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9ème
Saison
Chroniques 09.36
à
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Page 137
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"Massacre à
Paris"
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DANCE SING
de & mise en scène
Sophye Noiet
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****
Folies Bergère
Tel: 01 44 50 50 10
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En accueillant pour trois mois la troupe "Dance Sing" de Sophye Noiet
à la fois productrice, metteur en scène, chorégraphe,
conceptrice et artiste de son show musical recouvrant soixante-dix années
de tubes de variété internationale, les Folies Bergère
renouent avec la perspective des spectacles de Roger Louret "Les z'années
Zazous, La java des
mémoires, Les
années Twist, La
fièvre des années 80" qui ont assuré dans la salle
prestigieuse de la rue Richer une multitude de belles soirées en fin
de siècle précédent!...
Le concept certes, mais sans doute pas l'imaginaire!..
En effet ce qui pourrait différencier ces deux types de production,
c'est que là où l'une racontait une époque en évoquant
pêle-mêle les refrains qui ont fait tourner les têtes et
les jambes, l'autre condense et enchaîne en accéléré
toutes les intros d'un hit-parade occidental virtuel depuis 1930 jusqu'à
nos jours, en regroupant son track-listing chronologique sous des classifications
thématiques telles qu'elles pourraient apparaître dans les bacs
des disquaires!...
En outre là, où un orchestre live sur scène pouvait
emporter l'engouement communicatif des spectateurs, ici quelques musiciens
apparaissent çà et là en alibi comme pour soutenir une
bande son très efficace!..
Cependant le talent et le savoir-faire des danseurs de "Dance Sing" se
révèle effectivement à niveau d'une tournée
internationale, mais c'est précisément la présentation
quasi mécanique du show, telle que la transmission vidéo souhaite
généralement les formater, qui semble authentifier un déficit
d'âme au profit d'une esthétique visuelle et sonore
labélisée!...
Bien entendu, cette performance québécoise a de l'énergie
à revendre; aussi ce marathon de musique moderne ne saurait laisser
coi en égrenant ses accroches de soixante-dix succès
planétaires mais, comme pris dans un tourbillon sans entracte, les
spectateurs restent en attente d'un symbole qui pourrait enfin libérer
"le beat"!...
Etrangement la nostalgie reste frustrée, mais les artistes emportent
la considération unanime comme dans un "mal entendu" riche en
décibels!..
Theothea le 10/12/04
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LE CANARD A L'ORANGE
de William
Douglas Home
mise en scène
Gérard Caillaud
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****
Théâtre de la Michodière
Tel: 01 47 42 95 22
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Rarement un titre de pièce n'aura autant donné l'eau à
la bouche en ayant si peu à justifier sa pertinence gustative avec
l'intrigue!... Depuis 1971, date de sa création en France, ce canard
n'aura eu de cesse de galoper de reprises en succès et d'ailleurs
Gérard Rinaldi, à deux années d'intervalle, s'y attelle
à nouveau pour le meilleur des spectacles "très british" que
la capitale propose en cette période de fêtes!..
En effet l'adaptation française de Marc-Gilbert Sauvajon concernant
les dialogues anglais de Wiliam Douglas Home conserve dans la mise en scène
de Gérard Caillaud, ce parfum d'outre-manche où les bonnes
manières priment sur le ressentiment, serait-il nuptial!...
En retournant de 180° la réaction attendue d'un mari trompé
par une épouse plus embarrassée que naturellement volage, l'auteur
va créer, à partir d'une situation boulevardière classique,
un sas jubilatoire où l'humour va devenir l'arme fatale face à
une liaison extra-conjugale quasiment tuée dans l'oeuf avant même
que d'avoir réussi à prendre son envol de croisière!...
C'est précisément dans le maintien sans discontinuer d'une
verve ô combien perspicace que l'ingéniosité de l'époux
va mettre à l'épreuve sa femme (Grace de Capitani) et l'amant
(Jean-Marie Lamour), en les réunissant à domicile le temps
d'un week-end sous l'arbitrage de sa propre secrétaire (Colette Maire),
pour officiellement concilier les arrangements de leur nouvelle vie à
tous!...
Moins dans les quiproquos inhérents à ce type de rencontre
aisément scabreuse, c'est dans le fair-play déguisé
en vengeance préventive que le cocu malicieux va avancer à
fleurets mouchetés pour tenter de désamorcer les attributs
d'une attirance réciproque que les deux amants vont voir piteusement
fondre comme neige au soleil!...
Du grand art de comédie au profit d'une rhétorique amoureuse
en guise de manipulation de la passion par les subtilités de
l'esprit!...
Theothea le 09/12/04
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LE CHEMIN DE DAMAS
de August
Strindberg
mise en scène
Robert Cantarella
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****
Théâtre de la Colline
Tel: 01 44 62 52 52
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Ce chemin de Strindberg est à l'instar de Saül en route pour
Damas, celui d'une conversion permettant à "l'écrivain inconnu"
parvenu au terme de sa vie de reconnaître la puissance divine en acceptant
une sérénité improbable!...
Mais c'est également celui d'un "Jeu de rêves", ainsi
sous-titré par Strindberg en 1898, où les éléments
de réalité se croisent et s'entrechoquent telle une valse
d'électrons tournant de manière obsessionnelle autour d'un
noyau hallucinatoire!...
Véritable chemin de croix où démons et fantômes
s'incarnent en une Dame et autres doubles du tourment, comme autant de compagnons
d'infortune singeant le destin d'une ronde infernale pour mieux maquiller
les soubresauts d'une schizophrénie délirante!...
Le parti pris esthétique de Robert Cantarella tend à
matérialiser les principes de cette confusion à la fois mentale
et mystique au point de surcharger l'ensemble d'une nouvelle couche de symboles
et de codes enfouissant le spectateur attentif dans un cauchemar
éveillé au sein d'une vaste blancheur clinique
compartimentée!...
Structurant ainsi le désarroi panique, cette mise en scène
de trois heures accompagne les sept comédiens (Jean-Claude Bolle-Reddat,
Florence Giorgetti, Philippe Journo, Johanna Korthals Altes, Jacet Maka,
Wolfgang Menardi, Emilien Tessier) dans un pèlerinage où se
rejoueraient les phases d'un égarement aux vertus fondatrices, mais
déconcerte dans une direction d'acteurs misant sa démonstration
sur la valeur initiatique de l'incohérence!...
Comme sortant d'un rêve malencontreusement interrompu à de
multiples reprises, le spectateur mémorise le sentiment d'une frustration
dont la performance visait l'indicible!...
Theothea le 08/12/04
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L'EVANGILE SELON
PILATE
de
Eric-Emmanuel Schmitt
mise en scène
Christophe Lidon
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****
Théâtre Montparnasse
Tel: 01 43 22 77
74
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Ne se voulant ni en position iconoclaste, ni en celle de converti,
Eric-Emmanuel Schmitt progresse sur les pas du Christianisme autant en
enquêteur cartésien qu'en découvreur passionné
des quatre évangiles!...
Scribe et observateur de ses propres investigations policières,
il se dédouble dans une dialectique entre énigme et croyance
que seul l'entendement aurait licence de poétiser!...
Convaincu que le dogme de la Résurrection ne peut s'expliquer qu'en
résolvant le mystère du corps de Yéchoua disparu du
tombeau où il avait été déposé trois jours
auparavant après que "le magicien" eut été crucifié
aux yeux de tous, l'auteur se met à l'écoute attentive de Pilate,
gouverneur romain en poste en Judée, s'inquiétant de cet
invraisemblable escamotage!...
Jésus était-il véritablement sans vie à la
suite de son supplice?
Est-il intelligible qu'au-delà du trépas, il ait pu à
plusieurs reprises se manifester physiquement en présence de certains
de ses proches?
En outre, pourquoi le messie tant attendu aurait-il choisi de s'incarner
en ce lieu méconnu du monde auprès de quelques pêcheurs
anonymes dont aucun témoignage ne subsisterait?
L'accumulation des questions restées sans réponse probante
n'ayant en définitive rendu que plus incompréhensible la cavale
transcendentale du Galiléen, c'est donc contraint par le doute que
Pilate abandonnera sa posture de dénégation radicale!...
En confiant par lettres à son frère les doutes qui assaillent
ses convictions de Romain pragmatique, il livre de facto à la
postérité les fondements d'un évangile initial qui pourrait
constituer en puissance la première des conversions au
christianisme!...
Massif, charnel et en recherche d'équilibre stable, le corps de
Jacques Weber entre à son tour dans l'inquiétude de
l'écrivain pour en exprimer sa détermination à
l'impartialité!..
Sa voix grave, posée et sensuelle semblant comme sourdre d'outre-tombe,
enveloppe peu à peu son sécrétaire Sextus (Erwan Daouphars)
ainsi que l'assistance dans la même fascination d'une
révélation fondatrice qu'aucun théologien ne pourrait
songer à désapprouver!...
Interprète d'un jeu d'essence existentielle mis en scène
par Christophe Lidon, l'intimité du comédien semble alors se
délecter en secret d'un texte dont les mots se jouent de la pesanteur
pour mieux élever les esprits au plus près du credo en
l'incarnation divine!...
Theothea le 15/12/04
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ON ACHEVE BIEN LES
CHEVAUX
de Horace
McCOY
mise en scène
Robert Hossein
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****
Palais des Congrès
Tel: 01 40 68 00 05
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Sermonné par sa mère en fin de vie lui reprochant d'avoir
privilégié dans sa création artistique, la réussite
sociale au détriment des valeurs humaines, Robert Hossein s'est alors
senti investi d'une mission pour rendre à la souffrance de l'être
humain et son corollaire la dignité, une attention prioritaire que
ses précédents "grands spectacles" avaient pu quelque peu
négliger!...
Aussi en montant au Palais des Congrès, le chef d'oeuvre de Horace
Mc Coy, "On achève bien les chevaux "... lorsqu'ils sont blessés...,
le metteur en scène se donnait-il l'objectif d'éclairer la
conscience de ses concitoyens et en l'occurrence celle de son public, sur
les luttes inhérentes et souvent tragiques de l'espèce humaine
pour sa survie!...
Si sur le plan formel de l'esthétique, celui du décor (Christian
Vallat) et des costumes (Sylvie Poulet & Martine Mulotte), la motivation
initiale de cette adaptation française a su trouver un ton et une
justesse liés à l'enjeu de son ambition éthique, c'est
paradoxalement dans la compétition elle-même de l'homme avec
lui-même que la démonstration scénique a pu achopper!...
En effet, emportés dans le tournoiement d'un manège sans
fin, les protagonistes semblent ritualiser une destinée mécanique
sans que la misère de leur vie ait non seulement la moindre chance
de salut, mais guère plus d'opportunités d'être perçue
comme telle par le public!...
Au spectacle de la dureté de la vie, la résistance au cynisme
(voir l'animateur Rocky, Sylvain Rougerie) se transforme en une simple course
contre la montre où l'élimination systématique ne serait
qu'un épiphénomène du "reality-show must go on"!...
Mais pas d'état d'âme à assumer!... Puisque Robert
Hossein, investissant à part entière le champ de la
culpabilité, propose aux spectateurs dans un surréaliste "entracte
de contrition", de monter sur scène afin d'endosser le poids de la
faute collective et d'en faire rémission en dansant sur des rythmes
de rédemption!...
En définitive au jeu du qui perd gagne, ce sont fort heureusement
quelques jeunes comédien(ne)s qui emportent une remarquable absolution,
aux rangs desquels Anne Richard, Gwenaelle Deram, Betty Karolinski, Candice
Hugo & Vincent Guillaud, Emmanuel Barrouyer, Jacques Bouanich, Eric
Deshors...
Au demeurant, ce spectacle de Robert Hossein, orchestré par six
musiciens paradant sur les hauteurs du fond de scène, stigmatise
l'indifférence et tente de théâtraliser les impitoyables
règles du marathon en tant que métaphore de la socièté
humaine!...
Theothea le 14/12/04
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