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Les
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9ème
Saison
Chroniques 09.11
à
15
Page 132
SYLVIE
VARTAN Palais
des congrès
2004
REGINE Espace
Pierre
Cardin
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FEU LE MUSIC-HALL
de Colette
mise en scène
Karine Saporta
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Théâtre du Vieux-Colombier
Tel: 01 44 39 87 00
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Voici un show qui excite l'imaginaire autant que l'intérêt
à l'égard de ses créateurs en tout premier lieu desquels,
la chorégraphe Karine Saporta ainsi que le compositeur musical Jean-Marie
Sénia s'inspirant des huit années que Colette a passé
à observer les coulisses du music-hall à l'arrière
d'improbables salles de spectacle et que l'écrivain a décrit
dans "L'envers du music-hall".
A l'aune des artistes dépoudrés et blafards errant après
la représentation de tournée à la recherche de leur
hôtel minable, c'est la solitude de l'acteur en déphasage avec
la société pratiquant alternativement à son égard
admiration et rejet, que dépeint Karine Saporta au sein d'un univers
forcément Fellinien!...
La metteuse en scène réclame de la part de ses interprètes
(Catherine Salviat, Cécile Brune, Sylvia Bergé, Françoise
Gillard, Christian Cloarec, Joachim Salinger, Volodia Serre, Alexandre Steiger,
Arthur Zakirov) l'excellence dans la polyvalence artistique: Danse, chant,
mime, comédie... c'est toute la palette de l'expression scénique
qui devait provoquer l'attention, la surprise des spectateurs de l'époque
alors même qu'elle devra nécessiter un ensemble de compétences
nouvellement acquises pour la majorité des comédiens
contemporains!...
De nos jours en effet, le regain d'attrait pour le spectacle
chorégraphique et musical développe une interdisciplinarité
particulièrement riche en émotions esthétiques voire
nostalgiques, mais a l'obligation impérieuse de se fonder sur une
solide échelle de savoir-faire:
Alors quoi de mieux que le music-hall pour faire défiler sous les
regards admiratifs des numéros aussi variés que performants,
afin de mieux découvrir l'envers si humain de ce monde de
paillettes!....
Theothea le 28/09/04
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L'OPERA DE QUAT'SOUS
de Bertolt
Brecht
mise en scène
Christian Schiaretti
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****
Théâtre de la Colline
Tel: 01 44 62 52 52
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Avec "l'Opéra des Gueux" de John Gay rénové par Bertolt
Brecht en 1928 en collaboration avec Kurt Weil pour battre en brèche
la forme aristocratique et le caractère mondain liés à
la tradition de l'opéra, "L'Opéra de Quat'sous" arrive à
point nommé pour satisfaire un public désireux d'apprécier
une association fructueuse entre théâtre, musique et chant!...
Aujourd'hui Christian Schiaretti tente à son tour d'actualiser
l'oeuvre en mettant en valeur l'aspect lucratif de la charité business;
face à ce commerce, la notion désuète du grand banditisme
trouve son écho dans la recherche de respectabilité toujours
très prisée des contemporains!...
Sa mise en scène particulièrement inventive joue avec le
détournement des formes pour mieux placer les comédiens dans
un réalisme sordide mais décalé, voire
transfiguré!...
Ariane Dubillard (Lucy), Guesh Patti (Jenny), Nada Strancar (Célia
Peachum) constituant à elles seules un gage d'expérience et
de notoriété artistiques, c'est une véritable
révélation de découvrir de surcroît un nouveau
talent venir les compléter: Marie-Sophie Ferdane (Polly) que d'aucuns
osent comparer à Lauren Bacall!...
Chez les hommes, d'autres valeurs sûres composent un trio de choc
du drame lyrique:
Jean-Yves Chatelais (Brown), Charlie Nelson (Jonathan Peachum), Wladimir
Yordanoff (Macheath) qui catalysent une troupe d'une vingtaine de comédiens
affrontant les songs de Kurt Weil en allemand originel accompagnés
par huit musiciens jouant dans une fosse d'orchestre intégrée
au décor!...
En près de deux cents minutes de spectacle magitral, c'est un monde
interlope qui, en éveillant un imaginaire baroque, surprend les mauvaises
consciences non sans humour, au détour d'une remise en question du
déshonneur, de la malhonnêteté confrontés aux
forces de la solidarité et de l'amour!...
Theothea le 08/10/04
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CHERE MAÎTRE
de Peter
Eyre
mise en scène
Sandrine Dumas
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****
Théâtre de la Gaîté
Montparnasse
Tel: 01 43 20 60 56
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Dans une intimité partagée à distance, deux grands
écrivains se font part de leurs états d'âme non tant
pour fustiger une époque mal adaptée à leurs ambitions
que pour spéculer sur les égarements de la nature humaine!...
Se faisant au travers de leur correspondance les sujets de leurs propres
désillusions, c'est dans la capacité à réagir
face aux contraintes privées que se dessineront à la fois les
motivations et les inhibitions à l'épanouissement de leurs
talents littéraires!...
George Sand (60 ans) et Gustave Flaubert (50 ans), puisque c'est d'eux
qu'il s'agit, entrent ainsi en résonance magnétique comme si
en cette fin de XIXème, ils percevaient charnellement les nuages sombres
qui allaient menacer le siècle suivant!...
Peter Eyre effectue un montage habile comme en plans rapprochés,
réunissant des extraits de leurs lettres respectives constituant ainsi
un cheminement de vie où les caractères des deux
personnalités charismatiques s'affrontent en révélant
une complémantarité affective déterminante face à
leurs destins!...
Sandrine Dumas dont c'est la première mise en scène
théâtrale malgré une expérience de vingt ans dans
les métiers du spectacle, demande à Thierry Fortineau et
Marie-France Pisier de s'approcher de Gustave et de George avec une empathie
où les deux comédiens s'écoutent mutuellement jouer
sur le registre de l'humour pathétique afin de mieux faire surgir
la complicité unissant la solitude des deux créateurs.
Un grand moment d'interprétation où la caricature feinte
se met au diapason d'une palette nuancée de l'estime littéraire
et même de l'amitié.
Theothea le 04/10/04
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LES RUSTRES
de Carlo
Goldoni
mise en scène
Francis Joffo
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Théâtre Saint Georges
Tel: 01 48 78 63 47
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© Jean-Paul Lozouet -
Il est vraiment très rare que la critique unanime encense une
pièce comique au point d'inventer un verbe éponyme comme "galabrer"
pour cerner au plus près le jeu hors normes de la tête
d'affiche!...
En reprenant le rôle qu'il avait interprété en 1961
dans la cour d'honneur du Palais des Papes en Avignon sous la direction de
Jean Villar, Michel Galabru obtient quarante années plus tard la
consécration d'une carrière professionnelle assez
hétérogène, au théâtre Saint-Georges!...
Aussi, c'est peu de dire que le comédien savoure désormais
ces instants privilégiés où, au fait de son art, il
incarne à chaque représentation des Rustres le personnage de
Lunardo que Goldoni lui a taillé sur mesure au XVIIIème
siècle, sans pouvoir imaginer une telle délectation du public
trois siècles plus tard!...
Entouré sur la scène de sa fille et de son fils, le
comédien octogénaire jubile dans l'apothéose d'une ambition
artistique accomplie enfin reconnue, appréciée et
célébrée par tous!...
Esquissant chaque nuance gestuelle ou oratoire jusqu'au moindre froncement
de sourcil, l'acteur qui, en son temps, sortit premier prix du Conservatoire
National d'Art Dramatique de Paris avant que d'intégrer la
Comédie-Française, maîtrise au plus près toutes
les subtilités d'un style tragi-comique qui n'appartient qu'à
lui!...
Face à un Pater Familias bougon et autoritaire, la complicité
de trois épouses Marguerita (Paule Noelle, déjà
présente dans la distribution originelle), Felice (Nadine Capri) &
Marina (Nicole Vassel) protègent deux jeunes gens promis au mariage
par leur père respectif, en tentant de les faire se rencontrer pour
qu'ils puissent enfin faire connaissance et donner leurs accords si
affinités!...
Crime de lèse-majesté, le pouvoir patriarcal ainsi battu
en brèche à son insu va tenter de faire avorter le projet nuptial
en s'insurgeant et vociférant avec la plus mauvaise foi du monde!...
En effet se considérant outragés dans leur statut, les maris
Luc Florian & Jean Galabru épaulent Lunardo pour faire front à
la rébellion féminine, elle-même convaincue d'un réel
coup de foudre entre Lucietta (Emmanuelle Galabru) et Felipetto (Cédric
Colas)!...
Pris à son propre piège, le machisme va donc devoir rendre
les armes platement, tout en maintenant la malicieuse distanciation de jeu
transcendée par l'humour, que la mise en scène de Francis Joffo
distille en permanence afin d'épouser à merveille le texte
savoureux de Carlo Goldoni!...
Un chef d'oeuvre d'observation comportementale pour des numéros
d'acteurs que les spectateurs assurément apprécieront dans
un rire sans réserve!...
Theothea le 11/10/04
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MONSIEUR IBRAHIM et les
fleurs du Coran
de
Eric-Emmanuel Schmitt
mise en scène
Bruno Abraham-Kremer
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Théâtre Marigny - Popesco -
Tel: 01 53 96 70 20
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Créé en 1999 par Bruno Abraham-Kremer, "Monsieur Ibrahim"
n'a cessé depuis de séduire le public en quête de
volonté oecuménique et de charme poétique!...
Effectivement le texte d'Eric-Emmanuel Schmitt s'intègre dans le
désir de l'auteur de faire rencontrer la philosophie d'avec le
sacré!...
Mettant ici le Soufisme au centre d'une démarche initiatique où
vont se rejoindre un imaginaire ésotérique de l'Islam avec
une subjectivité judaïque en devenir, c'est non seulement un
traité de tolérance que sous-tend à chaque instant
l'attirance mystique mais de surcroît le dramaturge convie à
la version religieuse d'un petit prince à la recherche de son
étoile!...
A l'instar de la scénographie de "La vie est un long fleuve tranquille"
ou celle du "Fabuleux destin d'Amélie Poulain", l'épicier arabe
du coin de la rue joue ici aussi un rôle prépondérant,
c'est-à-dire essentiel dans la mise en perspective d'une fable où
la lumière y brille tard dans la nuit alors que tout pourrait sembler
clos alentours!....
Donc le fameux Momo, Moïse pour les intimes, jeune adolescent en
interrogations fébriles sur le monde va investir sur Monsieur Ibrahim,
épicier de la rue bleue, son capital de mal être afin de
découvrir et faire fructifier si possible les principes fondateurs
de sa métaphysique personnelle!...
En partance tous les deux pour le Croissant d'or, le retour aux origines
familiales du vieux musulman vont servir de viatique à un avenir
structuré du jeune juif!....
Bruno Abraham-Kremer interprète en conteur aguerri les facettes
d'un personnage éthique dont la pédagogie rassure autant qu'elle
émeut!...
Sur la scène de la salle Popesco au théâtre Marigny,
les fantômes obscurantistes s'évanouissent au profit d'un espoir
de filiation universelle!...
Theothea le 12/10/04
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