Les
Chroniques
de
 |
 |

12ème
Saison
Chroniques 12.21
à
12.25 Page
194
La Tournée des
Idoles au Zénith
Âge tendre
et Têtes de bois 2007
De Johnny Clegg à Renaud via
Iggy Pop
Magistral Boomerang des
Rolling Stones
60ème
Festival de
Cannes
A la recherche d'un
soixantième anniversaire... à fleur d'écran
Les
MOLIERES
Palmarès
&
compte-rendu
2007
Toutes nos
critiques
2007 -
2008
Les
Chroniques
de
Theothea.com
sur
THEA
BLOGS
Recherche
par mots-clé
THEA
BLOGS
|
ANNE A 20 ANS
de Anne
Roumanoff
mise en scène
Anne
Roumanoff
|
****
Théâtre des Bouffes Parisiens
Tel: 01
42 96 92 42
|
 |
Photo
© William Let
|
Si Guy Bedos avait une émule, ce pourrait être Anne Roumanoff,
mais sans doute ni lui, ni elle ne semblent en avoir pris la mesure, ni
même la filiation.
Puisque donc, elle c'est elle, et lui c'est lui, il faut convenir que
leur registre et leur ton ne sont pas vraiment à l'unisson. Mais pourtant
à y regarder de plus près, l'esprit sous-jacent aux deux one
(wo)man shows y est à l'oeuvre de manière fort similaire: Davantage
corrosif en apparence chez l'un, plus narquois mine de rien chez l'autre,
les deux humoristes affichent une semblable détermination à
pasticher les idées reçues sans doute parce qu'ils revendiquent
pour eux-mêmes, une volonté semblable d'indépendance
farouche.
Alors il pourrait paraître que là où Anne donne des
coups de griffes, Guy livre des coups de patte, cependant au demeurant le
"Radio bistrot" de l'une rejoint la "Revue de presse" de l'autre sur l'orbite
de la médiasphère politico-mondaine où de concert les
deux artistes fustigent méthodiquement tous les comportements
psychosociaux d'assujettissement ainsi que les stigmates du conformisme.
Par la suite concernant l'emballage scénique du show, c'est affaire
de sensibilité personnelle et il faut dire qu'en ce domaine, La Roumanoff
a acquis désormais une assurance et une maîtrise confondantes
d'où le moindre effet de tonalité et le geste le plus anodin
semblent se répercuter en échos qui s'esclaffent jusqu'à
l'ultime balcon des Bouffes Parisiens.
De toutes évidences, elle n'a de leçon à recevoir
d'aucun maître en show-bizz, lorsqu'au détour de sketch soudain
improbable animatrice d'un débat interactif, il faut l'entendre
suggérer aux témoins d'une pseudo
télé-réalité, les réponses toutes faites
aux questions orientées qu'elle aligne en manipulatrice patentée
des consciences formatées; c'est donc dire: CQFD.
En outre si la bonne humeur est l'apanage de la dame et son sourire
labellisé dans l'empathie collective, sa silhouette s'est désormais
affinée au point d'en esquisser une sensualité subliminale
commençant à rivaliser, sans en avoir l'air, avec l'arrêt
sur image "comique".
Oui, Anne Roumanoff est aussi belle et cela va finir par se savoir, quel
que soit le talent qu'elle déploie à nous faire rire.
Toutefois puisqu'elle ne cesse de marteler que "l'on nous cache tout,
l'on nous dit rien...", ce n'est pas la moindre de ses subtilités
que de fêter sur son affiche: "Anne a 20 ans" puisqu'en ricochet malicieux,
ce pourrait être aussi l'âge convoité par son public.
Theothea le 22/10/07
|
HAPPY HANOUKA
de Alex
Pandev & Sylvie Audcoeur
mise en scène
Jean-Luc Moreau
|
****
Théâtre Michel
Tel: 01
42 65 35 02
|
 |
Photo
© Lot
|
Avec la caution de Maaïke Jansen, le Théâtre Michel
joue quartet gagnant alors que trois partenaires vont se relayer pour mettre
sur les nerfs son rôle de mère juive pourtant ravie à
l'idée de fêter Hanouka en famille.
C'est David son fils adoré sur lequel repose tous ses espoirs de
réussite sociale, qui reçoit à domicile avec l'intention
de révéler à ses proches, une grande nouvelle nuptiale
dont il pressent néanmoins l'effet dévastateur de bombe à
retardement.
Sa soeur, sexy en diable mais actrice de seconde zone en manque constante
de substances aphrodisiaques n'aura de cesse de tourmenter son petit monde
par des réparties à l'emporte-pièce liées à
des sautes d'humeur imprévisibles...
C'est donc à Julie, la pièce rapportée de Las Vegas
que sera confiée la responsabilité de venir semer le trouble
dans cette famille tellement unie que le père est en goguette à
Deauville, assuré ainsi d'échapper au psychodrame annuel.
L'organigramme de la distribution va organiser le chassé-croisé
paranoïaque autour du tandem Jansen-Pandev, tant les deux comédiennes
sur des registres exacerbés spécifiques vont savoir susciter
une effervescence à rebrousse poil.
Ary Abittan (David), le seul homme de ces festivités tentera davantage
la carte de la discrétion tellement la situation lui semblera
échapper à tout contrôle.
Quant à Sylvie Audcoeur (Julie), la coauteur avec Alex Pandev (),
elle restera en retrait de toute provocation délibérée
que sa fonction d'empêcheuse de tourner en rond aurait pu
éventuellement engendrer.
Troisième mise en scène concomitante de Jean-Luc Moreau
en ce début de saison théâtrale, cette comédie
n'obéit pas aux lois des rebondissements successifs mais repose avec
allégresse sur des numéros d'acteurs hilarants, offerts sur
un plateau.
Theothea le 23/10/07
|
JEAN-PAUL II
de Alain
Decaux
mise en scène
Robert Hossein
|
****
Palais des Sports
Tel: 08
25 03 80 39 (0,15/m)
|
 |
Photo
© Yann Dejardin
|
Le "N'ayez pas peur" de Robert Hossein lancé chaque soir au Palais
des Sports est à l'image des grands spectacles du metteur en scène
de Ben Hur au Stade de France, à ceci près que cette fresque
biographique autour du Pape Jean-Paul II est assez sobre dans sa
réalisation, qu'il n'y a pas cette fois de témoignages interactifs
et que d'ailleurs, les comédiens n'intervienent pas dans la salle,
comme précédemment.
Quand on connaît le goût immodéré pour le directeur
du Théâtre Marigny à l'égard de ces happenings
initiés avec le public, il serait tentant d'évoquer une
évolution du parti-pris artistique.
Cependant à l'approche de ses quatre-vingt ans, celui-ci a simplement
voulu rendre un réel hommage à l'homme de foi qu'il a
rencontré au cours de son pontificat à l'instar d'Alain Decaux,
le coauteur de cette hagiographie scénique.
Donc en trente-trois tableaux composés dans le souci du détail
où, de manière récurrente, l'image arrêtée
sur une cinquantaine d'acteurs et de figurants figés en plein mouvement
fait effet de principe esthétique sublimant la vision historique de
chaque étape fondatrice, s'affiche une galerie d'évènements
symboliques parmi lesquels la visite au mur des lamentations à
Jérusalem, la rencontre au mur de Berlin, la réunion
oecuménique d'Assise constituent autant de moments d'anthologie
particulièrement impressionnants.
Naturellement la Pologne natale fait figure référentielle
et géopolitique de la pensée ontologique du Saint-Père
au nom de laquelle celui-ci va mener un combat emblématique à
l'égard des droits de l'homme en essayant de concilier et
fédérer le mouvement Solidarnösc de Lech Walesa face à
la dictature militaire de Jaruzelski.
De même la Perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev lui
apparaîtra en puissance comme le fil instigateur et réconciliateur
entre les Europe de l'est et de l'Ouest.
Si donc l'éloge à l'homme de Paix constitue la base directrice
du message apostolique retenu par le tandem Decaux/Hossein, celui-ci ne pouvait
néanmoins contourner la douloureuse problématique psychosociale
et planétaire du SIDA.
A ce sujet la dialectique thématique lors d'une rencontre
supposée entre l'Abbé Pierre et Jean-Paul II met en présence
deux thèses idéologiques qui vont s'opposer certes en nuances
diplomatiques mais dont le Pape semble mesurer à sa juste valeur le
dilemme moral dont il ne lui sera pas possible de s'extraire.
C'est d'ailleurs la seule phase du spectacle où véritablement
l'esprit critique va se développer in situ de manière
contradictoire.
Pour le reste, c'est au spectateur de remettre en perspective ce qui lui
est donné à voir et à entendre selon sa propre appoche
culturelle et religieuse.
Cependant puisque Robert Hossein affiche en toute visibilité ses
couleurs théologiques ainsi que surtout sa foi du charbonnier, nul
n'est lésé sur ses propres convictions philosophiques et c'est
donc toujours un grand plaisir que de participer, en final, aux applaudissements
d'un spectacle vivant ambitieux, empli de toutes évidences de bonne
volonté et de partage universel.
Theothea le 24/10/07
|
L'ENTRETIEN DESCARTES
/ PASCAL
de
Jean-Claude Brisville
mise en scène
Daniel Mesguich
|
****
Théâtre de l'Oeuvre
Tel:
01 44 53 88 88
|
 |
Photo
© Eric Devert
|
Sur la scène du Théâtre de L'Oeuvre, Les Mesguich
père et fils se font face de profil de part et d'autre d'une table
trônant au milieu d'un décor XVIIème, arborant
eux-mêmes des costumes de cette époque.
Tout semble raccord pour donner à voir et entendre l'entretien
que René Descartes (51 ans) eut avec Blaise Pascal (24ans) le 24 septembre
1647 dans une chambre à Paris dont aucun compte-rendu ne nous ait
jamais parvenu.
C'est précisément l'audace inventive de Jean-Claude Brisville
d'avoir imaginé la teneur de leurs propos en mettant en perspective
les points de vue religieux, scientifiques et philosophiques spécifiques
des deux penseurs, l'un Jésuite l'autre Janséniste.
Cependant la mise en scène de Daniel Mesguich glisse d'emblée
dans ce bel ordonnancement historiquement reconstitué un étrange
grain de sable dont il est à la fois impossible d'ignorer
l'incohérence anachronique mais dont il est peut-être vain
d'exagérer la signification symbolique:
Pourtant que vient donc faire ce superbe poste de T.S.F. à lampes
au-dessus d'un coffre où sont remisés les travaux de Descartes
que celui-ci voudrait pourvoir transmettre en relais à Pascal?
Qu'en dire si ce n'est que pour accéder à ces précieux
documents, Daniel Mesguich (Descartes) sera dans l'obligation de mettre sur
le sol ce bel objet de transmission hertzienne, dédié à
l'entre deux guerres du XXème siècle ?
Disons donc qu'en témoignage métaphorique du " docu-fiction
" ainsi mis en place avec une once de provocation, les spectateurs vont pouvoir
assister davantage à une joute intellectuelle, voire une querelle
morale entre deux grandes intelligences, plutôt qu'à une
pensée dialectique en élaboration de synthèse.
C'est à une impasse idéologique assumée qu'aboutiront
ces deux personnalités n'ayant pas su communiquer en empathie, non
sans avoir tenté l'une et l'autre d'amener l'interlocuteur sur son
terrain de prédilection, qui vers le pragmatisme rationaliste, qui
vers le mysticisme intransigeant.
En outre que le spectateur soit situé relativement côté
cour ou côté jardin, c'est selon le même visage ou la
même nuque perçus respectivement de trois-quarts qu'il percevra
Daniel Mesguich le père distancié et attentif, ainsi que William
Mesguich le fils pâle et impétueux qui, à tailles quasi
égales, transforment allègrement ce duel d'idées
contradictoires d'un autre siècle en une rivalité compassionnelle
du XXIème au nom de l'émulation filiale fascinant à
parts égales chacune des deux générations contemporaines
concernées.
Theothea le 25/10/07
|
L'IGNORANT ET LE FOU
de Thomas
Bernhard
mise en scène
Emmanuel Daumas
|
****
Théâtre de l'Athénée
Tel: 01
53 05 19 19
|
 |
Photo DR.
|
De sa loge d'Opéra jusqu'à l'auberge des Trois Hussards
après la représentation de "La Flûte enchantée",
la Cantatrice (Dominique Valadié) aura été le sujet
de toutes les préoccupations d'un père (Roland Bertin) aveugle
et alcoolique qu'un médecin (Michel Fau) ami tente de divertir au
mieux de l'inquiétude par un bavardage sans limites et son goût
immodéré pour les opérations légistes.
Un quatrième personnage (Vincent Deslandres) sera aux petits soins
de tout ce petit monde d'abord en habilleuse de la Diva, par la suite en
qualité de maître d'hôtel.
Près de vingt ans après sa mort, Thomas Bernhard sait provoquer
toujours autant qu'il amène les consciences à une
réalité du dérisoire face aux prétentions
humaines.
L'Art et la mort sont constamment au coeur des préoccupations du
dramaturge autrichien qui, de santé vacillante, n'aura jamais pu
réaliser ses ambitions musicales de jeunesse.
Une rencontre privilégiée entre Dominique Valadié
et Emmanuel Daumas le metteur en scène avait initié un puissant
désir de monter ensemble un projet pour lequel il fallait trouver
" Un texte monstrueux et drôle.... Quelque chose entre l'engagement
d'une vie dans l'Art et le dégoût de l'art face à la
barbarie. "
"L'ignorant et le fou" est donc la réponse implosive à ce
souhait théâtral commun que Michel Fau va catalyser du début
à la fin de la représentation dans un délire
logorrhéique hors normes, au demeurant fort convaincant.
Quant aux prestations de Roland Bertin face à Dominique Valadié,
elles semblent pour leur part flotter entre deux eaux, en des flûtes
enchantées de champagne coulant à flots de maux renversés
à la nique du désespoir.
D'ailleurs, un spectacle où est assumé concrètement
le plaisir de l'auteur à tirer la langue au public, est
nécessairement revigorant.
Theothea le 26/10/07
|
Recherche
par
mots-clé
 |

|
|