèlement entre ce qu'il voulait devenir à l'époque et ce qu'il est devenu aujourd'hui ne pourra que s'aviver au contact de son ex, elle plus que jamais dans la mouvance des grandes causes internationales.

Mais comme par-dessus le marché, Antoine va initier un jeu de dissimulation visant à tromper son interlocutrice sur la réalité de son train de vie et de sa fortune actuels, il apparaît évident qu'au moindre faux pas, à la moindre incohérence apparente, le piège risque de se refermer sur son double jeu, sur l'inconséquence de son épouse et sur la révolte de sa femme de ménage qui aura, entre-temps, été instrumentalisée au-delà des règles de bienséance.

Ivan Calbérac se gardera bien de tirer une morale de ces moeurs dévoyés mais comme l'auteur n'oublie à aucun moment que l'objectif de sa pièce quelque peu schizophrène est de divertir, la tentation est de se dire que rira bien qui rira le dernier.

Theothea le 02/03/20

   

     

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LE K DE DINO BUZZATI

   

de Dino Buzzati

mise en scène Xavier Jaillard

avec  Grégori Baquet

****

     

Théâtre Rive Gauche

 

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