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9ème
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LOVE & FISH
de
Israël Horovitz
mise en scène
Régis Santon
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Théâtre Silvia Monfort
Tel: 01 56 08 33 88
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La mise en scène de "Love & Fish" d' Israël Horovitz par
Régis Santon au théâtre Silvia Monfort est peut-être
la meilleure surprise de ce début de saison 2004-2005.
Savoir traiter un problème social exacerbé par la
compétition économique universelle en le transposant en
comédie psychologique où l'ensemble d'un choeur de femmes aurait
choisi délibérément l'option de l'humour viscéral,
pourrait s'apparenter à une création de salubrité publique
ayant pris définitivement ses distances avec le
misérabilisme!...
Cependant loin d'être un tour de forces, cette démarche s'inscrit
dans l'âme du spectacle vivant là où les énergies
se jaugent, se bousculent, se confrontent pour mieux en extraire un suc tellement
riche en séductions!...
Six comédiennes dont nous ne comparerons ni les mérites,
ni le talent vont mener une danse de mantes religieuses autour de deux gros
bourdons mâles évoluant aux deux extrêmes de l'encadrement
du travail!...
Une fin de règne pouvant fort bien en cacher une autre, les deux
comédiens vont s'arc-bouter sur leurs fonctions hiérarchiques
pour illustrer de façon contradictoire, cette guerre souterraine où
la manipulation des uns n'aura d'égale que la connivence de la gent
féminine!...
Alors même que l'entreprise de poissons surgelés est en train
de sombrer, tous tentent crânement de sauver les apparences d'une
identité patiemment construite grâce à la fonction sociale
qu'ils assumaient jusqu'à ce jour fatidique!...
En effet une banale inspection aura raison d'une situation à vau-l'eau
n'attendant que le coup de pieds de l'âne pour baisser définitivement
le rideau de cette tragi-comédie: " C'est pas la vie, c'est que du
travail "
Tout ça à la manière d'une comédie musicale
où Frank Sinatra aurait d'emblée chanté " Strangers
in the night ", rien que pour afficher la bonne humeur!...
Theothea le 21/09/04
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UN BAISER, UN VRAI
de Chris
Chibnall
mise en scène
Stephan Meldegg
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****
Théâtre de l'Oeuvre
Tel: 01 44 53 88 88
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© Jean-Paul Lozouet -
Avec une bouteille de champagne de haute cuvée servant de relais
d'un âge à l'autre de la vie, deux couples confrontent le temps
d'une nuit, des échelles de valeurs spécifiques à leur
génération!...
La jeunesse n'ayant pas nécessairement l'apanage de la bonne vie
dont il faudrait profiter à chaque instant en dépit de la maladie
restant tapie à l'affût de ses proies sans distinction
d'ancienneté, ce sont des préoccupations existentielles
sensiblement différentes qui pousseraient le troisième âge
à la recherche d'une transgression que les clés de l'époque
contemporaine feraient briller pour son salut!...
Autrement dit Michel Duchaussoy et Geneviève Fontanel face à
Salomé Lelouch et Arthur Jugnot seraient prêts à remettre
leurs titres en jeu non bien évidemment de comédiens
expérimentés mais en singeant à leur manière
les voluptés du monde moderne!...
Et pendant ce temps les jeunes gens eux s'emberlificoteraient dans des
a-priori conventionnels comme autant d'obstacles à leur bonheur!...
Sujet éminemment intéressant dont il n'est pas certain au
demeurant que le texte de Chris Chibnall adapté et traduit par Stephan
Meldegg et Attica Guedj soit franchement à la hauteur de l'enjeu!...
Sans être vulgaire ni choquante, la volonté de se conformer
à un pseudo goût populaire conforté par les médias
à la mode envers la salacité exacerbée en toutes
circonstances, implique un imaginaire appauvri par des leitmotive
nécessairement lassants!...
Au nom d'un plaisir situé au-delà des tabous, la fuite en
avant fût-elle orale et sous l'effet d'un alcoolisme prégnant,
suffirait-elle à garantir l'assouvissement de la libido? C'est pourtant
avec cette complaisance que la pièce va illustrer la démarche
ultime où confrontés à une apparente impasse vitale,
l'euthanasie et le suicide viendront culminer en point d'orgue!...
Ethique du comportement traité en objet de divertissement!...
Faudrait-il s'en inquiéter ?
Theothea le 16/09/04
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RUE DE BABYLONE
de Jean-Marie
Besset
mise en scène
Jacques Lassalle
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Théâtre du Petit Montparnasse
Tel: 01 43 22 77 74
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© Jean-Paul Lozouet -
De la rue de Babylone à celle de la Gaîté, il n'y
aurait que le Paris du quartier latin où même un hall d'immeuble
pourrait signer son appartenance à une caste sociale.
Du texte de Jean-Marie Besset au théâtre du petit Montparnasse,
il n' y aurait que le pari de confronter deux personnages que tout semble
éloigner au moment même où l'un pour l'autre ils vont
apparaître comme enjeu vital.
Tout va commencer par un pied empêchant délibérément
la lourde porte de l'immeuble Haussmannien de se refermer comme par habitude
derrière le visiteur familier.
Par la suite, comme dans une reconnaissance de dettes à la vie
qui vous a tant gâté, G. un patron de presse (Samuel Labarthe)
va peu à peu se laisser happer dans une dialectique de la mauvaise
conscience où il pourrait devenir la victime expiatoire et consentante
d'une morale judéo-chrétienne, fondatrice par essence!…
Il faut dire que face à lui, s'agite H. un étrange zombi
(Robert Plagnol) surgi d'on ne sait où, mais qui semble fort
opportunément avoir réponse à tout ce qui pourrait oppresser
son interlocuteur du soir.
A ceci près que SDF n'ayant plus rien à perdre, sa
démarche rhétorique va s'apparenter à une quête
d'hospitalité de plus en plus exigeante, se masquant sous un humanisme
idéologique ne cessant de fasciner l'homme au pouvoir
médiatique.
Rapport de forces où le savoir-vivre devra faire ses preuves en
présence d'un cynisme lapidaire, sans que le terrorisme psychologique
ne sache avec évidences où se dissimule son camp
retranché.
Pour un oui ou pour un non, la situation de duplicité semble à
chaque instant d'une nuit qui pourrait ne pas finir, être en mesure
de reconnaître l'appartenance à un même monde alors que
dans les esprits échauffés tout vacille à l'idée
inopinée que quelque part entre la Gaîté et Babylone
en attendant Gaby, c'est l'Amour qui devra arbitrer!…
Jacques Lassale avec sa sensibilité d'écorché vif,
maîtrise au plus près les deux compères dans un émoi
où seuls les mots comptent les poings assenés par l'instinct
de survie, de manière à laisser au malaise paradoxal, le soin
d'une dernière réplique!…
Theothea le 20/09/04
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A LA FOLIE PAS DU TOUT
de Edward
Albee
mise en scène
Tilly
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Théâtre de l'Atelier
Tel: 01 46 06 49 24
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© Jean-Paul Lozouet -
Avec un casting aussi étincelant qu'Edward Albee, Jean-Marie Besset,
Tilly, Jean-Pierre Cassel entourant l'immense Danièle Lebrun, comment
résister à la tentation de passer au théâtre de
l'Atelier trois précieux quarts d'heure à épouser les
points de vue contradictoires d'un homme et d'une femme rompus aux scènes
si non de ménage tout au moins à celles de couple aguerri ?
L'auteur en 1961 de "Qui a peur de Virginia Woolf ?", livrait en effet
à l'Amérique quinze années plus tard, un abrégé
"pas si fou du tout" sous forme d'un modus vivendi "Counting the ways ",
comme s'il était nécessaire d'édulcorer la violence
physique de son terreau conjugal, en le passant à la moulinette de
l'ironie réciproque où chacun des deux partenaires pourrait
néanmoins y trouver son compte de ressentiment!...
Après trente ans de ressassement général dans l'usure
consommée de la vie partagée, aujourd'hui à Paris
Jean-Pierre Cassel et Danièle Lebrun peuvent désormais s'emparer
de ce texte et c'est ainsi qu'un fabuleux miracle va se produire en direct
live:
Comédiens jusqu'au bout de leur être intime, les deux complices
s'autorisent ipse facto de révéler leur part de vérité
d'un métier permettant précisément de conserver la
fraîcheur des sentiments à recouvrer!...
Comment en effet mieux fustiger le déficit voire l'abandon des
motivations affectives, quand toute une vie professionelle vous a porté
à les vivifier en les stimulant sans cesse et toujours?
La jubilation atteindra son apothéose lorsque Danièle &
Jean-Pierre seront invités par l'auteur à décliner leurs
compétences acquises comme à une simple audition de la Star
Academy sommant les deux acteurs de résumer en quelques secondes leurs
parcours artistique.... c'est-à-dire toute une vie partagée
avec le spectacle vivant!....
Le conflit s'étant ainsi retourné comme un gant de velours
sur le ring de la passion, l'humour aura terrassé le mauvais génie
en se jouant du couple pour faire triompher les arts de la transposition....
celui du théâtre!...
Theothea le 27/09/04
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QUARTETT
de Heiner
Müller
mise en scène
Hans Peter Cloos
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Théâtre
de l'Athénée
Tel: 01 53 05 19 19
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Merteuil, Valmont face à eux-mêmes, à leurs images
ou à leurs ombres; voilà un duo à quatre personnages
pour un quartett où circuleraient entre ses quatre pôles, l'auteur
Heiner Müller, le metteur en scène, Hans Peter Cloos et les deux
interprètes Dominique Valadié, Niels Arestrup, un venin à
haute dose mortelle mais que chacun se renverrait pour mieux en conjurer
le sort!...
Enserré sur la scène du théâtre de
l'Athénée entre les faces jaune canari d'un cube virtuel, l'enjeu
vital qui lie autant qu'il sépare les deux stakhanovistes de l'amour
fatal les place d'emblée sur un ring dont les sièges alentour
sont déjà renversés pêle-mêle!...
Ici pas d'arbitre patenté, si ce n'est précisément
le spectateur qui assiste médusé à cette dialectique
du silence meurtrier fusillant chaque réplique de l'autre partenaire
comme un non sens absolu!...
Comment en effet persister dans l'erreur néfaste qu'une sexualité
exacerbée par des conquêtes sans lendemain ou sous l'incitation
à la destruction aurait façonné au point de rendre
impossible toute capacité à aimer!...
Sujets barrés par un aveuglement respectif échafaudé
exclusivement sous la pulsion libidinale, ceux-ci se renvoient mutuellement
le constat d'échec d'une vie dédiée à
l'égocentrisme absolu!...
Rien ni personne ne pourrait racheter l'autre, pas même l'auteur
encore moins le metteur en scène!...
Pendant que Merteuil semble s'abandonner à une psychose de
l'indifférence, Valmont brûle ses dernières cartouches
de cynisme éhonté!... Niels Arestrup en profite pour exceller
dans les postures de l'imposture se figeant en des poses au sourire insondable
alors que Dominique Valadié paraîtrait s'échapper en
orbite à tout flux d'attraction terrestre d'où ses paroles
retomberaient comme des météorites.
Une lumière contrastée inonde le plateau alors qu'un humour
excentrique vient glacer sans vergogne ces "Liaisons dangereuses" de Choderlos
de Laclos revisitées!...
Theothea le 01/09/04
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