Les
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12ème
Saison
Chroniques 12.51
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BERENICE
de Jean
Racine
mise en scène
Lambert Wilson
|
****
Théâtre des Bouffes
du Nord
Tel: 01 46 07 34
50
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Dessin
© Cat.S
|
Le duo Carole Bouquet / Lambert Wilson à laffiche des Bouffes
du Nord dans Bérénice de Racine avait de quoi séduire
a priori tout spectateur de spectacle vivant.
Aussi, cest avec espérance et ferveur que lon se dirige
vers le théâtre dirigé par Peter Brook, sis à
la Porte de la Chapelle en se hissant à la hauteur de ce rendez-vous
prestigieux tout en maintenant léventualité de la
déconvenue, à distance raisonnable de soi.
Cependant cette disposition desprit inhérente aux premières
nest de toutes évidences plus de mise après quinze jours
de représentations, au vu des critiques élogieuses qui fusent
de toute la presse culturelle.
En effet, ce troisième essai a été remarquablement
transformé par le metteur en scène Lambert Wilson qui, après
deux tentatives peu convaincantes de monter Bérénice au Festival
dAvignon puis à Chaillot en 2001, a su cette fois allier abstraction
et sobriété de lenjeu avec fluidité et mélodie
de lalexandrin.
Cest un régal pour les yeux, cest un agrément
pour loreille que de se laisser emporter par les flots dune passion
réciproque contrariée par la raison dEtat, sachant
émouvoir selon la conviction et la puissance du vers racinien.
Si rien ne semblait pouvoir arrêter la destinée de deux
êtres épris lun de lautre alors quils souhaitaient
sunir par lhyménée à Rome, cest pourtant
la loi impériale qui obligera Titus, lempereur romain et
Bérénice, la reine de Palestine à renoncer à
ce projet nuptial, non sans quils aient tenté
déchafauder en vain de multiples échappatoires
optionnelles.
En outre Antiochus (Fabrice Michel), un tiers amoureux en secret de
Bérénice naura fait que susciter méprises et
susceptibilités chez les deux amants qui verront peu à peu
le monde seffondrer sous leurs pieds mais sans jamais se départir
de leurs dignités respectives.
Belle comme une tragédie grecque à elle seule, Carole Bouquet
se drape dune froideur torride dans sa toge bleu vespéral qui
en sublime les traits de volonté farouche.
Beau comme un prince de toujours, Lambert Wilson savance fier et
valeureux au sein dune mosaïque concentrique, symboliquement
intégrée en plein coeur des Bouffes du Nord.
Il faut dire quen bordure de cette même rosace, se tient Paulin,
cest-à-dire son propre père Georges Wilson dont la
sérénité de lâge semble semparer du
phrasé de la versification classique pour la faire sienne à
tout jamais.
Créée pour une soixantaine de représentations dans
ce lieu magique entre tous, cette Bérénice va marquer dune
pierre précieuse à chacun, le temps suspendu entre
léternité et léphémère sachant
transporter les acteurs et les spectateurs bien au-delà
deux-mêmes.
Theothea le 01/02/08
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RECEPTION
de Serge
Valletti
mise en scène
Christophe Correia
|
****
Théâtre des
Mathurins
Tel:
01 42 65 90 00
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Photo L.D.
presse
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Tout va de travers dans ce petit hall d'hôtel à commencer
par le décor qui semble s'incliner tel un " mal de mer " à
moins que ce soit déjà les signes avant-coureurs du
témoignage pathétique d'un autre " mal de mère " devenu
insupportable...
Aux commandes de ce rafiot en dérive, voici Jean-Claude Dreyfus
dans la peau d'un réceptionniste souverainement bougon, en attente
d'un client improbable qui, sans plus tarder, va surgir au bon souvenir de
son esprit embrumé, tel le messager d'une étrange
ressemblance.
Pour l'instant cependant, il n'est nécessaire que de procéder
aux formalités d'usage concernant la chambre et d'échanger
quelques propos de circonstance, au demeurant assez déconcertants,
avec le visiteur en quête de se restaurer.
Mais ce client nocturne ne pourrait-il pas en cacher un second ou plus
précisément une seconde pleine de ressentiments ?
N'apparaîtraient-ils pas alors ensemble, réunis fictivement,
comme les deux faces d'une même réminiscence destinée
à se manifester douloureusement au veilleur de nuit ?
S'exerçant au thriller hitchkockien pourvu d'une langue
réjouissante pleine de saveurs au énième degré,
l'écriture de Serge Valletti emporte sur son passage les garde-fous
de la compréhension rationnelle confrontée à un
inquiétant entre-deux freudien.
Si donc d'un sexe à l'autre, le metteur en scène Christophe
Correia en profite pour pousser la logique du jeu à trois personnages
aux conséquences ultimes du psychodrame à deux, il est magistral
d'avoir conçu l'interprétation de Claire Nebout en un mouvement
de balancier où celle-ci peut, de tout son saoul, incarner son double
rôle aux confins de l'ambiguïté.
D'une subtilité à travestir les corps en mémoire
immanente, ce formidable duo de comédiens peut ainsi afficher leur
complémentarité de composition, à l'instar d'une peinture
réjouissante de deux consciences à libérer de l'indicible
par un passage à l'acte inéluctable.
Theothea le 07/02/08
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LES FORAINS
de Stephan
Wojtowicz
mise en scène
Panchika Velez
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****
Théâtre La
Bruyère
Tel: 01 48 74 76 99
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Photo
© Serge Lafourcade
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Alors que les Forains débarquaient en janvier au Théâtre
La Bruyère en reprise de leur création au Théâtre
Treize en septembre dernier, l'unanimité de la critique à leur
égard pourrait laisser augurer d'heureuses surprises les distinguant
aux prochains Molières.
Il faut dire que Stephan Wojtowicz a déjà été
récompensé comme meilleur auteur de " La sainte Catherine "
qui fut une véritable révélation au Petit
théâtre de Paris en 2006.
Par ailleurs comédien, présentement à l'affiche dans
le " Le temps des cerises ", celui-ci connaît par fonction et sans
doute aussi par intuition, l'art des mots à mettre en bouche lorsque
le langage devient l'enjeu fortuit d'une rencontre humaine.
En effet, intégré dans une scénographie de Claude
Plet, à la fois réaliste et suggestive, voici un no man's land
balisé entre une voie de chemin de fer, une route et une décharge
à ordures où trône à ses risques et périls
sur un talus, la caravane près de laquelle vivent trois exclus du
train de vie sociale en bonne marche, Jackie (Nathalie Cerda), Eddie (Maxime
Leroux) et Nono (Didier Brice).
S'agirait-il donc ici de vie ou de survie ? Telle pourrait être
la problématique qu'il faudrait être en mesure de trancher lorsque
vont surgir dans cet univers dantesque, deux représentants inattendus
de la société de consommation, Hélène (Aliénor
Marcadé-Séchan) & Olivier (Matthieu Rozé).
Au choc des cultures implicite du point de vue du spectateur, va correspondre
une tentative d'approche maladroite des deux camps en présence qui
vont s'empêtrer mutuellement dans un espéranto de la langue
française où le parler vrai ne pourra être que celui
des gestes, des regards et de la tonalité des voix.
L'incommunicabilité devenant ainsi le vecteur du ressentiment
réciproque mais aussi paradoxalement celui d'une solidarité
instinctive, c'est un parcours initiatique bidirectionnel qui va s'élaborer
le temps d'une tragi-comédie où ceux qui reprendront le train
au final ne seront pas nécessairement ceux à qui on penserait
initialement.
En les forçant à compter des trains imaginaires qui passent
sans s'arrêter, l'écriture de Wojtowicz implique chaque acteur
à conter son rôle dans une composition hyperréaliste
de son personnage alors que la mise en scène de Panchika Velez excelle
à les faire passer la rampe, tous ensemble, en une fantasmagorie
hallucinatoire.
Theothea le 08/02/08
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HELOÏSE
de
Patrick Cauvin
mise en scène
Patrice Leconte
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****
Théâtre de
l'Atelier
Tel:
01 46 06 49 24
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Photo
L.D. presse
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Pour un coup d'essai, c'est un coup maladroit mais néanmoins empli
d'un charme désuet installant les acteurs sur un petit nuage dont
la mélancolie nous reste quelque peu étranger!...
En confiant à l'écrivain Patrick Cauvin avec qui il a
collaboré pour plusieurs films la mission d'oser écrire sa
première pièce de théâtre, Patrice leconte aurait
souhaité transmettre la magie douce amère d'un univers
échappant au réalisme et au conformisme ambiant, celui d'un
cours de danses de salon à l'enseigne d' " Héloïse et
Roméo " où selon un baume rétro et provincial, chacun
aurait le loisir de s'inventer une destinée qui lui conviendrait.
Toutefois il semblerait ici que le savoir-faire cinématographique
du metteur en scène ait pu faire écran avec les lois dynamiques
qu'impose la dramaturgie théâtrale.
Alors que la saison précédente dans ce même
théâtre de l'Atelier, celui-ci avait dirigé avec succès
Jacques Gamblin et Mélanie Doutey dans sa propre adaptation de son
film à succès " Confidences trop intimes ", l'écriture
impressionniste de Patrick Cauvin paraît, cette fois-ci, avoir
égaré le réalisateur en des successions de gros plans
desquels le spectateur est invité à extrapoler le non-dit
socioculturel en l'associant à l'esquisse d'un imaginaire musical
et dansé.
Ce qui aurait pu être l'opportunité d'un film de type, pourquoi
pas, rohmérien ne parvient pas sur les planches à susciter
l'intérêt pour une intrigue tournant en rond autour de faux-fuyants
psychologiques alors que les comédiens s'appliquent de leur mieux
à susciter l'évanescence de leurs rôles.
Dans ces conditions, l'empathie du spectateur n'a d'autres ressources
que de se concentrer sur les talentueuses prestations de Rufus, Mélanie
Bernier, Bernard Alane, Agathe Natanson, Isabelle Spade & Laurent Gendron
d'autant plus qu'un apprentissage chorégraphique aux mambos, tangos,
pasos, valses et rumbas n'est pas la moindre preuve d'une intention louable
à séduire et émouvoir.
Theothea le 12/02/08
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LA FORME DES CHOSES
de Neil Labute
mise en scène
Adrian Brine
|
****
Petit Théâtre du
Paris
Tel:
01 42 80 01 81
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En accueillant ces quatre jeunes comédiens au Petit Théâtre
de Paris autour de l'auteur américain Neil Labute sous les auspices
du metteur en scène Britannique Adrian Brine, Stéphane Hillel,
son directeur fait preuve à nouveau d'intuition et de confiance bien
placée envers des noms d'acteurs momentanément à peine
connus, Julie Delarme, Marie-Julie Baup, Jérôme Foucher &
César Méric en sachant les entourer et les mettre en valeur
grâce à des valeurs sûres.
Alors que ce qui pourrait ressembler a priori à un scénario
de sitcom va s'avérer en fait donner prise à un système
de relations humaines où, sans en avoir l'air, la crédulité
de l'un peut s'offrir en pâture à la manipulation d'une autre,
la forme va ainsi s'investir dans le fond des choses au bénéfice
d'intérêts humains contradictoires.
S'il devait exister une pièce dont il est indispensable de ne pas
révéler le coup de théâtre final, c'est effectivement
celle-ci où au tout début, Evelyn (Julie Delarme) va faire
la rencontre d'Adam (Jérôme Foucher), gardien d'une salle de
musée dont elle outrepasse délibérément les consignes
de sécurité concernant une statue, avec l'objectif vraisemblable
de mettre à l'épreuve le jeune homme.
Mais pourquoi agit-elle donc ainsi ? Tout concorde à ce que ce
soit le jeu du flirt et de l'amour naissant qui inspire un tel comportement
de provocation pour déclencher en retour l'intérêt certain
du garçon mais par ailleurs assez peu sûr de lui.
Néanmoins entre étudiants, ils se comprennent rapidement
à demi-mot et débutent ainsi une liaison amoureuse dont la
jeune femme va prendre d'emblée les rênes en essayant de modifier
le look, les attitudes, le style de vie et par voie de conséquence
d'éclore la personnalité de sa conquête masculine.
Cependant, même Jenny (Marie-Julie Baup) et Philip (César
Méric), le couple intime d'Adam, vont finir par s'inquiéter
de changements aussi radicaux chez leur camarade au point de déclencher
des rancoeurs et des susceptibilités inconnues jusque-là dans
leur amitié d'étudiants.
Avec l'aplomb charismatique de Julie Delarme, voilà que de pygmalion
au féminin, Evelyn serait en quelque sorte devenue véritable
pygma-lionne ayant cannibalisé son amant pour mieux le posséder
et en faire sa chose. Cette résultante d'une relation
dominant-dominé dans le cadre d'un amour passion serait en effet
suffisamment habituelle pour crédibiliser cette situation de
paroxysme.
Mais que nenni !.... Car l'enjeu va se situer ailleurs, quelque part où
le cynisme du monde contemporain tente de faire feu de tout bois.
En effet au-delà des deux couples en présence, c'est bel
et bien en toile de fond, l'ensemble du système sociétal que
stigmatise Neil Labute en dénonçant le jusqu'au-boutisme cynique
que celui-ci aurait sécrété à son insu dans ses
motivations à agir.
Voici donc une pièce qui, sous des apparences faussement anodines,
soulève des interrogations fondamentales sur une humanité
menacée en sa rupture d'éthique.
Theothea le 05/02/08
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