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12ème
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UNE LIAISON
PORNOGRAPHIQUE
de Philippe
Blasband
mise en scène
Steve Suissa
|
****
Petit Théâtre
Marigny
Tel:
01 53 96 70 20
|
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Affiche
Photo © Emmanuel
Robert-Espalieu
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De pornographique, cette aventure libidinale en a le fantasme assouvi
que la mémoire a fait perdurer dans limaginaire de deux amants
désormais séparés selon une décision
concertée.
Lui et elle se sont rencontrés grâce à une petite
annonce cherchant délibérément à vivre
lexpérience sexuelle dédiée exclusivement au plaisir
physique.
A leur propre étonnement, ils se sont alors trouvés comme
cul et chemise plongés en cure hebdomadaire de plus en plus gratifiante
pour chacun des deux.
Cependant si ce fut elle qui publia le message initiateur de leur liaison,
cest lui qui en premier exprima le souhait ultime dy mettre fin
au nom du souvenir inaltéré que cela leur procurerait à
lun et à lautre pour le restant de leur vie.
Ainsi, cette mémoire délicieuse de moments partagés
dans la félicité sauvage dun anonymat total, où
le cycle de lattente et de la réalisation avait comblé
au mieux leur désir charnel sans contraintes, serait la garante à
jamais dun pari osé mais ô combien réussi.
Quen avaient-ils fait de ces instants dérotisme
privilégié qui nappartenaient quà
eux-mêmes mais dont lun et lautre par transmission de
pensées font aujourdhui le récit à des tiers non
identifiés qui se pourraient fort bien être les spectateurs
du Petit Théâtre Marigny ?
Nous nen saurons rien, non tant en raison du secret inhérent
à la vie privée quà la célébration
dune aventure voulue exclusivement sexuelle restée sous
contrôle de la première à la dernière seconde
par deux partenaires qui ne savaient rien lun de lautre y compris
leurs coordonnées pour se recontacter au cas où.
A ce jeu fusionnel des sens, Judith Magre et Jean-Claude Jay se racontent
mutuellement cette histoire de coeur qui par pudeur naurait pas dit
son nom, tout simplement parce que cétait elle, parce que
cétait lui et quainsi vont les véritables histoires
dAmour.
Theothea, le 31 octobre 07
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LE SYSTEME RIBADIER
de Georges
Feydeau
mise en scène
Christian Bujeau
|
****
Théâtre Montparnasse
Tel: 01
43 22 77 74
|
En se coproduisant en tête d'affiche partagée avec Léa
Drucker, Bruno Solo cherche d'emblée le coup de maître pour
sa première montée sur les planches, qui plus est, d'un des
plus fameux Théâtres de Paris.
En choisissant une pièce phare de Feydeau ayant maintes fois fait
preuve d'efficacité, le comédien joue banco sur un système
qui devrait permettre à une jeune famille de théâtre
d'amener en salle un nouveau public sans se séparer pour autant des
habitués du Théâtre Montparnasse.
Enjeu certes risqué mais le renouvellement des valeurs établies
doit aussi savoir s'affranchir des étiquettes "vues à la
télé" dont Bruno Solo souhaiterait gommer l'impact
réducteur.
Installé aux commandes de cette réalisation qui devrait
garantir les belles soirées de fin d'année, Christian Bujeau
est lui, de surcroît, modèle du portrait ornant le décor
de Susana Machado, en tant qu'ex-mari répudié par Angèle
(Léa Drucker).
Il s'en faudrait de peu d'ailleurs que cette calamiteuse expérience
conjugale se reproduise avec le second mari, car Ribadier (Bruno Solo) ne
semble pas oiseau à rester au nid.
En effet ses dons innés d'hypnotisme l'autorise à s'absenter
de l'appartement non sans laisser auparavant son épouse dans un profond
sommeil dont il conserve la clef secrète du réveil.
Ainsi va le système Ribadier qui, bien entendu, va s'enrayer à
la mesure des quiproquos déclenchés par le retour opportun
d'un ex-soupirant en provenance de Djakarta ainsi que par le surgissement
d'un tiers, fort mari d'être lui pareillement trompé.
En toile de fond, un duo de domestiques servira en quelque sorte de
trompe-l'oeil et d'alibi à ces ébats bourgeois et
adultérins.
Frais émoulus au Vaudeville, le couple Solo/Drucker fonctionne
de manière fort satisfaisante. Elle, en se découvrant de nouvelles
facettes à son talent originellement dédié à
l'art dramatique, lui en endossant l'épaisseur subtile d'un rôle
comique sur la durée et dans la continuité
théâtrales.
Bien entourés par Jean-Noël Brouté, Gérard Darier,
Romain Thunin et Fabienne Galula, il y a fort à parier que le rythme
de croisière de la pièce va se mettre en place en vitesse
accélérée en occultant toutes les précautions
initialement nécessaires au rodage. Succès à suivre,
donc...
Theothea le 09/11/07
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LES RICHES REPRENNENT
CONFIANCE
de
Louis-Charles Sirjacq
mise en scène
Etienne Bierry
|
****
Théâtre de Poche Montparnasse
Tel: 01
45 48 92 97
|
 |
Photo
© Lot
|
Avec ce titre impayable, Louis-Charles Sirjacq annonce la couleur cynique
d'une pièce dont le spectateur perçoit d'emblée la fable
socio-politique.
Et pourtant si le jeu financier vaut largement la chandelle spéculative,
c'est néanmoins par des sueurs froides et une faillite annoncée
que Bruno Sobin, ce héros des capitaux à risque, va traverser
en pourfendeur de destins sacrifiés sur l'autel de la rentabilité
la scène du théâtre de Poche Montparnasse, se faisant
ainsi l'écho imparable des dégâts collatéraux
engendrés par l'affairisme.
Cependant que son empathie irradiante semble dominer tous ceux qu'il approche,
lui ce P.D.G. acheteur d'entreprises en péril va peu à peu
se transformer en "roi nu" devant l'éternel, tant ses démons
intérieurs vont surgir de son incapacité à appréhender
sa propre destinée malgré ses velléités à
surcompenser.
En effet, fragile tel un hypocondriaque chronique, il suffira d'un coup
de dés hasardeux pour que son assistant fidèle (Thomas Le Douarec),
sa secrétaire dévouée (Marie Piton), ses actionnaires
confiants (Michèle Boudet, Marjorie Frantz & Mayane), ses
employées syndiquées (Naidra Ayadi & Marie Pillet), son
homme d'affaires indéfectible (Christophe Laudion), son banquier et
son copain-ministre soient enclins à le lâcher en pleine
déconfiture...
Victime moderne d'un système implacable qu'il a mis en place avec
l'assentiment de ceux qu'il aura ainsi subjugués, le sort va sembler
le terrasser au moment même où l'appât du jeu va lui sourire
à nouveau tel un sauvetage inoppiné, transformant comme par
magie une citrouille de ménage en un carrosse d'or s'offrant en cadeau
expiatoire (Maïté Vauclin) à un exploit futur.
Etienne Bierry organise un chassé-croisé de dix personnages
qui pourrait donner le tournis tant l'espace pour se mouvoir est réduit,
mais cette contrainte est en soi le gage d'une équipe performante
qui gravite en pépites autour du rôle de self made man volontariste,
en l'occurence celui du tellement charismatique Jacques Frantz.
Theothea le 14/11/07
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LE MENDIANT OU LA MORT DE
ZAND
de Iouri
Olecha
mise en scène
Bernard Sobel
|
****
Théâtre de la Colline
Tel: 01
44 62 52 52
|
 |
Photo
© Elizabeth Carrechio
|
Bernard Sobel, congédié à lissue dun
mandat de quarante ans à la tête du Théâtre de
Gennevilliers, entre de nouveau par la grande porte des dénicheurs
de talents en coproduisant sa mise en scène dune pièce
inachevée par le dramaturge moscovite dorigine polonaise Iouri
Olecha (1899-1960), inconnu jusquà présent en France.
Créé au Théâtre national de Strasbourg le 12
octobre dernier, « Le mendiant ou la mort de Zand » fait escale
au Théâtre de la Colline durant trois semaines, alors que la
grève concomittante des transports publics perturbe considérablement
la fréquentation des Théâtres parisiens.
Quà cela ne tienne puisque la déconstruction mentale
de lhomme nouveau est ici lenjeu littéraire dune
schizophrénie expérimentale balayant les identités
virtuelles dun candidat jusquau boutiste à toutes les
hypothèses éthiques que ne peuvent guère lui offrir
les rails de lavenir.
Il faut dire que la révolution russe de 1917 a engendré
le concept idéologique de « constructeur du futur » qui,
en se mesurant à lintelligentsia, va se dissoudre dans
linertie atavique de la condition humaine en un paradoxe insurmonté
par lartiste philosophe.
En effet, Théâtre du double se subdivisant au sein dun
monde pirandellien, cette tentative décriture au diapason
dune quête protéiforme, va mettre en valeur un constat
effarant:
« Jai vu que la révolution navait absolument pas
changé les hommes »
Ainsi de Zand (Eric Caruso) à Fedor (Vincent Minne), du commissaire
du peuple au mendiant, dun rôle de composition à lautre
exclusivement voués à Macha (Chloé Réjon), seul
linstinct sexuel et ses épiphénomènes
corrélatifs que sont la jalousie, la vengeance et le meurtre vont
avoir gain de cause dun Amour supérieur à toute autre
utopie.
Cest alors que les forces destructrices de linconscient vont
pouvoir se mettre au service objectif du moi idéal en permettant à
lalter ego, laccomplissement du refoulé obscur en toute
impunité morale.
Devant cette perspective de choc frontal entre un monde rêvé
et la réalité tangible, Lucio Fanti a conçu un manège
métaphorique où lunivers se disloque en multiples cellules
colorées et assymétriques que portes, fenêtres et sorties
dérobées sembleraient rassembler pour un vaudeville tournoyant
à linfini sur lui-même... en joyeuse compagnie de Claire
Aveline, Eric Castex, Claude Guyonnet, Anne-Lise Heimburger, Jacques Pieiller,
Chloé Réjon, Stanislas Stanic et Gaëtan Vassart.
Cependant, faute pour Zand dêtre devenu à 32 ans «
le Balzac du prolétariat », Bernard Sobel va projeter sur cette
destinée en échec, une réflexion sans appel de Karl
Marx: « Si tu aimes sans retour, si ton amour ne provoque pas d'amour
chez l'autre et si, à travers les manifestations de ta vie, en tant
qu'homme aimant, tu ne peux devenir homme aimé, alors ton amour est
impuissant et il est un malheur... ».
Theothea, le 20 novembre 07
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LE ROI LEAR
de William
Shakespeare
mise en scène
Laurent Frechuret
|
****
Théâtre de Sartrouville
Tel: 01
30 86 77 79
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Photo
© J.-M. Lobbé
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En endossant le poids de Lear, Dominique Pinon habille l'antihéros
shakespearien d'une vacuité délirante où les lignes
de force psychiques se confrontent, désespérément seules,
avec l'éthique tourneboulée par des intentions
contradictoires.
Et d'ailleurs qu'en savent-ils de la valeur de l'enjeu, tous ces personnages
qui se disputent influences et pouvoir au détriment d'une affection
battue en brèche par des velléités successives, le plus
souvent destructrices ?
Laurent Fréchuret, directeur du Théâtre de Sartrouville
donne à la nouvelle traduction de Dorothée Zumstein,
l'opportunité d'un parler-vrai où le destin tragique du Roi
Lear se conjugue avec une pédagogie libre de fioritures autour d'un
château de sable sans lendemain qui chante.
Le dépouillement de la scène est a parité avec celle
de la lande où vont se débattre Lear avec ses compagnons
d'infortune, affrontant le désespoir au milieu de la folie que provoquent
les éléments naturels.
Goneril (Odja Llorca) et Réjane (Sophie Cattani), ses deux filles
parjures seront renvoyées dos à dos dans les affres du tourment
éternel, si tant est qu'elles en prendraient la moindre conscience;
quant à Cordélia (Caroline Piette), c'est en pantin
désarticulé qu'elle sera célébrée, post
mortem, par son père ivre de remords.
Mais davantage qu'à la repentance, c'est à la
lâcheté consubstantiellement humaine que se conjugue cette mise
en scène où l'ensemble des protagonistes (Thierry Blanc, Xavier
Boulanger, Eric Challier, Philippe Duclos, Eric Frey, Thierry Gibault,
Hervé Lassïnce, Vincent Nadal, Rémi Rauzier) effectuent
la danse du diable autour d'un corps abandonné par ce roi déserteur
de lui-même.
La vieillesse n'expliquerait pas tout, surtout quand les preuves d'amour
ne s'avéreraient pas à la hauteur d'une réciprocité
filiale, digne de sincérité partagée.
La métaphore du suicide collectif serait donc à l'image
d'une piètre considération que chacun aura porté, sa
vie durant, à l'égard de lui-même alors que la reconstruction
d'un royaume s'annonce en une utopie plus monstrueuse que jamais.
Theothea le 15/11/07
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